‹ Tableau du vieux ParisChapitre 89 sur 138 · P&laprtt, Im Empiriques, comédie (1697), âct. I, to. ii · texte numérisé non relu

P&laprtt, Im Empiriques, comédie (1697), âct. I, to. ii

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Boileau, Guy Paliii (un médecin lui-même), ceux que Molière met en scène, auraient pu se montrer en public côte à côte avec les opérateurs. Mais cela ne les empêchait pas de leur faire une guerre fort rude, — bien au contraire. Les règlements de la Faculté interdisaient formellement à ses membres toute accointance avec les empiriques. Il nous reste plusieurs monuments de la polémique vigoureuse engagée par les médecins contre ceux-ci, et aux soins qu’ils se donnent pour confondre leurs adversaires et éclairer le public sur leur compte, on peut juger du développement qu’avait pris le mal.

Dès 1610, Courval-Sonnet, docteur en médecine, avait cru nécessaire de publier une satire contre les charlatans qui pullulaient déjà dans Paris. En 1619, parurent les Tromperies des charlatans découvertes, qui ne sont guère qu’une reproduction de cette satire, avec quelques variantes. En 1622, un autre médecin, qui ne s’est fait connaître que par ses initiales, lançait contre eux le Discours de l’origine, des mœurs, fraudes et impostures des ciarlatans, c’est-à-dire tout un docte, grave, solennel traité, qui mettait en jeu à la fois les injures et les raisonnements, le sentiment et la rhétorique, l’Écriture, les saints Pères et les philosophes, pour pulvériser ces baladins et triacleurs, si dommageables à la Faculté.

Cette énergique croisade ne pouvait manquer d’obtenir quelques résultats, surtout pour peu qu’elle

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fût aidée pai’ les bévues des empiriques, et ces bévues ne manquèrent pas. Un jour, par exemple, un de ceux qui parmi eux jouissaient de la plus haute réputation donne deux bouteilles d’une tisane raerveilleuso à un ami : celui-ci en prend un verre , et aussitôt le voilà à l’extrémilé. On n’eut que le temps de recourir au contre-poison. L’empirique, mandé en toute hâte, soutient que sa tisane est fort bonne, et pour le prouver, il en avale deux verres en présence des assistants; mais en retournant chez lui, une faiblesse subite l’oblige d’entrer sous une porte, où il rend aussitôt le dernier soupir L’histoire fit tapage, comme on pense. Ce n’était pas la première du même genre, quoique toutes ne fussent pas aussi tragiques *. Ces accidents, joints aux mœurs équivoques de la caste et à sa vie essenliellement nomade, l’avaient signalée de bonne heure aux défiances de l’autorilé. Aussi un règlement du 30 mars 1635, assimilant les opérateurs ambulants aux saltimbanques du dernier ordre, portait ce qui suit: «Sont aussi

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