Bulletin de la Société de Vinduttrie minérale, 1 S6I
elle fut reprise par un premier exploitant anglais, qui sut en tirer un grand parti, et, en 1855| la Société actuelle fut constituée pour une durée de 32 ans.
Pendant cinquante ans environ, de 4730 à 4794, on avait uniquement exploité le minerai de plomb, qui contenait 65 pour 400 de plomb, 469 à 547 grammes d'argent à la tonne de minerai, et dont on retirait 496 à 520 kilos de plomb et 430 à 540 grammes d'argent.
Vers 4844, MM. Malaguti et D u rocher * reconnurent que les blendes de Pontpéan étaient plus argentifères que les galènes, et qu'elles avaient nne teneur de 4 ,400 à 2,500 grammes d'argent par tonne.
On sut alors profiter de ces nouvelles découvertes; on recueillit la blende laissée par les mineurs du dix-huitième siècle dans leurs travaux ou dans les déblais^ et on l'expédia en Angleterre où elle était avantageusement vendue.
Depuis ce moment, quelques-uns des puits anciens ont été déblayés, les travaux se sont développés sur une longueur horizontale de plus de 1,200 mètres, et l'on est parvenu en quelques points à une profondeur d'environ 200 mètres, qui dépassait sensiblement le point le plus bas des travaux abandonnés en 4794.
L'épuisement des eaux a été, dans tous les temps de l'exploitation du filon de Pontpéan, un obstacle considérable pour le succès de l'entreprise ; mais cet obstacle provenait plus de l'insuffisance des moyens adoptés que de la quantité d'eau à extraire.
En 4842, M. l'ingénieur Lorieux écrivait :
« L'insuffisance des moyens d'épuisement a été la cause qui a nui le plus à la prospérité de l'ancien établissement de Pontpéan. A diverses époques, on s'était occupé des moyens d'y remédier, mais on ne l'a jamais fait d'une manière complète, et dans les dernières années, dans les mois où les eaux motrices étaient peu abondantes, on était contraint de laisser inonder les travaux mférieurs et de se retirer dans les parties les plus élevées. »
Après 4852, les mêmes difficultés se produisirent par suite d'un mauvais choix et d'une mauvaise installation des machines d'épuisement.
Ceci montre combien il est important, dès le début d'une entreprise de ce genre, d'apporter le plus grand soin dans l'application des machines dont on doit se servir, et de ne pas y chercher des économies qui pourront être plus tard la cause de graves embarras et de grandes dépenses.
Aujourd'hui, en 4873, les conditions de la mine de Pontpéan se sont essentiellement modifiées sous tous les rapports. De puissantes machines d'épuisement, qu'on se dispose d'améliorer encore, ont été installées; une surface importante de filon exploitable a été aménagée; les recher-
1. Annales du Uines, t. XVII, ISSO. 2>e VÀaociatUm de l'argent...
ches sont poursa'mes ; on a reconnu un enriefaissement de la galène en argent dans la profondeur, et les prix du plomb sont devenus plus rémunérateurs par suite de Télévation du cours des métaux.
Fihn de Pmtpéan. «- Lorsqu'on examine la carte géologique d*nie-et« Vilaine dressée par M. l'ingénieur Maasieux, on voit te filon de Pontpéan tracé au milieu de terrains d*atluvions. Son affleurement se trouvait, en efiet, noyé à la surface du sol sous une couche peu épaisse de ces alluvions recouvrant le terrain silurien, qui acquiert un très-grand développement aux environs de Rennes. Il fut, dit-on, découvert en 47S8par des potiers qui tiraient de Targile dans ses environs.
L^ travaux et les études ultérieures y ont fait reconnaître Texistence d'un filcn puissant et d'une remarquable régularité, a C'est une immense cassure, dit Duhamel^ connue sur une lieue de longueur, dans laquelle des corps étrangers venant de la surface ont pu pénétrer avant que son remplissage ne fût complètement opéré, et on y a trouvé un arbre tout entier, presque entièrement carbonisé, à plus de 200 pieds de profondeur. »
Direction : à peu près N.-S. magnétique.
