‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 107 sur 194 · Bulletin de la Société géologique^ 1S · texte numérisé non relu

Bulletin de la Société géologique^ 1S

Principaux gisements connus dans la Haute^Loire *

Lmmdte^hUioûf plomb, et argent. Recherclies.

Saifèi-FtioiU^^Dragont plomb et argent. Gantoe de Lavoulte^IhiUao, Recberobea.

Salzuity plomb et argent. Can(oD de paulbaguet. Recberches.

Aurouze, plomb et argent. Canlon 4e Paulbaguet. Goacédé en <870. 2,660 hectares. Leg travaux étaient arrêtés en i872.

Environs de Briouie, de Paulhaguet, de Lavoulte-ChUiae , de Langeac* Nombreux filons de baryte, de quartz^ de spath fluor.

ChazelleSy plomb, argent. Canton de Langeac. Concédé en iSI8. 669 hectaréâ.

Montstfol'd' Ailier, plomb, argent. Canton de Langeac. Concédé en 1854. 908 hectares.

ChamboMeU alquifoux. Canton d'Issengeaux. Concédé en i827< 530 hectarea» Aztrat et Agnat, cuivre. Canton de prioude. Concédé en iSai. 65Q bectarea. Barlet, cuivre. Canton de Langeac. Recherches à la surface. Es-peluches, mispikel. Canton d'Auzou. Concédé en 1843. 499 hectares. Freycinelj antimoine. Canton de Lavoulte-Chiliac.

Tm Licoulne, antimoine. Canton de Lâvoutte-Chiliac. Concédé en 1817. 1,540 bect. LavouHe-Chîitac, antimoine.

Promeniy, antimoine. Canton de Langeae.

Barlet, antimoine. Canton de Langeac.

ChazdleSj antimoine. Canton de Langeac. Concédé en 1849. 414 hectares. D*AUy, antimoine. Canton de Lavoulte-Chiliac. Concédé en 1855. 232 hectares. Moulergues, antimoine. Canton de Pinols* Concédé en 1866. 93 hectares. De La Paye, antimoine. Haute-Loire et Cantal. Concédé en i861. 300 heotarea. Entre Allègre ei Saint-Paulieu^ chaux fluatée. Filon dirigé N* S. (Tournaire).

Concession cfAurouze. — Les travaux de recherche que nous croyons être les plus importants qu'on ait faits dans ces dernières années, au point de vue de la galène argentifère, ont été exécutés à Aurouze, près de Paulhâguet.

D'après le rapport de M. l'ingénieur Tourgon et d*après ce que nous avons vu nous-méme en 1872, cette Concession est traversée par un grand nombre de filons. On en compte au moins trente, auprès d'Anrouze, qui se croisent, dans des directions diverses, dans un espace de 50 hectares, et la concession s^étend sur plus de 2,000. D'autres se trouvent encore dans la vallée de la Fioure, et il paraît certain qu'il en existe encore beaucoup dont on ne voit pas les affleurements.

Ces filons sont encaissés dans le gneisSi ou dans un granité schisteux; ils sont généralement barytiques aux affleurements et deviennent quartzeux et métallifères à peu de profondeur au-dessous de la surface. On y trouve, avec le quartz, la baryte et le spath fluor, les minerais de plomb argentifère, de cuivre et de manganèse.

La direction de ces filons est variable, depuis N.-S. jusqu'à N. 50^ 0.; mais, d'après les observations de M. l'ingénieur Dorlhac, les filons baritiques N. 50 0. coupent toujours le$ filons quartzeux des autres direc-

lions, tandis que les filons quartzeui se rencontreut soilToftt sans se couper. Les filons barytiques de la direction que nous venons d'indiquer sont donc plus récents que les filons quartzeux, et cette obaervatibn est d'un grand intérêt au point devue des travaux de recherche et de produelion dans ces contrées, aussi bien poui^ Aui^ouze que pour toutes les montagnes des environs.

