‹ Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la natureChapitre 119 sur 246 · L. 4 z. E.. P.. R. iz · texte numérisé non relu

L. 4 z. E.. P.. R. iz

* Le Vautour oricou. 10. V. Auricularis. V. Fuscus y corpore subtùs albido ; capite colloque denudatis ; rostro basi flavescente ; apice corneo.

Brun ; dessous du corps blanchâtre ; tète et cou nus ; bec jaunâtre à sa base , couleur de corne à sa pointe. ( Pl. z$ 1. n. 5. )

M. Levaillant a découvert ce grand Vautour 3 dont le vol a dix pieds , sur les hautes montagnes du midi de l’Afrique , principalement dans le pays des grands Namaquois. Les colons du Cap de Bonne-Espérance lui donnent le nom d 'Oiseau de charogne noir y et les Namaquois celui de Ghaip. Notre célèbre voyageur l’appelle Oricou y pour désigner une membrane qui borde les oreilles et se prolonge sur le cou ; elle est absolument dénuée de plumes , ainsi que la tête le jabot est proéminent et couvert d’un duvet soyeux; un demi-collier large et frisé se fait remarquer sur le cou ; les plumes du dessous sont hérissées et recourbées comme la lame d’un sabre ; un duvet fin couvre ses jambes et une partie des tarses , dont le reste porte de grandes écailles, ainsi que les doigts; la queue est étagée et comme usée à son extrémité.

liiiiii 2.

ORNITHOLOGIE

De longs cils noirs entourent les yeux, dont l’iris est d’un brun-marron ; la peau de la tête et du cou, rougeâtre et violette 3 la gorge, noire ; cette couleur est remplacée par du noirâtre sur le dessus du corps, les ailes et la queue ; les parties inférieures sont d’un brun clair , et le duvet des jambes est blanc. Le jeune est revêtu d’un duvet blanchâtre , et son plumage prend peu à peu la teinte de celui de l’adulte. Levaillant 3 Hist. nat. des Oiseaux d’Afrique j pl. ç>. 2e édit, du nouv. Diction. d’Hist. nat. tom. 35 . p. 255. L’Afrique.

Le Vautour percnoptère. ii. V. Percnopterus. V. Albus {mas)3 fuscus ( femina et junior) ; remigibus nigris margine exteriore , pr&ter duabus primis 3 canis ; rostro atro ; pedibusjlavescente-nigris -, rectricibus 14.

Blanc (,mâle), brun (femelle et jeune); rémiges noires , grisâtres sur leur bord extérieur, excepté les deux premières 3 bec noir 3 pieds d’un noir-jaunâtre; rectrices 14. ( Pl . 201 tfig. 3, sous le nom de Poule de Pharaon. )

Les Européens qui fréquentent l’Egypte, connoissent ce Vautour sous le nom de Poule de Pharaon ; les Turcs l’appellent Akbodey 3 c’estràdire. Père blanc ; les Maures le nomment Rachansalh, noms que l’on a appliqués mal-à-propos à des oiseaux d’un autre genre, tels que le Pélican 3 la Cigogne 3 le Cygne. Gn trouve cette espèce, non-seulement en Egypte, mais aussi en Europe, dans l’Afrique méridionale et l’Asie septentrionale ; elle cherche sans cesse les charognes les plus puantes , et exhale elle-même une odeur infecte, et dès qu’elle est morte, elle se putréfie. C’est un crime de tuer ces V autours auprès du Caire» « Ils ne .sont point farouches, dit Sonnini qui les a observés en Egypte ; on les y voit sur les terrasses des maisons , dans les villes les plus populeuses et les plus bruyantes , 11’être point inquiets et vivre en toute sécurité au milieu des hommes qui les ménagent et les nourrissent avec soin 3 ils fréquentent aussi les déserts et y dévorent les cadavres des hommes et des animaux qui périssent dans ces vastes espaces consacrés à la nudité et à la désolation de la plus aride stérilité.

