‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 19 sur 194 · Daobfée. Dm méêamorpkkme · texte numérisé non relu

Daobfée. Dm méêamorpkkme

ciennes exhalaisons , ont été modifiées; la seconde fut particulièrement soutenue par un savant géologue lyonnais, dont nous ne pouvons passer le nom sous silence, M. Foumet.

/bttrn^^, 4833-1868. — Après D escartes, Sténon, et les encyclopédistes qui avaient entrevu l'action des eaux et des vapeurs souterraines, il fut des premiers à considérer le remplissage des filons comme dû à l'action de sources minérales venant des profondeurs de la terre, et la même théorie était enseignée à l'École des mines par M. Élie de Beaumont. Mais, quelques années plus tard , M. Foumet, ne considérant que le € caractère d'association et par dessus tout la simplicité chimique du remplissage métallique des crevasses du sol , » crut devoir les rapporter plus essentiellement à des injections ignées.

Il défendit cette théorie avec une rare opiniâtreté et fut, pour ainsi dire, le seul à l'accepter et à la défendre.

De Bouchepom^ 4844. — Dans ses écrits sur l'histoire de la terre, ce savant ingénieur , après avoir établi les rapports qui existent entre les filons, les failles et les grandes dislocations de l'écorce terrestre auxquelles il attribue une cause toute pai'ticulière; après avoir fait remarquer qu'un grand nombre de roches considérées comme ignées , ayant un caractère propre , telles que les ophites, les spilites, les grunsteins, les variolites, les eurites, les porphyres, etc., que toutes les roches, enfin, qui ne sont ni volcaniques ni granitiques, proviennent de l'altération des terrains sédimentaires sous l'influence des actions intérieures et en particulier de celles qu'a dû produire la transformation du granité et du trachyte ; après avoir montré les rapports qui, dans son opinion , existent entre ces deux termes éloignés, les granités et la mer actuelle, provenant tous les deux d'une mer originaire contenant à la fois la potasse et la soude, il établit les principes suivants :

Les failles, comme les filons, ont une origine commune : ce sont des

fentes.

Les renflements des filons ne peuvent être complètement expliqués,

ainsi que l'a pensé Werner, à l'aide du défaut de correspondance que le

glissement a pu amener entre les parties saillantes et rentrantes des faces

ondulées de fracture.

Les matières des filons ont été formées dans l'eau, sur place et de toutes pièces.

C'est dans la pénétration des vapeurs souterraines, tant volcaniques ' que granitiques, et^ en général, dans leur action de contact avec Teau ou sa vapeur que l'on peut trouver la véritable théorie des filons.

Ce sont les roches de sédiment elles-mêmes qui ont fourni la plupart des matières caractéristiques des filons. Les roches ignées n'ont fourni que le véhicule , savoir les gaz vaporisateurs , et les métaux des filons

ne sont que la concentration d'une matière auparavant disséminée dans les terrains et surtout dans les plus anciens.

Les fiions auront les plus grands rapprochements avec les sources minérales et thermales et ils appartiendront par leur nature aux volcans et aux roches ignées : c'est la distinction qu'a si bien exprimée H. Élie de Beaumont par le mot de « volcanique à la manière du soufre » qu'il attribuait aux substances dont la genèse participait tout à la fois et de Teau et du feu.

Èlie de Beaumont^ 4847. — Dans un Mémoire Sur les émanations volcaniques et métallifères y ce savant géologue fut conduit à résumer une partie des opinions diverses qui s'étaient manifestées depuis longtemps et à exprimer d'une manière plus lucide et plus magistrale qu'on ne l'avait fait jusqu'alors les rapports existants entre les filons métallifères et les sources minérales^ ainsi que la formation du plus grand nombre des dépôts métalliques,

Ce Mémoire était précisément écrit peu de temps après que M. Burat, dans ses études Sur les gîtes métallifèresy avait montré les dispositions des minerais de cuivre de la Toscane au sein des roches ophiolitiques et avait semblé apporter de nouvelles preuves à l'appui de l'idée que les roches éruptives, ou considérées comme telles, avaient pu originairement contenir les métaux qui, plus tard, vinrent remplir leurs interstices, ou les cassures qui, traversant les couches sédimentaires, environnaient ces roches, ou former des dépôts métallifères limités, appliqués sur leurs parois externes.

