Comples rendiu des Ingénleun
C'est quand les chemins de fer commencèrent à avoir un certain développement, quand ils vinrent stimuler l'industrie, accroître les forces de la nation et faciliter les transports que Ton commença à créer de nouvelles usines pour les métaux autres que le fer; ces usines ont progressé jusqu'à présent, et ont pu fournir depuis vingt-cinq ans, avec des bénéflces importants, des quantités métalliques d'une valeur cent fois plus élevée qu'auparavant.
Cependant ces produits qu'on en obtient sont encore loin de suffire aux besoins de la consommation.
Nous en aurons une idée en rappelant qu'indépendamment des métaux fabriqués dans les usines il a été importé de 4858 à 1867 environ :
TonnM.
Cuivre 160,000
Plomb 230,000
Zinc 300,000
Mercure 2,000
Manganèse 100,000
Antimoine 800
Nickel 250
Cobalt 400
Arsenic 99
représentant sans l'or ni l'argent une valeur de plus de 700 millions.
Métaux importés en 1871 ^.
Tonnes. V«Uiir.
Cuivre (1'« fusion) 12,051,8 21,693,416 fr.
Plomb 34,210,9 15,052,805
Zinc 21,050 9,472,651
Argent 205,855»^ 45,280,000
Or 2,303 7,830,000
Étain 4,578,4 16,024,561
Bismuth 33 ,. 897J83
Nickel 36 297,000
Antimoine 130 176,382
Cobalt 37 41,300
Mercure 129 647,225
Valeur des métaux importés autres que le fer. . 117,412,503 fr.
Nous voyons donc enfin :
Que le maniement et l'élaboration des substances minérales pour la
1 • Douanes (Commerce spécial).
France représente actuellement une valeur toujours croissante qui s'élève à plus de huit cent millions, si Ton tient compte des fers et fontes importés et de l'accroissement de la production houillère, savoir :
Combustibles 250 millions
Produit des usines. . . . 440 — ^ Métaux importés 417 —
807 millions.
Que la valeur des métaux fabriqués ou importés, autres que le fer, atteint, en 4874, 486 millions, et que celle des métaux importés est presque double de celle des métaux fabriqués dans les usines du pays.
Que la production du sol français en métaux autres que le fer n'est qu'une partie minime des métaux consommés.
Cette dernière observation ne nous montre-t-elle pas tout l'intérêt qui s'attache à l'étude de notre pays, et lorsque nous voyons nos montagnes constituées comme le sont celles des nations ou se trouvent les mines métalliques les plus nombreuses, n'est-il pas permis de penser qu'une grande part de ces millions pourrait chaque année rester chez nous au lieu d'aller rémunérer le travail étranger.
L'étain figure à peine parmi les produits indigènes et pourtant de grandes quantités de ce métal paraissent avoir été fabriquées dans le centre et l'ouest de la France par les Gaulois, ainsi que nous le verrons plus loin.
Le mercure vient entièrement de l'étranger; il paraît en exister quelques mines en France, mais on n'en connaît réellement ni la valeur ni l'importance.
Le cuivre entre pour une valeur considérable dans la consommation des métaux de la France, qui n'en produit que des quantités insignifiantes provenant de son sol, et cependant, indépendamment des découvertes récentes, il existe un grand nombre de gisements de ce métal. Ces gisements ont produit des quantités importantes de cuivre dans des temps reculés, et ils ont été abandonnés ou oubliés par suite de circonstances multiples dont nous essayerons de retracer l'ensemble général.
Le zinc est l'objet d'importations considérables, et jusqu'à ces dernières années on avait cru que la France ne possédait pas de gisements importants de calamine. Des découvertes récentes viennent modifier cette opinion, et, dans tous les cas, les mines de blende non exploitées sont très-répandues.
Les mines de plomb et argent sont des plus nombreuses en France, et malgré cela plus de la moitié du plomb consommé provient des importations.
Enfin, d'après tout ce que nous venons de dire, nous voyons que les
mines de houille sont les seules en réalité qui, dans le cours du siècle actuel, aient acquis dans notre pays une réelle importance.
