‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 20 sur 194 · FRANGE · texte numérisé non relu

FRANGE

Coup d'oeil «nr l'orograpiile et la géoloffle de la France

OroiS^rapMe. — Suivant les auteurs les plus autorisés, la France a 4,064 kilomètres de longueur du N.-O. au S.-E. et 964 du S.-O. au N.-E.

Baaalna. — Sans tenir compte du bassin du Rhin, auquel n'appartiennent plus que des parties des départements des Vosges, de la Meurthe, de la Moselle et de la Meuse, on peut la diviser en quatre grands bassins hydrographiques principaux.

1<» Le bassin de la Seine; 2* de la Loire; 3** de la Garonne; 4® du Rhône.

Chacun de ces grands bassins se subdivise en un certain nombre de basslus secondaires. Le plus étendu en surface est celui de la Loire; il occupe une partie du centre et de Touest. La Loire a un parcours de plus de 800 kilomètres de longueur. Vient ensuite, en suivant le degré d'importance, le bassin du Rhône, qui, en y comprenant les petits bassins secondaires de THéraut, de TAude et du Var, occupe toute la partie est de la France, depuis les Vosges jusqu'aux Alpes maritimes et tout le littoral français de la Méditerranée.

Les autres grands bassins ont moins d'importance en surface. Les principales chaînes de montagnes qui limitent et qui font partie Intégrante de ces bassins sont, en commençant par le nord :

Les Ardennes, situées entre la Meurthe et la Meuse.

Les Vosges, dont la France ne possède plus qu'une partie, se dirigeant ^.-S., parallèlement au cours du Rhin, et qui jettent des ramifications étendues en Franche-Comté et en Champagne.

Les ballons, et entre autres le ballon d'Alsace, de 4,244 mètres d'élévation, vont en s'abaissant vers le nord. Ils présentent leurs pentes abruptes du côté de l'est et leurs pentes faibles vers l'ouest.

Autour du bassin de la Seine , on ne voit nulle part de hautes monta^ gnes. A son origine,, dans le Morvan et le plateau de Langret^ il atteint à peine Taltitude de 500 mètres. Ses limites ondulées, au sud, dans le Nivernais, rOrléanais et le Perche, ne peifVent prendre le nom de monta* gnes: ce sont de simples collines.

Les montagnes du bassin de la Loire sont beaucoup plus saillantes que Tes précédentes; ce fleuve et ses affluents prennent tous naissance vers les sommets du plateau central , sur le revers ouest des montagnes du €harollais, du Lyonnais, du Yivarais.

Dans les monts de la Margeride, dans ceux i* Auvergne.

Les principaux sommets sont : le Puy-de-Dôme, i ,476 mètres; le mont Dorey 1,897 mètres; le mont Lozère y 4,790 mètres; le plomb du Cantal^ 1,858 mètres; le mont Mézenc^ 1,755 mètres. Ces hauts sommets s'abaissent insensiblement en Périgord et en Saintonge; en descendant vers l'Océan, ils se transforment en collines et viennent s'éteindre un peu au nord de l'embouchure de la Gironde.

Le bassin de la Garonne, auquel on peut joindre celui de l'Adour, est un des plus riches de France par son climat et la fertilité de son sol. Il est limité au nord par le bassin de la Loire, à l'ouest par l'Océan, à l'est par des montagnes assez élevées et très-accidentées, qui constituent la chaîne des Corbières, des montagnes Noires , des rnonts d.. Gevaudan et des Cévennes, jusqu'au mont Lozère. Au sud, ce sont les hautes et les basses Pyrénées qui le limitent.

Ces dernières montagnes, dont la direction moyenne est E.-O., sont coupées à forte pente du côté de la France, et les plaines de la Garonne et de l'Adour viennent butter contre leurs premiers contre-forts.

Dans l'intérieur de cette chaîne, les vallées sont profondément creusées; les cours d'eaux, abondants et alimentés par les névès et les glaciers qui persistent à Taltitude moyenne de 2,800 à 2,900 mètres, y sont généralement à régime torrentiel. A l'exception de ses deux extrémités, près de l'Océan et près de la Méditeranée, elle n'offre pas de créneaux ou de cols profondément découpés permettant facilement le passage d*un versant à l'autre; les cols, connus sous le noms de ports, y sont fréquemment à l'altitude de plus de 2,000 mètres. Tels sont le port d*00f 3,002 mètres; le port de Gavamt, 2,333 mètres; le port de Cavarère, 2,241 mètres. Les principaux sommets des Pyrénées sont ; la Maladetta, 3,404 mètres; le mont Perdu, 3,351 mètres; le Vignemale, 3,298 mètres.

