‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 104 sur 194 · Joumai dê$ Mines, «n III · texte numérisé non relu

Joumai dê$ Mines, «n III

On peut suivre ce filon sur une longueur de 400 mètres, et il disparaît sous des aUuvions au-dessous desquelles il parait devoir s* étendre encore.

Le minerai a été trouvé compacte à l'affleurement sur une épaisseur de 0,30 à 0,40. Son analyse a produit les résultats suivants :

A Paiii* À Saiiit-Étieiiii«.

Cuivre 52.70 42,30

Fer 14,15 13,74

Soufre 16 24,66

Silice 7,05 16

Près de la mine se trouve un cours d*eau suffisant pour le lavage et le boccardage, et tout le pays, qui n'est qu'à environ 10 kilomètres de l'Allier, à 12 kilomètres d'un bassin houiller, est sillonné par de nombreux filons barytiques dans lesquels la baryte disparaît vraisemblablement en profondeur.

Champagnagnet. — Un second gtte de cuivre a été signalé auprès de ce pays. Le minerai, analysé par M. l'ingénieur Tournaire, a donné :

Cuivre. 26,27

Soufre 24,76

Gangue • . 9,77

Ussùn. — Legrand (TAussy écrivait en l'an III qu'aux environs d'Usson la tradition rappelait le souvenir d'anciennes exploitations de minerai de cuivre.

Mines de Banson^ cuivre. — Ces mines, concédées pour cuivre, plomb et argent, ont été travaillées dans ces derniers temps, mais ces travaux ont été suspendus depuis environ quinze ans. Ainsi que nous l'avons vu plus haut, les filons dont on y a constaté la présence, encaissés dans le granité et dans les micaschistes, appartiennent au groupe métallifère qui passe à Pontgibaud, et, à ce point de vue, on peut croire que les recherches exécutées jusqu'à présent ont pu être insuflisantes pour justifier l'abandon actuel.

On y connaît trois filons dont un a été particulièrement travaillé; les deux autres ont été fort peu étudiés et n'ont été que simplement reconnus.

La puissance du filon principal est de 0,20 à 0,30.

Les minerais y consistent en pyrites cuivreuses et galène argentifère associées accidentellement à du plomb carbonate, de la pyrite de fer et du mispikel , dans une gangue de quartz et de baryte sulfatée.

Diverses analyses ont fourni, pour 4 00 parties :

Cuivre. Plonb. Argent.

et en moyenne 4,67 9,47 0,057

Mine de Beaubei*tie, mispikel. — Ce gisement est situé à la limite du Cantal. Il consiste en trois ou quatre filons dont un principal, le seul sur lequel on ait travaillé.

Puissance : 4 mètre à l'^jSO, sur lesquels le mispikel occupe une épaisseur de 0,30.

Il fut principalement travaillé pour arsenic de 4840 à 1842 ; on transportait à grands frais les minerais à Brassac pour y être traités. A cette époque, les droits sur l'arsenic ayant été réduits de 16 fr. à 1 fr., Texploitation dut être arrêtée; elle était encore suspendue en 1872. Aujourd'hui, les conditions de cette mine changeraient peut-être par suite d'une plus grande facilité des moyens de transport.

Le mispikel, analysé par M. l'ingénieur Touruaire, a donné :

Quartz 35,5

Soufre 8

Arsenic. 25,9

Nous n'avons pas vu constater la présence de l'or et de l'argent dont parle le titre de concession.

Mines d'antimoine. — Elles sont généralement situées dans la partie nord-ouest du département. Plusieurs d'entre elles ont été exploitées activement dans le cours du siècle dernier; dans le cours du siècle actuel, elles ont été à plusieurs reprises activées ou abandonnées, suivant les prix ou suivant les moyens.

Parmi ces mines, nous rappellerons celle d'Auzat'U-lMguefy sur le» versants du Cézalier.

DépartemeBt dn Cantal.

Ce département, qui se relie avec le Puy-de-Dôme au nord, la Lozère et l'Aveyron au sud, et la Gorrèze à l'ouest, a été particulièrement étudié par MM. les ingénieurs Baudin et Tournaire, ainsi que par M. Rames qui en a fait la carfe géologique, et a tracé sur cette carte les failles et les filons du terrain primitif.

Il offre l'une des sommités les plus remarqiiables de la France, et constitue en quelque sorte un immense cône volcanique émergeant d'un

plateau périphérique, à peiity àbttiptes, prbfohHémerii âcSidehtées, d'où descendent comme autant de rayons divergents une foule de ravins et de torrents dont leà eatix s*écoulent dans le bassin de l'Océan.

Ce cône est presque entièrement composé, daiis la partie centrale, par des conglomérats trachyliques. Les basaltes se rilontrent en plusieurs points, et tout autour de sa base, sul* les bords extérieurs du département, apparaissent les granités, les gneiss, les micaschistes et les schistes talqueux qu*on retrouve dans les chaînes de la Margeride, du Cézalier, ou dans les déparléments voisins.

