‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 39 sur 194 · Kccclilin ot Delbos · texte numérisé non relu

Kccclilin ot Delbos

4669. Quelques années plus tard, le comté de Belfort et de Rosemont était donné par Louis XIV à Mazarin.

A partir de ce moment, les mines de ces localités entrent dans de nouvelles phases qui seront loin d*étre heureuses,

4664-4746. Pendant cet intervalle de plus de cinquante ana, les mines sont amodiées k très-court délai, en même temps que la jouissance des minerais de fer; mais les documents de cette époque constatent que cette dernière n'avait qu'une faible importance.

Des contrats sont passés avec plusieurs compagnies qui se succèdent, et on voit se perpétuer un conflit entre l'administration du duo de Mazarin, qui veut aménager les mines et imposer des conditions aux amo« diataires, et ceux-ci, qui dirigent tous leurs efforts vers l'extraction des parties, riches encore, laissées par les anciens.

Les ouvrages d'avenir «ont délaissés et négligés; l'extraction est donnée à forfait : tout concourt à la ruine des anciens travaux.

A la fin du dix-septième siècle» on avait abandonné le plus grand nombre des mines que nous avons désignées plus haut» et le travail était notablement réduit à cause de l'imperfection des machines et du manque d*eau pour les mouvoir et effectuer l'épuisement des eaux intérieures.

En 4680, on comptait cependant encore 40 ouvriers coupant mine à Pfennigthurmi 83 à Saint-Pierre» 82 à SaintJean, sans comprendre les rouleurs et manœuvres.

De 1700 à 4733^ Thistoire de ces mines parait assez confuse. Suivant Duhamel, le duc de Mazarin fit exploiter les mines pour son compte de 4700 à 4709, et des comptes arrêtés de sa main, existant aux Finances, indiqueraient un bénéfice de 40,000 francs, bénéfice qui, suivant Dietricb, se serait élevé à 60 pour 100.

Quoi qu'il en soit, l'exploitation paratt avoir cessé en 4709 et être restée suspendue jusqu'en 4733.

4733. Reprise des travaux par une compagnie anglaise, moyennant un dixième des métaux produits à payer à la duchesse de Duras, alors propriétaire, sans aucune réduction préalable.

Cette compagnie, obligée de faire des dépenses considérables pour relever les machines et les fourneaux, ne put commencer à vendre de métaux qu'en 4736, et parvint bientôt à l'expiration de son bail.

En 4740, la concession 'passe aux mains de la Compagnie de la Hogue, dirigée par de Genssane qui travaillait en même temps des mines en Lorraine et dans la Franche-Comté.

Cette concession ne lui était donnée que pour quatre ans. Il travaille activement à Auxelles, à Sainte-Barbe, à Saint-Martin, à Saint-Urbain, à Saint-Daniel et à Saint-Pierre sur 42 puits superposés de 80 à 400 pieds de profondeur; mais on doit reconnaître qu'avec un bail à si court délai il ne pouvait avoir d'autre but que de profiter des fronts de taille encore

ouTerts, ou des minerais que les mineurs plus anciens avaient laissés au milieu même de leurs travaux.

En 1744, la mine de Saint-Pierre était abandonnée par suite de l'expiration du bail, et les eaux en envahissaient les fonds.

Dans les années suivantes, on fouille les vieilles haldes; on en tire, par le triage, tout le minerai riche abandonné par les exploitations antérieures; on pile les déblais et, dans Tintérieuri « on achève» ainsi que le dit Jars dans ses Voyages métallurgiques^ de ruiner les mines de Giromagny. »

4779. Tous les travaux sont suspendus.

La dernière compagnie à qui avait été donnée la concession avait consommé une grande partie de ses fonds dans Texploitation des granités et des porphyres et dans rétablissement des machines propres au polissage de ces roches.

€ La cour des ateliers, dit Dietrich qui écrivait en 1783, ressemble aujourd'hui à remplacement d'une fouille faite pour déterrer les antiquités, car on y voit des fragments de jaspe, de serpentins, de porphyre» de granité, des débris de vases, de colonnes, etc. »

Cependant les travaux de mines, conduits à ce moment par un ingénieur allemand, promettaient un avenir important, et cet ingénieur poursuivait, dans le but d'assécher les anciens travaux, neuf galeries d'écou* lement qui durent être abandonnées avant leur achèvement.

