‹ Tableau ethnographique du genre humainChapitre 12 sur 13 · IV. Asie · texte numérisé non relu

IV. Asie

Mous arrivoni sur le tbéàire de Tancien monde , sur ke théâtre de notre propre histoire. Là , la question des races se simplifie ou se complique : ellç se simplifie , si Ton se borne à poser des jalons, si l'on se contente de notions générales \ elle se complique au delà de toute expression , si Ton Teul des appréciations rigoureuses , complètes.

L'Asie tient à l'Amérique , non-seulement par l'étroit passage du détroit de Behring , mais surtout par la population qui occupe les confins septentrionaux de ces deux continents. Les Tcbouktcbi d'Asie sont considérés comme originaires des côtes. d'Amérique, ce qui fait dire à Abel Rémusat « qu'on trouve des Américains en Aw » tandis que jusqu'ici l'on n a point trouvé d' Asiatiques, en Amérique. • Le3 Tcbouktcbi sont upe famille vii^rable ^ vivant comme le$ {esquimaux, fort adroits à U fronde^ chassant le renne et péchaut U baleine. Ia^s Kamtchadales, les loukaghires» les lakoutes» le* Sa^ moyèdes , etc. , appartiennent à cette classe de peu-<

pleft hyperboréeos , à Li petite taille, au regar<i fauve , au teint fo&ce.

Att^deMOus de cette aone boréale, viennent les popolatiooâ tartares : les Mandchous , les Mongols orientaux , les Kalniouks » les Turc8«*Ouigour8 ou oric^ntaux , et les Thibétains. Les Chinois forment une famille à part , à laquelle sont alliés les Japo» nais , les Cochinchinoia , les Siamois , etQ» -^ Ces deux cl^fsesde peuples constituent ce qu'on appelle communément la race jaune ou la raœ mongole.

Ilansrinde»résidfptles populations leiplusvariéfs, etc*eit là undç^ phénoniènes l^s plus caractéristiques^ de l'histoire dç l'homm^e. Des races diverses y sent superposées et constituent les castes dont l'existence atteste une série d'anciennes conquêtes. Les véri* tables indigènes de la presqu'île, entre l'Iudua et le G^ngQ > paraissent être dçs peuples noirs , au nw aquijin» k l'œil vif, aux cheveux plats» que l'on, trouva dans 1«9 dernières castes, et notamment parmi les PariaSf D^s populations jaunes , venuei des oon^ tréès supérieures, auraient été refoulées sur les précédfi)t^$ , et auraient elles-^inémes subi Tinvasion d'une autre clause de populations du ménie type que nos races européennes. Ces dernières, venues du nord*ouest , descendirent des monts Hymalaya , portèrent dans rinde l'idiome sacré des Brahmanes , le sanscrit , que les affinités les plus remarquables rattachent à 4a famille des idiomes européens. Ainsi dans rinde , on les types actuels , oonservés pars de tout mélange à cause des dispositions rigoureuses

qui prëvieupeniles niétiiliiaiiccs entre ca8t<*s , reprodiiiseDt un phénomène historique de la pins grande importance, le fond appartient à ce type noir que les anciens attribuaientaux Éthiopiens tt Asie $\e%09LBie^ moyennes appartiennent à des types jaunes variés, apparemment refoulés de régions plus élérées , et les castes supérieures appartiennent au plus beau type blanc, légèrement influencé par le climat. C'est ce que l'on voit clairement par le dessin que nous reproduisons ici (PI. XXIV).

Quanta l'Asie occidentale, elle semble être devenue, depuis des siècles, le siège de populations de tous les types. La Perse a été traversée par des colonies de toute provenance^ Le type qui domine pourtant des régions de la Perse aux côtes de la Méditerranée , abstraction faite des Turcs , est celui des races sémitiques, c'est-à-dire des races qui appartiennent au même groupe que les Hébreux et les Arabes. Tels sont notamment les habitants de la Syrie, les Druses , les Marcmites , les Kurdes, etc. En faisant allusion aux mélanges de peuples qui ont successivement traversé cette partie du monde , on a appelé les cités populeuses de l'Asie occidentale « le grand caravansérail des nations. »

y. Ewrcpe.