» On les trouve encore en Syrie , et dans quelques autres contrées de la Turquie, mais ils y sont moins nombreux qu’en Egypte , parce qu’ils ne jouissent pas des mêmes prérogatives, $r qu’une antique considération n’y accompagne

pas leur existence , car ils étoient sacrés chez les anciens Egyptiens. »

M. Levaillant^ décrit cet oiseau sous le nom d ' Ourigourap 3 nom qui signifie, dans la langue des grands Namaquois, Corbeau blanc. Les Hottentots l’appellent Hoa-goop ; et les Hollandais du Cap, White-kraai y dénominations qui signifient aussi Corbeau blanc. Cette espèce est rare aux environs du Cap de Bonne-Espérance, très-commune chez les petits Namaquois , et en bien plus grand nombre sur les bords de la rivière d’Orange et chez les grands Namaquois. Les sauvages ne leur font aucun mal , parce qu’ils purgent leurs enceintes des immondices qui s’y trouvent toujours en abondance.

Ce Vautour est décrit par Levaillant sous le nom d ' Ourigourap , par Brown, sous celui de Rachamah; par Buffon, sous ceux de Vautour de Norwège y de Malte 3 de petit Vautour et de Sacre d'Egypte ; Picot la Peyrouse l’appelle Vilain ; le nom que nous lui avons appliqué esc celui que lui ont imposé Linnée, Savigny ec Cuvier: dénomination que Buffon a donnée au Vautour griffon. Enfin, nous croyons encore que le Vautour de Gin gi 3 dont il est question cidessus , appartient encore à cette espèce.

Ce Percnoptère a, sous son plumage parfait , le front , les joues jusqu’aux oreilles et le tour de l’œil couverts d’une peau nue, de couleur safranée , plus vive à la base du bec ; la gorge , garnie d’un duvet rare et fin qui laisse apercevoir sa peau jaunâtre , ridée ec d’une grande extension 3 le haut de la tête ec tout le cou, garnis de plumes longues et effilées ; le plumage , généralement d’un blanc légèrement teinté de fauve ; les grandes pennes des ailes, noires ; les moyennes , fauves à l’extérieur et noirâtres à l’intérieur; la queue, étagée et d’un blanc plus ou moins roux. Cet oiseau est, dans ses premières années, couvert sur la tête d’un duvet brun 3 son cou est revêtu de plumes étroites d’un brunnoirâtre ; le reste du plumage , d’une nuance de brun plus foncée ec variée de quelques taches blanchâtres sur les couvertures des ailes 3 cette couleur termine trois ou quatre des grandes pennes, et est maculée de brun. La femelle lui ressemble. Brisson 3 Ornith. tom. 1. p. 457» n. 3 ( Vautour d’Egypte ).. Idem 3 p. 134. n. 9 ( Vautour d tète blanche). Idem 3 p. 131. n. 2 ( Vautour brun ). Buffon 3 Hist. natur. des Oiseaux y tom. 1. pag. 161. pl. enl. n. 427 ( Vautour de Malte ) . Idem 3 p. 161 ( Sacre d’Egypte ) . Idem y p. 1 6 4. pl. enl. n. 449 ( V autour de N or-

ORNITHOLOGIE

wege ). Gm&lin 3 Syst. nat. édit. i 3. n. 7. Latham 3 Index 3 n. 3 [Valoir percnopterus). Gmelin y n. 10. Latham j n. 4 (Vultur leucocephalus). Id. > n. 17 ( Vultur angolensis). Gmelin 3 n. 8. Latham 3 n. 10 ( Vultur fuscus ). V Europe 3 l’Afrique et l’Asie septentrionale.

*Le Vautour royal de Pondichéry, u.

V. Ponticerianus. V. Niger ; capite colloque subdenudatis 3 incarnatis ; lateribus colli carunculâ carnosâ rubrâ ; rostro nigro ; pedibusjlavis.

Noir ; tête et cou un peu nus , couleur de chair 5 caroncule charnue sur les côtés du cou ; bec noir 3 pieds jaunes. (PL lyô.fig.z.)

