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où les Sarrazins travaillaieDt aux mines des Pyrénées, des Corbiëres, des Maures et des Alpes, vers la fin du onzième siècle et particulièrement pendant le douzième, nous voyons des mines nombreuses ouvertes dans toutes les parties de la France.
Des documents, des dates inscrites encore sur des pierres que Ton retrouve aujourd'hui, et le souvenir des droits que Ton payait aux seigneurs féodaux tels que les comtes de Toulouse, les évéques de Viviers, les rois d'Aragon, etc., ne laissent aucun doute à cet égard.
Pendant cette période, l'exploitation était généralement faite par le feu, et on n'appliquait pas l'exécution des galeries d'écoulement. On descendait dans la profondeur des gisements à partir de l'affleurement, tant que Ton n'était pas trop gêné par les eaux ou le manque d'air.
11 dut donc arriver un moment, après un ou deux siècles de travail où un grand nombre de mines durent être abandonnées par la force des choses, comme devenant de plus en plus difficiles à travailler, et ayant cessé de donner des produits rémunérateurs.
A cette époque les seuls moyens de broyage des minerais consistaient dans remploi de meules mues par des roues hydrauliques qui, vraisem • blablement, furent appliquées pour la première fois par les moines dans le courant du douzième siècle, et les procédés actuels si perfectionnés pour le lavage de ces minerais étaient tout à fait inconnus.
On recherchait donc particulièrement les minerais les plus purs et ce que nous appelons les minerais de boccard étaient souvent négligés et laissés dans la mine.
Le pays était alors couvert d'immenses forêts, on fondait sur place et on n'avait à transporter que les métaux fabriqués.
C'est ce qui explique la présence de scories disséminées dans une multitude d'endroits aujourd'hui privés de bois, dénudés, sans routes et éloignés des principales voies de communication , et où, par cette seule raison, il serait impossible de penser à réactiver les exploitations anciennes.
On comprend donc enfin^ sans entrer dans d'autres détails que la période d'activité du moyen âge dut cesser particulièrement par suite de l'approfondissement des travaux et non pas par l'absence du minerai dans les gisements.
Lu reprise de ces mines, considérée d'une manière généra1e> paraît avoir eu lieu au commencement du seizième siècle, bien peu de temps après la découverte de l'Amérique; c'est à cette époque que l'on reprit les anciens travaux des Vosges et un grand nombre de ceux de l'Allemagne et de la Suède; cette reprise s'effectua sur bien des points de la France et notamment dans le Rouergue, dans les Cévennes, dans le Nivernais, etc.
L'art des mines avait fait de nouveaux progrès, et ces progrès permettaient d'aller rechercher les richesses abandonnées au fond des anciens
travaax. On avait alors conçu l'application des grandes galeries d'écoulement, et on eniploya le boccard à Taide duquel on pouvait désormais utiliser des minerais antérieurement délaissés.
Dans les Vosges, cette période fut poursuivie sans discontinuité pen^ dant plus d'un siècle, jusqu'en 4633, c'est-à-dire jusqu'à ce que les excès de la guerre de trente ans vinrent anéantir les établissements et déterminer l'abandon des mines.
£n France, et surtout dans le Midi où se trouvent les roineç les plus nombreuses, le développement de l'industrie minérale fut arrêté et suspendu par l'explosion des guerres religieuses qui, pendant longtemps, causèrent dans toutes ces contrées les plus lamentables calamités.
Il n'y eut plus que de rares exploitations, jusqu'au dix-huitième siècle. L'abandon était complet sous le règne de Louis XIV; les mines productives des temps passés étaient de plus en plus oubliées; leurs ouvertures éboulées se cachaient dans les broussailles et les traditions mêmes étaient déjà tout à fait perdues.
Au commencement du dix-huitième siècle elles furent reprises avec une certaine activité sur un grand nombre de points de la France, mais, pendant la première moitié de ce siècle, la vaste étendue des concessions octroyées, et d'autres causes inutiles à rappeler ici, nuisirent au développement régulier de ce genre d'industrie qui ne commença réellement à s'étendre que sous le règne de Louis XVI.
A cette époque, le nombre des mines s'accroissait de plus en plus , mais elles durent encore une fois succomber sous le poids des malheurs de la Révolution^ sans que leur richesse ou leur pauvreté y fût pour rien.
De 4750 à 479S, on remarque quelques exploitations poursuivies avec bénéfice en Bretagne, dans les Pyrénées, et dans le centre de la France.
Dans le cours du dix-neuvième siècle de nombreuses tentatives ont été faites. Lorsqu'on en examine l'ensemble on reconnaît que le succès a répondu, comme à Vialas, à Poullaouen, à Pontgibaud aujourd'hui, à Villefranche dans l'Aveyron, etc., à la persévérance et à la bonne direction des travaux et que partout ailleurs on n'a pu signaler généralement que l'impéritie la plus grande ou un défaut de constance qui ne pouvait conduire qu'à de mauvais résultats.
On peut appliquer à un grand nombre de ces derniers travaux ce qu'en 4750 écrivait Hellot^, membre de l'Académie des sciences.
« Il y en a, disaiMI, pour qui la découverte d'un filon riche et large, bien a réglé, est une perspective de produits si séduisante qu'ils ne croient a plus l'économie nécessaire: ils montent la dépense de leurs établissec mcnts sur un ton outré et ridicule; ils emploient six fois plus de com-