Inclinaison : 75<» à l'est.
Puissance. — Elle est moyennement de 4 0 mètres dans le schiste. Elle atteint quelquefois \ 5 mètres et s'est élevée» dans certains renflements, jusqu'à 24 mètres.
Affleurements. — Près d'eux , la masse minérale est noyée dans une sorte d'argile bleuâtre contenant des fragments de schiste et de quartz, et elle s'y présente souvent disséminée en petits rognons ou en lits. A une certaine profondeur, elle apparaît avec netteté.
Remplissage. — On peut considérer le filon de Pontpéan comme rempli par une roche dioritique affectant la forme d'un dyke, et se présentant au toit et au mur de la fracture avec des épaisseurs diverses.
C'est entre ces deux masses que se trouve le filon métallifère proprement dit, consistant en terres traversées par des veines de quartz, en argiles bolaires ou en glaise dioritique verdâtre. Ces substances diverses, ainsi que la galène et la blende, y affectent des formes zonées de manière à dojmer au filon la structure rubannée.
Disposition du minerai. — La galène et la blende, qui constituent les deux minerais principaux de cette mine, constituent principalement
!• Géométrie soulerraine*
trois Tastes lentilles allongées, peu inclinées à Thorizon , et dont Ten* semble se développe sur une étendue d'environ 4»300 mëtres.
La première lentille, qui fut particulièrement l'objet de travaux an* ciens» avait environ 600 mètres dans le sens de son inclinaison ; elle allait jusqu'au jour et ne descendait pas au-dessous de 140 mètres de profondeur.
Une seconde apparaît à environ 80 mètres au-dessous de la surface. Sa longueur connue jusqu'à préseit est d'un peu plus de 600 mètres.
Une troisième, qui naissait à environ 420 mètres au-dessous du sol, a été poursuivie par les travaux récents jusqu'à une profondeur de plus de 80 mètres, et elle s'étend plus bas sans qu'on connaisse encore ses li«* mites inférieures y qui appartiennent naturellement aux travaux de l'avenir.
Dans ces amas divers, la galène se montre principalement au mur du gtte, sous la forme d'une zone rubannée, et au centre, sous l'aspect de rognons ou de plaquettes isolées. Vers le toit, ce sont des minerais mélangés en rubans distincts ou en magmas enchevêtrés. Au mur, on rencontre souvent une salbande d'argile grise, d'une épaisseur de 0,45 à 0,30, qui fait entièrement défaut au toit.
Dans certains points, au mur, on a trouvé des épaisseurs de galène massive de 0,20 à 4 mètre.
La blende forme des zones parmllMes aux zones de galène, ou associées ou mélangées à cette dernière. Cependant la blende paraît abonder davantage là où il 7 a peu ou point de galène.
La diorite est également souvent pénétrée par les émanations métallifères, et il semble que la richesse du filon soit en rdation directe avec la manière d'être de cette roche.
Le Olon est riche lorsqu'elle est désagrégée et pourrie ; il est pauvre quand elle est dure et compacte.
Minerai. — Ainsi que nous l'avons dit, les deux minerais qui forment l'objet de l'exploitation de Pontpéan sont la galène et la blende; tous deux sont encore associés à la pyrite de fer.
D'après les observations de M. Fayn, ces trois natures de substances paraissent être venues successivement : la galène d'abord, puis la blende, puis la pyrite ; car, dans les recouvrements que l'on observe entre ces diverses substances, on ne voit jamais la galène recouvrir la blende ou la pyrite, tandis qu'au contraire la blende recouvre toujours la galène, et la pyrite la blende. Jignore si ces faits montrent que ces trois substances aient été introduites dans le filon à des époques diverses, mais ils affirment qu'elles y ont été déposées successivement et dans un certain ordre.
