‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 162 sur 194 · HOUILLES ET ANTHRACITES · texte numérisé non relu

HOUILLES ET ANTHRACITES

Nous plaçons dans un môme ensemble les houilles et les anthracites; car, ainsi que nous aurons occasion de le voir, à Texception des anthracites de la Mayenne qui appartiennent au terrain dévonien, tous les autres gisements de cette nature, en France, font partie de l'étage compris depuis le calcaire carbonifère et le millstone-grit jusqu'aux couches permiennes et triasiques.

Ces deux substances sont la véritable richesse combustible minérale de notre pays. Elles y ont été connues et exploitées, avec plus ou moins d'activité, depuis des siècles, et elles sont aujourd'hui plus recherchées que jamais.

Les mines de Saint-Étienne étaient exploitées dans le quatorzième siècle et, au temps d'Anne d'Urfé, cette contrée était déjà renommée par ses fabriques d'armes qu'alimentait la houille de la Loire. Brassac, le Creusot, la Grand'Combe et l'Allier, Ingrande et Montrelay, fournissaient dans les siècles derniers des combustibles que l'on extrayait à ciel ouvert, ou par des puits plus ou moins profonds rapprochés des aflSeurements, mais la consommation était fort limitée.

Ce n'est qu'à la fin du dix-septième siècle que les houilles françaises commencèrent à venir à Paris, pour lutter contre la houille anglaise qui conserva presque exclusivement le monopole de cet approvisionnement jusqu'au moment où commença la concurrence des houilles belges.

A cette époque, les inventions modernes, qui ont révélé toute la puissance de la vapeur, n*étaient encore qu'à l'état de germe; les nombreux dépôts carbonifères de la France n'étaient qu'imparfaitement connus; on ignorait l'existence de ceux du Nord, et les routes manquaient pour ceux d'entre eux éloignés des cours d'eau navigables. Ces dépôts houil- 1ers, situés dans l'intérieur du pays, adossés aux montagnes qui en constituent les principaux reliefs, ne pouvaient donc, qu'avec les plus grandes difficultés, étendre leurs produits à quelque distance, et les exploitants, de quelque lieu que ce fût de la France, étaient dans l'impos^ sibilité d'imiter, même de loin, les Anglais qui, depuis le douzième siècle, exportaient sur des navires les houilles de Newcastle, préparaient leur puissance industrielle de l'avenir et trouvaient encore ainsi le moyen d'entretenir toute une armée de marins pour les jours de danger.

A la fin du dix-huitième siècle pourtant, on se préoccupait singulièrement de l'avenir industriel et particulièrement de celui des mines. On cherchait la houille de tou^ côtés et sur de nombreux points de la France.

On pressentait la transformation qu'allaient opérer bientôt remploi de la vapeur et les progrès de la fabrication du fer, et les États provinciaux, animés à an haut degré du sentiment de Tintérét des populations, ordonnaient partout Texécution de voies de communications, routes, chemins et canaux.

Gauthey exécutait, pour -les États de Bourgogne, le canal du Centre qui devait desservir les mines du Creusot ; les États du Languedoc faisaient étudier leur province par le mineur de Genssane qui, lui-môme, aida de tout son crédit et de tous ses efforts un courageux explorateur, H. de Tubeuf, dont le souvenir est encore aujourd'hui respectueusement conservé à Alais.

Dans le Nord, le roi aidait de ses propres fonds le vicomte Desandrouins qui, malgré mille difficultés à surmonter, découvrit la mine d'Ânzin et dota la France d'immenses richesses houillères qu'elle ne connaissait pas encore.

En 1778, l'assemblée générale des États offrait une récompense de 200,000 livres, c'est-à-dire au moins un million de nos valeurs actuelles, pour celui qui ouvrirait une exploitation^houillère aux environs de Béthune ou d'Arras.

On fonçait des puits aux environs de Boulogne et de Calais, et partout on cherchait....

Les efforts pour ranimer toutes les industries et particulièrement celle des mines étaient soutenus par toutes les puissances du moment.

La Révolution vint momentanément suspendre ce grand mouvement, mais il reprit son élan au retour de la paix, après 4815 et surtout vers 1825. A cette dernière époque, de nombreuses concessions houillères furent demandées et accordées; des recherches furent entreprises par des exploitants ou par l'État, et, depuis ce temps, la production des combustibles s'est accrue dans des proportions considérables.

C'est ce que montre le tableau suivant :

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