Il y a, en effet, une question fort utile à irésoudre. Cette question est celle qui se rapporte aux divers degrés de richesse de ces filons d'âge différent. Déjà on a pu reconnaître ailleurs que la nature du quartz indiquait des aptitudes plus ou moins grandes à devenir mélallifërës ; cette loi, si importante à connaître, n'a pas» ce me semble, été profon* dément étudiée dans la Haute-Loire, et il convient de savoir encore A les filons barytiques N. 30 à 60 0. seront plus ou moins métallifères que les filons quartzeux. Je n'ai pas une connaissance des lieux assez com* plète pour développer un sujet si difficile et si délicat à traiter, mais on comprend tout oe qu'une pareille étude offre d'intérêt à toua les pomts de vue.

Nous ne noua étendrons pas sur Jos nombreux filona qu'on rencontre à Aurouze et dans les environs; nous nous bornerons à rappeler qu'ila sont gétiéralement zones et formés souvent d'une Au6€es«ioil de bandes de quartz, de baryte et de spath fluor.

Leur puissance varie de 0,60 à 4 mètres, mais il ea est parmi eux qui atteignent une largeur beaucoup plus considérable> tel que le filon da Fiovette.

Filon de FiavetH. — Situé au nord-est d'Aurou»e, près du moulin d^ Praslon, dans les escarpements de la vallée étroite de 1% Fioute dont les eaux s'écoulent dans la Senoure. Ce filon» connu par ses afQeurementsi peut être poursuivi sur une distance de plus de 4 ,409 mètres.

ùirectUm : N. 30 à 48* 0.

Pumance .* 4â, 4 4, 4 6 et 48 mètres.

Inclinaison : vers le nord-est. tl est presque vertical.

Gangues. — Elles se composent de sulfate de baryta et quartzo-bar ytiques, alternant avec des bandes de chaux fluatée, formant des zones de OJO à 4,40 d'épaisseur, et de schistes on dé recbea felSspaChiqu^, qui complètent le remplissage des filons*

Minerai, — La galène argentifère est le minerai dominant, mais on y trouve encore des pyrites et carbonates de cuivre, des pyrites 4e fer et des oxydes de fer et de manganèse*

La galène se trouve dans des bandes quartzo-barytiques, et en plus grande abondance dans celles de même nature plus rapprochées des épontes.

Dans ce filon, le minerai a donné une haute teneur en argent. Dans les autres filons d'Aurouze, la galène a été trouvée aussi d'une grande richesse en argent dont témoignent les résultats suivants :

Galerie de la Salzède supérieure, plomb. 50,90 ""/^ 325 gr. argent aux iOO^ plomb.

Galerie de Bourgoing 54,20 570 —

Quartz noir minéralisé 18,62 390 ^

Puits Bergoin 47,75 645 —

Minerai lavé. Puits Faraire 42,75 316 —

Les analyses faites au Bureau des mines de Clermont ont donné des résultats d*où l'on peut déduire le chiffre de 5 kilos comme teneur moyenne en argent des 4 ,000 kilos de plomb d'œuvre d'Aurouze.

Une telle richesse est bien apte à appeler l'attention sur les filons de cette contrée, et elle doit exciter surtout à faire rechercher comment elle est répartie au milieu de ces nombreux filons qui présentent des quartz de diverses natures, du spath fluor, de la baryte et des argiles; quels sont enfin ses rapports avec la roche encaissante, schistes et mi* caschistes, et avec son voisinage des roches éruptives d'une autre nature.

Jusque dans ces dernières années on ignorait Texistence des travaux d'une autre époque; mais, lorsque les recherches ont été commencées à Aurouze, on a reconnu que les anciens y avaient travaillé. De là est venu le nom des Anciens donné à l'un des filons de cette contrée. Ces travaux ne semblent pas avoir eu un grand développement.