Sonnerat, à qui on doit la première description de ce Vautour 3 l’a trouvé à Pondichéry. Il a la taille d’une grosse Oie 3 le bec court et très -crochu, sa base couverte d’une peau nue ; la tête et le cou , nus et en partie couverts d’un petit duvet; la tête, très-grosse et une membrane fort mince sur le cou , qui est dénué de plumes ; cette membrane, qui est d’une couleur rouge , commence au-dessous des oreilles , s’élargit en s’arrondissant dans le milieu , et ne s’étend que jusque sur le devant du cou ; la tête , le cou et la poitrine sont de couleur de chair; le derrière de la tête et l’espace entre les narines et les yeux , garnis d’un petit duvet noir ; le devant du cou et la poitrine, couverts de distance en distance, de petites plumes de la même teinte et placées par petits paquets ; le dos, le ventre, les ailes et la queup, noirs ; l’iris est rouge. Sonnerai 3 Voyage aux Indes et à la Chine3pl. 104. 2 e édit, dunouv. Dict. d’Hist. nat.tom. 35. p. 160. Les Grandes- Indes.

*** Genre.

ZOPILOTE (t), Gypagus. Vultur 3 Linn. Gmel.

Corpus oblongum 3 nigro 3 albo varium.

Caput rotundatum 3 glabrum.

Rostrum basi rectum cerâque instructum 3 robustum 3 supra convexum -, mandibula superior marginibus dilatatis 3 versus apicem adunca; in ferior recta y brevior x apice obtusa et rotundata.

(1) Le nom de ce genre est tiré de celui de T^opiloil , que les Mexicains ont imposé au roi des Vautours 3 que Ton a aussi nommé Roi des 7\opilotls.

N ares oblonga 3 simplices aut carunculau3 pervis 3 versus cera basim sita.

Lingua cardlaginea et membranacea 3 marginibus dendculatis.

Collum médiocre 3 partim nudum.

Al<& longs,; remigibus i*.3 $k.3 4a. omnibus longioribus.

Femora extra abdomen posita ; tibia omninb plumosa,

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores 3 posticus unus ; exteriores basi membranâ connexi ; hallux brevis 3- quemadmodîim anteriores imo tarsï positus 3 sedilem cingens 3 humi incumbens.

Ungues médiocres 3 subobtusi • médius omnium longissimus 3 latérales squales.

Cauda rectricibus 11.

Gypagi habitant in America meridionali ; nidificant sub rupibus prominulis ; serpentibus 3 lacertis y cadaveribus victitant ; ova 2-4 pariunt. P ulli recens nati videntes } cibum ipsi capientes 3 in nido victati y ex illo cedentes tantum ad volandum apti sunt.

Corps oblong , varié de noir , de blanc.

Tête arrondie , glabre.

Bec droit et couvert d’une cire à sa base , robuste, convexe'en dessus; mandibule supérieure dilatée sur les bords, crochue à son extrémité ; l’Inférieure droite7', plus courte, obtuse et arrondie à sa pointe.

Narines oblongues, simples ou caronèulées , situées à l’origine de la cire.

Langue cartilagineuse et membraneuse , à bords dentelés.

Cou médiocre, en partie nu.

Ailes longues ; ie., 3e. et 4e. rémiges les plus longues de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes totalement emplumées.

Pieds tétradactyles ; trois doigts devant , un derrière; les extérieurs réunis à leur base; pouce court , posé au bas du tarse , sur le même plan que les antérieurs, cerclant le juchoir et portant à terre sur toute sa longueur.

Ongles médiocres, un peu obtus; l’intermédiaire le plus long de tous , les latéraux égaux.

Queue à 1 2 rectrices.

Ces oiseaux habitent dans l’Amérique méridionale ; nichent sous les saillies des rochers ; les uns vivent de serpens, de lézards et de cadavres. Leur ponte est de deux à quatre œufs. Les petits voient dès leur naissance, prennent eux-mêmes leurs alimens, sont nourris dans le nid, qu’ils ne quittent qu’en état de voler.

