REPRÉSENTATIONS PUBLIQUES UES MYSTÈRES
l’Hôtel de Bourgogne. Les premiers farceurs qui montèrent sur cette scène, illustrée un peu plus tard par les talents de Bellerose et de Floridor, n’étaient guère que des saltimbanques, peu différents de ceux des places publiques, et ils en avaient la plupart des habitudes. Comme nos baraques foraines d’aujourd’hui, l’Hütel de Bourgogne, à ses débuts, faisait précéder ses représentations d’une espèce de parade à la porte, qui servait, pour ainsi dire, d’annonce et d’amorce au spectacle du dedans. Dans la Comédie des comédiens, de Scudéry, qui est de 1634, nous voyons encore les meilleures troupes de province, même dans la seconde ville du royaume, à Lyon, envoyer un tambour, escorté d’un arlequin, pour battre le rappel dans les rues avant la représentation. Ce n’est pas dépasser les bornes de la vraisemblance que de conjecturer qu’il en avait été de même à Paris, au moins jusqu’aux premières années du xvii' siècle, avant l’emploi des affiches, et peut-être concurremment avec elles.