Géologie Lfjonnaitef p
nous sera permis de croire, juaqu'à preuve du contraire et jusqu'à ce que des études plus complètes en aient été faites, que cette partie des pentes de la vallée de la Romanche possède un faisceau de filons métallifères dont il importerait de connattre les nœuds et les croisements, et susceptible d'être exploité par galeries d'écoulement à de grandes profondeurs au-dessus de la vallée.
Si, de plus, nous voyons qu'à son extrémité travaillée, le filon de Lagardette s'était divisé en deux branches, l'une dans le gneiss, Vautre dans le calcaire, et qu'on y avait trouvé une galène à larges facettes où l'or, à l'état natif mais invisible, fut signalé par H. Gueymard; qu'enfin, les parties étranglées du filon étaient les plus riches, nous pourrions ad* mettre encore, avec raison, que les études faites jusqu'à ce jour n'ont pas été suffisantes pour exprimer une opinion arrêtée relative à l'abandon de la mine de Lagardette.
Si, enfin, nous rappelons les nombreuses exploitations de quartz aurifère ouvertes dans une multitude de points sur la surface du globe; si nous y voyons l'or atteindre des profondeurs considérables et n'être pas disséminé d'une manière uniforme dans l'intérieur des filons, mais y affecter des positions spéciales qui rendent les parties d'un même filon plus riches les unes que les autres; et qu'enfin on exploite avec avantage des quartz aurifères qui renferment moins de 20 grammes d'or par tonne, c'est-à-dire seulement quelques centimètres par mètre cube, dans des conditions de prix de main-d'œuvre et de machines fort élevé, et beau* coup moins encore dans les mines du Tyrol, nous pouvons croire qu'il y a bien des choses à examiner encore dans la mine de Lagardette et les gisements qui l'entourent.
JUine de plomb du Pontet.-^ Bntre le bourg d'Oysans et Lagardette. Filon exploité anciennement, traditions perdues. Les travaux furent visités pour la dernière fois en 4788 par M. Schreiber.
La direction de cç filon recoupe celle du filon de Lagardette K
Combe de la Pisse. ««^ Commune de Villard-Eymond.
Indices de plusieurs filons cuivreux et ocreux, marchant à peu près comme le filon de Lagardette dont ils sont peu éloignés.
Dans ce ravin, qui vient tomber dans la vallée de la Romanche, on ne retrouve pas le prolongement du filon de Lagardette d'une manière certaine à cause de la végétation et des roches qui, dans l'intervalle, recouvrent la montagne ; mais les fragments cuivreux qu'on y rencontre pourraient en provenir.
Oriz. — Nous rappelons cet endroit de TOysans à cause de l'analyse
!• Gue^rmard.
du mtaerat qui en a été donnée par M. Gueymard, mais sous toutes réserves. On y aurait trouvé un minerai qui n'était qu'un mélange de sulfures d'antimoine, de plomb, de cuivre, de zinc, auro-argentifères.
I] aurait rendu 50 pour 100 d'antimoine et une forte proportion d'argent et d'or.
Le lieu d'où ont été extraits ces minerais, autant que nous pouvons le croire d'après les recherches que nous en avons faites , se trouve audessous d'Oriz, dans le fond de la vallée de la Romanche et sur la droite du torrent.
De nombreux indices de divers minerais se montrent le long de la falaise d'Oriz. On y a fait quelques essais, et on y rencontre, comme sur la route de Briançon, des schistes pyriteux assez abondamment imprégnés; mais tous ces indices, dans leur ensemble, ne présentent pas un aspect industriel bien favorable.
mine dés Chalanches : argent, nikel et cobalt^. Cette mine est située dans la montagne des Chalanches, commune d'Âllemont, sur les versants escarpés de la chaîne de Belledonne qui se dressent en face de la vallée du bourg d'Oysans, et dont le pied est baigné par les eaux de la Romanche et de roile.
Elle est ouverte à \ ,300 mètres au-dessus de la mer, et les sommets et les pics rocheux qui la dominent s'élèvent encore à plus de 600 mètres au-dessus d'elle.