T f 74 ORNITH

* Le Zopilote de la Californie, t. G. Ca - |

lifornianus. G. Niger ; capite colloque denudatis , pallidis y nigro maculaùs ; rostro albido ; pedibus nïgris.

Noir; tête et cou nas, pâles et cachetés de noir; bec blanchâtre ; pieds noirs.

M. Meazies a rapporté cet oiseau de la Californie et l’a déposé dans le Muséum britannique. Latham trouve qu’il a quelques rapports avec le Condor y qu’il égale presque par sa caille. Son plumage est généralement noir, avec du blanchâtre à l’extrémité des pennes secondaires de l’aile, et du brun-noir sur leurs couvertures. Les ailes en repos s’étendent au-delà de la queue ; la peau de la tête et du cou est entièrement dénuée de plumes , lisse et d’un rougeâtre sombre ; une bande noire est à travers du front, et deux autres pareilles sont sur l’occiput; une touffe de plumes étroites et noires entoure le bas du cou ; le dessous du corps est couvert de plumes lâches et duveteuses ; la queue esc égale à son extrémité. Shaw 3 Nat. Mise. vol. 9. pl. 3 o 1 . Latham , Index y Suppl. ( Vultur californianus). a® édit, du nouv. Diction. d’Hist. natur. tom. $6,p. 450* L’ Amérique septentrionale .

* Le Zopilote condor. 2. G. Gryphus. G. Maximus ; carunculâ vertïcaliy longuudinali capitis ; gulâ nudâ’y rostro nigro , apïce albido ; pedibus ni gris.

Très-grand; caroncule verticale et longitudinale sur la tête ; gorge nue ; bec noir, blanchâtre à sa pointe; pieds noirs. [Pl. 231 . n. 1.)

Nous devons au célèbre voyageur M. deHumboldt, une description très-exacte tant du physique que des mœurs de cet oiseau, devant laquelle disparoissent l’exagération et les fables qu’on s’est plu à répandre sur le Condor. Son nom est tiré de la langue qquéohqua y qui étoit la langue générale des Incas. On doit écrire Contur , car les Européens , par corruption de prononciation, changent les «et les t péruviens en 0 et en dy comme les hua en gua. Ce savant soupçonne que le nom Contur tire son origine de contunty verbe qui, dans la langue qquéohqua y signifie sentir bon y répandre une odeur de fruit y de viande ou d’autres alimens ; or, rien n’étant plus frappant dans le Condor que l’inconcevable sagacité avec laquelle il distingue de loin toute odeur de viande, l’étymologiste peut bien se permettre de croire que cuntur et cuntuni dérivent d’une même Racine inconque.

Le Condor est bien plus étonnant par son audace , par l’énorme force de son bèc , de ses ailes et de ses serres , que par la grandeur de son envergure. Il en est de cet oiseau comme des Patagons, plus on l’a examiné, plus il s’est rapetissé ; cependant, il surpasse de beaucoup la grandeur du Vultur aura , celle du Vultur papa et des autres oiseaux rapaces des Andes. Il niche dans les endroits les plus solitaires, souvent à la crête des rochers unis qui avoisinent la limite inférieure de la neige perpétuelle. Cette situation extraordinaire et la grande crête du mâle , font paroître l’oiseau beaucoup plus grand qu’il ne l’est effectivement. Ce Condor , comme le lama, la vigogne , etc. , esc particulier à la grande chaîne des Andes; la région du Globe qu’il paroît préférer est celle qui s’étend à 1 600 ou x 700 toises de hauteur; là, ces oiseaux se réunissent trois ou quatre ensemble sur -la pointe des rochers , sans se méfier des hommes ; ils les laissent approcher jusqu’à deux toises de distance; ils n’ont pas fait mine dé nous attaquer, dit M. de Humboldt, et il n’a pas entendu citer l’exemple du Condor y qui eût enlevé un enfant ; néanmoins , ce célèbre voyageur ne doute pas que deux de ces oiseaux ne fussent en état d’ocer la vie à des enfaus de dix à douze ans , et même à l’homme adulte ; car il est très-commun de les voir venir à bout d’un jeune taureau, auquel ils arrachent les yeux et la langue.