Après ce nouvel abandon, le duc de Valentinois, rentré dans la possession des mines, fit reprendre les travaux et, suivant les conseils des ingénieurs Duhamel et Mallet, il fit pousser exclusivement le percement de Saint-Daniel qui, en 178S, avait atteint environ 300 mètres, et celui de Saint-Philippe 200.

La révolution vint arrêter ces nouveaux efforts, et la loi de 1791 vint annuler la donation de Louis XIV à la famille de Mazarin.

La loi du 13 vendémiaire an IV venait d'ordonner la création d'une école pratique des mines à Giromagny ; on pouvait croire à la reprise durable de ces mines, et Duhamel pouvait s'écrier : « Bientôt cette école rivalisera avec celles de Schemnitz et de Freyberg; dans peu nous aurons des mineurs qui vaudront les Hongrois et les Saxons, et la France aura conquis une nouvelle branche d'industrie qui influera sur les arts et concourra efficacement à la prospérité publique. »

Mais les belles espérances que l'on concevait alors furent vaines et les événements de l'époque en empêchèrent la réalisation. j En Tan XI, les communes offrent de reprendre les travaux pour leur compte moyennant une avance de 50,000 francs, mais cette demande ne fut pas accueillie.

Dans la même année^ les ingénieurs du gouvernement proposent en vain la reprise des mines par une société en actions, au capital de 80,000 francs, sous le patronage et avec le concours de TÉtat.

4826. M. VoUz, ingénieur en chef des mines, propose inutilement de revenir à l'ancien projet d*une exploitation par TÈtat.

4843. Après plus de cinquante ans d'abandon, les mines de Giromagny furent concédées à une société anonyme.

Cette société, avec un capital restreint, dissémine ce capital en attaquant à la fois beaucoup de points.

£IIe tente d'épuiser en même temps Saint-Daniel à Giromagny, Saint- Jean, Saint-Martin, Saint-Urbain à Auxelles.

La marche adoptée par le gérant paraît avoir été désapprouvée par les actionnaires en 4846.

A cette époque, la société prend une nouvelle forme; les travaux sont concentrés sur Saint-Daniel; on construit un boccard, un four à griller el un four à réverbère, à Tendroit oii se trouve aujourd'hui une filature; quelque peu de minerai est extrait et traité par cémentation, et, en 4848, la révolution fut la cause réelle ou le prétexte de la cessation des travaux.

4853. Les mines, abandonnées de nouveau, passèrent en d'autres mains, maison n'y travailla que pendant un an et d'une manière fort peu active. Aujourd'hui (1873) ces mines sont entièrement délaissées.

Ainsi nous voyons : que les mines de Giromagny paraissent avoir eu une période de production importante avant le dix-septième siècle, et que déjà les travaux y étaient parvenus à une grande profondeur;

Que ces mines furent suspendues et détruites à la fin de la guerre de Trente-Ans.

Reprises vers la fin du dix-septième siècle, elles furent abandonnées encore une fois, après une marche languissante, en 4 74 6.

De 4733 à 4788, un grand nombre de compagnies se succèdent, mais la plupart des travaux consistent à profiter des découvertes anciennes et surtout à utiliser les déblais qui remplissent les vieilles haldes.

Vers cette époque, ces mines allaient probablement reprendre une grande activité, sous l'impulsion d'un ingénieur habile, quand l'absence de tout esprit de persévérance, faisant diriger les forces disponibles vers l'exploitation des granités, amena fatalement la ruine de l'entreprise.

Abandonnées de nouveau vers 4794, elles ne furent reprises qu'en 1843 avec des forces impuissantes et disséminées , puis enfin définitivement délaissées vers 4854.

Cette histoire des mines de Giromagny, depuis la guerre de Trente-Ans jusqu'à nos jours, tout incomplète qu'elle soit, nous montre d'abord que la faible production des mines, pendant cette période, ne saurait être attribuée à la pauvreté des filons; car, d'un côté, nous voyons les charges imposées par le seigneur propriétaire, et, de l'autre, l'inconstance des exploitants ou l'impossibilité dans laquelle ils se trouvaient, en présence de concessions à court délai,. d'exécuter des travaux de longue haleine.

C'est là principalement qu'il faut chercher l'insuccès de ces mines pendant le dix-huitième siècle.

