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Les exemples que nous venons d'exposer suffisent pour montrer, ainsi que nous l'avons dit plus haut, que la richesse d'une mine dépend moins de la teneur élevée des minerais qu'elle renferme que de leur abondance et de leur travail, et pour faire voir que la France , qui, depuis tant d'amiées, a été considérée comme pauvre ou dépourvue de substances métalliques , en possède tout aussi bien que les nations étrangères qui sont le plus cultivées.
Gîte. Gisement. Richesse dun gisement. — On appelle gîte ou gisement d'un minerai le dépôt de ce minerai au sein de la terre, quelle que soit la forme de ce dépôt ou l'abondance du minerai qu'il renferme.
Un gîte ou'un gisement sera riche iW est abondant, et il sera pauvra toutes les fois qu'il ne renfermera pas ou qu'il ne produira pas une quantité assez grande de minerai pour supporter les dépenses d'extraction et de fusion, toutes les fois qu'on ne pourra pas en extraire avantageusement le métal qu'il contient.
La détermination de la richesse d'un gtte , à ce point de vue , le seul qu'il faille considérer dans la pratique, a dû souvent varier dans le cours des temps et avec le progrès des arts. Ainsi, un grand nombre de mines du moyen âge, exploitées à cette époque sur bien des points de l'Europe durent être abandonnées, en majeure partie, vers la fin du treizième siècle, parce que le minerai qu'on en extrayait devenait insuffisant pour couvrir les charges de l'exploitation.
On a souvent dit, mais sans approfondir cette question, qu*un tel abandon pouvait provenir de la fluctuation des prix des métaux, de la baisse de ces prix et de l'élévation de ceux de la main-d'œuvre; mais, en réalité, il avait plus particulièrement pour cause l'approfondissement des travaux^ l'imperfection des moyens d'épuisement, de forage et d'aérage, et le poids des charges que les seigneurs faisaient peser sur les exploitants.
Plus tard, vers le seizième siècle, la plupart d'entre elles, en Allemagne, en Suède, etc., furent reprises avantageusement quand les exploitants eurent à leur disposition des forces nouvelles qu'avaient créées la science ou le besoin , quand ils purent ouvrir de grandes galeries d'écoulement et se servir de la poudre et du bocard dont l'emploi ne remonte qu'à 4 505.
Ces mines sont donc redevenues riches sans que leur constitution propre ait varié ; un grand nombre d'entre elles, abandonnées de nouveau, soit pour des causes analogues, soit par suite d* événements historiques qui frappaient toutes les industries, pourront le devenir encore avec l'application des moyens puissants que l'on possède aujourd'hui, tels que la vapeur, l'air comprimé , les perforateurs , les poudres explosives nouvelles, l'accroissement des voies de communication, et elles
resteront ainsi jusqu'à ce que la nécessité de forces plus actives se fasse sentir encore une fois.
Association des substances d*un gisement. -— Les minerais sont rarement purs dans leurs gisements; ils sont généralement associés à d'autres substances» métalliques ou pierreuses.
Ces dernières prennent le nom de gangues.
L'or est presque toujours allié d'une manière intime avec l'argent; les minerais de plomb sont l'une des principales sources productives de l'ar* gent dans le monde entier.
La galène, le plus répandu des minerais de plomb, est unie à la blende, et tous les deux sont quelquefois associés à des pyrites de fer et de cuivre, à du fer carbonate ou à d'autres minerais de plomb, de zinc et d'antimoine. Les pyrites de fer accompagnent souvent les pyrites de cuivre, et elles renferment souvent de i'or en assez grande quantité pour être extrait avantageusement.
L'étain est presque toujours uni au wolfram.
Le cinabre est souvent en rapport avec des pyrites de fer et des ma* tières bitumineuses.
L'arsenic et l'antimoine sont presque toujours associés aux minerais d'argent.
Le nickel, le cobalt, des antimoniures, des pyrites de fer ou des mi« spikels se rencontrent souvent dans les mêmes gisements.
Les matières pierreuses ou les gangues sont souvent en telles quantités dans un gisement métallifère ; elles ont quelquefois des rapports si intimes avec les substances métalliques qu'elles accompagnent, que ces substances, disséminées au milieu d'elles, doivent être soumises à des opérations préalables avant de passer aux fours de fusion. On les trie à la main, aussi soigneusement que possible, on les casse, on les pulvérise sous des machines spéciales , telles que les bocards ou les cylindres broyeurs, et les sables ou les poussières qui résultent de cette pulvérisation passent généralement sous de nouveaux appareils qui ont pour objet d'écarter les gangues et d'arriver à produire un minerai renfermant le métal à un degré de richesse donné, que l'on se détermine d'avance, plus ou moins élevé selon les cas.
Ces opérations diverses, d'une immense utilité dans le travail des mines, qui exigent les plus grandes attentions, constituent ce que l'on appelle la préparation mécanique des minerais. i
On aura une idée de l'importance de ces travaux et do leur nécessité,' si l'on se rappelle que les minerais d'étain du Cornouailles, par exemple, renferment à peine 2 pour 1 00 environ de ce métal. \
50 tonnes de minerai contiennent souvent beaucoup moins d'une tonne d'étain, qui vaut environ 3,000 fr.
On comprend donc que ce produit serait entièrement absorbé si l'on
voulait extraire directement, par la fusion, Tétain de ces 50 tonnesi tandis qu'on pourra l'obtenir avec avantage si , par des opérations préalables i on prépare et on écarte la plus grande quantité possible des gangues. C'est, en effet, ce qui se pratique» et en général ces 50 tonnes produisent une tonne de black4in de 67 à 73 pour 400 d'étain, qui> seule» passe aux fours de fusion.
Cela suffit pour faire comprendre tout l'intérêt qui s'attache à ces opérations préliminaires.
Leur importance paraîtra bien plus grande encore si nous ajoutons que, dans notre pensée, indépendamment de la persévérance qui a généralement manqué chez nous, c'est peut-être à l'absence de moyens puissants de préparation mécanique que nous devons de voir notre pays obligé d'acheter à l'étranger l'étain , qu'il semble posséder en grande quantité dans ses montagnes, et que les anciens y ont exploité sur une multitude de points.
Il en est probablement de même de l'or, en France; les anciens, les Gaulois et les Romains , en tiraient non^seulement du sable des rivières et des alluvions des Pyrénées ou du centre, mais ils en extrayaient encore des roches elles-mêmes. L'art, à ce point de vue, paraît être entièrement perdu ; on n'a probablement cherché , chez nous , et encore en de rares circonstances, que l'or visible; mais le jour oh on voudra explorer en grand, à Taide de broyages suffisants, les quartz d'un grand nombre de nos contrées, on pourra peut-être y découvrir l'or que l'œil ne discerne pas et qui pourrait bien être plus abondant qu'on ne le suppose.