Il est certain que les populations dominantes d'Europe sont originaires d'Asie. Mais les typés indigènes doivent être distingués avec soin de ceux

des populations advènes, et il importe d'iécldimir les doonées sur lesqueileft reposent ces distinctions;

Communéittent « on divise les races d^Ëuropc comme il suit : dans la partie septentrionale, on dislingue la race tehoude ou finnoise du côté de lest, et la race germanique du côté de Touest, celle-ci comprenant non-seulement les peuples germains proprement dits, mais les Normands et les Scandinaves; d^ns une zone généralement inféirieure, en distingue hisloriquement, à louest, la race celtique, qui se subdivise en plusieurs rameaux ; la race ibériennè , c'est-à-dire celle des peuples basques ou êseuaUtunaVy et à Test la race slave, qui sesubdirvisQ eUe-^éme en populations très-variées et trèsnombreuses. On compte aussi en Europe d'autres familles que nous pouvons faciletnent omettre, parce qu^elles occupent de moindres e&paces: ce sont lés Lettes ou Lettons delà Lithuanie, lesMafdgyars delà Hongrie , les Albanais , les Juifs , les Arméniens, les Gitanos ou Zingari. Pour simplifier ces éléments', nous pouvons dire qu'en général on compte en Eii^ rope trois groupes : les Germains au nord , les Geltqs au sud-ouest et les Slaves au sud-est.

Dans la famille germanique , on comprend , d^une part, les Allemands ^ les Hollandais , lèsFIamandk et les Anglais, et, d'autre part, comme bran^ cke gothique ou Scandinave, les Danois , les Norvirégiens et les Suédois. — Dans la famille celtique ,x on distingua historiquement deux branches qui étaient jadis répandues sur toute T Europe méridionale.

et dont les débris subsistent encore avec Jeurs traditions , leurs coutumes et leurs idiomes spéciaux : ce sont les Gaël et les Kjrmri , c'est-à-dire les Celtes et les Belges de César , les Celtes et les Gaulois de Diodore. Les premiers parlent ce que Ton appelle la langue erse y et se trouvent sur certains points de rirlande et de TEcosse ; les seconds parlent le gallois et le bas-breton dans la principauté de GflUes et dans la Bretagne française. L'ancienne division de la France en langue d'oe et langue d'oi/ correspond à la division antérieure delà brancbe gaélique et de la brancbe kyrariquedela population gauloise.-^-Dans la famille slave , on distingue les Slaves du centre * ceux de Test et ceux de l'ouest» c*est*à-dire , en général , ItBLeklis on Polonais » les Slaves serbo**rtt8ses et les Tchèques ou Bobémes , ces derniers comprenant les Slovaques de la Hongrie, etc.

Évitant de nous perdre dans des distinctions sans fin k à travers le dédale actuel do mélange des races, et voulaiit préciser les caractères physiques des populations d'Europe d'une manière p)ue nette et plus exacte qu'on ne le fait comi^unément , nous nous bornons à diviser les babilants de cette partie du .iioiide en deux groupes » le premier celui des races bruines 9 et le second celui des races blondes. Or i^nmarquez combien cette distinction est frappante ! Elle Test à la fois par le type , par la langue , par la religion 9 par le caractère , par Fbistoire , par ia disposition géographique.

La Tariété brune comprend en général les populations ^e la zone méridionale , toutes celles se rapportant, par leurs idiomes , à la famille gréco-latine, et par la religion à la communion catholique. I^a Tariété blonde comprend en général toutes les populations du nord, toutes celles d'origine germanique^ dont les idiomes appartiennent à la famille des langues tudesques, et la religion à une communion réformée. Par l'histoire , on retrouve dans les divers peuples de la variété brune les plus anciens habitants de l'Europe, ceux que l'on peut appeler indigènes; dans les nations ou dans les fractions de nations de la variété blonde , on retrouve les colonies asiatiques venues, dans les temps primitifs , de la région du Caucase et de l'Asie centrale. Mais l'exposé de ces faits historiques s'écarterait du cercle que nous nous sommes provisoirement tracé. Il nous suffit ici d'indiquer en passant les vastes sujets d'étude qui , sur ce point , sont ouverts à la science. Il est certain qu'aujourd'hui nous trouvons partout, en Europe , des familles de type blond, aux yeux bleus , à la taille élancée , à la figure oblongue, au front développé, au caractère froid et méthodique , mêlées à des familles aux cheveux bruns ou noirs , aux yeux noirs , à la barbe épaisse , aux formes anguleuses et trapues, à la figure ronde, au front moins proéminent; au caractère passionné, mais moins persévérant. C'est ce que Ton appelle vulgairement, à tort ou à raison , la race celtique opposée à la race germanique ( PI. XXV. ).

En réiumé, sur iou^ les points du glpbe nous avons obsenré le même phénomène : plusieurs races sur le même sol , dans des conditions d'existence historiquement différentes , et présentant ensemble des saillies singulières de mœurs ^ d'institutions , de régimes , suivant les caractères variés de leur conformation native.

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