On a assuré à M. de Humboldt que le Condor ne fait pas de nid, qu’il dépose ses œufs sur le rocher nu, sans les entourer de paille ou des velues de l 'aspeletia frailexon y qui est la seule plante qui se rapproche des neiges perpétuelles.

Ses œufs sont tout blancs et ont trois à quatre pouces de longueur. On prétend que la femelle reste avec ses petits pendant l’espace d’une année. Lorsque le Condor descend dans la plaine, il préfère se poser à terre et 11e se perche pas sur les branches des arbres; aussi a-c- il les ongles très-droits.

Deux Condors se jettent non-seulement sur le cerf des Andes , sur le petit lion [puma ), ou sur la vigogne et le guanaco, mais même sur la genisse , qu’ils poursuivent si long-temps , en la blessant de leurs griffes ou de leur bec , que l’animal étouffé et accablé de fatigue, étend sa langue en gémissant; alors , le Condor saisit cette langue dont il est très-friand; il arrache les yeux à sa proie, qui, étendue par terre, expire lentement; le Condor rassasié reste flegmatiquement perché sur I4 çime des rochers. M. dç

ORNITH

Humboldt leur a trouvé dans cetre position un air de gravité sombre et sinistre. Comme le Vautour aura, on le chasse devant soi sans qu’il veuille s’envoler*, au contraire, lorsqu’il esr tourmenté par la faim , il s’élève à une hauteur prodigieuse, plane dans les airs, pour embrasser d’un coup d’œil le vaste pays qui doit lui fournir sa proie. Il plane à une élévation presque six fois plus grande que celle à laquelle se soutiennent les nuages au-dessus de nos plaines.

La crête charnue ou plutôt cartilagineuse n’occupe que la sommité de la tête du Condor e t un ■quart de la longueur du bec. Cette crête manque entièrement à la femelle ; elle est de figure oblongue, ridée et très- mince ; elle repose sur le front et la partie postérieure du bec; mais à la base de celui-ci elle est libre et presque échancrée ; c’est dans ce vide que sont placées les narines. La peau de la tête du mâle forme, derrière l’œil , des plis ou rugosités et barbillons , qui descendent vers le cou et se réunissent dans une membrane lâche , que cet oiseau peut rendre plus ou moins visible en la gonflant à son gré, à peu près comme font les Dindons, mais elle ne ressemble nullement au cou flasque de ce gallinacé ni à celle du Coq ; elle est trèsdure , coriace et munie de très-peu de vaisseaux ; elle n’a, sous le rapport anatomique , aucune analogie avec la grosse caroncule du Vautour papa ou roi des Vautours . L’oreille du Condor présente une Ouverture très-considérable, mais elle est cachée sous les plis de la membrane tem porale; l’œil est singulièrement alongé , plus éloigné du bec qu’il ne l’est dans les Aigles , très -vif et de couleur pourprée; tout le cou est garni de rides parallèles, mais la peau y est moins lâche que celle qui recouvre la gorge ; les rides sont placées longitudinalement et naissent de l'habitude' qu’a cet oiseau, de raccourcir son cou et de le cacher dans le collier qui ki sert de capuchon; ce collier, formé d’un duvec soyeux , n’est ni moins large ni moins blanc dans la femelle adulte que dans le mâle;, c’est une bande blanche qui .sépare de la partie nue du cou le corps, garni de véritables plumes (Linnée* assure, mais sans fondement, que ce collier manque à la femelle); le capuchon n’est pas entier dans les deux. sexes, il ne se ferme pas exactement par-devant, et le cou y est nu jusqu’à l’endroit où commencent les véritables plumes. Molina assure que la femelle du Condor a une petite tonde de plumes blanches à la nuque; mais M. de Humboldt ne l’a point observée

