Grangez, Voies navigables et canaïuc
Si, maintenant, nous recherchons la progression du travail des canaux dans ces dernières années, nous voyons que la France possédait :
En 4847 4,350 kilomètres de canaux ^
c'est-à-dire que dans l'espace de 24 ans, de 1847 à 4868, si les chiffres précédents sont exacts, il n'a été construit que 670 kilomètres dé canaux, tandis qu'il en fallait encore plus de 5,000 pour l'achèvement du réseau.
Ces chiffres signiflent encore que dans ces 20 dernières années , de 4854 à 4868, en 47 ans, il n'en a été construit que 448, et que cette partie si essentielle des voies de communication de la France a été, pour ainsi dire, complètement délaissée pendant toute cette période. •
Non-seulement on avait perdu de vue l'achèvement du réseau de canalisation élaboré pendant les premières années de la Restauration, mais la plupart des canaux déjà exécutés n'ont pas été améliorés ni mis à la hauteur des exigences croissantes de l'industrie, et, dans un grand nombre de cas, leur tirant d'eau est insuffisant.
Des observations du même genre peuvent s'appliquer à nos principales rivières. Ainsi que je l'ai dit plus haut, on en est encore à étudier le régime de la Loire, qui, descendant des montagnes du centre de la France, traverse des contrées industrielles sur plus de 500 kilomètres de longueur, et possède, pour ainsi dire, sur ses rives les riches bassins houillers de Saint-Étienne, de l'Allier, de Saône-et-Loire et de la Nièvre.
La navigation y est, depuis bien des années, en pleine décadence; les sables s'accumulent sur son lit ; les populations riveraines sont , pour ainsi dire,' privées des bienfaits d'une voie que leur donnait la nature, et cette multitude de cours d'eaux qui viennent s'y relier, qui pourraient être si utiles dans l'étendue de leur parcours, sont entièrement stérilisés.
Des travaux considérables ont été faits sur le Rh6ne; mais ce jfleuve attend encore qu'on y fasse disparaître les hauts fonds dont la présence nuit à la navigation dans les temps de basses eaux.
Nous ne nous étendrons pas sur toutes ces grandes questions, que l'on pourra mieux étudier dans les ouvrages spéciaux , et dont on aura une idée dans Tun des derniers Mémoires de la Société des Ingénieurs civils*. Nous nous bornerons à rappeler que si l'on considérait d'une manière