Quant à l'abandon dont elles ont été frappées pendant presque tout le dix-neuvième siècle, nous devons Tattribuer particulièrement à Toubli presque constant de Timportance que pouvaient acquérir les mines métalliques de la France, et à TinsufiSsance ou à la dissémination des forces qui y ont été appliquées.

Mine de Samt- Pierre. — Se trouve dans la montagne du Hont-Jean, à Giromagny même, sur la rive gauche de la Savoureuse et à très-peu de distance du groupe principal des habitations. On la considérait comme la plus profonde de la contrée; c'est aussi celle qui a été le plus travaillée par de Genssane, de 4740 à 4744.

On n'y est jamais rentré depuis cette époque, et aujourd'hui on n'y peut voir autre chose^ que l'entrée de quelques galeries descendantes pleines de décombres et l'emplacement d'une grande roue hydraulique.

Les documents dont nous avons parlé montrent qu'on y a exploité une colonne métallifère, d'environ 200 mètres de largeur, jusqu'à la profondeur de 418 mètres et par conséquent beaucoup au-dessous du fond de la vallée de la Savoureuse.

L'exploitation y était pratiquée sur 43 niveaux et, au temps du duc de Mazarin, l'épuisement des eaux s'y faisait au moyen de 22 pompes superposées, mues par une roue de 32 pieds.

Direction du filon .* 4 à 5 heures, ou N. 60 à 75 E.

Inclinaison : i5\

Puissance. — Il est difficile de se rendre compte de la puissance de ce filon, car les documents ne paraissent indiquer que l'épaisseur de la partie métallique que Ton y recherchait, et, d'autre part^ la végétation recouvre aujourd'lîui presque tous les affleurements.

D'après ces documents, ce filon présentait souvent 0°',40 à O'^jlS de mine pure, et au fond des travaux, à 400 mètres de profondeur, il n'y en avait plus que 0,05.

Minerai. — II consistait en pyrite jaune, argent gris, galène argentifère.

Dans le dix-septième siècle, de 4649 à 4630,1a teneur du minerai d'argent (ganzglaserz) était de 9 4/2 à 40 loths au quintal ancien, ou 260 à 280 grammes aux 4 00 kilos. ,

La galène tenait de 4 à 8 loths au quintal ancien, environ 442 à' 224 grammes aux 4 00 kilos.

La teneur moyenne du minerai, mélangé avec d'autres, à certaines époques, était environ de 390 grammes d'argent aux 400 kilos '.

1. D'après na eompte de 1667, on volt que 2,774 quintaux , minerai de Phenigthurn et de Sa'mt-'Pierre f mélangés, ou enTlron 135,000 liilos, ont donné 2,254 marcs d'argent (244 grammes), soit 550 kilogrammes.

En 1672, 1,426 quintaux de Phenigthurn ^ mélangés avec 324 quintaux de Saînt-Pierre, ont fourni 1,1 5S marcs d'argent.

Ces minerait ont dona rendu 383 et 300 grammes d'argent environ aux 100 iiilos*

— liO —

« Je nWlme pas, dit de Genssane, qu'il fût prudent de rétablir cette « mine, & cause de la quantité d'ouvriers qu'il faut pour en retirer les (f décombres et le minerai , jointe à la dépense considérable qu'occa- < sionnent les machines pour la tenir à sec. b

Cette observation doit être vraie avec la forme qu'avaient les travaux et l'imperfection des machines qui exigeaient une main-d*œuvre considérable; cette forme était justement bl&mée vers 4756 par Jars qui, au lieu de 48 poits» n'en aurait voulu qu'un vertical; et c'est ce que l'on ferait aujourd'hui si on découvrait le filon Saint-Pierre tel qu'il était dans les premiers temps de son exploitation.

Duhamel» qui a visité les lieux à la fin du dernier siècle, ne manque pas de dire que « ce serait un acte de folie que de vouloir relever les travaux de Saint-Pierre; » mais, ajoute-t-il, « il ne parait pas que ces travaux doivent ôtre condamnés à un total abandon. »

Il n'admet pas qu'une colonne qui a été exploitée sur une aussi grande profondeur, et qui a présenté près de 80,000 mètres carrés de surface métallifère, soit seule et isolée au sein de ces montagnes. Il pense qu'au nord comme au sud il peut exister de nouveaux amas importants dans la direction du filon, et notamment vers ses croisements avec ceux qui se montrent autour de lui.

