DISTRIBUTION GÉNÉRALE DES PEUPLES SUR LE GLOBE
Noas supposons un homme jusqu'ici étranger à toutes les décourertes de la science, à qui le monde est révélé pour la première fois. D'un seul regard il mesure le globe; il y Toit tous les peuples disséminés comme au hasard. Contemplant avec surprise, du haut de son tertre natal , le tableau saisissant que présente l'ensemble des sociétés humaines, il compte autour de lui les continents et les nations ; sa vue franchit les terres et les mers; huit cents millions d'êtres humains sont au même instant^ous ses jeux... Quel péle-méle d'existences! quelle variété de formes corporelles, de mœurs, de conditions! quel mélange de grandeurs et de misères !
Près de lui il voit Tbumanité dans son éclat et sa prépondérance; au loin , dans sa misère et sa débilité; entre ces points extrêmes, il la voit tour à tour moins puissante et moins débile, moins noble et moins dégradée.
Ces contrastes frappent avant tout ses regards , comme indication et mesure de la civilisation comparative des raées. La vie sauvage est à la base ; au
-sa —
sommet brillent les merveilles de la vie policée. Là , point de culte , point d'initiative , point ^d'arts , point d'industrie; ici, sous l'empire de la pensée, s'éclaircit progresslvemetit le inystère des grandes lois de l'univers ; ici réside le génie du travail , l'instinct expansif des conquêtes » la notion du beau , du grand, et la recherche de l'utile; tout cela n'apparaît point d'une manière incertaine, équivoque: c'est un tableau dont les plans successifs sont marqués par des types physiques diQérents; c'est une gradation qui se manifeste partout, solis l'aspect éclatant d'une diversité fondamentale de sociétés. Celui qui d'un regard embrasserait tous le» degrés de cette échelle serait conduit par la plus simple réflexion à reconnaître le rapport général qui estiste entre l'état social des races humaines et left caractères différentiels de leurs types physii^ues*
Au dernier plan apparaissent . les peuples qui vivent dans l'état le plus complet d'incivilisation. Parmi eux , les plus dégradés ne sont pOiiilt lés âègres de l'Afrique centrale ; un de^^ré de barbarie plus affligeant encore semble être le propre d*une race moins noire , mais plus imparfaitement confor* mée , qui occupe la région inférieure occidentale du même continent. C'est sous le nom de Holtentots que l'on désigne communément les peuples de cette famille, subdivisée en un grand nombre.de bran-
NATUREL DE L'ILE ABOCB, D'aprii l'AtlH pittoresque du feyaje au Paie lud. H' livraUoii, plinclie 186.
ches. Mais les Hottentots du Cap sont généralement mêlés de sang cafre ou de sang européen , et les traits (le leurs diverses tribus se diversifient suivant la proportion de ce mélange (PI. IX). Le type primitif de cette race semble être celui des Bosjesmans , nom que les Hollandais ont donné à la tribu qui réside dans la partie la plus reculée des montagnes de la même région. Ces indigènes se donnent à euxmêmes le nom de Saabs , que leur conservent les géographes et les ethnologues exacts : tandis que celui de Bosjesmans , Boschisman , hommes des bois ou de^ buissons, n'est, comme l'étymologieTin- .dique, qu'une qualification banale (PI. XX}.
Après cet état de barbarie profonde dans lequel sont plongés les malheureux Hottentots, vient celui des populations noires les plus abruties de l'Afrique et de rOcéanie. Les types de ces populations sont extrêmement variés. Sur la côte Mozambique, on trouve des nègres dont les traits sont singulièrement grossiers. (PI. Y.) Dans TOcéanie , on peut citer comm^ appartenant au dernier degré de l'échelle , les sauvages Tasmaniens (terre de Van Diémen), et un graqd nombre de tribus australiennes. Parmi ces dernières, on cite particulièrement les habitants de la Nouvelle-Galles du sud (Nouvelle-Ho(lande), ceux notamment de la baie des f^erreries. Les naturels de rtle Aroub semblent se rattacher à cette classe de populations , étrangères à tout progrès social (PI. X).
Celles des populations noires qui, en Afrique,
sont le plus complètement barbares, sont des tribus
— semant ea guerre, soit contre les aDimaux ,• puisqu'elles ne se nourrissent que de cbasse et de péche^ soit les unes contre les autres, de manière à s'entredétruire sans cesse et à metlre obstacle aux accroissements de leur population.