‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 167 sur 194 · De l'extension dee bateint houiileri · texte numérisé non relu

De l'extension dee bateint houiileri

d'études peuvent être faites encore eu France; enfin, si les idées théoriques de M. Fournet sont discutables selon plusieurs géologues, il faut reconnaître qu'elles sont singulièrement utiles, puisqu'elles tendent à stimuler activement les recherches, k ouvrir de houveauK horizons, et elles peuvent conduire à la découverte de nouveaui dépôts inconnus jusqu'à présent.

EXAMEN BAf IDE Dp3 BASSINS HpUIÎ-L^RS m U FRAIJCJî.

Nous ne pouvons donner Ici que des considérations générales sur nos bassins lioùillers, car ils ont été souvent décrits, et parficuli^.fement par M. Burat qui, depuis si longtemps, s'occupe de ta question de là houille. En se reportant à ses divers ouvrages otl aux descriptions géologiques de plusieurs départements, comme celle de là Loire, par M. èruncr, de FAveyron, par M. Boisse, du Nord, par M. bprmby, dé Ttsère, par M. L6ry, etè., on trouvera les détails les' plus nombreux.

N^ai^moins nous espérons en dire assbz pour âohnèr une idée sufiisante de leur importance relative. *

Dans le Nord nous voyons le bassin d'Hardinghem et celiil du Nord proprement dit* qui traverse les deu]c âépaftèmetlts du Nord et du Pakde<-CalaiB<

jfk^in i'Hari^f\ghem. — Le premier, situé danâ le I^as^e^Calais^ non loin (le Bpu|ogne-3ur-4l6r< appartient ft la partie intérieure dès terrains car))pnifère§. La boujUfl y 9^\ située entre deux étages de calcaire, dont le plu§ inférj^^r repose 9Ur les terraîus d^voniens. On y travaille depuis longtemps, et déjà en 4777 on y voyait un puits de 300 mètres de profoqçjeiir. H fournit de la bouiUli sècÂie» maitf de bonne qualité, et sa productiqp e^t devenue aspes restreinte^

Bumin du Nord ei du Pat^de^Calùiê. --^ Ce second bassin est l'un des plus importants de l'Earope. U appartient au prolongement des terrains houillers de Liège, de Namur et de Mons. Il aJ99eure à la surface du sol, au dehqrs de nos frontières et, en efl^ant eti France, il disparaît sous les terrains supérieurs, tertiaires et crétacés qui le recouvrent et le cachent à nos regards. Les travaux souterrains ont constaté sa présence depuis la frontière belge, du côté de Condé, dans le Nord, Jusqu'au delà de Lillers, dans le Pas-de-Calais.

Pendant longtemps on n'a môme pas soupçonné l'existence de la hQuilIe dans ces contrées, et on aurait pu craindre qu'elles restassent, pour nous^ déshéritées des bienfaits que les combustibles minéraux ré

pandent autour de leurs gisements, si, dans le siècle dernier, le vicomte Désandrouin n'avait pas tenté des recherches sur le territoire de Valen-

ciennes.

Nous ne rappellerons pas les difficultés de toutes sortes qu*il eut à surmonter alors; nous nous bornerons à dire que les plus importantes découvertes, celles qui devaient assurer l'avenir des mines d'Anzin, et doter la France de richesses houillères considérables, datent de 1732 et 4734.

Ces découvertes, comme celles qui furent faites à Fresnes, à Aubry, à Crespin, montraient «que le terrain houiller pénétrait souterrainement en France au travers du département du Nord, etelles inspiraient déjà l'idée qu'il devait s'étendre dans le Pas-de-Calais; mais, malgré un nombre considérable d'études, ce n'est que plus d'un siècle plus tard, et seulement en 184t, que l'on en acquit la certitude, quand un puits artésien le rencontra par hasard dans les environs de Douai, et indiqua la direction que les recherches devaient prendre.

La Compagnie d'Anzin et celle d'Aniche furent à peu près les seules qui exploitèrent les houillères du Nord jusque vers 1830, et c'est en 485f que fut ouverte la première exploitation du Pas-de-Calais.

Depuis cette époque, des travaux nombreux ont été exécutés; plus de trente puits, coûtant au moins un million chacun, ont été foncés, en surmontant de grandes difficultés, et la production s'est accrue dans des proportions considérables.

