Let Cheminé de fer nécessaires^ par Goscliler
plus complète l'ensemble des canaux et rivières de la France, on verrait partout en général le mémo caractère d'insui&sance ; partout on constaterait l'élévation du prix de transport des matières principales nécessaires à l'industrie, par suite de cette insuflSsance.
Des plaintes nombreuses se sont élevées depuis longtemps à cet égard, et pour ce qui concerne les substances minérales , nous les avons vues souvent reproduites dans les publications du Comité des houillères, rédigées par M. Burat, et notamment dans celle qui parut en 4872*; mais ces plaintes ont été bien peu entendues. Nos fleuves sont restés dans le même abandon, et la France ne peut pas encore profiter aujourd'hui des dons qui lui ont été prodigués par la nature et de l'admirable réseau de navigation intérieure qu'elle a tracé sur son sol.
Tout progresse autour de nous, en Angleterre et en Allemagne, dans cet ordre d'idées, avec la plus grande intelligence des besoins des populations et des exigences toujours nouvelles de l'industriel, et il est bien regrettable, ainsi que le dit justement H. Burat , que les gouvernements qui se sont succédé chez nous depuis soixante ans, qui ont tous répété tant de phrases sur la nécessité d'améliorer nos voies navigables , aient négligé tant d'éléments qui pouvaient concourir à la prospérité du pays.
Nous ne pouvons pas parler de ce qui concerne les services hydrauli« ques de la France sans rappeler qu'elle est divisée et sillonnée par une multitude de cours d'eau qui alimentant les principaux thalwegs, reçoivent chaque année d'immenses quantités d'eaux pluviales bien faiblement utilisées.
MM. les ingénieurs Césanne et Thomé de Gamond, dans des livres récents, ont fait voir toutes les ressources que l'on pourrait en tirer, toutes les forces que Ton posséderait si un ensemble de travaux dans nos montagnes pouvait en contenir une partie. Il y a longtemps, d'ailleurs, que des ingénieurs éminents, et entre autres M. Vallée, se sont occupés de la même question au point de vue des inondations.
Dans le siècle dernier, et bien plus encore, dans les temps du moyen âge, les eaux pluviales étaient recueillies avec soin pour le service des mines, et l'on voit encore aujourd'hui dans la chaîne des Vosges,[comme en Bretagne ou dans les Alpes, les ruines d'anciens étangs et de longues conduites qui allaient desservir des machines hydrauliques.
Ce système a été presque entièrement abandonné depuis le commencement du siècle, et dans les temps actuels, oii la force de la vapeur devient de plus en plus chère, il n'est pas inutile d'appeler l'attention sur 3es forces perdues.
Si, comme exemple, nous jetons un coup d'oeil sur la Loire et sur la partie de son bassin qui se trouve en amont de Roanne, nous voyons que,