L. 3 6. E. 8 pieds P.. R
* Le Zopilqte papa ou le roi des Vautours. 3. G. Papa. G. Rufescente-albus ; naribus carunculatis ; vertice colloque denudatis ; rostri apice pedibusque rubris.
Blanc-roussâtre 3 narines caronculées 3 vertex et cou nus 3 bec à sa pointe et pieds rouges. {PL 195. j%. 3.)
On rencontre cette espèce dans l’Amérique, depuis le 30e. degré de latitude nord jusqu’au 32e. de latitude sud 3 mais elle devient plus nombreuse à mesure qu’elle s’avance vers la zone torride. On la trouve au Pérou, au Brésil, à la Guyane , au Paraguay et au Mexique , où , selon Hernandez et Fernandez, elle porte le norn de Co^laquauhtli [Regina aurarum) ; mais ce n’est point le Co\quauhtli ( sive ut Mexïcani vocant aura) , comme le disent Brisson et Buf fon. Celui-ci, dont Laert a donné la description dans son Historia nova orbis , est le Gallinaye .aura. On appelle cet oiseau à Cayenne, Roi des couroumous 3 et les Guaranis le nomment au Paraguay, Iribu-rubica (chef ou roi des iribus). Toutes ces dénominations viennent de ce qu’on a cru que les Gallinacés urubu et aura le respectoient au point de s’éloigner des corps morts , aussitôt qu’il s’abattoit dessus.
Ce Zopilote 3 que les Espagnols appellent dans leur langue Corbeau blanc 3 d’après la couleur qui domine sur son plumage , fuit de loin, lorsqu’il se trouve sur la terre ou sur un arbre isolé 3 mais on l’approche, et on le tue facile-
ment dans les bois où l’on a placé quelques charognes pour appât. On assure qu’il fait son nid dans des trous d’arbres et que sa ponte est de deux œufs.
Il a le bec droit dans le tiers de sa longueur, ensuite très-recourbé et entouré à sa base d’une .membrane, qui forme de chaque côté, jusqu’aux yeux, un grand renfoncement, dans lequel sont placées les amples ouvertures des narines 3 entr’elles s’élève une espèce de crête, qui ne s’alonge ni se retire, et qui tombe indifféremment d’un côté ou de l’autre ; elle est d’une substance molle et son extrémité est formée d’un groupe trèsremarquable de verrues ; sur la tête est une couronne de peau nue et d’un rouge de sang ; une bandelette de poils noirs et très-courts va d’un œil à l’autre par l’occiput 3 il y a au-dessous de la partie nue du cou , une espèce de fraise très jolie, dont les plumes sont dirigées, les unes en avant, et les autres en arrière ; elle est assez ample pour que l’oiseau puisse, en se resserrant, y cachetson cou et partie de sa tête 3 derrière l’œil sont de grosses rides qui vont se joindre sur l’occiput à une bande charnue, saillante et orangée, qui de-là descend jusqu’au collier 3 des rides cachent le canal auditif, qui est fort petit, et auprès duquel viennent se réunir d’autres rides qui s’étendent jusqu’au bec 3 entre ces rides on aperçoit du duvet, aussi bien que sur le reste des côtés de la tête 3 les pennes et les grandes couvertures supérieures des ailes , la queue , un trait sur le dos , le bec jusqu’à la membrane, sont noirs 3 cette membrane et la crête -charnue du bec sont orangées 3 la peau nue de la base du bec est pourpre 3. les bords des paupières sont d’un rouge vif 3 les teintes les plus agréables colorent la partie nue du cou 3 c’est de l’incarnat sur les côtés 3 du poupre au-dessus de la tête ; du jaune en devant et du violet-noirâtre près de la bande et des rides de l’occiput 3 l’itis et tout le reste du plumage sont blancs. Quelques individus, que l’on soupçonne être des mâles, ont une foible teinte de rouge sur le blanc, du côté de la partie supérieure du dos : la crête charnue a dix-huit lignes. Tel esc cet oiseau , à l’âge de quatre ans accomplis.
Les différences qu’il présente à l’âge de trois ans, ne consistent que dans quelques couvertures supérieures des ailes qui sont noires, au milieu des blanches.
A deux ans , il a la tête entière et la partie nue du cou d’un noir tirant sur le violet, avec un peu de jaune sur le cou 3 toutes les parties supérieures, noirâtres 3 les inférieures , pareilles, avec
des
des taches longues er blanches ; la crête, noire, ■ne tombant d’aucun côté, et n’ayant son extrémité partagée qu’en trois protubérances trèspetites.
Dans sa première année, ce Zopilote est partout d’un bleuâtre foncé , à l’exception du ventre et des côtés du croupion qui sont blancs en soulevant les plumes sous le corps, on en voit aussi de blanches ; le tarse est verdâtre \ la mandibule supérieure du bec, d’un noi r- rougeâtre ; l’inférieure, d’un orangé mêlé de noirâtre , avec des taches longues et noires ; la partie nue de la tête et du cou , noire ; l’iris, noirâtre , de même que la crête, laquelle ne consiste, à cet âge, qu’en une excroissance charnue et solide.
