II
Dans cett^ même sphère, mais sur un plan sensiblement plus élevé, doivent être rangés d'autres peuples d'Afrique qui se distinguent des précédents par la supériorité évidente de leur état social , notamment ceux qui , sous le nom de Cafres , occu« pent la partie orientale des régions inférieui'es de ce continent (PI. YIII), ceux qui, sous le nom de Mandingues , d'Ashantis, etc. , forment divers États dans l'Afrique occidentale , au nord de l'équateur, etc.
Puis vient , dans l'OcéaDÎe , à peu près sur la même ligne, cet autre peuple que les Européens désignent sous le nom de Papou , peuple métis qui occupe principalement le nord-ouest dé la Nouvelle- Guinée (PI. XI) et qui se montre à la fois supérieur aux'Papouas proprement dits {pua^pua, noir-noir, ) des câtes méridionales , et inférieur aux Malais qui l'ont conquis. Rien d'absolu du reste dans ces distinctions ou dans ces assimilations.
Un fait surtout nous parait digne de remarque , c'est que parmi les populations noires de l'Océanie , comme parmi celles de l'Afrique , il j a deux degrés
PAPOU DE LA NOUVELLE -6DINÉE, D'après ['Atlas historique du f^ngage d» l'Attroiaht, planche
de eiyilisatîon et ckui types. Nous avoDS ei posé les coDditimis générales de Tétat social des peuple de la dernière classe dont la coiiformation s'écarte le plus des caractères propres aux races européennes ; les attributs des peuples de l'autre classe sont d'un ordre plus élevé. Cette nouvelle série , à laquelle appartiennent non-seulement les peuples que nous avoods cités, notamment les Cafres et les Papous^ mais une foule d'autres tribus des mêmes parties du monde, se caractérise comme suit :
Un langage moins dépourvu dldées, est enseigné, sinon par Técriture , du moins par une tradition qui se perpétue avec intelligence et qui se rapporte le plus souvent à d'anciens mélanges avec des races d'an ordre supérieur.
Les mœurs impliquent Pexistence d'un premier lien social : c'est celui qu^ résulte de la constitution régulière des familles, suivant la notion des devoirs réciproques de leurs membres entre eux. Ici commence à se réaliser le principe du mariage par la pratique moins désordonnée de la polygamie , par l'adoption de certaines règles qde les mœunrs empêchent d'enfreindre.
Ces peuples possèdent des éléments de religion dans la pratique d'un culte idolAtre , fondé sur la distinction des bons et des mauvais génies, sur l'adoration des fétiches, ou sur des croyance» quelconques aux sortilèges, aux amulettes, à la magie> Dans leur imperfection même , ces idées superstitieuses concourent à améliorer leurs habitudes so-
i^iales, tans UNnpUr Vinfluencc plus civililairicè «iici^« quei«tt:tot êur eiilE Us praisqu^s dsacMfcllot iiti portée , pratique» que qùelqUet^ubs ik Oobl peuf f\m mélreolà leura propret idolAlrieB», L'îslailiifiiie ««irtonl esi , d^D9 osttô o)as8e de noirà, ua des plus énergiques mobileede cmliaatioti. Ha potsèdeut en oulore une aorte de loi YÎyaBte dana la peraonn^ des pères de famille, dea cbefa de tribu^deeenoiena. ]>e la lapplicaiioii du gouiferiiekneul palriltroàl el leréginM héréditaire des tribus } mais les notîoDs politique» de ces peuples ne s'étendent point ejsoore au ddà. . Cbea.eux^ la uotioa du droit conu^eoce à être e<maaqrée par un aimulacre de jusiioè qui éclate dans l'esprit de vengeattoe dea familles /cnU'eeUea* Ces peuples n'errent plus à la poursuite tlea uù"maux ; ils s'adonnent k la yie pastorale f mais la guerve» oréanC pour eui dea rfipports plue éteadissy entretient et développe lei^r énerve iNrutale^ La pJtipeirt d^entf e euiexlermiiifent encsore les taidous} dautrea :lea aaserTisséftl ou les wndent^ Ua fait qtt'i\ est triste de Qdnstater ^ e'eaC ^e les races afri*' cêines ,. eaa «oalheureusèa T&otinoiea de Foppreasioâ européenne, pratiquent elles-mêmes l'eadlavageailr leur ierre natale; quelqiie»«uiiea sont signalées par klur féiVM»té et $Ont anthropopbagea. Mais^ chose aJSteiè^fi à dire! mànf^er deja ohaâr huDiaine, dévo*rer un euseiai tercésaé r œ n est |)oint eC' qui oarao«« térise le dernier: >dff;i;é de barbarie i il est en eflet des peuples éàttuiliiiles qui sembleut mieux douée dti côté àe FftAtdU^iKce , de l'industrie et de i'aclmté
KAUTCHADALK, D'après l'Allii de Cho«is, planche A, Si pariie.
