RestUuUonde Ploton
2, De la fonu des mineê.
bien différentes de celles de Charpentier, et si, parmi les gisements métalliques qu*il a visités, il en cite qui n'ont que peu ou point de valeur, on en trouve beaucoup qui, suivant lui, méritent une attention particulière. Ses conclusions sont, en général, confirmées par les observations postérieures.
Depuis Dietricb, bien des progrès ont été réalisés dans l'art des mines; nous croyons donc bien faire en donnant, pour chaque contrée, la liste des gisements telle qu'il l'a publiée, parce que nous aurons ainsi un point de repère et une idée de l'état des mines connues, dans la majeure partie des Pyrénées, peu de temps avant la Révolution.
On verra, dans le cours de ce travail, qu'à l'exception de l'Ariége dont la description a été donnée par M. de Mussy dans ces dernières années, on n'est pas aujourd'uni beaucoup plus éclairé qu'on ne l'était en 4787.
Département des Pjnpénéee-Orlentalcs.
Le Roussillon et la Cerdagne française, constituant aujourd'hui ce département, Tun des plus beaux de France par la douceur de son climat, la fertilité de ses vallées et l'aspect pittoresque de ses montagnes, ont longtemps fait partie de l'Espagne, Les rois d'Aragon en sont restés les maîtres jusqu'au moment du traité des Pyrénées, en 4659, qui en assura la possession irrévocable à la couronne de France.
Ce pays n'est pas moins remarquable par les puissantes mines de fer que l'on y a exploitées dans tous les temps, et il possède encore de nombreuses mines d'autres métaux qui, ainsi que nous allons le dire, paraissent avoir eu leurs temps d'activité.
Les souvenirs les plus éloignés que l'on connaisse relativement à ces dernières remontent encore au moyen âge.
Les rois d'Aragon donnèrent un grand nombre de concessions^
La première dont il est fait mention dans les archives est celle de la mine d'argent de la Couma de Bouxeda. La propriété de cette mine avait soulevé une contestation entre l'abbé de Sainte-Marie-d'Arles et le vicomte de Castelnau. Cette contestation fut réglée à l'amiable et la mine fut partagée en 4446.
Le vicomte de Castelnau céda à l'église de Sainte-Marie-d'Arles tous les revenus qu'il pourrait tirer de cette mine.
4496. Concession d'une mine d'argent» située au lieu dit Pugalduc, au monastère d'Arles, moyennant 4,000 sous de Barcelone, somme alors considérable.
4425. Découverte d'une mine d'argent au territoire de Monibolo,
1. Morer. Société agricole et tcientifiqne des Pyrénées-Orientaieê, 1854. — Campanyo. Histoire naturelle des Pyrénées^OrientaUê^ 1861.
Les documents reconnu^ par M. Morer signalent à certaines époques 1 naucoup d'ardeur dans la succession des fouilles, ardeur qui prouve « que celles-ci n*ont pas l^oujours été infructueuses. »
Après le quinzième siècle, on cessa pendant quelque temps d'y chercher Tor, l'argent et plusieurs autres n^étaui; mais l'exploitation du fer n'y a pas été suspendue et n*y fut jamais interrompue.
On voit encore quelques concessions accordées dans je cours du seizième et dans le dix-septième siècle, après la conquête de Louis Xtll.
Durant le quinzième siècle, las mines étaient soumises à un règlement particulier et, à cette époque, les redevances que percevaient les rois d'Aragon étaient très-fortes. : i \
. Çu \ 4^7, la part revenant au roi, fixée par décret d'Alphonse d'Aragon, était, franche de tous frais :
De 25 pour iOO d'or ou d'argent épuré, pour les mines d'or oii d'argent qui ne produisaient que 2 marcs ou au-dessous par quintal;
De 33 pour 400 pour celles qui produisaient de â à 5 marcs; 50 pour 400 — -- 5 à 40 raarCà;
75 pour 400 — — .40 à 45 marcs;
45 pour 400 pour les mities de cuivre; 4 S pour 400 pour les mines de plomb.
Ces redevances ont varié suivant les rois qui régnaient à Perpignaii. Ainsi, en 4444, elles étaient :
Pour l*or, de 33 pour 4 00 ;
Pour l'argent, SO pour 4 00 ;
Pour les autres métaux, 8 pour 400.