Le bassin houiller du Nord remplit une vallée longue et sinueuse, ouverte au sein des terrains anciens. Cette vallée a plus de 4 ,500 mètres de profondeur et plus de 4 00 kilomètres de développement, depuis Condé, dans le Nord, jusqu'à Estrées-Blanche dans le Pas-de-Calais. Sa largeur variable est de 45 kilomètres à la hauteur de Valenciennes, et de 40 à la hauteur de Béthune. Elle va ensuite en se rétrécissant de plus en plus jusqu'aux environs de Lillers, et elle y subit un véritable étranglement.

Les études de H. Dormoy l'ont conduit à considérer ce bassin houiller comme n'étant que la moitié d'un premier bassin préexistant qui aurait été coupé en son milieu dans le sens de sa longueur par une section verticale, dont l'autre moitié aurait été soulevée et aurait ensuite disparu sous l'influence des dénudations qui en auraient entraîné au loin les débris.

Telle est, en effet, l'idée naturelle qui se présente à l'esprit, quand on voit une coupe du bassin présentant au Sud, et comme un de ses bords, une paroi verticale formée de terrains anciens, contre laquelle viennent buter les couches de houille, de grès et de schistes.

M. Dormoy, pour expliquer la disparition d'un massif houiller de plus de 400 kilomètres de longueur et d'environ 2,000 mètres de hauteur, a admis l'influence de puissantes actions torrentielles et diluviennes, mais il parait beaucoup plus naturel de ne la considérer que comme le résul-

tat de dénudations ordinaires et prolongées qui ont eu lieu dans des temps antérieurs au dépôt des grès verts et de la craie.

On s'est beaucoup préoccupé du prolongement du bassin du Nord audelà de son resserrement que nous avons constaté aux environs de Lillers, et des recherches nombreuses ont été faites pour le retrouver.

Aux environs de Boulogne, des sondages ont été pratiqués sur presque toute la côte, ainsi que dans un grand nombre de points; en 1872 on n'en avait obtenu aucun bon résultat, et on pouvait remarquera cette époque que beaucoup d'entre eux avaient été suspendus avant d'avoir étépoussés à une profondeur suffisante.

Tout porte à croire qu'un épanouissement du terrain houiller doit exister quelque part, mais il faut reconnaître que la recherche présente bien des difficultés qui, jusqu'à 4873, avaient déjoué tous les calculs.

Les couches de houille du bassin constituent plusieurs faisceaux qui sont de haut en bas :

4» Les faisceaux des couches de houille grasse à longue flamme, dite flénuy donnant un coke boursouflé, et trop léger pour servir aux usages industriels.

2» Le faisceau des couches demi-grasses, plus riches en carbone, et donnant un coke plus compacte. Ces houilles sont én^inemment propres aux foyers à vapeur et à la fabrication du gaz d'éclairage. Leur coke sert aux locomotives.

3» Les couches de houille grasse maréchale^ propre à la forge, et dont le coke sert à la métallurgie.

4« Enfin les couches maigres, de nature anthraciteuse, contenant peu de matières volatiles, brûlant avec peu de flamme et ne donnant pas de coke.

Ces couches offrent des replis, des failles et des rejets analogues à ceux du bassin de Mons.

A Aniche et près de Douai on a exploré, sur un développement de plus de 4 0 kilomètres, deux de ces faisceaux renfermant 31 couches de houilles grasses et sèches, ayant ensemble une épaisseur totale de 48".20.

A Vicoigne on exploite un faisceau de 15 couches de 0™ 62 d'épaisseur moyenne, formant ensemble une épaisseur de 9">.30.

A Nœux, dans le Pas-de-Calais, on a reconnu 37 couches d'une épaisseur totale de 23'».70.

Ënfln, rappelons que les grands établissements d'Anzin, poursuivis sans discontinuité depuis plus d'un siècle, qui ont atteint en quelques points une profondeur de 600 mètres et dont la production peut être considérablement augmentée dans l'avenir, produisaient seuls avec Aniche :

Anzin

4,740,987 tonnes.

2,097,244 tonnes.

Aniche

On compte à Auzin 25 puits d'ettractioD, 7 puits d'épuiseinfint et 4 5 puits d'aérage.

Quand on penBeipaintenant qu'on areeonnn 156 couches dkns le bassin de Hons, dont celui du Nord est le prolongement, que la plupart dbs concessions sont encore au commencement do lelirs travaux <}ni^ moyennement, ne dépassept pas 300 mètres de profondeur; on reconnaît que ravenir4u bassin. du Nord est immense, et c*ést; du reste ce que Von peut facilement. déduira des chiffres suivants qui montrent l' accroissement rapide de la pjroduction et les progrès considéîdoles qui» soUs ce rapport, ont été réalisés dans ces dernières annéeë.

Proàuctio •

Dtpwtenwnt du Nord.

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