‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 68 sur 194 · AnnaUê des Mineê, Ptrnolet, 1849« 7. Mémoire iDédiU · texte numérisé non relu

AnnaUê des Mineê, Ptrnolet, 1849« 7. Mémoire iDédiU

de SI kilomètres environ de l'est à l'ouest et de 6 kilomètres de largeur du sud au nord, et d'une étendue superficielle de plus de 12,500 hectares.

Conditions gêologiquet. — Elle est» pour ainsi dire, encadrée entre plusieurs massifs granitiques, et elle est bordée au nord, sur toute sa longueur, par les principales masses dioritiques de la Bretagne.

Tout l'intérieur de la concession, formé surtout de grauwacke, est criblé d'Ilots , s'étendant généralement de l'est à l'ouest, ou de roches qui semblent appartenir aux diorites, plus fréquemment encore à des eurites ou à des petrosilex passant aux porphyres quartzifères.

On y distingue trois groupes principaux défilons^ qui sont:

i* Le groupe de Huelgoat;

2** Le groupe de PouUaouen;

3<> Le groupe de Carnoêt et Plusquellac.

Groupe de PouUaouen. — On connaît, dans le voisinage immédiat de l'usine actuelle de PouUaouen :

4" Le filon de la Vieille-Mine. Direction : £. 44 à 90 N. Inclinaison ; 61"* au sud;

i"^ Le filon de Laboulaye. Direction : E» 14 à SO N. Inclinaison : 6i<> au sud;

S"" Le filon Saint^CAarles. Direction : N. 20 E. Inclinaison : SS» à l'est;

4° Le filon principal ou filon de la Nouvelle-^Mine. Direction : N.-S. Inclinaison : 54® à Test;

5* Le filon Pape,

4<» Filon de la Vieille-Mine. — Ce filon, sur lequel ont été ouverts les premiers travaux dans le cours du siècle dernier, est encaissé dans les schistes de la grauwacke, comme tous ceux du groupe de PouUaouen.

Allure assez régulière.

Gangue : roche schisteuse noire et veines quartzeuses irréguliëres peu nombreuses.

Salbandes irrégulières et n'existant que par places.

Puissance : varie de 4 à 2 mètres.

Minerai : composé de galène, accompagnée d'un peu de blende et d'un peu de pyrite de fer. Sa richesse n'était que de 2 à 3 dix-millièmes d'argent. Veinules peu puissantes. '

Les premiers travaux y furent abandonnés en 1756 , au moment où ceux de la Nouvelle-Hine produisaient de très-beaux résultats. Repris plus tard, près du croisement avec le filon principal, ils n'ont fait connaître qu'une colonne de minerai de 30 mètres de largeur et une grande dissémination dans )es autres pa^tie^^

ancfsce.

â"" /^î2(m de iCa&oiAiya. ^— Baiéllële ftu faiéo4deii. dlbiiAosiaé dfam ià jaucune lexplûitaiîoii -iniypflDdaote.

On y a itrouvé on .troni^oix, ipea létrmiw «tipmiwiiliiMV^paiîa i&iiiiu ji»(}alà â mètees de pttManoeièefgalèBiL

.(k»tdattx Alops.aivaiaattfaréienté^iéit M.ftfwm de.£Éé^

riIit&qiii<avaitfiûtiindtnBtdepniB IrmgJBWipa^iPiiÉhmBBa, DMftpiéwflDiMi très-prononodeoiakre.lQs ^fleaeoks eiuiiant Aan ia «diieetîDii ShOl mi dans ses enmo&s.

Filon Saint-Charles. — Il est situé 'ftïHnieét Aa flian'pniieipal de PouW laouen ; il a été rencontré par la gaierîe «a^ëconAemeBft dofft l'ouverture se présente au-dessous de IHmiie. ^On Ta BUiVi sur 'emnron 360 mètres en direction.

Puissance ; de 1 mètre ï Î^.TJD.

Gangue : roche schisteuse presque noire^traTersSe par des veines irr'égnlières de quarts blanc opaque.

Minerai: en veines peu puissantes, peu continues, en mouches <fisséminées dttDs3avodie. Il est parficulièrement ^xmpMé <de galène contenant 20 à 30 grammes d'argent aux 4 00 kilos, et un peu de blende.