Il parait, d*aprës la tradition locale, que, dans le dix-huitième siècle, les Blumenstein, qui cherchaient à étendre au delà de toute limite les bornes de leurs concessions, y ont fait quelques travaux; mais on est en droit de supposer que, fort occupés déjà de leurs entreprises de Saint- Julien, de Saint-Martin, etc., ils ne purent poursuivre ces travaux, comme cela, d'après Jars, leur arriva à Monistrol pour la même cause.

Les travaux récemment exécutés à Aurouze ne sont parvenus euxmêmes qu'à peu de profondeur (1 872), et, malgré la puissance des filons, ils n'étaient pas encore arrivés à reconnaître des veines de galène un peu épaisses ou des disséminations de minerai un peu abondantes.

Monistrol (TA Hier. — Filons étendus dans le granité, près du chemin de fer. Des travaux y ont été faits depuis des temps très-éloignés. On y travaillait en 4872 et on en tirait de l'alquifoux.

JlUnes de Chaxelle, — Il y a longtemps aussi que ces mines sont connues. Hais, concédées en 4848, on n'y avait fait que bien peu de travaux jusque dans ces derniers temps. Nous nous rappelons avoir eu occasion de les visiter en 4856, et à cette époque, comme dans les années précédentes, ces travaux ne consistaient qu'en puits peu profonds, ou travaux presque

5 ciel ouvert. Les filons se trouvent dans le granité et dans les gneiss. Nous ne connaissons pas leur teneur en argent.

L'accès des endroits où se trouvent ces mines parait difficile et exige vraisemblablement une richesse en minerai qu'on ne voit pas au premier abord; mais, là comme dans beaucoup d'autres endroits, il est à craindre que les études méthodiques aient fait défaut jusqu'à présent.

langeac. — Près de ce pays et aux environs des mines de houille de Marsanges, on rencontre encore un certain nombre d'indices métalli^ fèresi On voit notamment à Barlet un filon de cuivre et de spath fluor remarquable par son ampleur. Ce filon se trouve dans les schistes qui constituent les versants du ruisseau de Marsanges.

Direction : N. 20 E.

Puissance : 3,50 à 3 mètres.

Inclinaison : verticale.

Minerai: pyrite de cuivre. En 4872, on le voyait en une bande massive de 0,25 à 0,30 d'épaisseur, au centre même du filon et entre deux bandes de chaux fluatée de i mètre à 4 "^,50 d'épaisseur chacune.

Ce filou a été longtemps caché, comme beaucoup d'autres le sont encore aujourd'hui sans doute, sous la terre végétale, et nous nous rappelons l'époque où nous pouvions parcourir ces contrées et passer au-dessus de lui sans en soupçonner l'existence.

Les travaux dont il a été l'objet ne consistaient, en ces derniers temps, qu'en tranchées à ciel ouvert. Nous ignorons si aujourd'hui (4873) il est l'objet de travaux sérieux et plus étendus.

Je n'ai vu que ce filon de cuivre, mais on m'a assuré qu'il en existait trois parallèles et très-rapprocnes les uns des autres.

Si l'on jette un coup d'œil sur cette contrée, on voit, dans un espace très-limité, les filons de cuivre dont je viens de parler qui se développent sur une assez grande étendue en gravissant la montagne, et, à peu de distance, un filon de galène ayant la direction N. S., une gangue quartzeuse et de spath fluor, renfermant de la galène à grains d'acier et du phalerz; un peu plus loin , un gisement d'antimoine d'où l'on a extrait du minerai, et courant à peu près dans la direction E.-O.

En s'en tenant à ces faits, on voit qu'on a, à deux pas de la houille de Marsanges^ dans un fort petit espace, un réseau de filons qui donne à cette localité un intérêt tout particulier, mais il faut cependant reconnaître que, dans l'état actuel, les apparences extérieures ne semblent pas promettre une grande abondance de minerai. Ces apparences peu favorables, particulièrement manifestées par l'absence de gangues argileuses, par l'aspect même des schistes encaissants, dépendent probablementi

ainsi que nous aurons occasion de le voir ailleurs» du niveau géologique dans lequel on les observe.