C'est dans ces dernières roches qiie se montrent les nombreux siilQeurements métallifères qu'on y connaît, et elles sont sillonnées par des filons qùartzëux aussi imposants que ceux que nous avons vus jusqu'à présent.

Qùelques-iihs de ces filons qu'a observés M. l'ingénieur Toiimaire^ constituent aussi des nouirs haiurels, des crêtes et des liiurs saillants. Le plus reibârquable d'entre eux, dit-il, est celui que forme le filon de Turlande, près de Pixuihehc, près des liniites du département de TAveyron, qiii coupe dans toute leur hauteur les ravins de la Trueyre. « L'élévation extraordinaire de ses roches^ leurs découpures pittoresques, feraient des environs de Tui*landé, àjouië-t-il, l'un des sites lés pluâ pittoresques et les plus dignes d'attirer l'admiration des curieux, si les difficultés des communications n'étaient des obstacles que peu de personnes peuvent affronter.

^ C'est, en effet, là l'une des grandes difficultés de ce pays, Tun des plus pittoresqlies que là France possède, el ces difficultés ont pii créer de grands obstacles pour l'exploitation ou poiii* la fechercHe des mines qui paraissent y exister spr bien des points. Aujourd'hui ces conditions y sont certainement améliorées par suite de la construction du Grand Central qui le traverse d'une extrémité à l'autre; mais il y existe encore des localités qui, à ce point de vue, sont complètement délaissées.

PrîWcfpatix gisements et inities cûHHus:

Cazaret'Samt'Saniin-Cantalès^ plomb, argent et or. CoDcédé en 1839.2,308 hect.

Rouffiac, plomb, argent. Près de Montvert.

Crouzy, plomb, argent et sulfate de baryte.

Thijiiéres, plomb, argent. Filon.

SauvemioJe, près Madic^ plomb, argent. Filon.

Çhampagnw , plomb , argent et sulfate de baryte.

Lanobre, — - —

Ravin de Eolland . — — *

Ravin de les Caves, — —

1 . Géoîogîe et minéralogie du Catîtah Tournaire. — Statitiifpie minéralogique du Cantal Batidln.

MolédeSy filons de mispikel, arBéniogalfure de nickel, argent^ or. Pented du Cézàlier.

Fontmalley — — — —

BoiH'de-Vèzê, — — — —

Bois-^'lc^Tour, — — — —

Tour^ — — — . —

Peyrenégrej . — — Commune de Malonpiçe.

Carmoute^ — — — de Sainte-IIlide.

Canine^:, — — — idôTeissières-les-Boulies,

Peyrou, — — — de la Chapeiie-en-Vézic.

Orgon, plomb, argent. Filon quartzèui dans le granité.

Aireins, plomb, argent. GoucheB analogues à celle? de Salnt-Sânlin.

la Càmbe-de-Mofftjon, plomb, argent. Exploite avant 1318 ^

^ofinac, ^nlimoine^. Arrondissement de Saint-Floar.

Ouche, antimoine. Id., près Malliac. Concédé en 1826.

Luier, antimoine. Id., près Saint- Mary-le-PIain. Concédé en 1861. 90 hectares.

Yerte^erre^ antimoine. M., prés Chàpelie-LaurenU

Chateïles, antimoine.

Oûuiy, antitnoine. Près MauHac. Signalé par Monnet, 'cê gtte est en relation avec des filons de plomb.

LacroiaHi'Aêtriéy antimoine. Concédé en 1061. 8i bectiares.

Tontes ces nitnes ou iouâ ces giseinehti de j^lomb ou de nîispikel étaient abandonnés avant la guerre, au commencement de 1870. Là plupart des autres; et surtoiit les mines d'antimoine, ont été exploites avec plus ou moins d'activité dans le cours dii siècle dernier.

Mines àe plàmh, argent et or. — On les trouve pàrticuliërément dans Touest el le nord-ouest du département, bes renseignements nombreux ont été donnés silr elliss pair M. baudin dans la statistique qui remonte i 184â; mais, comniê d'epbis celte époque il ii*y a rien été fait, ce qu'on y lit peut être dit encore aujourd'hui.

Le Cantal a été considéré par les historiens, Piganiol, Hellot, etc.t comme étant doté d'abondantes mines de métaux précieux.

Cette opinion a été discutée par M. Baudin, et il n'a trouvé» dans les documents nombreiix qu'il a parcourus^ rien^qiii la justifiât d'une manière précise. Cependant dé ses observations il résiilt^ simplement qu'on ignore généràVemletît l'exlistence die travaux ancibnà dans li plupart des lieux métallifères, et des descriptions qu'il donne on peut présumer que cette partie de la France possède des mines d'un haut intérêt» ainsi que nous allons le voir.

1. Cette Indication est donnée dans les comptes rondos des ingénfAiirs (1846); nais lei recherches àe. M. Uaudin ént montr>> quMl y avait eu confusii^n de nom et qu'il M'agiAsait do MoHjoHx OQ MotttjQux du Tarh, dans l*Aveyruii^ où se trouvent, près de MUhaû, les mines 4u Minier,

Aline de Crouzy^ commune de Chalvignac, près de Mauriac. Découverte en 4760, exploitée vers cette époque et abandonnée notamment par suite de la cherté du combustible.

