‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 32 sur 194 · Leber · texte numérisé non relu

Leber

D'après de nombreux documents on voit, en eflet, qu'en Italie, au temps des républiques, la journée d'un ouvrier des mines se payait 0 fr. SU et elle ne devait pas être moindre en France.

En 1390 nous voyons des prix de journée de 2 sous 4 denier, et 2 sous 44 deniers aux mines que le duc de Bourbon faisait rechercher dans le département de la Loire ; or, si on considère que le sou a une valeur variable comme le prix de la livre, depuis Charlemagne jusqu'à nos jours, et si on remarque qu'à l'époque dont nous parlons la livre valait, poids pour poids, environ 1 4 fr. 30 de notre monnaie, on reconnaîtra que le prix de la journée, dans le cas dont nous parlons, était de 4 fr. 48 à 2 fr. 07, abstraction faite du pouvoir de l'argent, prix que nous retrouvons encore dans le dix-neuvième siècle, et actuellement même sur bien des points de la France.

C'est vraisemblablement sous le règne de Louis XIV que la maind'œuvre fut la plus basse. A cette époque l'ouvrier gagnait à peine e| souvent ne gagnait pas le pain nécessaire à sa subsistance; il fallait dans certains moments, d'après M. Moreau de Jonnès',83 journées d'un homme pour payer un hectolitre de blé, tandis que depuis le commencement du siècle actuel, il n'en a généralement pas fallu plus de dix, et dans ces temps où la main-d'œuvre 4tait pour rien, où les prix des métaux n'avaient pas sensiblement varié, Tindustrie minérale était complètement anéantie. .

Nous voyons donc que si en réalité il nous est bien difficile d'apprécier exactement la valeur de la main-d'œuvre aux diverses époques reculées de notre histoire, nous pouvons cependant juger que bien des idées, à cet égard, peuvent être renversées, et que cette main-d'œuvre n'a pas été aussi basse qu'on le croit généralement Tout nous porte à croire qu'elle a varié selon les temps, selon le plus ou moins d'activité des travaux publics, que par conséquent elle devait être assez élevée pendant le moyen ftge où les mines étaient le plus en activité, et qu'il n'existe pas, à ce point de vue, autant de différence qu'on le suppose entre l'exploitation de ces mines à cette époque et celle des temps actuels.

Les redevances tendaient aussi à peser d'un poids bien lourd sur les bénéfices des mines. Elles étaient généralement énormes et atteignaient souvent 50, 30 et 20 pour 400, et presque jamais moins de dix, prélevés sur les produits bruts.

Ces redevances étaient quelquefois si fortes que les mineurs des Vosges, dans le seizième siècle, ne percevaient pas, à certains moments, plus de 22 pour 400 des bénéfices totaux'.

Ainsi, en résumé, l'imperfection du travail, un prix de main-d'œuvre

1. Étal économujue it social de la France c/e 1589 d 1715, par Moreau do Jonnèf,

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