Mines (Tantimoine. — Elles consistent généralement en filons dans des schistes appartenant, probablementi à la partie la plus supérieure des terrains azoiques. Ils sont très-nombreux dans ces contrées. Leur puissance dépasse rarement 1 mètre. Les minerais qu'on en extrait sont portés aux fonderies de Langeac où l'on produit le régule.

En résumé, nous n'avons donné que )}ien peu de détails sur le département de la Haute-Loire, mais nous pensons en avoir dit assez pouir montrer qu'il y a là encore une contrée qui paraît peu connue et où Ton peut constater les apparences d'une certaine richesse. Jusqu'ici les sommes employées en recherches n'ont fait qu'effleurer la surface du sol, et si, par un heureux hasard, elles avaient pu é^re concentrées en un seul point convenablement choisi, elles auraient permis peut-être de mieux apprécier ce que peuvent renfermer les entrailles de ces montagnes, et une telle manière de faire aurait probablement modifié l'opinion défavorable que peuvent inspirer ces recherches superficielles presque aussitôt abandonnées que commencées.

OéiraudAi» et CéTennes.

Bépartêmeni de la l.ezère«

Ce département est Tune des parties de la France les plus remarquables par le nombre des gisements métallifères quil possède, et il l'est particulièrement pour nous au point de vue qui nous préoccupe, parce qu'il est le siège de Tune des rares exploitations métalliques de notre pays, celle de Vialas, qui, depuis près d'un siècle, luttant sans crainte et sansrel^Lche contre un^ foule de difficultés, aient montré cette persévérance continue qui a failli dans un si grand nombre d^endroits.

La Lozère ou le Gévaudan était, au temps des Gaulois, la patrie des gabaies célèbres déjà par l'industrie des mines. Elle appartenait au royaume des Arvernes dont fut roi Vercingétori\. Vaincu par les Romaitas^ le Gévaudan fit partie de la Gaule aquitanique et dans le cinquième siècle il passa sous la domination des Visigoths, puis sous celle des Francs, pendant que les Sarrasins avaient leur métropole à Narbonne. Après lé démembrement de l'empire de Charlemagne, ce pays fut soumis aux évoques devenus comtes du Gévaudan qui consierVèrent l'entière puissance jusqu'en 1306, et depuis le treizième siècle jusqu'au moment de la Révolution de I'78d il fut compris dans Tanciehne province du Lan«> guedoc.

Pendant le quatorzième et le quinzième siècle, le Gévaudan èttt particulièrement à souffrir des maux quie les Anglais causèrent à la France, et ce n'est qu'en 4451, sous Charles VU, que ce pays vit renaître un peu de calme. Ce calme dura peu par suite des guerres de religion qui, pendant le seizième et le dix-septième siècle, y portèrent le trouble le plus grand.

Ce rapide historique montre que l'industrie des mines a dû y être souvent troublée; mais néanmoins, quand on parcourt les montagnes qui en constituent l'ensemble, on rencontre sur leurs sommets, ou dans les ravins, des amas de déblais, des tas de scories, et des ruines qui attestent l'existence d'exploitations prolongées dans des temps reculés. Ces exploitations durent être très-actives aux temps romains et pendant le douzième et le treizième siècle, comme elles l'étaient presque partout ailleurs en Europe. Les historiens signalent les exploitations du quatorzième siècle dans le Gévaudan, alors que l'argent avait une valeur qu'on ne lui avait pas connue jusqu'alors et, au milieu du quinzième siècle, quelquesunes de toutes ces mines étaient encore travaillées à Saint^Sixte, à Val" longuet à Lacombe, près de Cocurès, dans la juridiction d*J$pagnac, et en beaucoup d'autres points.