Cette idée paraît d'autant plus vraisemblable et d'autant plus rationnelle que le Mont-Jean appartient à un chaînon qui descend du ballon d'Alsace, et qui renferme un grand nombre d'autres gisements cuivreux et argentifères paraissant former avec lui une sorte de faisceau, interrompu seulement par ces intervalles stériles que l'on rencontre toujours, même sur les filons les plus riches.

D'ailleurs, au-dessus de Vescemont, dans le Mont^Jean, on avait reconnu, d'après Duhamel, un filon dirigé et incliné comme celui de Saint-Pierre, et qui paraît en être le prolongement. '

Saint-Louis. -— Ouvrage sur le prolongement du filon Saint-Pierre.

Saint-Georges. — Dans le Hont-Jean, à Giromagny.

Direction ; E.-O.

Minerai : argent gris dans le quartz, cuivre et plomb.

On y avait commencé, vers 4778, une galerie d'écoulement au niveau de la rivière; cette galerie fut arrêtée, avant son achèvement, à 40 mètres du jour.

En face du Mont-Jean, sur la rive droite de la Savoureuse, dans les montagnes qui séparent Giromagny de Plancher-les-Mines, se trouvent des travaux immenses et de nombreux filons.

« Ces montagnes, dit de Genssane, sont entrelacées d'un nombre pro- € digieux de différents filons qui les traversent dans tous les sens et qui c tous donnent du cuivrCf du plomb et de Targant. >

Aujourd'hui il faut un œil bien exercé pour voir les immenses déblais sur les pentes; la végétation recouvre et cache à peu près tout, et Ton ne voit plus que quelques ouvertures de galeries.

C'est dans ces montagnes que se trouvent les filons de Phennigthum, Teutschgrundj Saint^Danielf etc.

Phennigthum. — Filon presque vertical, dirigé du nord au SUd«

Minerai, — S'il faut en croire d*Hérouville , le minerai se composerait de cuivre jaune et gris donnant 40 & 1S livres de cuivre et 3 marcs d'ar-' gent au quintal ancien, soit 40 à 42 de cuivre et environ 4 kilogramme d'argent. Cette teneur paraît sans doute exagérée, mais cependant, en 4840, on a trouvé dans ces montagnes des minerais tenant en effet 4 pour 400 d'argent.

Les ouvrages consistaient en une galerie de 30 mètres s*ouvrant au pied de la montagne, et dans 4 4 puits percés les uns au-dessus des autres, de 400 pieds de profondeur chacun.

En 4741 , H. d'HérouvlIle vit dans le septième puits de la mine d'argent dispersée dans le filon; dans une foncée d'une extension de 30 toises, qui partait du neuvième puits, il trouva 4 pouce de mine (0,037) et 3 pouces (0,084) dans le douzième du côté nord.

Enfin, au sol le plus bas des travaux, où aboutissaient les corps de pompes, il y avait, d'une part, 3 pouces (0,084), et, de l'autre, 6 pouces (0,462) de mine massive.

Une roue hydraulique servait à l'épuisement, et cette roue était mise en mouvement par les eaux d'un canal venant de la Bucinière, dont on voit encore les traces. Plusieurs étangs, ceux de la Bucinière, des Belles- Filles, rÉtang-Neuf, etc., alimentaient ce canal. Deux de ces étangs existent encore aujourd'hui, et leurs eaux sont utilisées parles fabriques de tissage qui sont dans la vallée.

De Genssane tenta d'épuiser les travaux de Phennigthurn qui , sans doute, avaient été abandonnés depuis peu. « Nous avons vidé les puits, € dit-il, jusqu'au septième; après quoi, le peu de minerai^ le défaut d'eau € pour les roues de la machine, et surtout les dépenses énormes que ce t travail nous occasionnait, nous rebutèrent de cet objet. »

Cette description du gisement de Phennigthurn, quelque incomplète qa'elle soit, suflSt pour nous montrer que là, comme à Saint-Pierre, les travaux étaient ouverts sur une colonne minérale descendant, sans discontinuité, depuis les hauteurs delà montagne jusqu'à près de 400 mètres de profondeur, et que dans les parties les plus basses le minerai existait encore.