Nature des gangues. -— Les gangues sont généralement des substances spéciales qui remplissent l'intérieur des gisements. Elles existent assurément dans les roches, au milieu desquelles se présentent ces gisements, mais elles se présentent plus spécialement agglomérées dans ces der* niers, et le nombre de celles qui s'y trouvent ainsi réunies est assez re^ treint. C'est à cette répartition si différente que l'on doit généralement de voir les caractères distincts et tranchés qui séparent la roche d'un filon de la roche qui l'encaisse.
Le quartz, la baryte sulfatée et la chaux carbonatée sont les plus générales et les plus abondantes. Elles se présentent même si fréquemment, qu'on a pu distinguer, comme on Ta fait en France et en Allemagne, des gisements quartzeux, barytiques et spathiques, qui, tous, présentent des caractères spéciaux.
Parmi les gangues, il faut encore énumérer la chaux fluatée et le fer spathique qui, quelquefois , sont très-abondants. ' Ces gangues ont souvent aussi des rapports plus intimes et plus directs avec la composition des roclies qui les enveloppent.
Ainsi, les gttes cuivreux do la Toscane et du Canada, qui se trouvent
subordonnés aux roches magnésiennes, sont remplis d'argiles stéatiteuses, au milieu desquelles sont disséminés les amas métalliques.
Le gtte de mercure d'Idria, en Garniole, situé au milieu des calcaires, présente une gangue de même nature que ces roches.
Le puissant gtte de Lacroix-aux-Hines » dans les Vosges» situé près dea granités et des gneiss, offre une gangue qui, souvent, n*est pas autre chose qu'un granit décomposé ou une argile feldspatbique provenant de la décomposition des roches encaissantes^ et dont le maximum d'altération semble correspondre au maximum de la richesse métallique.
A Pontgibaud , dans le Puy-de-Dôme , les filons encaissés dans les gneiss sont généralement remplis d'argiles feldspathiques.
Dans les gisements d'étain, situés au milieu des granités, les gangues ne sont le plus souvent que des greisens ou des granités altérés ou kaolinisés.
Le quartz est généralement la gangue la plus répandue, et, on peut le dire, celle qui semble correspondre à la minéralisation métallique la plus grande.
A l'exception de ceux, nombreux aussi, où se trouve presque exclusif vement la chaux carbonatée, on le voit dans la plupart des gisements.
Bien qu'on le rencontre à tous les étages de l'écorce terrestre, on peut dire qu'il constitue plus essentiellement des gisements puissants au travers des granités et des roches anciennes.
Cependant, il ne parait pas être toujours métallifère, et l'expérience a distingué le quartz sauvage^ pour ainsi dire pur, qui nous semble ne contenir aucune substance métallique utile qui lui soit associée, et le quartz métallifère, c'est-à-dire le quartz dont l'aspect et la forme indiquent le voisinage et la présence de richesses métalliques. Nous reviendrons sur ces distinctions en parlant des filons et de leur remplissage.
Eléments d'un gisement. — Tous les gisements métallifères , quelle que soit leur forme, possèdent des noms communs destinés à distinguer et à désigner leurs diverses parties ou leurs caractères. Ces noms sont les suivants:
Allure. — C'est le mode d'existence du gîte au travers des roches qui le renferment.
I Cette allure est régulière ou irrégulière, suivant la régularité ou l'irrégularité des lignes que suit le gîte souterrainement ou à la surface du sol, 'suivant le plus ou moins de variations qu'il présente dans son développement.
Affleurement. — Dans un gîte, quel qu'il soit, on distingue Yaffleurement: c'est la partie par laquelle le gîte se manifeste au dehors; c'est sa trace à la surface du sol, qu'on peut y suivre, qui se montre aussi bien sur plusieurs mètres seulement que sur plusieurs kilomètres.
Toit et mur. Epontes. — Ce sont les surfaces qui limitent le gtte dans le sons de son épaisseur; les termes de toit et de mur s'appliquent plus généralement aux couches. Quand on chemine dans une couche ou dans un filon incliné et que Ton marche sur la surface qui la limite inférieurement, on a le toit au-dessus de la tête et le mur sous les pieds. \
Dans les filons qui sont généralement verticaux, le toit et le mur prennent le nom d'ipontes. \
Puissance. — C'est l'épaisseur du gtte mesurée perpendiculairement aux deux surfaces limites^ d'une éponte à l'autre ou du toit au mur.
Direction. — C'est la ligne horizontale tracée sur le mur ou sur Tune des épontes du gtte, rapportée aux quatre points cardinaux.
Ainsi, un filon a une direction nord^sud quand la ligne tracée sur son mur, appréciée à l'aide de la boussole, marche du nord au sud , etc.
Inclinaison — C'est Tangle que fait avec la verticale la ligne tracée sur le mur du gtte perpendiculairement à sa direction.
Salbondes. — Il arrive souvent que la roche métallifère qui remplit le filon est séparée des épontes par des bandes argileuses d'une épaisseur plus ou moins grande : ce sont les salbondes ou lisières.
Forme des gisements rodlalliques. ^- Gttes frréguliera. — Gttcs réguliers. — Dépôts superficiels. — Amas. — Amas de cetatact. — Veines. — Stockwerks. — Disséminations. — Conciles. — Filons. — Filons-couche. — Filons de contact. — Vrais filons. — Failles. — Rejets. — Renflements. — Amincissements. — Patte d'oie. — Ramifications. — Filons croiseurs. — Age des filon?.
Formes des gisements métalliques. — Les gisements ou les gttes métalliques ou métallifères se montrent soit à la surface du sol , soit souterrainement dans l'intérieur des couches stratifiées ou des roches massives, et les formes qu'ils affectent dans ces cas divers sont infiniment variées et des plus complexes.
Considérées d'une manière générale, on peut les ranger en deux grandes classes :
Qitem Irréffnllemi.
GMeii réffiilierii.
Les gttes irréguliers pourront comprendre généralement
Dépôts superficiels.
Amas.
Amas de contact.
Veines isolées.
Stockwercks.
Disséminations de minerai.
Les gîtes réguliers seront :
Couches métallifères.
Filons-couches.
Filons-fentes et vrais filons.
eiïi€B ir réguliers.
Dépôts superfMeU. — Ces dépôts ont eu et ont encore une grande importance par suite des quantités d'or que, depuis les temps les plus éloignés, on a extrait de quelques-uns d'entre eux sur bien des points de la terre.
Quelquefois ils constituent des amas de minerai de fer, plus ou moins étendus, comme le minerai des marais, qui se forme, de nos jours encore, sous l'influence de circonstances particulières.
Généralement, les dépôts superficiels, dans lesquels on exploite l'or, le platine et les pierres précieuses, sont des alluvions plus ou moins anciennes, des drifts»
Ces alluvions proviennent de l'érosion des montagnes ou des falaises désagrégées par l'action lente, séculaire et continue des agents atmosphériques ou des eaux de l'Océan. Sur le sol émergé, les produits de cette désagrégation sont entraînés par les eaux torrentielles et pluviales vers le fond des vallées ou sur les rivages de la mer, et ils constituent des dépôts plus ou moins vastes, plus ou moins étendus, qui peuvent être remaniés par les vagues ou qui remplissent les lits des anciennes rivières ou des rivières actuelles.
