‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 13 sur 194 · Vivjuges mélallurgiquetf p · texte numérisé non relu

Vivjuges mélallurgiquetf p

Puissance des gttei. — DireetioD des filons. — Continuité des gttes en profondeuri — VAi» riatlon de la ricliesse métallique et des minerais avec la profondeur. --- Variftlions suivant les niveaux.

Puissance des gîtes. -^ On peut croire au premier abord que plus un gtte métallique est puissant, plus il est riche. Il n'en est pas toujours ainsi. Les grands filons du Hartz que l'on connaît sur près de 20 kilomètres de longueur, ceux de Glausthal, de Grund, de Zellerfeld et de Lautenthal sont sans doute de puissants filons; le principal filon de la Sierra-Nevada, en Californie, le Comstocklode, peut, d'après H. Richtofen, être comparé aux grands filons de Felsobanya et de Nagibanya en Transylvanie; la Vota Madré comme la Veta de Zacatecas du Mexique atteignent aussi de grandes dimensions : mais tous constituent plutôt d'immenses faisceaux et, en quelque sorte, des traînées de veines métallifères, et, dans toutes ces contrées, on exploite avantageusement des veines ou des filons dont la puissance varie de quelques pouces à quelques pieds.

Aussi, dans ces grands et puissants filons, il est bien rare que les minerais utiles soient repartis dans toute Tépaisseur, et on les y trouve plus spécialement concentrés dans les veines qui les recoupent ou les suivent ou agglomérés autour de certains centres.

Les filons de la Saxe, exploités depuis des siècles, n*ont guère plus de un mètre de puissance, et ceux qui atteignent deux mètres n'y sont pas nombreux. Le filon d^Andreasberg au Hartz, exploité sur une profondeur de 450 mètres et sur environ' SOO mètres en direction, n'a pas une épaisseur qui dépasse sensiblement un mètre.

Les filons d'étain du Cornouailles atteignent rarement SI et 3 mètres de puissance. En Californie, comme en Australie, la richesse aurifère est concentrée dans les veines les plus étroites de moins de un mètre, et dans la première de ces deux contrées, le grand filon quartzeux qui traverse les comtés de Tuolumne, Calaveras et Amador, quoique riche en quelques points, n'est pas celui qui a fourni le plus d'or.

Au Chili, les riches filons cuivreux ou argentifères n'ont souvent pas plus de 0.80 à i mètre, et on a pu voir, au milieu des plus riches gisements, un large filon parallèle aux filons les plus productifs, situé au centre même d'un faisceau métallifère, avec des gangues de même nature, et qui a toujours été considéré comme stérile.

En France, il existe aussi de puissants filons et particulièrement des filons quartzeux atteignant quelquefois 10, SO, 40 mètres de puissance

6t qai 86 développent sur de très-grandes étendues. Bien peu d'entre eux ont été l'objet de trayaux. Les plus importants que j'y connaisse aujourd'hui se trouvent sur le grand filon de Bluech, dans la Lozère, où ils paraissent avoir acquis une grande extension. On peut dire qu'on n'y connaît pas beaucoup ces grands gisements, mais on considère qu'ils s'enrichissent particulièrement aux points ou ils ont été rencontrés par quelques veines latérales. Dans tous les cas, les gisements utiles paraissent nombreux autour d'eux.

L'exploitation de Vialas (Lozère)en est un exemple; car, depuis 80 ans, elle est particulièrement dirigée sur de nombreux filons, d'une puissance variant de 0,30 à 4,50 et S mètres, qui, ainsi que nous l'avons déjà dit, courent entre deux grands filons quartzeux parallèles, distants l'un de de l'autre d'environ 4 500 mètres.

Au point de vue pratique, ces considérations signifient qu'il ne faut pas négliger la recherche des filons ou des gîtes d'une faible épaisseur, qui peuvent donner lieu tout aussi bien, et souvent mieux que les filons très-puissantS) à d'importantes exploitations.

Direction des filons. -*- Dans tous les temps, la direction des filons a été considérée comme un signe que le praticien ne devait pas négliger pour déterminer ceux d'entre eux sur lesquels il fallait de préférence exécuter des travaux, ceux enfin qui promettent les plus grandes richesses dans leurs profondeurs.

Cependant il importe de ne pas y attacher une importance plus grande qu'il ne convient, et particulièrement ne pas chercher à établir des comparaisons ou des analogies entre des gisements de mêmes directions situés à de grandes distances les uns des autres.

En général, dit M. FournetS ce ne sont pas les directions qui doivent être mises en première ligne dans un parallèle entre deux groupes de filons semblables, car elles sont toujours influencées par les oirconstances locales et par les actions postérieures qui ont pu changer les alignements primitifs des terrains.... Ce qui doit régler, dit-il, la concordance des formations, ce sont les similitudes de gangues et de minerais, ainsi que les associations avec les roches éruptives.

Oélius, savant mineur suédois, disait : « Les veines nobles suivent gé- € néralement la direction des montagnes, et on sait par expérience que c s'il se trouve dans une chaîne de montagnes des veines ou des filons € qui ont une direction contraire, la plus grande partie est stérile. « Malgré cela, cette règle a des exceptions, parce qu'on trouve quelque- « fois des veines nobles de toutes directions dans une même montagne. « Il ne faut donc point avoir la faiblesse de quelques minéralogistes qui ff admettent que les veines de certaines directions et pentes doivent être Cl regardées comme les plus riches. »

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