Le Solgat. — D'après Duhamel, il paraît tenir assez de minerai pour couvrir les frais.

Saint- Daniel — Celte mine, située sur le même versant que Phennig-

tliurn^ était exploitée en 4741. Son entrée était en face de la mine de Saint-Pierre.

D'après de Genssane, les travaux y avaient atteint au plus 200 pieds de profondeur.

Au fond, à cette époque, la mine présentait 6 pouces d'épaisseur (0,1 62) de minerai de cuivre, plomb et argent, et sur des longueurs variant de 12 à 40 mètres.

Ce minerai rendait, d*après Genssane, 15 à 18 pour 100 de cuivre et 3 à 4 onces d'argent au quintal ancien (environ de 183 à 245 grammes aux 1 00 kilos] ; quelques morceaux rendaient jusqu'à 730 grammes.

Outre ces travaux, il en était de plus modernes, connus sous le nom de Nouveau-Saint-Dmiel, placés à 100 toises des anciens; leur profondeur pouvait être de 150 pieds.

< Lors des recherches faites en 1841 (Kœchlin et Delbos], on trouva € une galerie de 322 mètres, dont on ignorait l'existence, au-dessous c d'un travail de 1 00 mètres au moins d'élévation, et un puits de 1 4 mètres. « Au fond, le filon était à découvert sur 50 pieds de longueur et divise « en gradins. Il avait 0^,80 de puissance et était composé de minerai de c boccard et de minerai massif, consistant surtout en cuivre pyriteux ; « la galène était en moindre quantité. La teneur de cette galène, d'après € une analyse faite par M. Berthier en 1841, est, en argent, de 2 onces c 7 gros et 2 grains au quintal, environ 130 grammes aux 100 kilos. Le c minerai de cuivre contenait jusqu'à 33 pour 100 de ce métal.

€ En 1848, d'après M. Lagrange, ingénieur de la Société des mines de c Giromagny, on avait exécuté les travaux suivants :

c 1^ Assèchement et approfondissement de la foncée des anciens sur € le filon même et dans le minerai. Ce filon avait 0"^,70 d'épaisseur ;

€ 2'' Prolongement d'une galerie de 108 mètres, poussée au sud par c les anciens dans le stérile; après 3 mètres de poursuite, on rencontra « un filon de 0°',45 riche en minerai très-pur ;

€ 3° Ouverture d'une galerie au sud, dans le bas de la foncée et dans c le filon épais de 0°*,55, et donnant du cuivre argentifère très-riche;

€ 4® Allongement d'une galerie à 1 0 mètres au-dessous de la galerie « n'' 3; commencé dans le stérile, ce travail a donné, au bout d'un mètre, c de beau minerai sur une épaisseur de 0"',70, en deux filons jumeaux; « la partie métallique du filon constituait à peu près la moitié de la < masse. Le minerai formait une nouvelle colonne, et on pensait que € cette colonne s'élevait jusqu'au sommet de la montagne, comme celle <L que les anciens avaient exploitée. La longueur en direction était in- « connue.

€ On a encore exécuté des travaux vers le nord qui ont donné des ina dices de minerai devenant de plus en plus abondants.

€ La teneur moyenne du cuivre gris a été de : cuivre 20,74 et argent « 1,22 pour 100.»

La plupart de ces travaux pouvaient être visités il y a peu de temps, et peuvent l'être probablement encore aujourd'hui.

Galerie de Phennightum, — Cette galerie, dont le plan nous a été donné par Duhamel, était ouverte, sur la rive droite de la Savoureuse, en face du Moût-Jean et tout près de l'ancien château des Mines dont il ne reste même pas une pierre aujourd'hui. On voit encore l'ouverture de cette galerie. Elle était destinée à aller rencontrer cette série de filons parallèles, de Phennightum , Saint-Nieolas^ Saint-Daniel^ Teutschgrund^ etc., dont les aUQeurements se trouvent dans la montagne qui les domine.

En 4783, quand Dietrich la visita, elle avait près de 300 mètres de longueur et était à peu près dirigée de l'est à l'ouest, pour recouper, ainsi que je viens de le dire, tout un faisceau de filons nord-sud.

