‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 18 sur 194 · D'Arehlao. Cours de paléontologie · texte numérisé non relu

D'Arehlao. Cours de paléontologie

qaand Henckel publia sa Pyritohgie. D*aprè8 lui, la terre a été un corps mou et poreux ; elle s'est durcie et la sécheresse a produit des fentes. Les tremblements et les secousses de la terre en ont aussi formé dans les ro« chers. Ces fentes ont été remplies et se remplissent encore de toutes sortes d'eaux, et les exhalaisons intérieures, provenant particulièrement des fermentations, y ont concentré les substances métalliques. 1 Un peu plus tard, les savants encyclopédistes admettaient que la forma-» tion des mines, sujette à des modifications continuelles, s'était opérée lentement et qu'il s'en formait de nos jours. Ils repoussaient l'idée d'un foyer en ignition dans le centre de la terre, comme quelques géologues semblent s'en éloigner aujourd'hui, mais ils croyaient au développement de la chaleur dans l'intérieur de la croûte terrestre, et cette chaleur ainsi que l'eau étaient les deux grands agents qui formaient les mines. A Taide de ces deux agents, les particules métalliques renfermées dans les roches étaient entraînées dans les cavités de la terre, dans les fentes, dans les espaces vides et dans les filons qu'elles remplissaient.

Délius^ 4774. — Ce savant mineur, qui produisit un Traité d exploita-tîon^ traduit en français, en 4774, par M. Schreiber, considéra les filons et les veines comme étant dus à des fentes analogues à celles qui se font dans une terre humide pendant la dessiccation. Les différentes terres qui composaient les montagnes contenaient aussi la matière propre à former les minéraux. Cette matière, entraînée par les eaux qui filtraient de tous côtés, au travers du roc, avant qu'il ne fût solidifié, se communiquait dans les fentes et ouvertures nouvellement formées.

Ainsi s'opérait le remplissage des filons, et Délius ajoutait qu'il ne se formait plus de mines aujourd'hui. « La pâture, disait-il, a fermé son laboratoire. » Comme si les molécules du globe n'étaient pas toujours» aujourd'hui comme dans le passé, dans un état perpétuel de transports et d'échange.

Werner^ 4787. » Ce savant professeur de Téoole de Freiberg exposa, vers la fin du siècle dernier, des théories géologiques qui eurent un grand retentissement. Il posa les bases d'une classification méthodique ration* nelle qui fut généralement admise, émit quelques idées nouvelles; mais tous les principes qu'il enseigna ne furent pas longtemps adoptjés et trouvèrent bientôt, même parmi ses élèves, de nombreux contradicteurs. Tel fut, entre autres, le mode de formation des gisements métalliques qu'il concevait.

D'après Werner, tous les terrains qui forment l'écorce du globe se seraient successivement séparés d'un océan chaotique: les uns par voie chimique, les autres par voie mécanique.

Le retrait des eaux produisit rabaissement des montagnes, et par suite de cet affaissement, comme aussi par l'effet des tremblements de terre

ou de leur consolidation, les terrains éprouvèrent des ruptures d'oii ré* euUèrent des fentes et des cavités de toutes dimensions. « L'eau, en pé« nétrant dans ces cavités , a incrusté , des différentes matières qu'elle tenait en dissolution, les longues crevasses par lesquelles elle y pénétrait et a donné ainsi naissance aux /iions métallifère», » Les liions ont été remplis wniquenkent par le haut, et « l'activité intérieure du globe est entièrement méconnue ^ »

Lasîus^ 4789. — Il apporta des idées plus larges que celles de Werner et qui se rapprochaient de celles qu'avaient exprimées déjà Descartes et Sténon, en y ajoutant un élément nouveau. 11 admettait que les fentes de la terre étaient produites par des dislocations du sol, et que ces fentes ont été remplies par les eaux qui, s'étant imprégnées d'acide carbonique et d'autres agents, ont pu dissoudre les particules terreuses et métalliques qui se trouvaient dans la masse du rocher et les déposer, à l'aide de précipitants, dans les espaces des filons.

Lamétherxe^ H^l. — Dans sa théorie de la terre, il considère les filons métalliques comme produits par une cristallisation contemporaine de la roche dans laquelle ils se trouvent.

Breishck^ 48t3.«— Il n'admettait pas que tous les filons fussent remplis après coup; il considérait le plus grand nombre des dépôts métalliques comme s'étant formés autour de certains centres et les filons comme ayant été remplis par des matières qui avaient su se choisir, se suivre, s'approcher et s'unir en vertu d'une force particulière d'affinité et d'ai* traction. « Les montagnes sont constamment en mouvemeut, dit-il, et il s'y fait des sécrétions et des excrétions, comme dans les corps organisés une perpétuelle formation destructive et reproductive. »

C'était, à peu de chose près, la théorie qu'avait exprimée le savant mineur de Genssane et Torbern Bergman^ qui, en 4792, regardaient les filons comme les produits de la cristallisation des roches. C'est encore à peu près la théorie qui fut exposée, en Italie, par Paoli^ dans son ououvrage Sut moto molecoiare, qui établissait que la plupart des filons étaient dus à une pareille origine.

Jusque vers 1810, les idées théoriques oscillèrent entre les opinions diverses que nous venons d'émettre; mais à cette époque les substances métalliques étaient plus particulièrement considérées comme le résultat de sources ou de sublimations venant du sein de la terre et pénétrant dans l'intérieur de ses crevasses ou comme le résultat d'injections ignées, à la manière des dykes volcaniques que l'on voit sur les parois abruptes de la Somma, au Vésuve.

Ces deux opinions, dont la première rappetail le souvenir des an-

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