Qn n'a «sploité dans t)e filon qu'une pettte tienne 'Aans laquelle la puissance réduite de minerai pouvait aller à 30 centimètres, mais qui fol bientôt épusée.

Filon principal de Poullaouen ou filon de la NouvelMâlne.^^ Ce filon, reconnu en 4744, a été travaillé d'une manière continue jusqu'en 4865, laaiiB^en iravfiKaiitidâB jdiafl6B«dhieBses de-foitKaetatdB aiiQiiè8,^in6i que BOUS l'avoua iait pBassanlîr^iilufiiuaii.

Affleurements. — Xeurs caractères sont souvent obscurs et, là où ils apparaissent , ils se présentent sous la forme 8e -côknutitms Termgi- Beuses quileigneiit^éaB'rcKihfB quartzeuses inignéeB*flanB4e aens de la direction.

Gangue et remplissage. — Le filon est rempli j>ar une roche argileuse noire, analogue à la grauwacke encaissante, traversée presque dans tous les senSi^môs'princtpalement'dans le^ens dela'ffîredfioB, par des veines irrégulrères, psu continues A peu Tromlireuses, de quartz blanc semi* opaque.

©ans qmlqvies parties, lequartz crt assez 'àboBdaiït et leBlon se flé* taohe assez nettement des roches encaissantes; quand il devient moins abradaitt, le minerfiÉi ttend à 'dtapanatre éfte «on tlevlent très-difficile à suivre.

Enfin, ce filon est habituellement inraùtérisS par desTeines multiples

— saw —

deiymrtz» d'arftafrit Tftm nwmihiBmqs let iplt Ataiopp^ «foe le .minerai -«st fjliis «bondfiiit.

Jimuanee. — Dans presque toute T3ten3ue £ig[)loi£e ttn "SLon i^gpaent deux branches jdésjgpées isous le nom 3e yeine Su ioTt jôt yéine dn mar; leprjpaiifwanflft jééll^t difficile à mesurer en. raison SeTabsencegénénBe deisalbandes^ juiralt Tarior ordinairement de 1 V2 mitres; parfois le (piartz pénëtK dansia^troche et le filon senâbile avoir une puissant fte 5iài6inàtces.

Saliandesj manguent génSriQement.

}iliunyMrttk^9tmJauer^ Oe41(iD« Më mmsm ioslnnunaD(Hnt,krar une longueur d'enrirom 1,190 mëtras, 41mBte-^ieD8<dela Cveotinn-; icm peut le considérer comme formé de sept tronçons «de diiaolians^diffiirentes, et rejetés guelguefois Jusqu'à plus de .20 mètres de distance.

La direction générale est N.-S.,iBt c'est cette mSme direction dans ^usieurs de ces tronçons qui paraît xorrespmiAre^à lia ^flusgraavdeTichesse.

Minerai. — Il consistait en gaiène à facettes mélangée d'une proporfien Tariable >dB ^biende» «l%aveniée parades ICnUets ode >pyidteide fer.

La galène TO 'présentait ^ordioairoMeilt on nefuBiasseï piinieaDftes,<dt fbms ptmieuns'psftieB^e h flDiiBe0n:a<6uiîMqii5à 5>tcfliitiinètiigs etaaiiflme 4'raètreBe gëlteeipraïqfm entièrement puni. Leipli» nrowant Jî^MMMur He la gttlène^Tiirifiit de*4.à4^a 44 oetttiaiJstnsyJitleminflnilseï^piBdaît dans la roche du filon en yeintflsB ijftssm «okhi» somfaoBooBfi, fenaant jdV9imiKHfioatiaaasiinrd§ol iàies.

ifaeimiBeraiidbDtipaaMgBntiftieM» pt^aBé^vr lafofiioow ildi^tcontenait pasiilfaiBalerÛAdByftignimmM d'argantfiu&fl ftOinlas.

Disposition du niinerai. -^X'ëtude destraraux moritrequele minerai paraissait concentré dans certaines régions et former des colonnes irrëgifliëres dont1aronfinuttë>en'profbndeurpouyalt 'inapirer'des deifftn,

U 7 aTâlt encore delBBauimnersa nu'frard de l'un <fles*puMB, «dit 'pvits 'Sâinte-BaAe^, au momedt BeQ^AanSon en fflBSr; mag'ilneyégiiaK qm sur un espace trfes-restreint. 11 paraissâK -BKirter fli fa TeiHHiiftFe et »à&Kg, jprincipales yeines exploitées plus haut. A cette profondeur , le filon -Mm liien jcaraetéris'é, mais peu omette très-quartzenx, ^tito^dur, ainsi ^qae là roche encaissante.