Historique, — Découverte en 4767 par une bergère, les habitants d'Allemont se portèrent dans la montagne pour y extraire l'argent. Un accident étant survenu dans ces travaux, exécutés sans surveillance technique, l'attention de l'autorité fut éveillée. Un membre de l'Académie des Sciences, M. Lemonnier, y fut envoyé par ordre du roi*, et des recherches furent entreprises par l'intendant de la province, en 1769, sous la direction d'un ingénieur piémontais.
4776. La concession fut donnée pour cinquante ans à M. le comte de Provence qui chargea un habile mineur saxon, M. Sciireiber, de diriger les travaux et de construire l'usine d'AUemont que nous voyons aujourd'hui , à peu de distance du bourg d'Oysans , sur les bords de l'eau d'Oile.
1. Aoclens mlDértloglites. — Géologie de Vlibre, par M. Lory. — Statistique de Vlsère^ par M. Gueymard. — Notice $ur la mine des Chalanches, par M. GralT, 1868, — Mémoire iiiédit de M. Gruuer.
3. n n*e8t pas inuUle de rappeler que les frai» de voyage de M. Lemonnier, à cette époque, s'éievèreot à la somme de 2015 livres, représentant, avec le pouvoir de l'argent, au moins 12,000 franea de nos Jours (Anciens minéralogistes); ils ne déliasseraient pas 300 francs aujourd'hui.
1792. Devenue nationale par suite de Téniigratton de Monsieur, la mine des Chalanches passa dans les mains de TÉtat.
De 4776 à 1792, Tentreprise fut généralement prospère, mais depuis rémigration (1791), Texploitation était tombée dans un état de gêne qui occasionna une restriction des travaux, par suite de l'enlèvement des matières d'argent fondues et de la réduction en lingots de tous les minerais disponibles sans qu'on envoyât en retour, selon l'usage, les fonds nécessaires aux dépenses courantes. Cette situation ne fit qu'empirer sous la nouvelle administration. On payait les fournisseurs en assignats; la production alla constamment en diminuant, jusqu'à ce que, lassé d'exploiter à perte, l'État abandonna les travaux en 1808, et concéda la mine des Chalanches sur une étendue de 1 1 ,300 hectares, réduits aujourd'hui à 550.
Depuis le commencement de son exploitation jusqu'en germinal an IX (1801), c'est-à-dire en trente-deux ans, cette mine avait produit 38,624 marcs 4 onces 3 gros d'argent ou 9,453 kilogrammes 470 grammes, soit 295 kilogrammes 421 grammes moyennement par année.
c La recette totale , dans cet intervalle de temps, dit M. Schreiber, a « été de 2,098,421 francs, soit par an de 65,577 francs; les dépenses de < ces trente-deux ans se sont élevées à 1 ,890,096 francs, qui font, année € commune, 59,090 francs. Ainsi , quoiqu'il y ait eu dans cet espace de « temps différentes époques où les filons ont été très-pauvres, et que la « construction des usines et des bâtiments nécessaires à l'exploitation « aient, au commencement, coûté des sommes considérables, cette mine « est encore aujourd'hui en bénéfice de 207,585 francs, outre qu'il y a « oncore en magasin pour 4 à 6,000 francs de minerais bons à fondre. >
La mine des Chalanches, après 1772, donna pendant l'espace de treize ans un bénéfice moyen de 24,000 francs avec un fonds de roulement de 64,000 francs^; mais ce fut surtout en 1784 et 1785 que les filons furent plus productifs, ils rendirent 55,000 francs de bénéfice en 1784 et 54,000 en 1785.
En 1808, M. Schreiber, devenu directeur de l'École des mines de Pesey, abandonna les Chalanches, et ces mines, quoique passant dans un grand nombre de mains depuis cette époque jusqu'à 1873, ont en quelque sorte cesse d'être travaillées et n'ont offert qu'une succession de constants abandons. On peut répéter, pour cette longue période, les paroles de M. Gueymard : t Explorée, exploitée, abandonnée et reprise par « de nouvelles compagnies, cette mine a donné des bénéfices ou des € pertes, suivant les hommes qui étaient appelés à diriger les travaux, « et suivant les capitaux qui étaient à leur disposition. Somme toute, il « n'y a jamais eu que les travaux de M. Schreiber, car tous les autres se