Mine de Thinières^ Sauverniole^ environs de Madic.

De considérables déblais témoignent de travaux anciens importants à Thinières. L* annuaire du Cantal dit : € Arrondissement de Mauriac... Oo exploitait autrefois une mine de plomb contenant beaucoup d*argenty dans la commune de Baulieu^ près des ruines du château de Thinières; mais Ton ne trouve plus que quelques traces de cette exploitation. 9

Ces travaux ont été ouverts sur un puissant filon N. N. E., S. S. 0., donnant 300 grammes d'argent aux 100 kilog. de minerai, et courant dans les schistes cristallins.

Ce gUe, dit H. Baudin, et celui de Crouzj, comme ceux qui peuvent se présenter dans les environs, se rattachent à un groupe de filons qui, courant invariablement N. N. B., S. S. 0., longent sur plus de 120 kilomètres, de Mauriac à Montaigut, les longs terrains houillers alignés suivant cette direction.

A ce groupe appartiennent les filons de plomb de Crouzy et de baryte de Champagnac (Cantal), les filons de plomb de Ribeyrol et de fer de Deveix (Corrèze), les filons de Thinières et Sauvemiole (Cantal), les filons de plomb et argent de Strature (Corrèze), et enfin les filons de plomb de Joursat, de fer, plomb et argent de Tortebesse^ et ceux de plomb et argent de Ynux et Marboutin (Puy-de-Dôme),

Ajoutons encore auprès de Mauriac cette indication de Monnet :

« A Touest, sud, sud-ouest, on trouve dans le granité des tranchées « très-profondes dans lesquelles on voit des mines qui ont donné de ce petites parties de minerai de plomb. C'est principalement dans celle « nommée la vallée de Corbeil, que se trouvent ces mines. » Ces tranchées sont évidemment des anciens travaux.

Gîte du bois d'Orgon. — Filons quartzeux, peu puissants dans le granité.

Gîte du ravin de Rolland* — Filon dans le gneiss. Les essais ont donné 430 grammes d'argent aux 400 kilog. de minerai.

Gîte du ravin de les Caves. <— Minerai à 20 grammes d'argent aux

400 kilog.

Gîte de Rouffiac. — Filon dans le granité. Galène à grandes facettes tenant 20 grammes aux 400 kilog. Plomb phosphaté dans le quartz.

Gîte de Cazaret (Saint-Santein-Canfalès). Ce gîte important fut découvert en 4835. Des affleurements de mines du même genre se montrent aux environs, soit dans la concession de ce nom, soit au dehors, au moulin de Cazaret et à Fénies^ avec une direction N. S.» dans la corn-

mune d'Aireins^ à Pruns et Parieu^ avec la direction £. 0«, qui tous suivent Tallure des terrains de la contrée.

Les travaux de la concession de Saint- Santein^ commencés en 1836, ont été fermés en 1839 après qu'on y eut ouvert un ensemble de travaux représentant un cube d'un millier de mètres environ.

Depuis cette époque, jusqu'à aujourd'hui 1873, il n'y a réellement rien été fait, et dans ce moment (1873) celte mine est dans l'abandon le plus complet.

Gisement de Cazaret. — Couche verticale insérée dans le gneiss, composée de schiste noirâtre métallifère.

Il offre les mômes caractères dans les points que nous avons indiqués plus haut; l'ensemble de ces points indique la présence de plusieurs bancs métallifères du même genre. Entre tous, c'est le gtte de Cazaretqui a paru le plus important.

Autant qu'on en peut juger d'après la description de H. Baudin, il y a là une concentration lenticulaire, et tout porte à croire qu'il doit en exister d'autres au moins aussi riches dans les environs. Les travaux qui y ont été faits ayant constaté « une puissance et une richesse moyennes de nature certainement à couvrir et au delà les frais d'une intelligente exploitation \ » il y a tout lieu de penser que ces montagnes posséderont (les richesses exploitables quand les voies de communication y seront convenablement améliorées.

Direction. — N. N. E., S, S. 0.

Puissance. — Puissance variable» de 4 à 2 mètres au minimum, atteignant jusqu'à sept mètres.

Minerai. — Lamine de Cazaret, qui semble exceptionnelle par l'absence des salbandes et celle de minéraux cristallisés, tels que le quartz et la baryte, l'est aussi par son minerai qui présente une teneur élevée en argent.

Les essais ont donné :

Pour le minerai brut. . SIO gr. d'argent aux 100 kilos de minerai. SchlicklavéàTaugette. 1,160 —

Minerai compact, présentant à peine des indices de métaux, a donné 60 grammes d'argent aux 100 kilos de minerais.

Schlick 684 grammes.

Des échantillons de galène à peu près pure, pris à diverses hauteurs du gisement, ont donné à M. Becquerel 396, 416, 696, 308, 380 et une teneur moyenne de 439 grammes d'argent aux 100 kilos.

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