D^^prèsn.Tecnolet/reitension destraTauz aTi[itfH3tTecomiidtre««De

isufface de*filon^e'i;it)0 mètres Bur'int),iBdft^S9%;00<)'nilr«s*canri$B,'8mr

lasguels 62»^ DO seulement étaient consiSérSs aomme ex^letttfbleB» ««fe^

à-dlre un peu moins du quart de T étendue totale. On 'Vf)}t4onc 'queues

^parties métallifères étaieniséparées par de grands espaeesirtérlks..

t. Voir les plans de M. Pernolet, Annales des MineSj l84Tî«

FiUm Pape. — Eq 4850, on reconnut, à la distance de 450 à 200 mètres du filon de Poullaouen, un nouveau filon qui paraît n'en être que le prolongement, quoique sa direction fasse avec celui-ci un angle assez prononcé et qu'il soit séparé des derniers travaux par un intervalle de terrains dans lesquels les caractères filoniens avaient disparu.

Une machine à vapeur de 36 chevaux y fut placée^ et des travaux de reconnaissance ou de fonçage y furent exécutés. On a reconnu la crête d'un massif peu étendu; on l'a exploité jusqu'à S5 ou 30 mètres de profondeur; à la profondeur de 60 mètres au-dessous de la galerie d'é« coulement, les caractères du filon s'étaient modiGés et le minerai avait presque entièrement disparu. On n*a pas, croyons-nous, cherché à reconnaître s'il existait, dans ce filon, de nouveaux dépôts à des profondeurs plus grandes.

Groupe de Huelgoat. — Il se compose essentiellement :

D*un filon stérile, dit filon de Camblan^ reconnu sur 600 mètres de longueur, et du filon principal, très-anciennement connu, particulièrement caractérisé par la présence de terres argentifères.

FiUm principal. -— Ce filon, qui a été jusqu'à 4865 l'objet de travaux très-étendus, est situé à 3 ou 400 mètres à l'est du granité.

Dès 4846, quand M. Pernolet en publiait la description, il était déjà reconnu sur une longueur de 4 ,4 00 mètres et sur une profondeur de plus de 300, et, autant que nous pouvons le croire, les travaux postérieurs n'ont rien ajouté à ce que l'on savait alors.

Affleurement — Ce filon affleure au jour par des terres rouges qu'on peut suivre sur une assez grande longueur et dont la richesse en argent, vers le sud de l'un des puits, le puits dePoullaba, semble presque nulle, tandis que vers le nord la teneur en argent a dépassé 500 grammes aux 400 kilos.

Remplissage et gangue, — Le filon est composé d'une roche argileuse noire, assez analogue aux schistes encaissants, mais ne présentant pas de schistosité. Cette roche est traversée par des veines de quartz plus ou moins nombreuses, affectant souvent le parallélisme aux parois du filon.

Dans ce filon, comme dans les filons productifs de la Bretagne, le quartz est blanc sans être laiteux. Dans les parties stériles il prend l'éclat nacré; il a généralement une teinte jaunâtre, translucide, sans éclat, sans brillant; il est gras, à cassure plus ou moins conchoïdale ou esquilleuse; il emp&te souvent des fragments des roches encaissantes, et porte parfois de nombreuses empreintes de cristaux de chaux carbonatée de différentes grosseurs.

La chaux carbonatée ne se préscQt^ dans le Uqu que là où il traverse les schistes à laumonite.

Ce filon, qui dans son ensemble a une direction N. 7 E., se compose de cinq tronçons dont la direction de chacun diffère de 20 à 30^ ayec celle du tronçon contigu.