Ces sortes de dépôts, par leurs formes et leurs allures, quand ils renferment des substances métalliques , doivent être naturellement compris dans les gîtes irréguliers.
Le vaste dépôt aurifère découvert pour la première fois en Californie a été jugé comme appartenant au lit d'anciens cours d'eaux que recouvrirent, avec le temps et en certains points, des couches plus récentes de graviers et d'argiles. Ce dépôt a été estimé à une longueur de plus de 60 kilomètres, et on évaluait à plus de i35 millions de francs la valeur de l'or que l'on en a extrait de 4849 à 4866.
Dans ce dépôt, comme dans tous les autres de même origine, il s'est
fait un travail mécanique^ sous l'influence de la pesanteur et de la force des courants, qui a eu pour objet de concentrer en certains points, dans certaines anfractuosités, les matières les plus lourdes, disséminées, auparavant, dans la roche même des montagnes.
C'est ainsi que ces matières, dont on n'aurait pas pu, très-souvent, tenter l'exploitation, dans leur position originaire, ont pu ensuite être recueillies avec avantage.
Les sables de la Californie proviennent très-probablement du démantellement de nombreux Qlons quartzeux aurifères dans le progrès des dénudations séculaires.
En Australie, des dépôts analogues paraissent se rapporter à une époque géologique beaucoup plus ancienne que pour ceux de la Californie, et on les poursuit souterrainement à des profondeurs assez grandes.
Les sables aurifères forment des dépôts très-étendus sur le revers oriental de la chaîne de TOural, dans les gouvernements russes^ de Perm et d'Orenbourg.
C'est dans des sables analogues que se trouvent les diamants de l'Afrique et de l'Asie et la poudre d'or que le commerce y recueille.
L'oxyde d'étain de Banca, dans les îles de la Sonde, provient d'une môme origine.
Des exploitations du même genre ont été pratiquées, pendant de longues années^ en Angleterre, dans les vallées du Cornouailles, sur des sables stannifères. Les Gaulois exploitaient Tpr et l'étain dans les sables de la Bretagne et du Limousin, l'or dans nos principales rivières ou dans les alluvions que l'on voit dans la vallée de l'Ariége (Aurigera)^ au pied des Pyrénées. Enfin, sur les côtes de Bretagne, à Piriacet à Penestin, on peut voir les sables granitiques remaniés par les flots de la mer et ren* fermant des quantités appréciables d'oxyde d'étain provenant de l'éro* sion des côtes.
Ama$. — Les minerais se présentent en amaa lorsqu'on les trouve sous formes de masses plus ou moins régulièrement globulaires ou lenticulaires, plus ou moins accompagnées de gangues. Quelquefois ils se trouvent par nids et par rognons^ comme le jaune dans l'œuf, suivant Texpression de Délius, complètement isolés, n'ayant de liaison ni entre eux ni avec les gisements métalliques qui peuvent exister dans les environs.
La masse cuprifère d'Agordo, en Yénétie, est un immense amas dont on connaît aujofUrd'hui toutes les dimensions, et on peut prévoir la fin des travaux dont elle est Tobjet.
Le dépôt do pyrite de fer, bordé d'une zone cuivreuse , de Falhuni Suède, est encore un amas de dimensions considérables.
Le manganèse de Germ , Hautes-Pyrénées , en France , constitue des amas importants dans les couches du terrain dévonien.
Amas d$ contact. «-» Sous ce nom, on désigne ces amas plus ou moins métallifères, situés entre deux terrains de nature différente et paraissant avoir des formes définies et limitées. C'est ainsi que sont quelques gîtes calaminaires de la Belgique , qui se trouvent entre le terrain condrusien et le terrain houiller, et un grand nombre de masses ferrugineuses connues, comme quelques-unes de celles que Ton exploite aujourd'hui dans les Pyrénées orientales » au pied du Canigou^ situées au contact des granitée.
Veines isolées [segregated veins). — On peut considérer comme appartenant aux gîtes irréguliers certaines veines ou fissures qui recoupent et traversent les couches stratifiées, et plus souvent les roches massives, ou suivent les stratifications au milieu des couches qui les renferment» mais sur des étendues limitées. Il en est qui ont une très*grande importance, mais on peut prévoir la fin des travaux dont elles sont Tobjet.
On en trouve quelquefois de nombreuses , du môme genre , aux environs ou aux approches des gttes réguliers, qui fournissent des quantités importantes et inattendues de minerai; mais, dans ce cas» ces sortes de veines sont, le plus souvent, des diramations de ces derniers gîtes euxmêmes, diramations dont nous parlerons plus loin.
Stockwercks. — C'est l'ensemble ou la réunion de veines qui se croisent dans un espace plus ou moins étendu. Telles sont les mines d'étain d'Altenberg et de Geyer, en Saxe, qui ont fourni pendant longtemps des quantités importantes de ce métal ; telle peut être aussi la forme du gisement argentifère des Chalanches, dans Tlsère.
Les disséminations minérales sont de leur nature essentiellement irrégulières; on les trouve, sans aucune espèce de constance, au milieu de terrains divers, et elles ne peuvent être l'objet que d'exploitations purement locales.
Gash'Veinsu — On peut encore mettre parmi les gîtes irréguliers ce que les Anglais désignent sous le nom de gash^veinst Si l'on se figure une couche presque horizontale renfermant des sub- V stances métalliques, mais de telle manière que ces substances ne se trou- 1 vent que dans des fissures parallèles traversant l'épaisseur de cette coujcbe, et qui s'arrêtent soit à son toit, soit à son mur, on aura une idée ' de la forme du gîte.
' Ces fissures pourront être o« se montrer dans la couche sur des étendues plus ou moins vastes^ se reproduire même dans plusieurs couches comme seraient des calcaires alternant avec des schistes, et leur aspect donnera tout à fait l'idée de crevasses créées pendant le retrait de la roche elle-même; pour cette raison, on pourrait, avec beaucoup plus de justesse , les appeler fissures de retrait.
On voit un gisement de cette forme à Castellazzara , en Toscane, où le cinabre remplit et imprègne les crevasses des couches calcaires enclavées dans des schistes bitumineux noirs et pyritifères, et ces crevasses s*arrétent brusquement au contact des schistes.
Il est possible que la couche triasique, que les anciens ont exploitée très-activement à Notre-Dame de^ Laval, près d'Alais, dans le Gard, présente une forme générale analogue. Les minerais y consistaient en galène argentifère et diverses espèces de minerais de cuivre, et dans les vestiges qui restent de ces anciens ouvrages, on croit distinguer encore de nombreuses veines presque verticales, ayant l'apparence de filons, qui recoupent la couche et s'arrêtent au terrain houiller sur lequel elle repose.
Le principal caractère de tous les gttes irréguliers consiste généralement dans l'absence d'indices ou de guide pratique apte à conduire le mineur et à lui indiquer de quel côté il doit se diriger pour retrouver de nouveaux amas ou de nouvelles veines métallifères quand il a épuisé ceux qu'il exploitait.
