‹ Tableau du vieux ParisChapitre 69 sur 138 · Francion, 1. X · texte numérisé non relu

Francion, 1. X

crottés allassent entendre assidûment les bateleurs du Pont-Neuf, pour se former à l’éloquence*.

Rien ne manque à ce curieux échantillon , ni les apostrophes , ni les axiomes classiques et le ton sentencieux , ni même le compère , car le charlatan , à l’appui de son discours, arrache à ün gueux six dents, qu’il avait eu soin de lui ajuster auparavant, et ledit gueux, en guise de sang, crache de la peinture rouge qu’il tenait dans sa bouche. Je me trompe pourtant; il y manque quelque chose, je veux dire les citations grecques et latines, les phrases italiennes et espagnoles dont les opérateurs aimaient à émailler leurs discours, pour éblouir l’auditoire. Après ces boniments mirifiques, débités quelquefois avec accompagnement d’harmonie, pompeusement déclamés ou même chantés par le Iriacleur*, il fallait voir gants et mouchoirs, parfois même souliers et chapeaux voler vers l’éloquent triacleur, renfermant, qui une pièce de cinq sols, qui une pièce de huit, qui un teston, et revenir avec l’onguent, la poudre aux vers ou l’orviétan demandé. #

Dans les troupes complètes d’opérateurs, ces harangues se faisaient tantôt avant, tantôt après la représentation; ou plutôt elles se faisaient avant, après et même pendant. Est-il besoin de dire que ces représentations, où les danses, les concerts, les divertisse-

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