Éii 4564, t)btir les territoli*ès d'IUe-et-Corbère, le cbticéssibiitiàii'é devait donner au roi :
Poiii' Tor, 25 pour i66;^
tour ^argent, ÎO pour 4 00; ,
l'our les aùires métaux, 8 poui" 40Ô.
Ces redevances élevées, surtout vers le seizième siècle, quand se fit sentir la dépréciation du prix des métaux précieux, contribuèrent beaucoup, sans doute, comme en Espagne, à l'anéantissement des mines dont les travaux s'approfondissaient, mais on ne saurait réellement pas aujourd'hui où trouver (\ans ces contrées des gisements capables de founiir de* pareils rendements. Devons-nous croire que tout à cet égard nous est encore inconnu et qu'un grand nombre de travaux anciens échappent à nos regards?
Au commencement du dix-huitième siècle, en 4747, le Régent fit donner aux intendants des provinces l'ordre de chercher les mines dans toute l'étendue du royaume; dans le Roi^ssillon, les recherches furent confiées à un certain Viliaroja qui donna bientôt une note des gisements
qu'il avait découverts, et quelques années plus tard, en 47S3, un abbé, dû nom de Baguet, poursuivit ces recherciies. Il signala la mine auciëhilë é*Fn'Éeriiàdeîls, située sur le territoire espagnol, près des.limites du Roussillon. non loin de Canipredon où existent d^immenses travaux ariciéns ouverts sur des gîtes de cuivre argentifère, et fit connaître des mines d*or et d'argent dans la province.^ ^ j ,
Vers cette époque parut; en 1722, un édit de Loi^is XY portant Wétabïhsement d*une Compagnie pour travailler toutes les mines du royaume pendant trente années^ à ^exception des mines de fer, au nom de Jean Galabin, sieur dii JoncquierS avec le don du dixième appartenant au Domaine et à prélever sur le produit des mines.
En 4731, cette coiicession exorbitante fut restreinte, par arrêt du conseil d'État, aux mines et minières des provinces, du B^arn^ de la Basse- Navarre^ du Languedoc ei dû Rôussillony et le don du dixième fut révoqué.
Les travaux de la Société, concentrée dans les Pyrénées^ fiir^tit activement poussés dans le Roussillon. Le siège de rétablissement était au village de la Preste\ (Presque àiix ëoiifJHs dU tetMtoirë français. On y attaqua des filons cuivreux et argentifères, ainsi que nous le verrons plus bas. On établit à grands fràià îiiie foîidèriè sur le Tech, au lieu dit la Forge, ainsi que tous les annexes correspondants, et peu d'années après on avait absoi'bé la plus grande pal lie dû capital dans les premiers frais d'établissement et dans une organisation trop luxueuse.. En 4739, après moins de temps qu'il en fallait pour créer une entreprise de ce genre, tout était abandonné et les mines étaient déjà noyées'. Aujourd'hui on ne trouve plus d'autre trace de ces établissemerlts qu'un tas de Scories jsur les bords du torrent, et de ce qu'il en reste on né voit qu'uri marbre blanc sur lequel, avec lès ariiies royales et H date de 4732, sont inscrits les noms des fondateurs de la Société.
Après avoir formé la clef de voûte de là porte d'entrée dé l'établissement, ce fiiàl*bre lait àujourd'iiui (f873J lifimblement partie de la construction d'un four à pain dans une des maisons du village d^ la Preste;
Depuis cette époque, quelques tentative^ ont été faites de loin en loin fiur les mines des Pyrénées-Orientales; mais on n'a pas réussi ft y fondei* aucun établissement durable, autrement que pour les' milles de fer c(ue Ton travaille aujourd'hui plus activement que Jaitiais.
Cependant il faut remat*quer que ces dernières ihitieâ elles-îhémës ïiè doivent leur activité actuelle qu'aux âp(iroclieJ des chemins dé fer, comme à leur qualité exceptionnelle, sans lesquelles elj[^es auraient pei^itêtre été pour longtemps encore condamiiéès à une production restreinte, et lorsqu'on a parcouru ces vastes montagnes, on peut Xîomprendre que les entreprises minérales ont dû rencontrer, jusqu'à ces dernières anncesi
. Ordonnances et, éditt ae t ancienne monarchie, Lamé-Fiearyt lSw7é . Lemônbief. Ancieni mioéraiogiâtea»
des obstacles considérables à surmonter, à cause de Timperfection ou de Tabsence des voies de communication et de la longueur des distances à parcourir pour arriver aux lieux de consommation, ou pour se pn>^ curer les combustibles nécessaires.