Ces gîtes pourront être quelquefois extrêmement puissants et donner lieu à des exploitations séculaires; mais, en général, ils n'offrent aucune certitude relativement à leur prolongement dans le sens delà profondeur, et possèdent peu de constance dans leur allure ordinaire. Il faut les suivre de proche en proche et ne les attaquer qu'avec la plus grande circonspection lorsqu'ils ne présentent pas une certaine puissance.
Ctmehei. — Les minerais se présentent en couches lorsque , massifs , ou par zones , ou disséminés en particules plus ou moins nombreuses , ils existent dans des couches dont ils imprègnent tout ou partie de l'épaisseur; lorsqu'ils forment des couches spéciales métallifères parallèles à la stratification générale des terrains au milieu desquels ils se trouvent; lorsque, enfin, toutes ces couches, quel que soit leur degré de minéralisation, se rapprochent de la position horizontale.
Telles sont les couches de cuivre pyriteux de Mansfeld, en Prusse; les couches de grès vosgien cuprifère de Saint-Avold, Moselle; les puissantes couches de minerai de fer oxfordien des environs de Privas, Ardèche ; celles de minerai oolithique de l'est de la France et du Luxembourg, les couches ferrugineuses imprégnées de plomb carbonate des environs de Carthagène, en Espagne, où les couches plombeuses et blendeuses des Pyrénées.
Ces couches sont soumises à tous les accidents que l'on peut observer dans les terrains stratifiés ; elles peuvent être recoupées par des failles qui les brisent et en rejettent les diverses parties, et elles présentent aussi
des cas fréquents d'amincissements et de renflements, ainsi que tous les plissements qui se rencontrent dans les couches non métallifères.
On en voit encore de remarquables exemples dans la Manche, non loin de Cherbourg, à Dielette, où le minerai de fer olîgiste ou oxydulé forme une couche presque verticale au milieu des petrosilex qui l'enveloppent et parallèlement à la ligne de jonction du granité; et dans le Maine-et- Loire, où les anciens ont exploité des minerais de fer dans les couches du terrain isilurien.
Ce genre de gisements est l'objet d'exploitations considérables ; il est fréquent en France , et aux exemples cités plus haut nous pourrions en ajouter plusieurs autres.
nous nous bornerons à rappeler, comme un fait digne d'attention, que l'on croit y voir, dans le Trias, ou à la base de l'Infra-Lias, un horizon métallifère qui, partant du nord-est de la France, se retrouve dans l'ouesty tourne le plateau central et se prolonge jusque dans le Yar.
Cet horizon est jalonné par de nombreuses exploitations anciennes ou modernes de plomb, cuivre et argent, dans les Deux-Sèvres, dans la Haute-Vienne, la Creuse, le Gard, i'Ardëche et dans le Var.
Filons. —On appelle /îfon, en général, une bande de forme grossièrement tabulaire qui coupe^ sous un angle plus ou moins rapproché de Tangle droit, les couches des terrains stratifiés, qui traverse les terrains vulcaniens ou plutoniens, et qui renferme des substances minérales différentes de celles qui composent l'ensemble de la roche encaissante.
Le nom de filon s'applique plus particulièrement aux gisements de la forme que nous venons de définir et qui sont métallifères, c'est-à-dire qui renferment dans leur intérieur des substances métalliques plus ou moins disséminées, plus ou moins abondantes.
Tous les filons sont compris entre une simple fissure du sol se rapprochant beaucoup du genre des veines^dont nous avons parlé plus haut, et les vrais filons qui se développent quelquefois sur des étendues considérables.
Pilons-couches. — Sous ce nom on désigne les filons qui traversant les roches stratifiées, marchent dans le sens de leurs couches parallèlement à leur allure générale, présentant le principal caractère des filons et possédant généralement une forte inclinaison qui se rapproche de la verticale.
On peut considérer comme tel le puissant gisement argentifère de Congsberg, en Norwége. Ce gisement, que l'on peut suivre à la surface lu sol sur l'étendue de plusieurs kilomètres, est formé par un faisceau Je bandes quartzeuses qui s'enfoncent presque perpendiculairement dans le sol parallèlement aux couches schisteuses anciennes, au milieu desquelles elles se trouvent.
Ces bandes sont imprégnées, en plus ou moins grandes quantités, de pyrites de fer, do cuivre, de zinc, de galène et d'argent natif.
Elles sont encore l'objet d*une vaste exploitation ^ et l'argent y a été reconnu à la profondeur de plus de 520 mètres au-dessous delà surface.
On peut encore considérer le puissant gisement de Rammelsberg , au Hartz, comme un filon-couche des plus remarquables. Ce gisement, intercalé entre les couches des schistes argileux dont il suit l'inclinai* son, parait former au milieu d'elles une sorte d'immense amas aplati, lenticulaire, atteignant une puissance de 50 mètres et lançant une diramation qui, après avoir coupé les couches des schistes pendant quelque temps, reprend bientôt son allure ordinaire.
Les amas de fer de la Suède, tels que celui de Dannemora, sont généralement de puissants filons-couches.
Le puissant gisement de pyrite de fer de Sainbel, dans le Rhône, parait être un filon-couche très-développé , intercalé dans les schistes amphiboliques durcis de cette localité^ qui y sont connus sous le nom de cornes.
Les filons quartzeux aurifères de la Californie et de l'Australie , situés au milieu des couches paléozoïques, le filon de fer carbonate de Saint- Georges-d'Hurtières, en Savoie, et la plupart des filons que Ton rencontre dans le massif du Mont-Blanc , appartiennent encore à la même forme de gîte.
Filons de contacU -— On donne ce nom aux gisements qui se trouvent entre deux terrains, de nature difi<érente, qui suivent leur ligne de jonction et possèdent à leur contact une apparence tabulaire. Tel parait être le puissant gisement de Lacroix-aux-Mines , dans les Vosges ; quand on le considère dans son ensemble , il parait suivre la ligne de jonction du gneiss et d'un granité porphyroîde.
Le gtte cuivreux de Rocca-Tedereghi, Toscane, situé entre des roches serpentineuses et les gabbrirossi, est encore un gisement de contact.
Vrais filons. — Ces filons ont une très-grande importance pour le mi* neur, ainsi que leur nom l'indique ; ils représentent de véritables crevasses du sol remplies de substances plus ou moins métallifères. Un de leurs caractères principaux, indépendamment de celui qui se rattache à la nature de leur remplissage ou à la discordance, très-nette entre leur direction et celle des couches qu'ils recoupent, consiste à posséder gé néralement une grande étendue.
On les trouve dans les roches massives comme dans les roches stratifiées , et ils recoupent souvent les unes et les autres ; aussi n'est-il pas rare d'en rencontrer qui, après avoir traversé le granité et ses congénères, passent dans les schistes cristallins , où on peut les suivre encore sur de grandes étendues, et se prolongent au travers des couches sédimentaires.