Nous ne croyons pas que Latham soit fondé à rapprocher de cette espèce le Vautour dont parle Willam Barrram dans son Voyage dans les parties sud de l’Amérique septentrionale ; en effet, il en diffère essentiellement par sa queue qui est blanche, couleur qui n’existe pas sur celle du Roi des Vautours 3 à quelqu’âge que ce soit. Barrram l’appelle Vautour peint , Vultur sacra 3 et white tailledV 'dtur. Il paroît que Wilson ne le connoissoit pas , car il n’en fait nulle mention. Il a le bec long et droit jusqu’à son extrémité, où il se courbe brusquement et devient fort pointu ; la tête et le cou nus, presque jusqu’à l’estomac, où les plumes commencent à couvrir la peau ; elles s’alongenr peu à peu, formant une bouffette dans laquelle l’oiseau, en contractant son cou , le cache jusqu’à la tête ; la peau nue du cou est tachée, ridée et d’un jaune vif, mêlé de rouge de corail \ la partie postérieure est presque couverte de poils épais et courts, et la peau de cette partie est d’un pourpre foncé, qui s’éclaircit et devient rouge en approchant du jaune des côtés et du devant ; la couronne de la tête est rouge ; quelques appendices d’un roux-orangé sont sur la base de la mandibule supérieure ;,son plumage est ordinairement blanc, à l’exception du fouet de l’aile et de deux ou trois rangées de petites plumes qui le recouvrent, et qui sont d’un beau brun foncé ; la queue est grande, blanche et mouchetée de ce même brun et de noir ; les jambes et les pieds sont d’un blanc clair ; l’iris esc couleur d’or et la prunelle noire.
Les Creeks ou Muscogulges font leur étendard royal avec les plumes de la queue de cet oiseau, auquel ils donnent le nom de Queue d’ Aigle. Ils portent cet étendard quand ils vont à la guerre ; mais alors ils peignent une bande rouge encre les taches brunes. Dans les négo-
dations et autres occasions pacifiques , ils le porr tent neuf, propre et blanc. On 11e voir guère de ces oiseaux dans les Florides, que lorsque les herbes des plaines ont été brûlées, ce qui arrive fort souvent, tantôt en un lieu, tantôt en un autre , soit par le tonnerre , soit par le fait des Indiens, qui y mettent le feu pour faire lever le gibier; on voit alors ces Vautours arriver de fort loin , se rassembler de tous les côtés, s’approcher par degrés des plaines en feu, et descendre sur la terre encore couverte de cendres chaudes ; iis ramassent les serpens grillés, les grenouilles, les lézards, et en remplissent leur jabot. Il esc aisé alors de les tuer ; ils sont si occupés de leur repas, qu’ils bravent tout danger et ne s’épouvantent de rien. B ris son 3 Ornith. *tom. 1. p. 470. n. 1 1 [Roi des Vautours ). Buffon 3 Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 1 . p. 169. pi. enl. n. 418. Gmelin 3 Syst. nat. n. 3 . Latham Index 3 n. 7 ( Vultur papa). L’ Amérique méridionale.
GALLINAZE (1), Catharista. Vultur 3 Linti, Lach.
Corpus oblongum 3 nigrum.
Caput rotund.atum 3 denudatum 3 rugosum aut papillosum.
Rostrum basi rectum et cerâ instrucium , elongatum.3 lateratim compressum , supra convexum ; mandibula superior marginibus rectis 3 apice.adunca • inferior brevior 3 apice obtus a 3 rotundata.
N ares magna 3 transfor ata 3 oblonga 3 in cera antici parte sita.
Lingua carnosa 3 canaliculata 3 margine serrata.
Collum médiocre , partim glabrum aut rugosum , aut papillis spongiosis obductum.
Ingluvies plumis carens 3 prpminula.
AU longa ; remigibus 3 \ , 4*. omnium longissimis.
Femora extra abdomen posita ; tibia omnino plumosa.
Pedes tetradactyli ; digiti sub. graciles , paulb rétractiles ; très anteriorep , unus posticus ; médius longusj porrectus ; exteriores basi membranâ con nexi ; hallux internum aquans 3 quemadmodhm
(1) On a tiré cette dénomination de Gallinata , Gallinaço , Gallinassa , nom qu’on a appliqué à YUrubu, et que les Portugais appellent G alinocho. V oy. Desmarch’. lonv. 3. pag. 329 j Eus. Nieremberg, pag. 224.
Kkkkkkk
anteriores imo tarsi positus 3 sedilem cingens 3 humi incumbens.
Cauda rectricibus u.
Ungaes brèves , debiles 3 obtusï ; posticus brevissimus.
Catharisu in America habitant ; é cadaverib us victitant 3àn arboribus aut terra nidificant; ova 4 pariunt. Pulli recens nad vident es 3 cibum ipsi capientes 3 in nido v'tctati 3 ex illo cedentes 3 tantum ad volandum apti.
Corps oblong , noir.
