Tableau de Paris, t, III, ch. nxxxm. (Amsterdam
8. Les véritables cria de Paris, k Paris, chez Daumont, rue Saint-Martin.
tre le fameux opérateur Turpin debout sur ses tréteaux, près du cheval de bronze, entre ses auxiliaires Pierrot et Scararaouche, et débitant ses drogues avec accompagnement de parades et de grimaces. Ce n’était pas là son seul profit, si l'on en ci-oit la légende irrévérencieuse placée au bas de l’image, qui l’accuse
M'aüraiiti’ aussi son lopin Des filous ses affidez Et même ses associez,
perdus dans la foule des spectateurs naïfs. Un peu plus tard, Toscano, qui avait fait partie de l’ancien théâtre italien, puis débuté dans les rôles d’Arlequin à la foire de 1716, rompit ses engagements et devint le plus riche et le plus illustre opérateur du royaume. Il parcourait surtout la province, où il faisait tout à fait brillante figure. N’oublions pas non plus Willars qui, renouvelant l’exemple de Barbereau, amassa en quelques années une fortune de plusieurs millions, en vendant, comme une panacée universelle qui devait prolonger la vie jusqu’à cent cinquante ans, de l’eau de Seine qu’il avait mise en flacons; ni ce prophète de la rue des Moineaux, qui, vers le milieu du xvm* siècle, vint renouveler les miracles du cimetière Saint-Médard et devancer ceux de Mesmer et de Desion, en guérissant, avec un simple attouchement et par une commotion électrique,
i'92 0PÉHATKUH8 ET EHAHLATANS.
la foule des croyants qui s’adressaient à lui, jusqu’à ce que la police eût pris le parti de fermer sa boutique à prodiges
Le règne des vapeurs parmi les femmes du monde fit la forttme des empiriques les plus extravagants. On vit, au milieu du siècle, un soldat aux gardes françaises, nommé Printemps, conquérir une vogue extravagante par un remède qui se composait simplefnent d’une décoction de foin, et il fallut une requête de la Faculté de médecine au maréchal de Biron pour l’arrêter en si beau chemin. Un peu plus tard, Pittara guérissait le mal à la mode par des emplâtres sur le nombril *. Rien n’égale les réjouissantes inventions de ces empiriques du xviii» siècle, si ce n’est la crédulité et l’engouement de leurs belles clientes.
Un petit livre curieux, le Charlatan ou le- docteur Sacroton*, nous donne des renseignements authentiques sur la manière d’être des opérateurs de place publique à cette époque, et trace un amusant tableau de leurs habitudes : • Comptes-tu pour rien de voyager partout, dit le docteur à l’élève qu’il initie au grand art du charlatanisme, de porter le sabre au côté, les pistolets à l’arçon, le bonnet