Tels sont les grands filons quartzeux qui courent au travers des mon-
tagnes du centre ou du midi de la France , autour du plateau central et en Auvergne. On les voit souvent surgir à la surface du sol, au-dessus du terrain encaissant, comme de puissants murs ou de puissantes crêtes rocheuses qui, trop dures , n*ont pu être entamées par les agents atmosphériques dont l'action a désagrégé, dénudé et entraîné les roches plus tendres qui les environnent.
Les vrais filons, comme les grandes veines métallifères ou les filonscouches, sont rarement seuls et isolés. Ils forment, en général, des faisceaux composés d'une série de filons ou de filons-couches , courant parallèlement les uns aux autres ou s* entrelaçant, et constituant dans l'ensemble une zone métallifère déterminée qui peut se développer sur de très-grandes étendues.
La Yeta-Hadre du Mexique, le Comstock-Lode de la Sierra-Nevada, en Californie, les filons de Clausthal, au Hartz, et les fahlbandes de Kongsberg, en Norvège, appartiennent à de pareils faisceaux. En France, nous en avons des exemples remarquables, notamment en Auvergne, sur les montagnes qui dominent le cours de l'Aveyron, dans l'Ardèche et la Loire, et à Pontgibaud, dans le Puy-de-Dôme, etc.
Ces grands filons sont généralement aussi reliés entre eux par des filons plus minces courant dans des directions bien différentes , et qui renferment souvent de grandes concentrations métalliques. On peut vérifier ce fait particulièrement à Vialas , dans la Lozère, où l'exploitation que l'on y fait depuis quatre-vingts ans s'y développe sur des filons con. centrés entre deux grands filons quartzeux parallèles, distants d'environ K ,500 mètres.
Failles. Rejets, .— On s'écarterait tout à fait de la vérité si l'on croyait que les filons métalliques se poursuivent régulièrement suivant des lignes droites ou largement ondulées. Généralement il n'en est pas ainsi, et ils sont sujets à un grand nombre d'accidents qui peuvent en suspendre momentanément ou en accroître la richesse et qui tiennent constamment en éveil les ingénieurs qui dirigent les travaux dont ils sont
l'objet.
Ces accidents se présentent dans toutes les formes de gisements, et se rattachent, le plus souvent, à des causes tout à fait étrangères à leur formation.
Une première grande cause de dérangements ou de changements dans l'allure générale d'un gtte se trouve dans l'existence de ce que l'on appelle des failles.
Les failles, comme les vrais filons , ne sont pas autre chose que des crevasses du sol, quelquefois ouvertes près de la surface, ordinairement remplies de matières argileuses stériles ou des débris de la roche encaissante quand elles sont fermées, ou ne laissant que l'indice d'une cassure dans le sol, que la manifestation d'une brisure plus ou moins
rectiligne du terrain qu'elles traversent sur des étendues plus ou moins grandes.
Ces failles, dont l'étude conduit le géologue à lui faire apprécier la nature et l'intensité des oscillations des masses minérales , peuvent encore être considérées comme Tespace compris entre des surfaces mathématiques plus ou moins écartées, le long desquelles ont oscillé ces masses, mises en mouvement sous Tinfluence des forces plutôt lentes que rapides qui les ont brisées.
On peut immédiatement comprendre les divers changements qui pourront se présenter dans Tallure des gîtes, et particulièrement dans l'allure des filons, par suite de la présence des failles.
On verra d'abord qu'étant coupés par plusieurs failles plus ou moins parallèles, les filons pourront se présenter sous la forme de véritables tronçons ayant chacun leur direction propre.
C'est ce que l'on a pu constater aux mines de Poullaouen, en Bretagne, où le filon principal, qui a été exploité pendant plus d'un siècle d'une manière continue jusqu'en 1865, a montré cinq tronçons séparés par des failles et présentant chacun une direction particulière.
Par suite du mouvement des roches le long des failles , un gisement peut donc être coupé et les deux parties qui le composent peuvent cesser de se correspondre. Dans ce cas, le mineur peut se trouver, de la manière la plus inattendue, quand la surface du sol n'a pas été étudiée ou n'a pas pu l'être à ce point de vue, en présence de roches tout à fait stériles; mais il cherche le prolongement du filon, soit à droite, soit à gauche, d'après les règles de l'art où les études locales , et c'est ce qu'il exprime quand il dit qu'il a rencontré un rejet du filon.
Le même fait peut se présenter dans les couches imprégnées de substances métalliques, avec ou sans failles.
Ainsi les couches anciennes qui ont été soumises, avec le temps, à de longues modifications, auxquelles on a donné le nom de métamorphisme^ et particulièrement les quartzites, possèdent, indépendamment de leurs plans de stratification, des interruptions ou des fissures parallèles, que l'on considère comme des plans de clivage, divisant, pour ainsi dire, ces couches en une succession de rhomboèdres. Lorqu'une de ces couches est métallifère, il n'est pas rare que la richesse métallique s'arrête brusquement en présence d'un de ces plans pour reparaître au delà d'un plan plus éloigné.
D'après ce que nous venons de dire sur les vrais filons, on a compris qu'ils représentent eux-mêmes des crevasses ou des cassures du sol tout à fait analogues aux failles, et qu'ils n'en diffèrent réellement que par la nature des matières qui en constituent le remplissage. Ils ont donc pu être soumis aux influences des mêmes mouvements, et il arrive quelquefois que les roches qui constituent les deux parois d'un filon ne sont pas de même nature.
C'est ce que Ton peut voir au Hartz, où le filon de Lautenthal se trouve encaissé entre des schistes et des calcaires.
Ce filon, bien que situé entre deux terrains de nature différente, ne sera pas considéré, dans le sens propre du mot, comme un gisement de contact. Ce dernier mot se rapporte davantage à ceux de ces gisements situés sur les flancs de masses éruptives ou d'apparence éruptive, ou qui se sont placés entre des terrains différents mais concordants entre eux.
Ces derniers paraissent devoir être rapportés à un autre ordre d'idées et à des phénomènes particuliers.
Renflements. Amincissements. Patte (Toie. — Les gisements réguliers , et particulièrement les filons, ne présentent pas toujours une égale puissance dans l'étendue de leurs parcours au travers des roches. Ils offrent, dans certains points, des épaisseurs croissantes et quelquefois comme la succession de parties renflées ou resserrées. Ce sont là les renflements et les amincissements.
Les uns et les autres résultent très-souvent de l'ondulation naturelle des épontes ; mais on les a considérés encore comme résultant du mouvement des roches encaissantes qui a pu mettre en présence les inégalités de leurs surfaces et produire ainsi soit des renflements, soit des amincissements, suivant que se correspondaient les parties concaves ou convexes des épontes.
Cette manière d'être des gîtes concerne particulièrement ceux qui possèdent un toit et un mur bien déterminé; mais, dans les cas fréquents où ces gttes ne présentent qu'un mur très-net et où l'imprégnation métallique a spécialement lieu dans les roches du toit, dans les cas mêmes où le toit et le mur sont mal déterminés ou n'existent pas, on rencontre encore ces mêmes variations de puissance dans la partie exploitable. Dans ce cas, ces variations se rattachent aux 'phénomènes divers qui ont concentré les minerais en divers points beaucoup plus qu'à l'influence de forces dynamiques.