Tête arrondie , nue , ridée ou mamelonnée.
Bec droit et couvert d’une cire à sa base , alongé, comprimé latéralement, convexe en dessus ; mandibule supérieure à bords droits , crochue à sa pointe ; l’inférieure plus courte , obtuse et arrondie à son extrémité.
Narines grandes, percées à jour, oblongues, situées dans la partie antérieure de la cire.
Langue charnue , canaliculée , à bords dentelés.
Cou médiocre , en partie glabre , ridé ou ma- -melonné.
Jabot dénué de plumes , saillant.
Ailes alongées ; rémiges 3e. et 4e. les plus longues de toutes.
Cuisses posées hors de l’abdomen jambes totalement emplumées.
Pieds tétradactyles; doigts un peu grêles, peu rétractiles ; trois devant , un. derrière ; les extérieurs réunis à leur base par une membrane,
• ^intermédiaire long , tendu ; pouce aussi long que l’interne , articulé au bas du tarse sur le même plan que les antérieurs, cerclant le juchoir et portant à terre sur toute sa longueur.
Queue à 1 1 rectrices..
Ongles courts , foibles, obtus ; le postérieur le plus court de tous.
Les Gallinacés habitent dans l’Amérique , se nourrissent de cadavres et nichent sur les arbres ou à terre. Leur ponre est de quatre œufs. Les petits y voient en naissant, prennent eux- mêmes leur nourriture, sont alimentés dans le nid, qu’ils ne quittent qu’en état de voler.
* Le Gallinaze aura. i. C. Aurai C. Niger, purpureo cœmleoque nitens ; capitis collique cute rubrâ ; cauda cuneatâ ; rostro albo ; pedïbus incarnatis.
Noir, à reflets pourpres et bleus j peau de la tête et du cou rouge j bec blanc ; pieds incarnats 3. queue étagée. ( PL n. 1
La plupart des ornithologistes ont confondu ce Gallina\e avec le suivant , et même on les confond dans les contrées où ils habitent ; car dans la Louisiane on donne à l’un et à l’autre le nom de Carancro , et les Anglais de la Caroline et des Florides les appellent indistinctement Carrion-Crown ou Turkey Busard. M. de Azara a décrit Y Aura sous le nom d’ Acabiray 3. et les sauvages du Paraguay le nomment Iribu- Acabiray. Il vole, dit ce naturaliste, près de terre et avec beaucoup d’aisance , et paroît néanmoins à chaque instant vouloir se poser.
Le vol de Y Urubu 3 selon Catesby , est différent ; il monte et descend sans qu’on aperçoive le mouvement de ses ailes; Y Aura 3 au contraire , dit Bartram , frappe ses ailes l’une contre l’autre , s’avance un peu , puis frappe encore ses ailes , et ainsi de suite à chaque temps de vol, comme s’il étoit toujours prêt à tomber, et toujours faisant effort pour serelever. Celuici est moins glouton et moins âpre à la charogne que Y Urubu ; il joint à cette nourriture, les limaçons et les insectes. Son nid ne consiste qu’en un léger enfoncement en terre , dans les halliers, sans aucune disposition de matériaux. Sa ponte est de deux œufs blancs et marqués de rougeâtre; les petits naissent couverts d’un duvet blanc et les yeux fermés.
Lorsque cet oiseau est dans l’âge avancé, tout son plumage est d’un beau noir à reflets bleus et pourprés. Avant cette époque, et tel qu’il est représenté dans Y Histoire des Oiseaux de l’Amérique septentrionale 3 les plumes du manteau sont noires et à reflets violets sur le milieu avec leurs bords bruns; cette dernière couleur s’étend davantage sur les couvertures supérieures des ailes , sur les pennes secondaires et sur toutes les ■ latérales de la queue ; la tige des premières rémiges est d’une nuance terne d’un côté et blanche de l’autre ; toutes sont en dessous d’un grisblanc lustré ; la collerette est noire , avec des reflets d’un bleu d’acier bruni , ainsi que toutes les parties inférieures , sur lesquelles les reflets sont peu apparens ; la cire est rouge ; la peau de la tête et du cou, de la même couleur, ridée sur le derrière du cou et semée de poils ras et noirs, mais plus nombreux sur la nuque ; les rides et le cour des yeux sont jaunes , ainsi qu’une raie qui s’étend d’un œil à l’autre en passant sur le front ; des individus ont les pieds couleur de paille, et d’autres , couleur de chair; les ongles sont noirâtres..
On rencontre cette espèce dans toute l’Amé-
îï79
ORNITHOLOGIE
rlque , mais elle ne s’avance guère dans le Nord, au-delà de la Pensylvanie, où elle n’est pas commune. Latham 3 Index ( Vultur aura). Gmelin , Syst. hat. édit. 1 3 ( Vultur urubu , var. ). Vieillot 3 Hist. nat. des Oiseaux de l’Amérique septentrionale 3 tom. 1. pi 2. 2 e édit, du nouv. Diction. d’Hist. natur. tom. 12. p. 400. L’Amérique.