OLOGIE. ïi75

dans les nombreux individus qu’il a vus dans les landes du Pérou ; le dos , les ailes et la queue sont d’un noir un peu grisâtre ( il est faux que le dos du mâle soit blanc, comme le prétendent plusieurs naturalistes , et même l’abbé Molina) ; les plumes du Condor sont quelquefois d’un noir brillant; le plus souvent ce noir tire sur le gris; elles ont leur figure triangulaire et se couvrent mutuellement comme des tuiles; les pennes primaires des ailes sont noires , et les secondaires ont dans le mâle et la femelle le bord extérieur blanc; les plumes qui recouvrent l’aile en dessus, chez la femelle, sont d’un noir-grisâtre; leur pointe et même la moitié des plumes sont blanches dans le mâle ( et ce caractère est trèsprononcé), de sorte que ses ailes paroissent ornées d’une grande tache blanche ; la queue esc uniforme, assez courte et noirâtre dans les deux N sexes ; les pieds sont très-robustes , d’un bleucendré et ornés de rides blanches; les ongles, noirâtres, peu crochus et extrêmement longs; les quatre doigts sont réunis par une membrane très-lâche, mais très-prononcée; le quatrième doigt est petit, et l’ongle plus recourbé.

Le mâle diffère de la femelle, i°. en ce qu’il a une caroncule verticale ; i°. en ce que les rideset les sillons de la peau de. la tête et de la gorge* sont plus profonds ; ;°. en ce que les plumes qui recouvrent le dessus de l’aile sont blanches dans leur milieu et à leur extrémité, et nullement cendrées. Le bec est long d’un pouce dix lignes ; la queue, de treize lignes ; le tarse, de dix pouces; le doigt intermédiaire, cinq pouces deux lignes avec l’ongle ; les doigts latéraux ont deux pouces six lignes ; les ongles de ces doigts, onze à douze ligues ; le postérieur a un pouce six lignes. Telles sont les mesures indiquées par M. oie Humboldt, ainsi que celle de la longueur de l’oiseau et de l’envergure des ailes réunies. L’envergure est, selon le Père Feuillée , de onze ( pieds quatre pouces; suivant Strong, cité dans le Synopsis de Ray, elle est de douze pieds deux pouces, et dans l’individu que l’on eonservoit au Muséum Leverian , elle éroit de treize pieds un pouce. D’anciens voyageurs donnent des mesures bien plus exagérées ; le Père Abbeville nous assure que le Condor est deux fois plus grand que Y Aigle colossal -, Desmarchais lui donne dix-huit pieds d’envergure, et ajoute que l'excessive grandeur de ses ailes- l’empêche d’entrer dans lesforêts , qu’il attaque un homme et enlève un cerf.

Le jeune Condor \\ a pas de plumes; son corps-,,.

ii76 ORNITHOLOGIE.

pendant plusieurs mois , n’est couvert que d’un duvet très-fin et d’un poil blanchâtre, frisé, qui ressemble à celui des jeunes Chouettes. Ce duvet défigure tellement ce jeune oiseau, que dans cet état il parole presque plus grand que dans lage adulte.

Le Condor 3 à l’âge de deux ans, n’a pas le plumage noir, mais d’un brun foncé. La femelle, jusqu’à cette époque , n’a pas le collier blanc formé au bas du cou par des plumes plus longues que les autres. C’est pour n’avoir pas fait attention à ce changement, que l’âge amène, que beaucoup de naturalistes , et même des habitans du Pérou, annoncent qu’il y a deux espèces de Condor 3 des noirs et des bruns. Brisson 3 Ornïth. tom.-i. p. '47-3. n. 12. Buffon 3 Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 1. p. 184. De Humbolde , Voyag. tom. 1. pl. 8. Gmelin, Syst. nat. n. 1. Latham y Index 3 n. 1 ( Valter gryjfus ). L’Amérique méridionale.

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