M. Élie de Beaumont considère :

Que les substances métalliques contenues dans les filons d'incrustation ou concrétionnés proviennent en principe des roches éruptives;

Que les filons ont été les conduits de sources minérales profondes. Leur remplissage a été produit par des dépôts opérés dans les eaux qui circulaient dans les fentes de l'écorce terrestre à l'état liquide ou à l'état de vapeur.

c C'est là, dit M. Élie de Beaumont, une opinion qui est loin d'être nouvelle. »

Daubrée^\%%fi. — La formation des dépôts métallifères est exprimée d'une manière fort large et qui permet d'embrasser la variété de leurs formes. Leur origine se rattache au phénomène du métamorphisme des roches.

c Les combinaisons métalliques provenant des profondeurs se sont € très-fréquemment accumulées dans les fentes que présentent les ter- « rains et ont formé les filons métallifères.

c Quelquefois aussi ces combinaisons et les divers autres composés « qui les accompagnaient se sont répandus dans les roches, dont elles

c ont pénétré li subfltanoe en lai faisant lubir des transfonnulioiis pro«

« fondes.

(c Les dépôts métallifères ainsi que les épancbements siliceux qui sîl- « lonnent beaucoup de contrées ne sont que des cas particuliers des 0 pbénomènes métamorphiques. »

Von Cofta^ 4860 ^ — Nous extrayons de la Bévue de géologie de 4860' un résumé des aperçus longuement développés dans un important ouvrage sur les mines.

« 4"* Les gttes métalliieres présentent des formes qui sont encore plus variées que celles des autres roches; relativement à leurs formes, ils se distinguent en couettes, en filons, en amas, en imprégnations; relativement à leur composition, ils se subdivisent en trois groupes principaux : gttes stannifères; gîtes complexes caractérisés par un grand nombre de minerais; gitesferrifères. Toutefois, il n'existe pas de limite bien tranchée entre ces trois groupes.

c La distribution des gttes métallifères ne paratt soumise à aucune loi géographique, mais elle est en relation avec certains phénomènes géologiques. Ainsi , les gites stannifères se trouvent surtout dans les roches granitiques, ou du moins ils sont en rapport avec elles. Les gttes aurifères s'observent, le plus souvent, dans les schistes cristallins, dans les roches éruptives ou dans les roches quartzeuses , tandis qu'ils sont très-rares dans le calcaire ou dans la dolomie. Les filons argentifères sont dans les schistes cristallins ou dans les roches argileuses; les minerais de plomb et de zinc qui sont pauvres en argent sont intimement liés aux calcaires dolomitiques. Les gttes cuprifères s'exploitent souvent dans les roches amphiboliques ou chloritiques, dans le granité ou dans le grès.

(( Les minerais de fer sont, de tous, les plus fréquents; ils se montrent dans les conditions géologiques et pétrographiques les plus variées, mais très-souvent on les observe au contact do deux roches différentes.

« â*" La distribution des minerais dans les gttes métallifères est généralement inégale; elle dépend du niveau et de la puissance du gîte, ainsi que de la roche encaissante et de quelques circonstances encore inconnues.

(( 3^ L'âge des gîtes métallifères est difficile à fixer; leur composition mittéralogique ne permet de tirer aucune conclusion à cet égard. Dans des contrées très-diverses, ils sont très-souvent semblables, bien que formés à des époques très-éloignées; tandis qu'ailleurs ils sont au contraire très-différents, bien qu'appartenant à la même époque.

a 4^ Tous les gites métallifères offrent une concentration locale des minerais dont les éléments étaient sans doute répandus beaucoup plus

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uniformémeiit dans la massa de la terre. Pour la plupart d'entre enx » cette concentration paratt avoir eu lieu par des dissolutions aqueuses et pendant de très-longues durées. En outre, Içs minéraux qui constituent, aoit les filons métallifères , soit les amas , soit les irQprégnations, se sont généralement formés à Tabri de l'atmosphère, dans l'intérieur de la terre et avec le concours d'une pression et d'une chaleur plus grandes qu'à la surface; par conséquent, les gîtes métallifères ont une origine hydroplu tonique. »

Si , maintenant , nous ajoutons que l'électricité a été aussi considérée comme ayant exercé une grande influence sur l'aggrégation des matières métalliques, sur leur mode d'association et sur l'état dans lequel elles se présentent, on aura une idée générale de presque tontes les théories qui ont été exposées pour expliquer la formation des gisements métallifères depuis Agricola jusqu'à nos jours.

En résumé, nous voyons que ces théories diverses embrassent des idées bien différentes, entre lesquelles elles ont presque toujours oscillé, et qui peuvent se résumer ainsi :

Formation métallifère contemporaine des roches»

Formation métallifère dite de sécrétion latérale^ qui suppose les parties métalliques disséminées dans les roches. Les idées relatives à leur séparation ou à leur concentration se rattachent à celles des géologues anciens qui, admettant la cristallisation des roches, entrevoyaient véritablement la théorie du métamorphisme et les modifications profondes qu'il apporte dans leur structure et dans leur composition.