Depuis ce temps, des mineurs du pays ou étrangers tiraient de l'alquifoux et grapillaient dans les mines abandonnées et encore ouvertes, et peu d'années avant 4789 des entreprises minières furent concédées par l'administration.

A cette époque on vit dans la Lozère trois établissements principaux : l'un à Villefort pour l'exploitation de la galène argentifère et de la pyrite cuivreuse; le second à Bluech; le troisième à Saint-Sauveur ^ dans le Gard, mais sur les limites du département. Ces diverses entreprises commençaient à donner des résultats et à surmonter les obstacles qui se présentent généralement au début, quand les événements de 4792 éclatèrent et vinrent porter partout le désordre et le trouble.

Les établissements de Saint-Sauveur et de Bluech furent dévastés et leur matériel complètement perdu.

La Société de Villefort et Yialas seule n'interrompit pas ses travaux, mais elle eut à lutter contre des obstacles considérables.

Depuis la Révolution, à l'exception de Yialas, aucune entreprise durable n'a été fondée dans la Lozère, et l'on a pu voir les traces nombreuses d'anciennes mines, délaissées et abandonnées pendant cinquante ans de paix, alors que le commerce et l'industrie acquéraient un développement inconnu et que les métaux, tels que l'argent, le cuivre et le plomb, étaient plus recherchés que jamais, et plus que jamais nécessaires.

La Lozère, comme plusieurs départements du Languedoc, est fort riche en mines, et c'est ce qui faisait ëire au mineur de Genssaue^ chargé par les États d'étudier le pays vers 1766 : c J'ose assurer que ces mines, c exploitées avec prudence, produiraient des sommes considérables en € cuivre, plomb et argent, et dans le cas où le gouvernement ne jugerait € pas à propos de s'en occuper par lui-même, la province. pourrait, € sous le bon plaisir de Sa Majesté, se faire un très-^ros revenu du proc duit de ces travaux. »

1, Jlisioire naturelle du Languedoc»

Dépuis ce temps de nombreuses tentatives ont été faites et bientôt délaissées. Presque toutes ces mines sont restées à peu près inactives pendant tout le cours de ce siècle malgré les tentatives que nous venons de rappeler.

On serait porté à croire à Tinsuffisance de la richesse des gisements, et à considérer cette insuffisance comme la cause principale des insuccès et des abandons; mais, pour peu que Ton veuille y réfléchir, pour peu que l'on pense à toutes ces anciennes exploitations dont on voit les vestiges nombreux, on reconnaît bientôt que beaucoup d'autres causes ont dû entraver le mouvement industriel minéralurgique de ces contrées dans le cours du siècle actuel.

Ce n'est pas, comme on l'a dit, l'élévation des prix delà main-d'œuvre ou l'abaissement du prix des métaux qui ont arrêté ce mouvement, et nous en avons pour preuve la continuité de l'exploitation de Yialas, mais dans les temps qui précédèrent la Révolution et plus encore dans les temps antérieurs, la Lozère était couverte de forêts, et chaque mine trouvait auprès d'elle les bois et le combustible nécessaires à son activité. Elle n'avait d'autres transports à effectuer que ceux des lingots de plomb ou d'argent. Après la Révolution, ces pays, comme tant d'autres, se ressentirent du décret do la Convention qui autorisait les communes à disposer des forêts et des bois et, peu d'années après, le sol fut presque entièrement dénudé comme on le voit aujourd'hui sur la plupart de ces montagnes. ^

II fallait donc, ou transporter les minerais au loin, près du combustible, on bien transporter ce dernier près de la mine. On voit donc que les circonstances, pour les exploitations de la Lozère, s'étaient singulièrement modifiées dans le cours de peu d'années, et ces circonstances étaient devenues réellement désastreuses parce que les routes faisaient complètement défaut et le pays manquait de chemins.