Le bassin du Rhône, y compris les bassins secondaires de l'Hérault et de l'Aude, dans la partie qui appartient à la France, forme un parallélo* gramme allongé dans la direction nord-sud et incliné au sud. Sa plus grande longueur est d'environ 600 kilomètres et sa largeur moyenne, sous le 45'' de latitude, est d'environ 480. Au nord , il commence au pied méridional des Vosges ; à l'ouest, il côtoie le bassin de la Loire jusqu'au

mont Lozère, puis il ioache au bassin de la Garonne jusqu'au pic de Cùt» tillo [2,921 mètres), dans les Pyrénées.

Au sud, il est limité par le littoral méditerranéen, de Perpignan à Nice; à Test, ce sont le Jura et -les Alpes qui en dessinent les limites.

Le Jura, qui court dans la direction N.-E., se forme de longs sillons parallèles les uns aux autres, coupés sur un grand nombre de points par des cluses transversales qui permettent facilement le passage d'un versant à l'autre.

Les Alpes ont la direction moyenne N.-S. Elles se distinguent de toutes les autres chaînes par le chiffre élevé de l'altitude des sommets. La limite du bassin français commence au lac de Genève et suit une ligne de faites jusqu'aux Alpes maritimes. Le massif alpin est découpé par de nombreuses et larges vallées d'où s'échappent à grande vitesse des rivières à fort débit, surtout en été, à l'époque de la fonte des neiges et des glaciers.

Telles sont Ylsère^ la Drame et la Duranee^ qui enrichissent les eaux du Rhône sur la rive gauche. Ces vallées, qui pénètrent jusqu'au centre de la chaîne, sont dominées par les plus hauts sommets, parmi lesquels on peut citer le mont Blanc^ le géant des Alpes, cime la plus élevée d'Europe, \,S\0 mètres ; le mont Isderan, 4,045 mètres; le mont Genèvre, 3,592 mètres; le mont Vwo, 3,836 mètres; le mont Pelvoux^ 3934 mètres.

Elles sont encombrées, dans leur partie supérieure, par des glaciers et des neiges éternelles qui se maintiennent à l'altitude de 2,800 mètres; le niveau de ces neiges oscille de quelques centaines de mètres au delà et en deçà de cette limite, suivant la position des versants.

Ce bassin est remarquable par la grande différence de climat qu'il présente suivant le point que l'on considère ; on y trouve à courte distance les neiges étemelles des Alpes et le climat méditerranéen de la Provence.

Ctéoioffle. — La France, comparée au reste du globe, ne présente qu'une surface de peu d'étendue; elle renferme cependant la série presque complète de tous les terrains jusqu'à présent connus des géologues. Presque tous les terrains stratifiés y sont représentés , ainsi que les terrains cristallins, plutoniques et volcaniques.

Jetons un coup d'oeil rapide sur la série géologique qu'on y a re^ connue.

Les terrains de transport récents, les dépôts de cailloux roulés, de graviers, de sables, de loess, dépôts quaternaires^ couvrent presque toute la surface du pays ; ils s'étendent en grandes nappes continues dans toutes les vallées.

Il n'existe pas de bassins, de dépressions du sol où l'on ne trouve , plus ou moins développés, des dépôts de transport quaternaires qui forment, en quelque sorte, un manteau continu troué seulement par les pics élevés des chaînes de montagnes.

Ce déplacement des matériaux géologiques est toujours normal aux grands cours d'eaux actuels ; ces matériaux prennent leur origine dans les vallées mêmes où on les trouve, et, rarement, les fragments de roches transportés à cette époque loin de leur gisement passent d'une vallée dans une autre. Leur nature minéralogique varie suivant les lieux d'où ils proviennent; leur volume, sauf quelques exceptions, va, en général, en diminuant de grosseur depuis leur point de départ jusqu'à leur arrivée au bord de la mer.

Ainsi, au débouché de la Seine, de la Gironde et du Rhône, les matériaux de transport sont réduits à l'état de sable fin et de boue , tandis qu'à l'origine de ces bassins , dans le Morvan, dans les Pyrénées , dans les Alpes, ces mêmes matériaux sont reproduits par des blocs de toutes les dimensions.

i II est à remarquer que ces dépôts de transport quaternaires sont un des éléments essentiels de la terre végétale; partout où ils manquent, le sol est difiBcile à cultiver et quelquefois frappé de stérilité.

Les terraim tertiaires jouent un rôle important en France ; ils couvrent plus de la moitié du bassin de la Seine, une partie de celui de la Loire, le bassin de la Garonne et une partie de celui du Rhône.