D'après M. Pernolet, ces tronçons semblent correspondre à divers terrains traversés par le filon, qui sont :

4» Terrain schisteux, laumonitifère, maclifère et à empreintes de spirifères ;

2^ Région de roche fcldspathique décomposée, avec lambeaux de schistes intercalés ; porphyres quartzifères et poudingues à pâte argileuse, composés de galets de grès et de schistes ;

3^ Schistes et grauwackes en grande partie modifiés, et roche verte probablement amphibolique, ayant tantôt l'apparence d'une roche éruptive et tantôt celle de schistes modifiés;

V* Schistes noirs carbures ayant parfois l'apparence de schistes ardoisiers

5<» Région de grauwacke à gros grains et à bancs épais, conservant ses caractères sur une puissance de plus de 1,500 mètres.

Puissance. — Ce filon a été généralement exploité sur une puissance de 4°^,50, en laissant au toit et au mur une croûte de quartz stérile plus épaisse souvent que la bande dans laquelle le minerai était renfermé; mais, dans son ensemble, on peut le considérer comme ayant une puissance de 4 à 4 mètres, et quelquefois davantage dans des renflements.

En quelques points et particulièrement vers le nord, dans la région supérieure, le filon se divisait en plusieurs branches. On pensait aussi que, de ce côté, il se terminait en patte d'oie ; mais rien ne semble en réalité confirmer cette opinion.

Minerai, — On distinguait dans ce filon trois espèces de minerai : le minerai d'argent, la galène argentifère et la blende, sans parler des minerais accidentels, tels que les carbonates, les sulfates et les phosphates de plomb, rencontrés dans plusieurs parties de la mine.

La galène argentifère était ordinairement grenue et formait des veines assez irrégulières d'une puissance variable. Elle était disséminée dans la masse du filon en mouches plus ou moins nombreuses. En plusieurs points, et notamment dans les profondeurs de la mine, la galène était comme enveloppée par de la pyrite de fer, ou traversée par de minces feuillets de cette substance. Sa teneur était de 60 pour 4 00 en plomb et 420 grammes argent aux 400 kilos.

Le minerai d'argent se composait soit de terres ferrugfaieuses, soit d'hydrosilicate d'alumine blanc ou verdâtre, contenant de l'argent natif ou de ehlorobromures d'argent. On a trouvé aussi des veines minces d'une matière métallique noirâtre altérée, souvent très-riche en argent, connue sous le nom de terres noires. Cette matière peut être, dit H. Grûner, une combinaison définie d'argent avec des sulfures de plomb, d'antimoine

et de cuiyre. La teneur en argent des terres a été très-variable, mais leur teneur moyenne était de 200 grammes aux 1 00 kilos.

La blende se montrait en veines peu puissantes, et principalement aux extrémités des régions riches en galène et surtout vers le sud du filon.

On peut citer encore la pyrite cuivreuse comme formant des mouches dans quelques parties quartseuses du filon.

Disposition du minerai. — Ces divers minerais ne sont pas répandus dans toute l'étendue du filon. La galène se montre dans une région, en colonne inclinée vers le sud et présentant fréquemment des intervalles stériles. Elle ne s'élève pas jusqu'au jour, et ce n'est que vers le nord qu'on Ta rencontrée à peu de distance de la surface.

Le minerai d'argent est, en général, supérieur à la galène ; il paraît occuper les parties supérieures du gisement, mais en quelques points il est descendu jusqu'à plus de 400 mètres au-dessous de la surface du soL

En 4846, M. Pemolet estimait que le filon de Huelgoat, reconnu alors sur 4,000 mètres eu direction et 300^ mètres en profondeur, soit sur 300,000 mètres carrés, ne présentait que 49,420 mètres carrés de minerais argentifères exploitables et 91,580 mètres carrés de minerai de plomb argentifère.

Travaux. — Ce filon a été exploré ou exploité, ainsi que nous venons de le voir, sur une grande surface; 43 niveaux de galeries y ont été établis.

En 4865, au moment de la suspension des travaux, on était parvenu à 310 mètres au-dessous du jour.

A ce moment, ce filon avait singulièrement diminué de valeur dans la profondeur. Au-dessous du 42" niveau, non-seulement l'étendue en direction des colonnes métallifères était réduite à. peu de chose, mais le minerai lui-même, d'après les renseignements qui m'ont été fournis, était peu abondant. Quant au minerai d'argent, il n'était pas descendu au delà de 70 à 80 mètres au-dessous de la galerie d'écoulement.