Cette galerie rencontra :

^'^ A peu de distance de l'entrée, un filon que Duhamel considérait comme le filon de Phennighturn : travaux anciens inconnus à ce moment;

2<^ A 60 mètres, un filon cuivre, plomb et argent, recoupé par un filon de quartz sauvage;

3o Un filon de O^^SO de puissance, avec vieux travaux, et croisé par un filofr presque perpendiculaire : également travaillé par les anciens;

4« A 2Ï0 mètres de l'entrée, un filon de cuivre, argent et plomb, de 0"^,30 de puissance, dirigé du sud au nord et incliné au levant, qui semble être le prolongement du filon Saint-Nicolas.

Les déblais que l'on voit aujourd'hui à l'entrée de la galerie accusent des fragments, d'apparence porphyrique, de spath fluor, quartz grenu, cristallin, jaunâtre, de chaux carbonatée et de pyrite cuivreuse.

Saint-Nicolas. — Travaux situés près de Saint-Daniel. Direction : N.-S.; inclinaison à Test.

En 4738, on cessa d'y travailler faute d'argent, dit d'Hérouville, pour payer les ouvriers qui n'y travaillaient qu'à forfait. On y avait un filon donnant 2 pouces de mine (0,054) de cuivre jaune et gris, rendant 6 loths au quintal, soit environ 172 grammes aux 400 kilos.

Teutschgrund. — - D'après Genssane, le filon de Phennighturn est croisé par un autre sur lequel les anciens ont exécuté des travaux considérables.

On m'a montré auprès de Giromagny les entrées de plusieurs galeries ouvertes anciennement sur ce gîte, et aujourd'hui entièrement fermées à leur ouverture. Une épaisse végétation recouvre la plus grande partie des déblais.

€ A en juger par les haldes, disait Duhamel, aucun filon du pays n'a été plus abondant ni plus suivi. »

D'après Dietrich, il y avait deux galeries dans le sens de la direction : Tune que Von croit avoir eu 4,400 et l'autre â^SOO mètres de longueur.

De Genseane tenta de relever Tune de ces galeries, mais il s'arrêta

après 200 mètres de parcours.

On essaya encore quelques années plus tard, et cette dernière tentative

fut encore abandonnée.

Tout annonce, dit Duhamel, que ce filon est considérable et très-important.

Auprès de Puix et dans le vallon de la Bucinière, on voit encore au* jourd'hui les traces de galeries dont les derniers vestiges auront bientôt

disparu.

Dans cette partie du territoire de Giromagny et dans les lieux qui

l'environnent, on connaît :

Saint-François ; plomb et argent; sur la gauche dô la route du ballon ; 3 à 4 pouces (0,08 à 0,i\) de galène, tenant : 40 pour 100 plomb et 1 once 1/2 au quintal (90 grammes environ aux *00 kilos, ou environ 2S150 à la tonne de plomb). Ne paraît pas méritef Texploitation, selon Genssane.

Saint-Jacques, — Non exploité en 4741.

Saint-^Michel : plomb ; filon de galène à gangue apathique ; N.-S. ; inclinaison à ro. D'Hérou ville dit : petit filon de bonne espérance. Plusieurs galeries ont été faites sur ce gtte. Minerai de boccard.

Sainte-Marie :plomb; près du Puix; filon à gangue quartzeuse; N.-S.; peu productif.

Schlick : cuivre; galerie de 40 mètres.

5aln^iV«ofes-rfe5-ôoM : N.-S. ; inclinaison A l'O.; paraît être dans les montagnes qui sont à la suite du Mont-Jean, en montant vers le ballon d'Alsace. Cette mine, abandonnée depuis longtemps, alimentait, avant 4741, une fonderie située dans le vallon dit la Goutte -Thierry. De nombreux trous existent sur ces affleurements.

Sainte-Barbe. — Cette mine m'a été indiquée dans le vallon de la Bucinière, mais MM. Kœchlin et Delbos la placent à l',500 toises au nord de Giromagny, sur la droite de la route du ballon, en face de la mine de Saint-François. Ce filon était quartzeux. Vieux travaux.

Samt'*André.'--'V2LV^\i être sur le même filon que Sainte-Barbe. Les vestiges des anciens travaux montrent qu'on a dû en extraire beaucoup de minerai de plomb. Vers la fin du siècle dernier, on y avait entrepris une galerie d'écoulement qui fut arrêtée comme les autres et par les mêmes motifs.