Remplissage des gisements par voie d'infiUration ou de précipités par en bcnU ou par en bas.

Par sublimation.

Par injection.

Théorie hydrothermale.

La diversité des opinions émises fait comprendre combien le sujet est difficile à traiter, combien il est complexe , et il est probable , ainsi que l'exprime si sagement le professeur Von Cotta, que jamais on ne pourra parvenir à en formuler une qui embrasse la généralité des faits.

Plus on va en avant, plus la science se développe, plus sont grandes les conquêtes qu'elle fait chaque jour dans son vaste domaine, et plus W semble reconnaître que les dépôts métallifères ont pu être produits dans le même temps par des procédés différents. I L'origine des substancea qui remplissenfr ces dépôts est encore bien peu définie ; ne sentons^nous pas nous-mêmes tout ce qu'il y a de vague dans ce que nous exprimons, quand nous disons que ces substances proviennent des profondeurs de la terre» et il paratt bien rationnel de les supposer existant uniformément disséminées dans les roches, même an point d'y échapper à toute la délicatesse de nos analyses.

L'idée de sécrétion latérale paratt done tonte naturelle et elle a frappé

depuis longtemps les anciens mineurs; on comprend, en effet, qu'eile peut être appliquée à beaucoup de faits et qu'elle acquiert une grande consistance quand on la rattache au phénomène du métamorphisme dans sa plus puissante extension, c'est-à-dire embrassant tout ce qui se rapporte à la transformation des roches depuis les plus modernes jusqu'aux plus anciennes. !

En associant, en effet, Tidée de la dissémination des substances métalliques dans les roches à celle du métamorphisme considéré comme un phénomène qui s'exerce encore aujourd'hui, dans toute l'épaisseur de l'écorce terrestre, sous l'influence des différences de chaleur que déter-^ minent les aflBnités chimiques, sous l'influence de l'eau qui, comme dans un vaste océan souterrain , circule dans le sein des masses minérales, entre leurs molécules ou dans leurs interstices et dans leur cassures, à l'état liquide, gazeux, sphéroîdal ou surchauffé, ou, enfin, sous l'influence des actions électriques , on arrive à se faire une idée de toute une immense série de faits, accomplis depuis les temps géologiques les plus reculés, et dont un grand nombre ne sont devenus visibles pour nous que par suite des dénudations profondes ou des mouvements de l'écorce terrestre qui les ont mis à notre portée.

Les masses minérales sédimentaires seront d'autant plus transformées que leur origine se rapprochera davantage des temps géologiques primordiaux ; leur 'composition sera toute différente de celle qu'elle a pu être originairement» et leur transformation y sera si complète» que les plans de leurs couches pourront ne plus être les plans sur lesquels se seront groupés leurs dépôts successifs.

Les substances métallifères qu'elles renfermaient , entraînées dans un mouvement moléculaire d'une lenteur infinie, rempliront leurs crevasses en y constituant des filons proprement dits, ou se concentreront suivant certaines lignes en y formant des masses plus ou moins étendues entourées d'une schistosité rocheuse concentrique ou parallèle à leurs formes, et, dans Tun et Tautre cas, elles présenteront des associations diverses, suivant les influences électriques auxquelles elles auront été soumises.

Dans les couches plus récentes, les substances métalliques pourront être concentrées, plus ou moins abondamment, autour de certains pointf ou dans certaines fissures, ou pénétrer intimement toute l'épaisseui d'une de ces couches.

Enfin, beaucoup de ces concentrations, dans les filons et ailleurs, se feront encore, ainsi que le dit M. Cotta, d'après des lois inconnues; beaucoup d'entre elles seront remaniées et transportées dans len crevasses plus récentes; mais tous les faits qui se rattachent à l'ensemble des phénomènes relatifs à la genèse des productions métalliques dans le Bein de la terre, ou à leur passage des unes aux autres, embrassant à la fois des actions métamorphiques et hydrothermales, se relieront en-

semble, sans discontinuité, avec les mômes liens que Ton observe dans la série continue des terrains sédimentaires.

Nous n'étendrons pas plus loin ces considérations sur les gisements métallifères qui exigeraient de longs développements et pourraient être véritablement l'objet de tout un livre, si on voulait exprimer ce qu'elles réveillent dans l'esprit^ ce que nous avons dit suffit pour montrer com^ bien le sujet est difficile et complexe^ et combien est grande Timportance de la pratique pour la culture et l'exploitation des productions métalliques.

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