C'est donc en grande partie, non pas à la stérilité des gîtes qu'il faut attribuer l'abandon ou l'insuccès des mines de la Lozère pendant les années qui viennent de s'écouler, mais principalement à l'absence des voies de communication. Si ce pays se fut trouvé en Allemagne il serait aujourd'hui en pleine exploitation; des faisceaux de filons y auraient été reconnus et l'activité régnerait sur une grande partie du département, parce que, dans cet Empire, l'industrie minérale étant l'une des préoccupations publiques, aussitôt qu'une mine est reconnue, quelle qu'elle soit, riche ou pauvre, on y fait une route pour la desservir.

Aujourd'hui la Lozère possède un chemin de fer le long de l'une de ses limites; elle doit être traversée par une voie ferrée centrale passant à Marvejols, et des chemins ordinaires sont en voie de construction en un grand nombre de points. Les conditions du pays sous ce rapport seront doue transformées, et beaucoup de mines qui devaient forcément

être abandonnées ou être travaillées lentement pourront probablement bientôt être mises avantageusement en activité.

Si Ton jette un coup d*œil d'ensemble sur la constitution géologique de la Lozère, on voit trois centres granitiques principaux qui dominent toute la contrée : 1° au nord du département , Taxe de la Margeride entre la Truyëre et T Allier, qui se poursuit dans le Cantal, et se relie aux monts d*Aubrac par les hauteurs de Saint- Amuns; 2» le mont Lozère qui présente ses derniers contreforts dans le Gard, aux environs de Villefort et se dirige du côté de Mende; 3^ VAigoualf au sud du département, qui s'étend depuis les limites de TAveyron jusque vers Saint-Jean-du-Gard et constitue les crêtes des montagnes de Saint-Guiral, de Saint-Brion, etc.

Ces trois principaux massifs, essentiellement formés, à leur centre, de granité porphyroïde, surgissent du sein des schistes anciens^ gneiss, micaschistes, talcschistes et schistes argileux qui les entourent et disparaissent eh un grand nombre de points, dans le département ou dans les départements voisins, au-dessous des formations secondaires, carbonifère, triasique, liasique et jurassique qui les recouvrent.

Ces schisISB sont particulièrement découverts, entre TAigoual et la Lozère, sur une superficie de près de i ,000 kilomètres carrés, et ils apparaissent encore dans une foule de points, au nord de cette dernière montagne, sur les flancs de la Margeride, sur les bords de TAIIier et de la Truyère, dans la vallée du Lot, etc.

Ils sont souvent sillonnés par des filons de pegmatite, de fraidonite, analogue à la minette des Vosges, de porphyres quartzifères, et enfin par de puissants filons quartzeux qui les traversent sur des étendues considérables.

Les basaltes, si développés, à l'ouest et à l'est, dans l'Ardèche et le Cantal, ne se montrent que rarement dans le centre du département; ils apparaissent aux environs de Malezieu et de Saint-Léger-de-Peyre ^ et forment une grande partie des montagnes A'Aubrac,

Les substances métalliques se présentent dans de nombreux filons, abondant surtout dans les formations schisteuses, et se poursuivant dans les granités comme dans les terrains secondaires triasiques et liasiques.'^n les a particulièrement recherchées et travaillées autour des versants granitiques de la Lozère et de l'Aigoual, et elles se présentent dans des filons de quartz, de sulfate de baryte et quartzo-barytiques, à l'état de pyrites plus ou moins cuprifères, de galène et d'antimoine.

Ces filons divers ont été étudiés avec grand soin par M. l'ingénieur Lan S et quoiqu'il y ait bientôt vingt ans que ces études aient été faites, elles peuvent encore aujourd'hui être consultées avec profil. D'après ces études, on voit que la Lozère est traversée par des zones métallifères importantes, qui se trouvent ainsi déterminées dans leur ensemble, mais

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