‹ Tableau du vieux ParisChapitre 82 sur 138 · Actes des ApâtreSt ch, xxtiti, j · texte numérisé non relu

Actes des ApâtreSt ch, xxtiti, j

contre les poisons; » toute son indignation vient de ce que les charlatans trompent honteusement le peuple sur la provenance de celle qu’ils lui vendent, et il propose sérieusement au grand maître de Malte de remédier à celte perfidie » à la façon du Grand Turc, lequel en ses terres fait sceller de son sceau le bol Armène et la terre sigillée. »

C’est avec cette candeur que le médecin auquel on doit ce Discours, et qui n’a rien de l’esprit fort qu’on reproche aux docteurs de nos jours, combat pied à pied tous les usages des charlatans, n'attaquant leurs drogues que pour y substituer d'autres drogues, ne battant en brèche l'ignorance et les préjugés de la médecine empirique qu’au nom de l’ignorance et des préjugés de la médecine ofiicielle.

Revenons à Desiderio Descombes,

Il avait un théâtre comme tous ses grands confrères, et surtout un bateleur, valet ou associé, qui est resté célèbre sous le nom de baron de Grattelard. C’est à tort qu’on a fait de Grattelard un charlatan distinct et indépendant; quelques-uns aussi l’ont confondu avec Desiderio Descombes lui-même *, mais il est bien prouvé que c’était son compagnon, car dans les parades qui nous en restent, et dont nous par-

1. Entre autres, M. Aventin, dans sa récente édition dn Tabarin (Biblioth. elzévir., t. II, p. 159), mais toutefois en exprimant un doute, et l’auteur de la Post-face d'nne autre édition de Tabarin, publiée chez Delahays.

lerons tout à l'heure, on voit Grattelard jouer le rôle de valet vis-à-vis de celui qui s’appelle le maître^ et en un endroit , il caractérise Desiderio Descombes et le désigne clairement , en rappelant l’habitude qu’il avait de se faire mordre par des serpents.

Malgré toutes ces ressources, ses farces et parades, sa haute taille, son bel habit rouge écarlate, sur lequel tranchait la pâleur de son visage, la longue chaîne d’or à laquelle il portait suspendus les portraits des souverains des quatre parties du monde, et la façon extraordinaire dont il se jouait des poisons et des serpents, Desiderio Descombes faisait assez piètre figure près de ses voisins Mondor et 'l’abarin. 11 n’était pas doué de cet extérieur imposant et de ce babil affilé qu’il faut pour séduire la foule. Son étalage d’érudition pédantesque et de termes de l’art, encore alourdi par un accent étranger, n’était pas propre à charmer le public, que la renommée de ses drogues attirait seule autour de ses planches. Aussi les commères, qu’un auteur du temps nous a montrées jacassant à qui mieux mieux, dans les Caquets de l'accouchée^, après s’être étendues avec complaisance sur la belle mine de Mondor, ne cachent-elles point leur aversion pour ce maussade personnage : « L’on n’en peut pas dire autant de Desiderio de Combes,

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