Les filons poursuivis par le mineur se divisent aussi en plusieurs branches, et lorsque ces branches vont en s'éloignant et en s'amincissant, elles annoncent souvent la fin du gisement dans le sens de sa direction. C'est ce qu'on exprime quand on dit que le filon fait patte d'oie.
Enfin, les amincissements sont quelquefois imperceptibles, mais ils conservent généralement des signes qui font reconnaître s'ils doivent être poursuivis avec l'espoir de conduire sur de nouvelles richesses ou de nouvelles concentrations métalliques, ou si, au contraire, ils doivent être abandonnés.
Ramifications. — > Les gisements, et particulièrement les filons, présentent des ramifications plus ou moins nombreuses. Ce sont des veines qui.
partant du filon principal, se détachant soit du toit, soit du mur, s'étendent plus ou moins loin dans Vintérieur des terrains encaissants, soit en sMnsinuant entre leurs couches, quand ces terrains sont stratifiés» soit en recoupant ces couches elles-mêmes à la manière des filons propre* ment dits.
C'est cette aptitude particulière des filons à être accompagnés de ri^ meaux qui a fait, pendant longtemps, considérer les productions métaU liques au sein de la terre comme faisant partie d'un arbre dont il fallait s'efforcer de rechercher le tronc.
Très-souvent, de riches ramifications sont à peine visibles au point où elles s'attachent au filon, et c'est pour cette raison qu'il est nécessaire de ne pas négliger l'étude d'aucune des fissures que Ton rencontre sur les parties latérales.
Filons croiseurs. Age des /ïfon^. -~ Souvent un filon est interrompu dans son allure générale par d'autres filons métallifères, porphyriques ou autres, qui agissent sur lui de la même manière que les failles, dont nous venons de parler, et qui y produisent les mêmes effets de dislocation, d'intensité de rejet ou de variations dans la direction.
Ces filons, qui en coupent d'autres et qui ne sont4>as des failles, prennent le nom de filons croiseurs.
On en voit de nombreux exemples , et notamment dans les mines du Comouailles, où les filons d'étain sont ainsi recoupés par des filons de cuivre et d'elvan.
On s'est servi de ces faits pour établir Vâge relatif de certains filons.
On comprend, en effet, que les filons croiseurs doivent être plus récents que les liions croisés, puisqu'ils représentent des fractures du sol opérées et remplies de substances métallifères postérieurement à la formation et au^emplissage de ces derniers.
Ainsi , dans l'exemple du Cornouailles que nous venons de citer, les filons d'étain seront plus anciens que les filons de cuivre.
Des filons de même nature peuvent encore se croiser, et les exemples de ces cas divers ne manquent pas ; ils peuvent produire les mêmes effets de rejet les uns sur les autres, et ces faits, indiquant une succession de fractures opérées dans la même contrée dans un temps donné qui peut être très-long, montrent aussi que le phénomène de remplissage de ces diverses fractures s'est prolongé, pour ainsi dire sans discontinuité, dans une longue période de temps, et pendant que les masse au milieu desquelles il s'est opéré étaient soumises à des efforts dyna miques divers.
DUpotItton g^n^ale Intérieure des gisements. — Salbandes. — Filons rubannéi. — Sirnclore argHenie, brécholde, unygdaloYde. — Drases, -• Affleurements. — Disposition do minorais dans riatérieur des gltss.
Généralement, les gisements métallifères, et principalement les filons, présentent dans leur intérieur trois natures de substances , ou , si l'on veut, le remplissage intérieur de ces gttes comprend trois espèces de substances, qui sont :
Les argiles et substances des salbandes ,
Les gangues
Et les matières métalliques.
Ces trois espèces de matières sont loin d*y être toujours mélangées d'une manière confuse , et elles affectent souvent , au contraire , un cer* tain ordre.
Salbandes. — Les argiles particulières dont ûous voulons parler ici se trouvent ordinairement placées au toit et au mur du filon ; elles ont une épaisseur plus ou moins grande. Ces argiles prennent le nom de salbandes ou lisières f ainsi que nous Tavons déjà dit; quelquefois, mais rarement, ces salbandes sont pierreuses ou remplies de fragments plus ou moins anguleux.
Dans certains cas il n'y a qu'une salbande et dans d'autres aussi elles manquent entièrement. Quand cette circonstance se présente, les gangues sont ordinairement adhérentes aux épontes ; mais ce cas ne paratt pas toujours être en rapport avec un haut degré d'abondance de minerai. .
LfOrsque les salbandes existent, elles sont généralement séparées nettement des gangues ou des substances métalliques. A leur contact , leur surface est souvent lisse et striée comme celle des épontes , et ces caractères se montrent surtout là où les filons sont les mieux déterminés , là où leur minéralisation paratt être la plus grande. |
La présence des salbandes argileuses facilite beaucoup le travail du mineur. •
Bien des géologues les ont considérées comme des argiles de friction et comme le résultat du frottement des parois du filon les unes contre les autres; mais comme on les trouve dans presque toutes les formes de gisements et que dans un môme filon elles paraissent avoir des rapports
très-intimes avec la disposition de la richesse métallique qui s'y trouve concentrée, on peut croire qu'elles sont dues à d'autres causes.
Les gangues et les substances métalliques présentent aussi , dans bien des cas, des associations particulières et elles affectent un certain ordre dans leurs dispositions réciproques. On les voit constituer» dans bien des cas, des zones parallèles aux épontes parfaitement distinctes , et offrant ainsi l'aspect d'un certain rubannement. Ainsi , le filon de Gbenelette, dans le Beaujolais, si remarquable au milieu des porphyres qui l'encaissent, montre à son affleurement une succession très-marquée de puissantes bandes de quartz et de baryte sulfatée.
Les pyrites de fer et de cuivre, le spath fluor, la galène, etc., forment aussi très-souvent des bandes plus ou moins épaisses parallèles entreelles. Dans ce cas, les filons reçoivent le nom de filons rubannés. Pourtant, ce rubannement qui se présente dans certains filons de l'Allemagne, en Angleterre, en Espagne, etc., n'est pas la forme la plus répandue. Il ne persiste pas toujours dans le filon même où on l'observe, et, en général, autant qu'on peut le croire, et ainsi que l'a dit M. Fournet, il est plutôt une exception qu'une règle.
Lorsqu'il existe dans un filon, on y remarque souvent la répétition des gangues plus ou moins imprégnées de substances métalliques et des minerais massifs, du toit au mur vers le centre.
Ainsi, on pourra voir au centre du filon une bande de quartz pluâ ou moins imprégnée de minerais de cuivre de chaque côté de laquelle, au toit et au mur, se trouveront deux bandes contiguês et correspondantes de galène massive, qui, elles-mêmes, s'appuieront sur une salbande terreuse.
La répétition des substances qui remplissent les filons est quelquefois beaucoup plus complexe et vraiment remarquable. Tous les ouvrages techniques ont rappelé l'exemple d'un des filons de la Saxe, cité par Wissembach.