Une partie des travaux de Huelgoat est située au sud d'une faille, dite faille de Poullaba, qui avait été reconnue et traversée dès 4 84 6. A 200 mè« très environ au delà de cette faille, le filon, abandonnant les porphyres et les roches amphiboliques, est entré dans une région de grauwackes et de schistes. On a jugé que cette nouvelle situation semblait avoir exercé une influence très-défavorable sur sa puissance productrice, et dans les travaux peut-être insu£Ssants pour l'exploration de cette partie, il n'a plus présenté que de petits massifs d'une faible importance.

Des recherches asses nombreuses ont été faites aussi vers le nord ob le filon paraissait interrompu par un certain nombre de failles, et il semble qu'il s'arrête au schiste noir laumonîtifère qui sépare les terrains productifs du granité situé, en ce point, à une distance d'environ 4 kilomètre.

€es détails semblent iûdiqaer qnMI y a désormais bien peu d'espoir pour la reprise de ces mines, surtout après les quelques années d'abandon qui viennent de s'écouter; mais nous derons rappeler qu'au moment où MM. Grûner et Rivot étudiaient ces exploitations au point de vue de leur retour dans les mains de l'État, les traraux d'ayancement, soit dans la direction, soit dans la profondeur, étaient, à bien peu de chose près, ce qu'ils pouvaient être en 4865, et les raisonnements faits à cette époque, relativement à l'avenir de ces mines, sont encore aujourd'hui en grande partie applicables.

Relattvemrat au filon de Poullaouen, M. Grûner s'exprimait ainsi dans le Mémoire inédit où nous avons recueilli beaucoup des renseignements précédents :

€ L'appauvrissement du filon en profondeur peut fort bien n'être qu'un a accident, un amincissement local auquel succédera un nouveau ren- « flement.

c Si l'on considère la faible profondeur à laquelle s'arrêtent les trac vaux (470 à 200 mètres), tandis que tant d'autres filons, même celui c de Huelgoat, sont métallifères sur des hauteurs bien plus considé- « râbles, on est &i droit d'admettre que le filon de Poullaouen puisse « renfermer encore qudque colonne métallifère et qu'il serait conv^ <i nable d'y pousser des recherches sérieuses. »

« L'exist^ice du minerai dans le fond de la mme de Huelgoat, opposée « à la rareté du minerai à Poullaouen (à environ 400 mèfa^s plus haut), « est en soi une circonstance d'une faible importance quand on consi- « dère que le minerai existe généralement dans les filons sous forme c d'amendes ou de lentilles plus ou moins indépendantes, et il n'est pas « probable qu'à Poullaouen les chances de rencontrer de nouvelles f amandes dans la profondeur soientmoins nombreuses qu'à Huelgoat.»

Ces observations si rationnelles n'auront peut^re qu'une bien faible portée dans les circonstances présentes, relativement aux deux filons de la concession de Poullaouen qui, seuls, pour ainsi dire, ont été travaillés d'une manière suivie depuis la moitié du siècle dernier; mais elles en auront peut-être une beaucoup plus grande à l'égard des autres filons de la concession dont quelques-uns ne paraissent avoir été que bien peu exploités, ainsi que nous allons le voir, et elles rendront probablement bien regrettable l'abandon de mines déjà pourvues de la majeure partie des forces nécessaires pour leur développement dans l'avenir.

Groupe de Camoët et Plusquellec. — Il est situé presque à la limite orioitale de la concession, et il comprend plusieurs filons qui, dans des temps très-ancittis ou vers des époques plus récentes, ont été l'objet de travaux plus ou moins importants.

Ils sont situés dans les schistes argileux traversés par des éruptions porphyriques.

Filon de Plusquellec. — Anciens travaux qui paraissent très-étendus. Commencés en 4739, ils furent abandonnés en 4745, repris en 4755 et délaissés de nouveau en 1763 à cause de Fabondance des eaux et, dit-on, de la rareté du minerai.

Quelques tentatives de reprise y furent faites encore en 1779, mais sans résultats.

Les travaux de 4755 ont suivi le filon sur plus de 400 mètres et ont atteint la profondeur de 65 mètres. Ils ont reconnu, paratt-il, des veines de 2 à 40 et 45 centimètres d'épaisseur de galène, mais fort irrégulières. Une roue hydraulique y avait été installée pour l'épuisement des eaux.

Direction : N.-S.

