Journal de Barbier, in-12, t. III, p
ET LES CONFRÉRIES
wagon, accompagnés de M. l’inspecteur du chemin de fer, qui les harangue au besoin dans la gare. Que dirait l’administration des pompes funèbres, s’il prenait fantaisie à nos crieurs actuels de se faire enterrer comme les crieurs d’autrefois, et que dirait la police, si les pâtissiers se remettaient à célébrer par les rues la procession de Saint-Michel !
LES CON'FnÉRIES. — I.A FKTE DES INNOCENTS ET I.A tPtF. DES POCS.
Il est souvent diflicile de distinguer nettement les corporations des confréries, au moyen âge. Toute corporation est en même temps confrérie ; beaucoup de confréries sont en môme temps corporations. Les confréries se forment soit des gens du môme métier, comme celles de Saint- Amant, de Sainte-Anne, de Sainis-Crépin et Crépinien, de Saint-Martin le Bouillant, de Sainl-IIonoré, de Saint-Michel, etc., et c’est de celles-là que nous avons dû parler dans le paragraphe précédent; soit de gens du môme quartier et de la môme paroisse, comme celle de la Vierge de la nie aux Ouës, réunis dans un dessein religieux, auquel s’associe fréquemment un but plus profane ; quelquefois même, comme la grande confrérie de Notre-Dame, de gens qui ne sont ni du môme métier, ni du même quartier. Nous n’a-
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vons à nous occuper ici que de ces deux dernières classes.
Aussi bien que les corps de métier, les confréries pures et simples avaient leurs fêtes publiques, leurs démonstrations solennelles, qui affectaient souvent la forme d’une sorte de représentation populaire, où le drame, et parfois la comédie, se déroulaient dans une pantomime naïve et passionnée. Telle était, par exemple, la fameuse procession des pèlerins, le jour de saint Jacques.
L’hôpital et l’église de Saint- Jacques aux Pèlerins avaient été fondés par une confrérie de bourgeois de Paris qui avaient fait le pèlerinage de Saint-Jacques en Galice. Formée sur la fin du xiii* siècle, cette confrérie conçut, dès 1317, le dessein d’ouvrir un hôpital pour y héberger les pauvres voyageurs des deux sexes , et , en particulier , ceux qui allaient à Saint-Jacques ou qui en revenaient. Elle y réussit, après avoir surmonté une foule d’embarras et de tracasseries*. Chaque année, au mois de juillet, les confrères faisaient une procession magnifique, où leur patron était figuré « par un grand faquin vêtu en saint Jacques, marchant avec la contenance d’un crocheteur qui veut contrefaire l’honnête homme *. • Ce personnage était habillé « d’un
1. V. Piganiol de la Force, Desrript. de Paris, I. III, p 171 et suivantes.