De chaque èôté du centre du filon, occupé par une bande de chaux carbonatée, on voit se répéter et se correspondre, en allant de l'éponte au centre, des bandes de blende, de quartz, chaux lluatée, blende, spath pesant, pyrites de fer, chaux fluatée, pyrite de fer, chaux fluatée, pyrite de fer.
On en voit aussi des exemples dans les filons de l'Amérique du nord et nous en retrouvons aussi en France dans quelques-uns de ceux de la Haute-Loire.
Le quartz qui remplit ces gisements offre souvent une texture particulière. Cette texture est cristalline, et les axes def cristaux, quelque confus qu'ils soient, tendent à être placés perpendiculairement aux épontes, c'est-à-dire presque horizontalement quand le filon est presque vertical.
Cette tendance est un des caractères remarquables des filons métalli-
(ères quartzeux et, iudépendamment de la couleur, elle offre un moyen de distinguer le quartz sauvage qui est généralement tout à fait compact. Ce caractère se conserve dans le cas même où la cristallisation est tellement confuse qu*ii n*est pas posible de reconnaître la position des axes, car les quartz correspondant aux veines ou aux filons les plus nobles ont généralement une stucture saccharoïde et grenue, un aspect zone et un faciès particulier qui les distinguent encore du quartz improductif.
Stucture argileuse^ bréckoîde^ amygdaloîde. — Les roches qui remplissent un gisement peuvent être encore entièrement argileuses comme cela arrive dans les filons de contact ophiolitiques ou dans certains filons granitiques remplis d'argiles feldspatbiques ou kaolinisées. Dans ce cas , ordinairement les minerais sont en boules, en rognons, en sables, plus ou moins abondants.
Ailleurs ces roches de remplissage sont formées de fragments soudés ^tre eux par un ciment métallique qui constitue la richesse minérale du gite. Quand ces fragments sont anguleux, le filon a l'aspect bréchi forme. La structure est amygdaloîde quand ils sont arrondis.
Druses. — Nous avons vu tout à l'heure que les gangues et particulière* ment le quartz présentaient au centre de leurs bandes plus ou moins régulières des lignes sur lesquelles semblent être venues se réunir et se joindre les cristaux de ces substances pour remplir l'espace qu'elles occupent dans le filon. Quelquefois le remplissage n'a pas été parfaitement complet, et on voit alors, au milieu du filon, ou dans quelques* unes de ses parties, des poches généralement remplies d'un liquide sulfureux et tapissées de cristallisations nombreuses sur leurs parois.
Ces poches sont ce que l'on appelle des druses. Elles sont d'excellents indices pour le mineur et abondent surtout dans les filons les plus miné* ralisés. Elles ont des dimensions variables, et de Genssane, dans un travail sur les mines des Vosges, rapporte en avoir trouvé une de 42 pieds de diamètre dans le filon de Saint-Bresson, près de Faucogney.
Ce sont les druses qui fournissent les beaux échantillons cristallisés de la plupart des cabinets de minéralogie.
Affleurements. Leurs caractères. Chapeau de fer. — Les affleurements des gttes métallifères se présentent sous des formes très-diverses, et il est quelquefois difficile, d'après leur examen, de reconnaître quelle sera la forme du gîte auquel ils appartiennent. Ainsi, dans le cas où l'affleurement se dirige parallèlement aux couches d'un terrain stratifié, on ne pourra guère, sans exécuter des travaux souterrains, reconnaître s'il appartient à un filon proprement dit, ou à un filon couche. S'il ne paraît qu'en un point, il sera bien difficile encore de distinguer comment le gite se comportera dans la profondeur.
Quelquefois les affleurements ne se manifestent au dehors que par quelques colorations vertes pour les gites cuivreux, par quelques indices de gangues à peine discernables pour beaucoup d'autres ; ailleurs ils apparaissent sous forme de crêtes rocheuses, quartzeuses ou barytiques» saillantes au-dessus du sol, comme les grands filons quartzeuxdelaFrance, sous l'aspect de colorations ferrugineuses abondantes comme au filon de Huelgoêt en Bretagne» ou enfin , sous forme de terres pourries comme les falhbandes de Kongsberg que Ton peut suivre sur de grandes distances.
^ Souvent les affleurements sont cachés par une couche de terre végé«tale, et on ne reconnaît leur présence qu'à quelques pierres oui quelques pointements rocheux qui sortent du sol. Ce tut le cas qui se présenta en Californie, quand on y découvrit les riches mines d'argent de Washoê dans la Sierra-Nevada.
Lorsque l'affleurement est visible au dehors, il offre généralement des caractères qui indiquent que le gtte auquel il appartient peut être riche et abondant, même alors qu'il ne présente aucune trace de la substance métallique que l'on suppose exister au-dessous de lui et dans les pro« fondeurs du sol. Un affleurement qui taille d'une manière bien nette le terrain dans lequel il se présente, qui offre dos stries sur un mur lisse, qui est formé de quartz carié ou spongieux , de spath ou de baryte sulfa* tée, cristallisés ou saccharoïdes et zones, qui présente des lignes argileuses, onctueuses au toucher, plus ou moins puissantes, qui renferme des matières ocracées dans ses cavités ou qui soit composé ou coloré presque entièrement par de l'hydroxyde de fer, offrant dans ce cas ce que l'on appelle le chapeau de fer ou VEisener-hut des Allemands, appartiendra à un gisement qui mérite les plus sérieuses études.
Parmi les affleurements caractéristiques , on doit rappeler ce que les Anglais désignent sous le nom de gossan. C'est un mélange de matière quartzeuse avec plus ou moins d'oxyde de fer et renfermant généralement des traces d'autres métaux sous forme d'oxydes, de carbonates ou de sulfures.
Les goMsans ou les chapeaux de fer sont regardés, dans le monde entier, comme une indication des plus favorables pour l'existence de minerais utilement exploitables à quelque profondeur au-dessous de la surfuce, et les mineurs expérimentés savent juger la valeur probable d'un gisement d'après leur apparence ou leurs caractères.
Les gossans des mines de cuivre du Devonshire , en Angleterre, renfermaient de l'or en quantité quelquefois assez notable. : Les pacos et les colorados du Chili et du Pérou sont les chapeaux de fer de gisements d'argent. L'argent s'y trouve à l'état natif, de chlorures et de bromures.
Les colorations vertes accusent la présence des mines de cuivre; mais, en général, les colorations ferrugineuses sont celles qui dominent, quelle
que aoît la nature métallique du minerai que renferme le gitc dans ses profondeurs. Le vieux mineur de Genssane écrivc"it que les mines de cuirre étaient généralement recouvertes de minerai de fer à leurs affleu«* rements.
Dans un grand nombre de cas» le peu de puissance de TafOeurement n'est pas un signe négatif.