Minerai. — Il consistait en galène contenant 70 grammes d'argent aux 4 00 kilos , et située dans une gangue quartzeuse.

Filon de Camoët. — En 4698, l'intendant de Bretagne écrivait que la mine de Carnoêt était la seule que Ton connût dans ces contrées. On y travaillait alors, mais avec de faibles moyens ^ Les anciennes haldes qui y existent montrent qu'on y trouvait des minerais de galène et de cuivre gris très-argentifères. Les anciens documents enseignent que les travaux y furent repris en 4707, poursuivis par intervalles dans le cours du siècle dernier et définitivement abandonnés en 1789. On y avait reconnu six filons ou veines différentes, dont un seul, dirigé sur h. 3, de 4 mètre à 4 "',50 de puissance, fut exploité.

Les travaux avaient atteint la profondeur de 422 mètres et avaient mis à nu trois colonnes de galène, de largeur et de puissance variables. En 4744, la Compagnie de PouUaouen en retirait 423,469 livres de plomb.

La première colonne avait une quinzaine de mètres de largeur moyenne, et le minerai avait une puissance de â à 22 centimètres. A 66 mètres de profondeur, il diminua de puissance et d'étendue et avait presque disparu à 400 mètres.

La seconde colonne, reconnue à 35 mètres sous la galerie d'écoulement, a donné jusqu'à 42 centimètres de galène sur une longueur de 8 à 40 mètres. Le minerai était encore assez beau au fond des travaux lorsqu'ils furent abandonnés.

La troisième colonne a été suivie depuis la galerie d'écoulement jusqu'à la profondeur de 60 mètres, avec une puissance de 45 à 20 centimètres de minerai et une étendue de 45 à 20 mètres en direction. Une recherche faite à 420 mètres a reconnu deux veinules de galène de 4 à 6 centimètres, mais peu continue.

M. Grtiner % à qui nous empruntons ces détails, ajoute que la mine a été définitivement abandonnée en partie à cause de l'abondance des eaux,

1. Mimairiê dei InUndantê (BoulalQTiUier}, 3. Mémoire inêdii.

mais principalement parce que les propriétaires n'espéraient pas ren* contrer de plus riches colonnes de minerai et que celles exploitées n'a- Yaient pu donner de bénéfices.

Quelques recherches ont encore été faites sur ce même gisement, dans ces dernières années, sans résultat.

Filons de KerlasL — A peu de distance de Carnoët se montrent les traces de nombreuses excavations. Les anciens documents indiquent une longue galerie et cinq puits peu profonds, par lesquels on a reconnu des veines très-nombreuses, et se coupant mutuellement. Dans plusieurs on a rencontré des veines de galène très-riche en argent, contenant plus de 400 grammes aux 100 kilos, mais peu continues. Les travaux furent définitivement abandonnés en 4780. Depuis 4848, la Société de Poullaouen y fit de nouvelles tentatives comme à Carnoët.

Filons reconnus depuis 4850. — Vers 4850, on reconnut dans la concession de Poullaouen trois filons nouveaux qui paraissent présenter de remarquables caractères, et nous avons eu, pour ce qui les concerne, les renseignements suivants :

4o Filon de la Haye.— Parallèle au filon de Huelgoat.

On Ta suivi à une profondeur de 40 mètres par des galeries qui ont atteint un développement de 200 à 250 mètres.

Dans cette longueur on a presque toujours eu un filon rappelant beaucoup, par son aspect et son remplissage, le filon de Huelgoat dans ses parties de terres rouges argentifères. Des essais ont constamment accusé la présence de l'argent, et dans plusieurs zones on a suivi des veinules d'un véritable minerai d'argent tenant 200 à 500 grammes d'argent aux 400 kilos. Ce filon, comme celui de Huelgoat, se modifiait en passant d*un terrain dans un autre. En quittant la roche verte pour passer dans les schistes carbures, le remplissage rouge disparaissait et on avait une mine schisteuse et quartzeuse dans laquelle on a trouvé des rognons de galène avec pyrite de cuivre donnant du plomb d'œuvre à 3 4/2 millièmes.