D'après d'Hérouville, la tradition parle encore de mines qui ont été exploitées, dans les temps les plus reculés, à la montagne Collin, montagne Schelogue> Saint-Guillaume et les Trois-Rois. Ces derniers doivent se trouver au-dessus du Puix et dans le vallon de la Bucinière.

MINES d'AUXELLES.

Auxelles-Haut est un yillage que Ton aperçoit, en marchant de Belfort vers le ballon d'Alsace » adossé aux flancs rapides des derniers contreforts des Vosges. Les gisements qu'on y rencontre se rattachent plus ou moins directement à ceux de Giromagny, et dans tous les cas ils appartiennent à un même ensemble de productions métalliques. Ce pays, comme celui de Giromagny, doit son origine à l'exploitation des mines qui y est aujourd'hui totalement délaissée.

Mine de Saint-Jean. — Cette mine, l'une des plus considérables de la contrée, se trouve dans le mont Ménard dont les sommets dominent à la fois Auxelles etPlancher-les-Mines.

Aucune mine de plomb, dit Duhamel, ne présente autant d'espérance.

Suivant de Genssane, on y connaissait trois filons qui se croisent au eentre des travaux : l'un dirigé N.-S., l'autre S. 15 £., et le troisième S. 30 E.

Minerai : galène rendant, d'après Duhamel, 76 pour 100 de plomb et 62^,25 aux 400 kil. de minerai.

€ Le minerai, dit de Genssane, y est d'une abondance surprenante... € aussi riche dans la profondeur que dans le haut. »

Le filon présentait assez constamment 0"^,S0 de minerai massif et jamais moins de 0'*,95.

Gangue : quartz et spath.

D'après Duhamel, les travaux, commencés à la partie supérieure de la montagne, sont parvenus à la profondeur de 433 mètres, et le fond des travaux paraît être à 32 mètres au-dessus d'une galerie d'écoulement commencée à la base de la montagne, vers la fin du siècle dernier, qui devait avoir 986 mètres et ne fut poussée que jusqu'à 434. Cet ingénieur proposait de la poursuivre et d'y installer une machine à vapeur pour exploiter au-dessous de son niveau.

Au fond des travaux, le minerai présentait une puissance de 0,3S à 0,40 massif, sur une longueur de 97 mètres.

C'est, comme on le voit, une colonne métallifère persistante et suivie qui n'a pas cessé d'être riche depuis le sommet jusqu'à plus de 400 mètres de profondeur, et qui certainement doit conserver son allure beaucoup au-dessous des travaux qu'on y a faits jusqu'à présent.

De Genssane y travailla, mais de son temps les travaux des fonds furent remplis d'eau; les machines ne suffisaient pas à son épuisement et on glanait au niveau des galeries anciennes.

Après 1841, on tenta de reprendre la mine de Saint-Jean; on épuisait les puits situés au-dessous de la plus basse galerie d'écoulement ancienne, qui elle-même se trouvait à 375 mètres au-dessous des affleurements.

— no —

Les habitants actuels qui ont vu exécuter ces travaux disent qu*après bien des difiScultés vaincues, un envahissement subit des eaux vint arrêter le travail et en causer la suspension.

La notice de M. Colard, alors directeur de Fentreprise, indique (Kœchlin et Delbos) que la mine se composait de deux colonnes séparées de minerai plongeant dans la profondeur, et constituant deux ouvrages différents :

Les uns, connus sous le nom de vieux travaux, présentaient au fond un filon de 100 mètres de longueur sur 1 pied d'épaisseur, presque massif; les autres, dits les nouveaux ouvrages, offraient un filon dont la puissance était de plus de 4 mètre, riche en minerai à trier et contenant aussi quelques minerais de boccard.

Quoi qu*il en soit, on voit encore là le caractère général des filons de ces contrées^ qui consiste à présenter le minerai en colonnes suivies. II parait donc probable que d'autres colonnes pareilles puissent se trouver dans la direction même du filon et puissent encore fournir de grands produits dans l'avenir : c'était aussi l'opinion de Duhamel.

Saint'Urbain^ montagne de la Suisse, auprès du mont Ménard^ audessus d'Auxelles.

Cette mine montre que les anciens n'avaient pas tout exploré ni tout exploité. Elle fut découverte en 1734 ou 4735*

Direction du filon : N. 75 à 80 £.

