Delà Fonte,.., traduction de Scliloltcr
0 mis et d'ouvriers qu'il n'en £aut. Le filon se coupai ceux qui dirigent (( ignorent le moyen de le retrouver; on se déconcerte, on a dissipé foU^ « ment les fonds que la première richesse avait promis. On craint, di^na (I cette incertitude, de faire de nouvelles avances, on congédie les outf vriers et on abandonne le tout, l^e Ik le discrédit des mines dans le a royaume ; et cependant si tout était réglé par les entrepreneurs avec a prudence et conduit avec économie, il est très-sûr qu'on retirerait dçs tt mines un parti tout aussi avantageux pour TÉtat et pour les particua liera, qu'en Saxe, en Bohême et en Hongrie, où les filons ne sont riçixes « que par la bonne administration.
Q La plupart de ceux qui obtiennent le privilège exclusif de travailler ( une ou plusieurs mines s'imaginent que c'est une route rapide à la (( fortune et, dès qu'au bout de deux ou trois ans ils ne trouvent pas a l'intérêt de leur argent à 30 ou 40 pour 4 00, ils se dégoûtent et prennent a le parti inconsidéré de tout abandonner. S'ils se fussent restreints ^ < 45 ou 20 pour 400, ils eussent continué et les auraient trouvés. »
Ajoutons maintenant que, dans la plupart des cas, on s'est trouvé en présence de travaux anciens plus ou moins développés, et que, à de trèsrares exceptions près, on n'a rien fait pour pénétrer au dessous de ces travaux, et y chercher la richesse abandonnée dans d'autres temps.
C'était cependant là la seule voie pratique à suivre» et d'autant mieux, que partout où od a travaillé avec persévérance k la suite de travaux anciens étendus, on est parvenu à reconnaître l'exiatence des minerais riches dans la profondeur ou autour d'eux.
Le tableau rapide que nous venons de retracer nous paratt très-rap«proché de la vérité, et nous semble représenter assejs exactement le mou<> vement de l'industrie des mines métalliques dans notre pays depuis les temps les plus reculés jusqu'à aujourd'hui.
Nous devrions nous arrêter ici, mais quand nous réfléchissons sur cette grave question de la reprise des mines métalliques de France, nous aen-« tons qu'il est une nature d'objections auxquelles 11 paraît nécessaire de répondre.
Ainsi, nous avons bien vu que l'anéantissement des mines de France devait être particulièrement attribué à des événements politiques indé^ pendants de leur richesse, ou au défaut de combustible et des voies de communication, mais cependant ce n'est pas là la cause i laquelle on l'attribue généralement : on croit souvent encore que cet anéantissement a été la conséquence de la découverte de l'Amérique et des variations dans les prix des métaux et de la main-d'œuvre; on croit souvent, enfin,' qu'on ne pourrait pas, par exemple, exploiter aujourd'hui avec avantage les mines que l'on travaillait utilement au moyen âge.
Nous croyons que ces opinions sont basées sur des appréciations inexactes ou insuffisantes des faits eux*mémes, et on ne nous saura pas
mauvais gré de dire rapidement, à cet égard, ce que l'étude de la question nous suggère, quelque complexe qu'elle soit.
Les faits qui se passent aujourd'hui sous nos yeui semblent déjà démontrer combien ces opinions sont peu fondées.
Nous voyons en effet que les mines de l'Allemagne ont progressé sans discontinuité depuis le douzième ou le treizième siècle jusqu'à nos jours, malg'^é les variations de la main-d'œuvre ou celles du prix des métaux, sans qu'elles fussent d'une richesse exceptionnelle, et aujourd'hui on y poursuit les gisements dans les plus grandes profondeurs en y profitant des connaissances acquises et de l'accumulation de travaux séculaires.
L'Angleterre travaille aussi les mines depuis des siècles et, dans le siècle actuel, on y a repris un grand nombre de mines, sans que les filons qu'elle possède soient bien différents de ceux de la France, et sans que les variations de la main-d'œuvre ou du prix des métaux aient exercé aucune influence préjudiciable sur le développement de ces mines.