2** Le filon parallèle. — A caractères bien tranchés, situé à 4 20 mètres à l'ouest du filon de Huelgoat. Même direction. A été exploré aux profondeurs de 400 et 480 mètres au-dessous du jour. Au moment de l'abandon, en 4865, on n'y avait pas trouvé de massif su£Ssamment exploitable» et on essayait de l'atteindre 40 mètres plus bas quand les travaux furent suspendus.

3« Filon de Saint-Huijean. — Filon parallèle au filon principal de Poullaouen, dont il est distant d'environ 4 ,500 mètres.

Il a donné presque sans interruption des traces de blende et de galène sur plus de 250 mètres, et n'a paru exploitable qu'en un seul point qui pouvait être la tôte d'une colonne métallifère s'étendant dans la profon-

deor. Uabondance des eaux exigeait des moyens d'épaisemeni qm ne furent pas appliqués. Ce filon a présenté comme caractère remarquable, outre ses rapports intimes avec le filon principal de Poullaouen^ une te« neur en argent, de la blende et de la galfane, pins élevée qa'en aucun des autres filons de la concession.

On rencontre encore dans la concession d'autres traces de filons qui se révèlent soit par des colorations ferrugineuses, soit par des aflQeurements quartzeux, et quelques anciens travaux, comme à Ty-ar-Gall; mais il est possible que ces derniers, qui consistent particulièrement en excavations informes, aient été exécutés pour Textraction du minerai de fer.

Gîte de Coat-^mrNozh "— Arrondissement de Goingamp (Côtes-du-N<Nrd), Fut exploité de 4766 à 1773. On y avait trouvé trois petites veines d'une direction peu constante, E. N. E.-O. S. 0,

La galène qu'on en extrayait rendait de 0,0025 à 0,0075 d'argent.

Cette mine fut concédée à la Compagnie de Poullaouen en 1766.

Des recherches plus étendues y ont été fûtes postérieurement , mais sans résultat utile.

Filon cuivreux de Quénecan, — Ce filon traverse les grauwackes dans la direction B.-O., au milieu d'une contrée pénétrée de roches amphiboliques.

Des tentatives y furent faites en 4762, mais l'abondance des eaux et, ajoute H. de Fourcy, la pauvreté du gite les firent abandonner.

La concession des mines de Poullaouen a produit d'assez grandes quantités de plomb et d'argent, extraites seulement, depuis le milieu du siècle dernier, de deux principaux filons.

Nous ignorons ce qui en a été extrait dans les temps passés, mais nous savons que, de 4806 à 4816, on en a extrait :

De Poullaouen, 26,058,563 kilos de galène;

De Huelgoat, 43,994,997 kilos de galène ; — 5,289,587 terres argentifères *, représentant ensemble une valeur de 49 à 20 millions;

Et, de 4847 à 4864 \ on en a retiré environ 8 millions, en tout environ 28 millions, dans l'espace de 60 ans , sans compter le produit des schlamms qui n'ont pu être utilisés.

Si maintenant on se reporte aux chiffres qu'a donnés M. Pernolet, et que nous avons indiqués plus haut, pour exprimer la surface exploitable dans les deux filons, surface qui, dans l'ensemble, était de 472,800 mètres

1. Cartes géologiques des Côtes-du-Nord et du Finisthre^ par M, de Fonroy*

2. Mémoire inédit et MM. Graner et Rirot. a. GoDoptM rendiB dei Ingéniean dei nineg.

carrés» on Toit que chaque mètre carré avait moyennement une valeur d'environ 460 à 470 francs.

Nous n'avons rien à ajouter à cet exposé, et ce que nous pourrions dire sortirait du cadre que nous nous sommes tracé ; mais nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que Tentreprise de Pouliaouen n'a été, pendant longtemps, Tune des entreprises de ce genre les plus importantes de la France que par suite de Tabsence presque absolue d'entreprises analogues dans le cours de ce siècle ; et, peut-être, ces contrées auraient été plus activement travaillées si la concession avait été moins vaste, et si elle avait été divisée en plusieurs autres.

Il n'est pas sans intérêt de rappeler une curieuse analyse faite sur une mine de fer aurifère, terreuse, brune, de Huelgoat, que nous rapportons sans autre observation, telle qu'on la trouve dans le livre de Gobct {Anciens minéralogistes de France^ ^' Ii P- 333).