Puissance du minerai : 0,46 à 0,3S de galène argentifère et de mine de cuivre jaune.

On y travailla dix ans.

On reprit ce filon en 4844 et on reconnut qu'il avait une puissance de O'^.SO; qu'il était quartzeux, moucheté de galène et accompagné de chaque côté de veines de 0,03 de minerai massif qui, d'après l'analyse de M. Berthier, rendait 84 pour 400 de plomb et 7 gros 48 grains au quintal ancien environ, ou 57 grammes aux 400 kilos.

Saint-Martiny situé dans la même montagne que Saint-Urbain et audessus de lui.

Gangue de quartz noir contenant beaucoup de galène mêlée de pyrite, cuivreuse, disséminés en particules, en veines ou en rognons. '

Puissance du filon : 0,60.

Minerai en colonne d'une largeur de 33 mètres.

Un fonçage de 1"',80 produisit, dans les essais qu'on y fit en 4844, i,489 kilogrammes de minerai tant de fonderie que de boccard.

La galène tenait 4 once 2 gros 47 grains au quintal ancien, soit environ 76 grammes aux 100 kilos, de minerai.

Sainte- Barbe : mmemt plomb, cuivre, zinc et argent; beaucoup de blende.

Puissance : 1,40 à 4,60.

Les travaux avaient été abandonnés avant la visite de ces mines par d'Hérouville en 1741.

En 4841, les éboulements extérieurs ne permettaient plus de pénétrer dans ces travaux. On y avait fait anciennement, d'après Dietrich, une ga« lerie de SOO mètres, et à 42 mètres de celle-ci une autre plus ancienne» de longueur inconnue.

Les travaux exécutés par de Genssane sur ces diverses mines d*Auxelles furent abandonnés à la suite de l'expiration de son bail, et restèrent ainsi jusqu'à la dernière reprise momentanée de 1841, c'est-à-dire pendant près d'un siècle. ^

Gesehchaft : N.-S. ; travail situé auprès du village d*Auxelles. N'a pas été ouvert depuis les anciens. Les haldes indiquaient à de Genssane des travaux considérables, et les débris qu'on y trouvait indiquaient que les minerais extraits devaient avoir consisté en cuivre, plomb et argent.

On n'y est jamais rentré depuis le seizième siècle, et la tradition rapporte qu'une épidémie fut la cause de son abandon.

Elle parait pouvoir être reprise par galerie d'écoulement.

Saint'Philippe^ dans la montagne de la Suisse, au-dessus des travaux de Saintrllrbain. Peu intéressant. D'après Duhamel, pyrite de cuivre dans du fer carbonate.

Les travaux, abandonnés en 1760, étaient encore en parfait état en 1 841 .

Schelmute : plomb. Grands travaux inconnus.

Bagralle : fer et cuivre. Filon d'hématite dirigé sur 2 heures ou N. 30 E. Fer carbonate et pyrite de cuivre. Peu suivi.

Ce filon fut exploré pendant quelque temps comme mine de fer, qui fut bientôt remplacée en profondeur par du cuivre et du plomb.

Saint-Jacques. — Exploitation abandonnée en 1739. D'après d'Hérouville, au fond de deux puits, l'un de 8 à 10 mètres, l'autre de 40 mètres, il y avait des ouvrages pouvant occuper 60 mineurs sur la mine.

L' Homme-Sauvage. — Petits travaux à ciel ouvert. Galène.

Nouveau Saint-Philippe : cuivre, plomb et argent. C'était le seul ouvrage auquel on travaillait lors de la visite de Dietrich (Kœchlin et Delbos]. Il consistait en une galerie située à 30 et quelques toises au-dessus du village d'Auxelles. Elle devait recouper et mettre à sec les travaux dont il vient d'être parlé, excepté ceux de Saint-Jean et de Geselschaft. Elle avait une longueur de 1 00 toises et on la poussait en ligne droite. A 70 toises du jour, elle a coupé un filon de mine de plomb très-important, dirigé sur 10 heures (S. 30 E.), incliné à PEst, épais de plus de 2 pieds et à salbandes argileuses. 20 mètres plus loin, on a rencontré un beau filon de cuivre mêlé d'un peu de plomb, puissant de 12 à 18 pouces, dirigé E.-O. et incliné au Sud.

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