Doit-il en être toujours ainsi, nous ne le croyons pas, et cette situation se modifiera certainement au fur et à mesure que lea voies de communication se multiplieront.
lY
Htae» mkéiàiUqaem,
lies mines métalliques comprennent deux classes de substances bien distinctes : les mines de fer et les mines de plomb, cuivre, étain, argent, etc. Les premières ont occupé Tindustrie humaine depuis des temps éloignés, mais elles n'ont jamais été plus recherchées qu'aujourd'hui, par suite de la grande extension donnée à l'application du fer et surtout par suite des progrès considérables accomplis récemment dans les procédés de fabrication. On peut, avec raison, les considérer comme liées d'une manière toute particulière à l'époque actuelle.
Les secondes, au contraire, moins importantes sans doute que les pré- ' cédentes, sous le rapport de Tinfluence qu'elles exercent sur la civilisa tion, mais néanmoins nécessaires aussi à ses progrès, se rattachent à des travaux qui se perdent dans la nuit des temps. Elles ont été pour la plupart recherchées et travaillées bien avant les mines de fer, puisque l'âge du bronze a succédé à celui de la pierre et nous savons que l'or de la Colchide et du Pactole et, plus tard, celui des Gaules ont surexcité les passions et les convoitises humaines longtemps avant que le fer et la plupart des métaux fussent entrés dans les habitudes ordinaires de la vie.
Enfin, ces substances métalliques diverses ont toutes été travaillées longtemps avant la houille dont l'emploi n'a pris une réelle extension que dans le cours du dix-neuvième siècle.
11 nous semble donc naturel de suivre Tordre chronologique des faits et de parler d'abord des substances métalliques autres que le fer.
Des mines nombreuses de cette nature ont été exploitées en France depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Les déblais accumulés près des ouvertures de ces mines anciennes sont, pour ainsi dire, les seuls témoins que nous puissions invoquer aujourd'hui pour avoir une idée de la production minérale à diverses époques de notre histoire et, par conséquent, nous ne pouvons juger de l'importance de cette production, que par l'importance même des excavations ou des déblais qui, malheureusement, sont aujourd'hui en partie détruits» ou en partie cachés par la végétation qui les recouvre. Mais le peu que nous en con-
naiiBoni, représentant peut-être le treveil eeoumulé de pluflieure mèolea, noua indique qv^ des quantités considérables de plomb, d'argent, de cuivre, d'étain et probablement même d'or ont été extraites du sol de la France.
Comment ces exploitations ont^elles été abandonnées, comment sontelles déchues à un tel degré d'abaissement qu'on en ignore presque aujourd'hui l'existence? C'est une longue histoire que nous avons essayé déjà de résumer S et sur laquelle noua devons dire ici quelques mots»
Si on jette un coup d'œil général aur ce qu'ont pu être les mines de la France dans les siàdes passés, on remarque plusieurs périodes d'activité séparées, en quelque sorte, par des temps de délaissement et d'abandon qui peuvent être exprimées de la manière suivante :
Période gauloise, Inconnue ;
Période romaine;
Période du moyen ftge, et notamment du douzième siècle;
Période de la Renaissance, au seizième siècle; abandon en France vers 4579 et vers 1639 dans les Vosges;
Reprise au dix-huitième siècle et surtout dans les années qui précédèrent la Révolution;
Abandon presque total pendant le dix-neuvième siècle. <
Si on recherche les causes de oes abandons snceessifs on arrive à re« connaître :
4« Qu'un grand nombre de ces mines mit été arrêtées par suite de Tinsuffisance des moyens dont on disposait, au moment où H aurait fallu des forces plus puissantes pour en poursuivre l'exploitation, et qu'elles ont été reprises quand des forces nouvelles dues aux progrès de l'art ou de la science ont été mises aux mains du mineur.
2» Que les malheurs publics, l'influence d'une mauvaise administration dans les siècles derniers, la rencontre de vieux travaux inconnus, beaucoup plus que la découverte de l'Amérique, beaucoup plus que l'élévation du prix de la main-d'œuvre ou l'abaissement de celui des métaux, sotit les causes principales d*un anéantissement qui depuis plus de trois cents ans s'est, pour ainsi dire, perpétué jusqu'au siècle actuel.
3° Que l'opinion défavorable, non justifiée, à l'égard des gisements métalliques, l'absence ou l'imperfection des moyens de transport ainsi que l'éloignement ou la privation du combustible, et souvent Tinconstance des exploitants, ont été les principales causes du délaissement des mines pendant le dix-neuvième siècle jusqu'à nos jours,
Après la période romaine qui paraît avoir été très-active, après l'époque