persévéciaiite qos d'autres qui sont k>iq d avwr des «ontumcs semliijiibles. Au Bombre de ees antbrofMKphftgei.» iwas citerons certaines tribus de GaUas ssfr la càÊm orientale d'Afrique , et dans FOecanie^ les Nonveauz-rZéUndais, les un3 et les autres sstpéxteurs, sous tant de rapports , aux races noires des «nèmes latitudes. A ce degré de sociabilité inpar»faite , il existe en effet des créatures faibles , liroide», mollement abruties , qu'on peut, en quelque sonte, coçipbrer à de grands enfan^.
Enfin • parmi les noirs de la classe prépondériBUilfli, l'agriculture est connue , l'industrie et les éobange^ commencent. L'idée de la patrie a déjà acquit quelque ascendant. Ils savent tous qu'ils ont uae comsaunauté à défendre. L'esprit publie se développe ien eux, et par l'ambition de certaines oonquéles tt pav le désir d'écbapper à roppreasie» qu'ils brigoen^ d'imposer à ceux qui sont plu» faibles, qu^urx.
. SuccessiTementf des familles d'un ordre pi us etevé forment des subdivisions nouvelles. Mais en passant tfiiir à tour en revue ks états les plus disparates de ei«ilisatioii ^ «& «lassant les peuplades les plu^ saurvagea 4'i>*^ f^^^ ^^ ^c* Européens les plus polies de l'aotre , dies types divers apparaissenJi.GOJiniiu) i<itcrm^diaires. Ici, il convient de plaeer le^ tristes babitants des contrées hyperboréennea : les Esqui-*maux, les Kamtcbadales (PI. XII), le^ Lapons«> lef
Samoyèdes, les Tchoatschi, tout habitants des mêmes zones , répandus sods un type uniforme sur toutes les parties du monde et appartenant à un même état encore très-impar£ait de civilisation.
Au même degré de faiblesse et d'inculture morale semblent placées d autres peuplades qui > sous cer-* tains rapports , sont pr^que aux antipodes de celles qui précèdent. C'est ainsi , par exemple ^ que d'un seul trait nous arrivons à certains habitants des régions australes, tels que les Patagons (PL III) et les tribus errantes des Pampas^ en remontant progressivement aux populations do Brésil , delachatne des Andes, etc.
Revenant en Afrique ^ nous y trouvons un nouveau type plus beau que celui des nègres désignés «ct^idessus , et dont Tétat social est incomparablement plus avancé r c'est eelui des Gallas delà côte orientale (Pi. VI), celui des populations fellÂnes, foulabs ou peuls , qui dominent les nègres du Soudan ; celui des populations abyssiniennes , nubiennes et berbères y auxquelles se rattachent de proche en proche tous les produits mêlés de sang éthiopien et de sang maure.
Les tribus disséminées sur ks nombreuses Iles delà Polynésie, depuis4'tle de Pâques jusqu'à Ao* tourna, et depuis l'archipel de Sandwich jusqu'à Madagascar, tribus que Ton connaît sous le nom de polynésiaEines , è la grande taille, au teint jaune bronzé , aa tïet généralem^t aquilin , dont les migrations lointaines semblent avoir porté, sur les
NOUVEAU-ZÉLANDAIS, D'après l'atla» Wslorique de l'AIroioi*, plmclw 5S-SB.
D'après M. Max Daillguel.