‹ Tableau du vieux ParisChapitre 7 sur 138 · Sauvai, Antiquités de Paris, t. II, p · texte numérisé non relu

Sauvai, Antiquités de Paris, t. II, p

1 i LES COUPOnATlÜ.NS

solennités telles que la procession des pâtissiers en l’honneur de saint Michel n’étaient-elles pas déjà par elles-mêmes de véritables mystères ambulants et muets? On sait que Gringore a composé, pour la confrérie de Saint-Louis, formée probablement d’une corporation ',1a Vie de-Myr saint Louis, par personnages, qui fut jouée dans le lieu ordinaire des réunions, le jour de la fête annuelle de la confrérie. Mais c’est surtout aux entrées, aux mariages, aux couronnements des rois de France, que les corps de métier trouvaient des circonstances propices pour se livrer largement au goût que leur inspiraient les représentations dramatiques. Tous luttaient de magniücence et d’ardeur, et nous savons en particulier qu’au couronnement du roi Jean, les tisserands et les corroyeurs jouèrent publiquement des sujets pieux et des scènes satiriques, et que sur l’échafaud des tisserands on donna en spectacle la résurrection des morts et le jugement dernier.

Il y avait six corps de métier privilégiés ’ par-dessus les autres, et chargés de représenter le commerce parisien : on les appelait par excellence les. Sû; Corp5. Ils ne restèrent pas les mêmes, mais on y retrouve invariablement les drapiers, les épiciers, les merciers

1. Sailli Louis était le patron des barbiers-chirurgiens-baigneurs-i'luvistes.

2. Pour ces privilèges, vo\‘. McinJre, Histi de Parts, t. III 1>. '■,57.

ET LES CONFRI^IUES. lo

et les orfèvres. Au xvii® siècle, c’étaient les pelletiers et les bonnetiers qui complétaient le nombre. Eux seulement étaient convoqués aux entrées des rois, des reines, des légats, et chargés de leur rendre les dévoilas avec les prévôts des marchands, les échevins et le corps de ville. Les prud’hommes ou syndics de ces corporations, habillés chacun de robes à collets et à manches pendantes bordées de velours noir, et de toques de soie ou de velours, portaient le dais' à ces hauts personnages. Les métiers suivaient parfois en habits de caractère, à cheval , et représentant, comme le raconte Monstrelet, les sept péchés mortels, les sept vertus, la mort, le purgatoire, l’enfer et le paradis.

C’est en 1501 qu’on voit pour la première fois figurer les Six Corps dans une cérémonie de ce genre, lors de l’entrée de la reine Anne de Bretagne. Au premier rang marchaient les drapiers, représentés par soixante-dix marchands, et les quatre gardes, que précédait le doyen, tenant son bâton à la main. Puis venaient les épiciers, les pelletiers, les merciers, les changeurs et les orfèvres, enfin des bourgeois de tous états, splendidement habillés de robes de satin cramoisi, de damas gris cendré et de drap écarlate. Quatre personnes de chaque corps portaient alternativement sur la tête de la reine un dais dont le ciel était de drap d’or broché, semé de lis et de roses. A l’entrée de la seconde femme de Louis XII, les chan-

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