Aujourd'hui la vapeur transforme ces contrées, et de nouvelles entreprises concernant l'exploitation des mines pourront sans doute s*y former comme à l'époque où toutes ces montagnes étaient couvertes de forêts ; les cours d'eau y abondent et il est à espérer, ainsi que le dit si justement M. Morer, que, mieux dirigées qu'en 4734, ces entreprises sauront se garantir de ces folles spéculations qui font périr, des le principe, une œuvre utile, en absorbant les premiers capitaux dans des frais d'établissement horsdetout0 proportion avec le but qu'elles se proposent.
Gisements et mines connus dans le département /
CanaveiUes^ cuivre. Concession de 1833, sur 431 hectares. En travail en 4873.
NyerSy cuivre, filons.
Fosse et Saint-Martin^ cuivre. Concession de 4842, sur 359 hectares. Abandonnée en 4842 (Comptes rendus, 1846).
Fromiguères (Capsir), plomb en rognons (Lemonnier).
Environs de Real (Capsir], cuivre, plusieurs filons puissants (Lemonnier).
PedrefortBj vallée de Carol^ cuivre, plomb, argent, plusieurs filons (Lemonnier)*
Terroir ô'Escaro^ cuivre et argent, au plat de Gantes.
Environs de Montlouis, Foutpédroune, Carança, etc., cuivre, plusieurs filons.
Terroir &Estoher en Conflans, cuivre.
La Preste^ cuivre et cuivre gris argentifère. Anciens travaux.
La Manère^ plomb et argent. Anciens travaux.
Serrelongtie et environs.
Pratz de Holhè^ cuivre et plomb, argent. Aux lieux dits : les BiUots, Sainte-Marie^ Minier de Saint-Louis^ Sotn^iSa/vador, col de /a Régine, col de laCadére, Costebonne.
Coustoujes^ non loin de Saint-Laurent-Cerdans, plusieurs filons de cuivre.
Batlestavy, cuivre et argent. Filon de quatre pieds, au CoU de la Gallina. Id, id., au Pueeh del Moros.
La Coma^ cuivre et argent, en Conflans.
Montbolo, en Yalespir, cuivre et argent.
Territoire d'ille et Cerbère, cuivre, plomb, argent. Rappelé par les documents.
Montagne de Bâtera, cuivre.
Sorrede, cuivre natif, pyrite dans un banc de grès. Au pied des Albères*
Environs d'ArleSt bismuth.
Taulis (arrondissement de Céret), plomb. Filon E. 0.
Galène en rognons dans les mines de fer du Canigou, au Vemet, Sa-horre^ etc.
Sables aurifères de la Tet et du Tech.
Les granités, les gneiss, les micaschistes et les roches qui leur sont généralement associées constituent une grande partie du département des Pyrénées-Orientales. Les roches granitiques y apparaissent en
masses imposantes comme auCanigou. Elles forment la chaîne qui sépare la vallée de TAriége de celle du Tet, et l'axe des Albères, et elles constituent les cimes les plus élevées et les fattes d*un grand nombre de chaînons divers qui accidentent profondément la province du Roussillon. Les gneiss, les micaschistes que Ton retrouve en quelques points du massif des Albères se montrent dans les deux grandes vallées de la Tech et du Tet, ou, reposant quelquefois directement jsur le granité, se trouve un puissant développement de roches schisteuses et calcaires marmoréens appartenant aux terrains de transition, silurien et dévonien, qui s'étendent depuis la Preste jusqu'à Arles , et constituent le souS'Sol de la Cerdagne française. Toutes ces roches semblent surgir du milieu des couches secondaires qui se développent d'autant plus qu'elles s'éloignent davantng3 de l'axe de la chaîne.
Dans plusieurs endroits, comme aux environs d'Amélie-Ies-Bains ou de Monbolo, dans les hauteurs du Tech , on reconnaît la présence des porphyres quartzifères; la serpentine se montre aux environs de Cana* veilles, sur le Tet, et, dans plusieurs lieux, comme aux environs de Saint- Laurent de Cerdans, les mélaphyres, situés presque au contact des granités, montrent les transformations qu'ont subies dans ces lieux divers les schistes de transition.