A l'époque où le bassin de la Seine et celui de la Loire étaient réunis en formant une grande cuvette, cette cuvette était alternativement occupée par des lacs d'eau douce et par la mer; aussi les dépôts marins et les dépôts lacustres tertiaires s'y succèdent et s'y superposent un grand nombre de fois. Cet envahissement successif de la mer et des lacs donne lieu de croire à des mouvements considérables d'afiaissement et de relèvement du sol de tout le bassin.

Ces dépôts se composent d'argiles, de calcaires, de gypse, de grès et de sables. Les dépôts marins les plus développés en épaisseur et en étendue sont : le calcaire grossier^ les grès et sables de Beauchamps^ et, plus tard, les sables et grès de Fontainebleau.

Ceux d'eau douce sont représentés par les calcaires de Saint^-Ouenf les gypses de MontmartrCy les argiles et meulières de la Brie^ les argiles meulières et calcaires delà Beauce. Les dépôts de cette époque, calcaires, gypses, argiles et sables, renferment de précieux matériaux pour l'industrie des constructions.

Le terrain crétacé forme une ceinture tout autour du bassin parisien. Le bassin de la Garonne est également entouré d'une ceinture crétacée dans la Charente, au nord, et tout le long des Pyrénées, au sud. On le retrouve dans le bassin du Rhône, très-développé, en Provence et dans la province du Languedoc. Le terrain crétacé supérieur se compose, en général, de craie blanche, dont la Champagne pouilleuse est un type, c'est-à-dire que ce terrain n'offre pas de grandes ressources pour l'agriculture. Le terrain crétacé inférieur, qui accompagne presque toujours le premier, est plus riche en variétés de roches; on y trouve des argiles, des

grës, ddfl oaloâired» des sables, et il renferme des quantités importantes de phosphates de chaui et de minerais de fer.

Le terrain Jurassique^ vu en masse, est le compagnon géographique du précédent; il forme, comme lui, une ceinture continue autour du bassin de Paris et du bassin de la Garonne. Dans Test, il constitue la chaîne du Jura; dans les Alpes, en Bavoie, en Dauphiné et en Provence^ il forme là charpente de hautes montagnes découpées par de profondes yallées. C'est dans les régions jurassiques qu'on remarque les dislocations du sol les plus apparentes ; les plissements, les oontournements^ les renversements de couches, les failles et les cluses y sont plus fréquents ^ue dans les autres terrains de la série.

Dans les terrains jurassiques , depuis les assises inférieures liasiques jusqu'aux étages supérieurs, on ne rencontre guère que des dépôts marins^ composés en majeure partie de calcaires de différentes natures , puis de grès, de marnes et d*argiles, peu fertiles au pointâeVuedeTagriculture, mais riches en minerais de fer ^

Le trias et le terrain permien sont peu développés à la surface* Ils se composent normalement de marnes irisées, de muscbelkalk, de grës bigarré et de grès vosgien. Ces éléments n'arrivent à un certain degré de développement que dans Test de la France. Ils y forment une longue bande parallèle au versant ouest de la chatne des Vosges^ Le terrain permien a été reconnu dans le Midi et particulièrement dans l'Hérault; on en trouve encore des tlots séparés les uns des autres, à de longs intervalles, tout autour du plateau central, dans les montagnes de l'Ësterel, en Provence, et quelques lambeaux dans les Pyrénées. Les pays de trias n'ont pas la fertilité des terrains tertiaires, mais ils sont riches en mines de sel et présentent un remarquable horizon métallifère renfermant du cuivre, du plomb» de Targent que l'on trouve dans le Var, dans l'Ardèehe, le Gard, la Dordogne, les Deux-Sèvres et la Moselle.

Le terrain carbonifère et houilier^ le plus important potir l'industrie, n'a pas en France le développement qu'il possède en Angleterre et dans l'Amérique du Nord, mais on ne peut juger de son étendue utile d'après ce que Ton en voit seulement à la surface du sol^ car, dans bien des localités, ce terrain, comme tous ceux domt nous venons de parler, se prolonge en profondeur au-dessous de terrains plus récents qui le recou- Trent sans empêcher que le mineur puisse l'atteindre. La production houillère de la France provient de plusieurs bassins houillers principaux, tels que le dépôt du Nord et du Pas-de-Calais, de la Loire, de Saône-et- Loire, de l'Allier, de l'Aveyron et du Gard. D'autres dépôts, moins éten« dus superficiellement ou encaissés dans les roches plus anciennes, autour du plateau central, dans l'Ouest, dans le Midi, dans les Alpes, fouriiissent aussi leur contingent de bouille.

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