Un tel état de choses provient de l'esprit des exploitants qui, pendant que l'industrie minérale française était anéantie, soit par suite de l'explosion des guerres religieuses, soit pour d'antres causes, surent utiliser avec profit les progrès qui se réalisaient daiis l'art deTexploitationdes mines, progrès qui leur permettaient de suivre, sans en souffrir, l'élévation croissante du prix de la main-d'œuvre.
Enfin, ne voyons-nous pas de nos jours mêmes, et sur notre sol, plusieurs mines utilement productives et dont le travail actuel démontre d'une manière indiscutable que l'on peut aussi bien les exploiter aujourd'hui qu'anciennement. Nous allons cependant tâcher de le prouver encore en montrant les différences économiques qui peuvent exister entre les exploitations anciennes et les exploitations de notre temps.
Au moyen âge et jusqu'au dix-septième siècle, les travaux étaient entravés par deux causes principales :
4« L'emploi du feu qui les remplissait de mauvais air ou d'air irrespirable ; 2» Les redevances à payer aux seigneurs.
Ces premiers moyens de travaux diminuaient à un très*haut degré le produit utile de chaque mineur et élevaient beaucoup, par ce fait, le prix de revient. Déjà en 1770' un mineur qui a rendu de grands services ]en France, montrait, pour une des mines qu'il exploitait dans les Vosges^ que l'application de la poudre avait triplé le travail utile du mineur du douzième siècle^ et, en raison de la perfection des machines ou de l'outillage et des corps explosifs, il n'y a pas d'exagération à admettre aujourd'hui que ce môme travail est devenu cinq ou six fois plus grand
!• De la Fonte des mines, par de Geossane.
qu'au moyen âge, ou, ce qui revient au môme, que le prix de revient est aujourd'hui cinq ou six fois moins grand.
Ainsi, déjà nous devons reconnaître que les améliorations apportées dans les éléments de travail ont donné lieu à une certaine compensation des différences de la main-d*œuvre.
Mais nous pensons encore que l'on se fait d'étranges illusions sur ce que pouvaient être à diverses époques le prix des métaux, le chiffre de la main-d'œuvre elles bénéfices des concessionnaires.
Pour ce qui concerne \e prix des métaux, s'il est vrai que dans certains cas quelques mines ont dû être fermées parsuite de la baisse de ce prix, comme le furent, vers 1840, quelques mines de plomb de l'Ardèche, on peut néanmoins considérer d'une manière générale que les variations de prix n'ont exercé qu'une influence très-peu active sur certaines mines.
' Si, en effet, on étudie, pour les mines de plomb argentifère, par exemple, mines qui sont les plus nombreuses en France, quelles furent les variations du prix de l'argent depuis le douzième siècle jusqu'à aujourd'hui, d'après les documents que nous a donnés M. Leber^ et que l'on cherche quel fut en môme temps le mouvement des mines, on reconnaît :
Que beaucoup de mines du mcTyen âge en France et en Allemagne furent fermées malgré la hausse croissante de l'argent, hausse qui n'était qu'une conséquence des événements politiques.
Que beaucoup de mines du môme genre furent ouvertes dans le cours du quinzième et du seizième siècle, malgré la dépréciation croissante de l'argent; elles ne cessèrent pas d'ôtre travaillées et, si nous nous en rapportons aux notes de MM. Kœchlin et Delbos ', nous voyons que les mineurs des Vosges, longtemps avant que les mines fussent suspendues violemment, ne vendaient pas l'argent plus de 445 fr. le kilogramme.
Enfin, nous voyons d'une manière bien claire, et nous pourrions faire la même démonstration pour les autres métaux, que les fluctuations du prix de l'argent n'ont été qu'une des causes secondaires dans l'abaudon et dans le délaissement des mines.
Voyons maintenant si la main-d'œuvre a été réellement aussi basse qu'on le suppose vers le douzième et le treizième siècle. Sans doute, à cette époque, le travail qui se donnait sous l'influence de l'exaltation religieuse pouvait être acquis à très-bas prix, mais il ne devait pas en être ainsi du travail proprement dit, dans un temps où la nation avait repris une vie plus active que jamais, et où la création d'établissements industriels était devenue c le besoin et la gloire des bourgeoisies^ »