Enfin de nombreuses sources thermales et l'aspect, souvent profondément modifié, des roches, constatent une action métamorphique puissante qui s'est exercée dans ces contrées aux diverses époques géologiques, et s'y poursuit de nos jours.
Les substances métalliques sont peu abondantes dans le granité ; elles sont particulièrement situées dans les schistes cristallins ou de transition, et les quelques mots que nous avons dit sur la géologie de ces contrées sufiSsent pour montrer que les gîtes métallifères peuvent y acquérir une importance de premier ordre.
Dans le département des Pyrénées-Orientales, comme presque partout en France, on ne connaît les travaux des anciens que parce qu'on en voit au dehors, et les travaux exécutés dans le siècle dernier ou dans le siècle actuel, abandonnés presque aussitôt que commencés, n'ont exploré quelques gisements qu'au voisinage de» la surface du sol. Déjà on sait que les mines de fer y acquèrent un développement considérable et forment une sorte de puissante auréole, particulièrement autour des granités du Canigou, et il serait bien prématuré d'exprimer, pour les gisements autres que ceux de fer, une opinion défavorable dans Tétat actuel des connaissances que l'on possède à leur égard.
Mines de la Compagnie royale de 4722. — Les mines dont nous avons parlé se montrent dans des vallons trës-rapprochés de l'établissement des bains de la Preste, et elles y sont connues sous les noms de Saint- Louiê, Sainte-Marie et Sainte-Barbe.
beft Iratfttlt sohtoiiTeftssdr plutflom*fttiioiift tertleaut, qui fiôdrent ta liiflleu ûé% loches de trtitisitloiii formées de ealeaifè sàcebafôlde ^t dd schistes talqttedt reposant dtre(;tetnënt sur le granité.
Ledi* puissance, autaht qti*ofi eti peut jdger dans des travaui en partie éboulés; atteint iltl mëtre; teur gangue est principalement quartzeuse, apatbiqnè et oi^rense. Le tnltierai consiste partioulièrenient en eui?re gris du pbalei*z. Les déblais que les eaux torrentielles n'otit pas entrat« nés montrent encore aujourd'hui les colorations qui en accusent la pré* sence.
On dUtingue deux directions principales N. S. magnétique et. à pei près B. 0., et deux de bes filons, dont l'un montre sa trace bldnfehe sur une assez gradde longueur de la montagne, se coupent (presque à angle droit.
Tous lès tràraui exécutés il 5 a plus d'un siècle sur ces gisements sont en partie éboulés ou remplis d*ead. Déjà, en 4739, ils étaient inondés quand Lemonnier, membre de l'Académie des sciences, en fit la visite.
Dans la relation qu*ll en donner faite pour ainsi dire au moihent même oè on venait de les abfindonner, et ou on [Pouvait facilement se rendre oompte de la plus od moins grande richesse des filons, il dit : «Cei minn n'ont pas laissé que de produire. » Les apparences extérieures sont favo* râbles à un enrichissement, et toiit porte à croire que lefc travabx n'ont pas été abandonnés à cause de la pauvreté des gttes.
On voit encore aujourd'hui, près de l'anciennefunderie et subies bords du torrent, le reste d'amas de scories qui prouvent qu'on en a retiré des produits importants.
La Société royale travaillait en même temps du Coral et à Lamanàre.
On nous a fi^it voir à la Preste de remarquables échantillons de pyrite 40 ^ujvre, indiquant Texistence d'au(res filons dans les schistes des en-* virons, mais ceux qui nous les montraient se sont refusés à noua indi« quer le lieu de leur provenance.
. l^manin. r-* Plnmb et argent. Ce paya, situé aux environs db Prata* d^Mnlh^^f est signalé au loin par les deux tours anciennes qui le dominent et qu'on y vqU encore aujourd'hui. Il possède des min^jl qu'on à travaillées ^ une épQque très-reculée dont on ignore la datn. On y connaît plusieurs filons^ encaissés dans le» terrains de transition.
Filoti Agaséi-Bimp. — JbihôHim : N; S. Galène très-blèndfetlse.
^îlon Pla de las i^àulas, —Direction :^ N. S. Puissance : (j,ii Minerqi. Galène disséminée dans uiie gangue ferrugineuse avec fer spathiquè, (juartz, baryte sulfatée, pyrite de fer, etc.
Filon dii Jûrdithd'èn^Bourec. — DlrèûHôh i N. N. B. 450. — Puistcnùê 9