Ainsi, la célèbre mine de cuivre de Hontecatini, en Toscane, qui a pro-» duit des quantités considérables de ce métal, se manifeste particulièrement à la surface par une ligne argileuse rosée de quelques millimètres d'épaisseur renfermant quelques noyaux cuivreux de la grosseur d'une lentille» et en la suivant on a rencontré à 80 et 400 mètres plus bas, des amas considérables de minerais et des blocs de cuivre panaché de plus de 400 mètres cubes de volume.
Dans l'Allier, on a découvert dans ces dernières années un gisement cuivreux qui n'apparaissait à la surface du sol que par quelques lignes d'une très-faible épaisseur ou quelques pointements mouchetés de ▼ert ou imprégnés de minerais, et les premiers travaux qui s'y firent, en descendant dans la profondeur, découvrirent un premier amas pouvant produire une grande quantité de cuivre métallique dont rien, à la surface, n'aurait semblé faire prévoir l'existence à un homme inexpert.
Sans multiplier ces exemples, nous dirons que c'est la manière d'être de l'affleurement, et un faciès particulier ou la nature des substances qui le composent, qui révèlent au praticien la richesse souterraine d'un gisement. Hais cette manière d'être, généralement très-complexe, ne peut être appréciée que par les mineurs qui possèdent Vœil et le flair^ flair dont jouissaient les anciens au plus haut degré, qui ne s'acquiert que par une longue expérience et après une longue pratique.
Diêpoiition des minerais dans l'intérieur des gîtes. — On ne connaît pas, jusqu'à présent, de loi qui puisse s'appliquer à la disposition des minerais utilement exploitables dans Tintérieur des gttes, et ces minerais y affectent souvent les formes les plus capricieuses et les plus inattendues.
Chaque district métallifère présente, pour ainsi dire, des conditions spéciales d'agglomérations métalliques, et ce sont ces conditions que le mineur doit particulièrement étudier dans la localité oh il se trouve pour diriger la disposition de ses travaux et de ses recherches ultérieures.
Dans certaines localités les minerais constituent des colonnes plus ou moins larges, de forme irrégulière, plus ou moins inclinées à l'horizon et séparées, dans un même filon, par des espaces qui sont quelquefois enti^ement stériles.
En France, quelques-unes des mines des Vosges, abandonnées au-
jourd*bui, ont montré des colonnes métallifères persistantes, sans variation sensible dans leurs caractères, qui avaient 100 et 200 mètres de largeur, et qui ont été poursuivies jusqu'à plus de 400 mètres de profondeur.
C'est en colonnes que se montre le minerai à Poullaouen comme i\ Pontpéan, en Bretagne» et à Pontgibaud, dans le Puy-de-Dôme.
Cependant ce mot de colonne ne paraît pas être rigoureusement exact et on représenterait probablement mieux la disposition métallique dans ce cas en considérant chacune d'elles comme une vaste lentille aplatie et fortement allongée.
La forme lenticulaire parait, en effet, beaucoup plus générale ; elle est quelquefois très-nettement accusée, et il n'est pas rare de voir se succéder dans un même filon, et dans le sens de la profondeur, plusieurs de ces lentilles, sans que, dans leur intervalle, rien ne soit modifié dans la forme, ou dans la puissance de ce filon. Quelquefois le filon se resserre fortement dans les parties stériles; mais alors il n'est pas tabulaire, et on peut le considérer comme formé par une succession de renflements.
La mine des Ardillats, dans le Beaujolais (Rhône), a montré dans ces dernières années un exemple remarquable d'amas lenticulaires d'un riche minerai de cuivre argentifère et plombeux.
On y a reconnu, en effet, une puissante concentration métallique trèsriche de plus de 2 mètres de puissance à son centre, et paraissant cesser d'exister à environ 80 mètres au-dessous de l'affleurement sans que rien n'ait varié ni dans la forme, ni dans la puissance, ni dans l'aspect du filon. Cette circonstance donne naturellement lieu de croire que l'amas ainsi rencontré dans les parties hautes du gtte n'est pas seul et isolé, et que l'on en trouvera d'autres dans les parties inférieures.
Les colonnes reconnues dans le faisceau des filons de Pontgibaud, qui ont été l'objet de travaux importants à diverses époques, depuis les Romains jusqu'à nos jours, et qui sont exploitées aujourd'hui mieux qu'elles ne l'ont jamais été, s'arrêtent aussi en profondeur à environ 180 mètres au-dessous du sol. Elles paraissent, dans leur ensemble, former une sorte de zone métallifère horizontale; mais les filons ne présentent aucune variation au-dessous d'elle, et Ton a raison de croire à l'existence d'une zone inférieure correspondante qui, peut-être, sera plus riche que la précédente.
En général, le point de rencontre de deux filons de même nature, ainsi que le point de réunion de plusieurs branches de filons, sont des centres d'enrichissement métallique. Les anciens ne l'ignoraient pas et recherchaient avec grand soin les croisements des veines et des filons.
La variation dans l'inclinaison des épontes, du toit ou du mur, parait encore être, dans quelques cas, liée aux concentrations métalliques. Ainsi, dans quelques localités, ces concentrations abondent dans les re-
plis et en quelque sorte dans les anfractuosités des gttes irréguliers « et, dans les filons, elles correspondent souvent à une certaine inclinaison.
Les formes lenticulaires se montrent encore dans les filons-couches et dans les couches, et particulièrement dans celles de ces couches qui appartiennent aux terrains anciens, et qui ont subi les actions profondes et énergiques du métamorphisme.
Quelquefois, comme dans le gite métallifère en couches de Melle, dans les Deux-Sèvres, gtte que l'on croit épuisé aujourd'hui, sans que pourtant l'on en soit assuré, les minerais très-riches en argent étaient liés à des argiles ferrugineuses remplissant des poches et des cavités irrégulièrement disposées.
Souvent enfin, les minerais exploitables ne commencent à paraître qu'à une certaine profondeur au-dessous de la surface du sol ; c'est là une conséquence des variations de forme de la richesse métallique et de l'influence des actions extérieures; c'est ce qui fait que très-souvent on rencontre, au voisinage des filons connus, d'autres riches concentrations dont la manifestation pouvait être ignorée au dehors. Au Hartz^ on savait que, a bien que les indices des filons métallifères se montrent souvent au jour, ils ne produisent de minerai suivi et abondant qu'à 20 ou 30 toises de profondeur ^ » Délius dit la même chose des filons de l'Autriche, et il paraît attribuer cette manière d'être aux veines principales qui s'étendent beaucoup en profondeur.
Cette observation offre une grande importance ; car elle montre que, lorsque les affleurements présentent des caractères sérieux, il ne faut pas se hâter de les abandonner s'ils paraissent improductifs jusqu'à une certaine profondeur.
Ajoutons maintenant que, dans l'intérieur des gites, la dureté croissante des roches est généralement un indice d'appauvrissement. Plus, au contraire, ces roches se rapprochent de l'état cristallin, plus elles tendent vers une facile décomposition et plus elles paraissent s'enrichir.
Enfin, des suintements d'eau par quelques fissures enduites d'argiles onctueuses conduisent quelquefois sur des amas métalliques. Les anciens considéraient la sécheresse d'un filon comme un signe de stérilité.