€ Cette mine, d'après les expressions de l'auteur, tenait une chaux de zinc et de cuivre, soit blende et pyrite cuivreuse. Un quintal de cette mine torréfiée avec 2 quintaux de minium, 9 quintaux de flux noir et 25 livres de poudre de charbon, a donné un culot de plomb tenant 9 onces d'or et argent ; »

Soit 558 grammes environ aux 100 kilos.

L'or se trouvait dans la mine de fer dans la proportion de 2 onces au quintal ;

Soit environ 424 grammes aux 400 kilos.

Mines de Chatelaudren (Côtes-du-Nord) ': plomb et argent. — Une exploitation importante existait dans les environs de Chatelaudren^ dans le courant du siècle dernier; de nombreux déblais en rappelaient le souvenir et des documents anciens faisaient connaître une partie de son

histoire.

En 4784, leur production annuelle, selon Gobet, était de 2,200 quintaux de plomb et 4,400 marcs d'argent.

En 4790, cette exploitation fut suspendue, pour n'être reprise que longtemps après.

Historique^. — Les travaux des mines de Chatelaudren remontent, comme ceux qui se trouvent disséminés dans la Bretagne, à une époque très-éloignée. On sait que des Anglais de la suite de Jacques II, déchu du trône d'Angleterre, exilés sur la terre de France, y entreprirent, en 4707 et en 4714, des travaux qu'ils abandonnèrent bientôt pour prendre part à l'expédition d'Irlande.

Valmont de Bomare signalait la richesse des filons de Chatelaudren, et, peu de temps après, des travaux importants , qui consistaient en

1. Description géologique dei Cûies-du-Noràf par de Foarcy, 1840.

puits, galeries, canaux, roues hydrauliques, fonderies, y furent exécutés par un nouveau concessionnaire. Ces travaux absorbèrent des sommes que Ton évalue à \ million délivres; en 1781, une nouvelle Compagnie, à la tête de laquelle était Pierre de Mory, caissier général de l'ancienne Compagnie des Indes à Paris, fut constituée, et à cette époque Tentreprise paraissait entrer dans une voie prospère, quand la Révolution éclata.

Les gentilshommes qui composaient la Société se dispersèrent et les travaux furent définitivement suspendus en 4790.

Ces travaux, dont le souvenir se révélait seulement à la surface du sol par l'existence de nombreux tas de déblais, étaient oubliés depuis longtemps, quand, en 1862, les tranchées faites pour le chemin de fer de Bretagne mirent à découvert quatre filons de galène argentifère.

Une concession nouvelle fut demandée et accordée, et, peu de temps après, ces mines furent reprises par une Compagnie anglaise.

Cette Compagnie, formée d'abord au capital de 12,000 livres sterling, ou 300,000 francs, dépensa 375,000 francs. Un premier puits, qu'elle fonça dans des roches fort dures, absorba un tiers du capital ; le reste ne put suffire au déblaiement des travaux anciens ou à l'installation des machines nécessaires à l'exploitation ou à l'épuisement, et bientôt après l'entreprise, qui réclamait un nouveau capital, fut arrêtée.

En 1872, elle parait devoir être remise bientôt en activité.

Conditions géologiques. — D'après la carte géologique des Côtes-du- /Nord, par M. de Fourcy, il n'y aurait dans cette région que deux roches dominantes, le granité au sud et au nord le schiste cambrien métamorphisé et rapproché du gneiss dans le voisinage du granité. Cet ingénieur signale en outre, dans la môme région, un assez grand nombre de petits Ilots dioritiques.

M. l'ingénieur Hassieux, professeur de géologie à la Faculté de Rennes, distingue^ dans cette région, comme dans la Bretagne en général, deux espèces de diorite : 1® une diorite en masse continue et à structure granitoïde, formée, dans les échantillons types, de feldspath généralement strié et d'amphibole noire ; 2<* une diorite compacte noire, ressemblant à un trapp dont les éléments sont généralement indiscernables, mais sont reconnaissables sur certains points.

Cette dernière diorite se distingue nettement de la première variété franchement granitoïde ; elle se présente en filons bien délimités et encaissés tantôt dans le granité, tantôt dans la diorite granitoïde. Cette distinction, dit M. Massieux, est importante, car il n'est pas douteux, suivant lui, que les filons plombeux de la Bretagne ne soieut, en général, en rapport plus ou moins direct avec la diorite compacte en filons.

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