La galène de Pontpéan n'a pas toujours montré une teneur en argen régulière, aux différents niveaux ni daâoui les mêmes parties du gite, çt on
était arrivé à conclure que cette teneur allait en s'abaissant avec Taccroissement de la profondeur. Des faits nouveaux viennent modifier ces idées et montrer combien il serait dangereux de se hâter d'établir des lois qui pourraient arrêter tous les progrès et notablement nuire au développement d'une entreprise. Ainsi, on avait remarqué que la troisième colonne, la plus basse, naissant à plus de 400 mètres au-dessous de la surface, montrait dans sa partie supérieure des galènes à 320 grammes d'argent par 4 ,000 kilos de minerai, tandis que dans les parties inférieures elle n'eu tenait plus que 250.
Dans une autre partie de la mine, on avait vu que les minerais extraits au-dessous des travaux anciens ne tenaient plus que 230 grammes d'argent, tandis que dans ces derniers travaux les galènes avaient produit de 469 à 547 grammes.
Il semblait donc réellement que l'on devait constater un appauvrissement constant en descendant dans la profondeur. Cette sorte de loi que l'on était tenté d'établir se trouve singulièrement modifiée par les découvertes faites dans le cours de l'année 4872, qui ont montré aux plus grandes profondeurs, sous le 20* niveau, des minerais dont la teneur, ayant crû progressivement, était parvenue de 250 à 855 grammes d'argent, c'est-à-dire à une teneur plus élevée que celle qu'on avait jamais connue, et qui a porté la valeur de ces minerais de 346 francs la tonne à 493 fr. 50. Cependant, on constatait en même temps un appauvrissement de la blende en argent. •
On a reconnu encore que des minerais d'argent accompagnaient la galène, et que ces minerais étaient généralement entraînés dans un lavage poussé à un trop haut degré. Ces minerais étaient perdus, entraînés par les eaux, et M. Fayn en avait signalé l'existence dans les vieux rebuts des anciens lavages. Des études récentes ont montré que les boues des canaux de la Vieille-Mine tiennent 400 à 600 grammes d'argent par tonne.
On connaît à Pontpéan deux sortes de blende : la blende fibreuse et la blende lamelleuse.
La première est surtout riche en argent et elle est en môme temps cadmifère.
La blende lamelleuse ne paraît en renfermer que des traces.
La richesse de la blende fibreuse est comprise entre 4 ,400 et 2,500 grammes d'argent à la tonne. C'est un fait très-remarquable dont nous devons la connaissance aux belles études de MM. Durocher et Malaguti sur l'association de l'argent, études que nous avons déjà signalées.
Produit des mines de Pontpéan :
De 4789 à 4794, 3,667,089 kilos.
906,080 blende.
Boulon. — La baronne de Beausoleil a signalé auprès de ce pays l'existence d'une mine d*argent. La contrée y étant formée de terrains siluriens, et se trouvant en quelque sorte située entre Pontpéan et Pouliaouen, il est bien possible qu'on trouve en ces lieux quelque mine de môme genre. Tout porte à croire à l'existence dans cette contrée de quelque faisceau métallifère, comprenant tout à la fois les mines du Morbihan, celles des Côtes- du-Nord et d*IIle-et-Vilaine, dont nous ne connaissons qu'une partie.
Concession de la ChapelleSaint'Maudé. — A4 ,200 mètres environ à l'est de Baud, on connaît un ûlon de galène qui a été l'objet de quelques travaux.
Direction : N. 40 E. Inclinaison de 75^ à Test.
Roche encaissante : granité porphyroïde.
Gangue : quartzeuse.
Minerai : galène en veines de puissance variable, de 0,40 à 0,42; rendant 73,5 de plomb aux 400 kilos minerai et 40 grammes d'argent.
Des travaux de recherche y ont été exécutés de 4829 à 4834 et poursuivis après 4840. On a reconnu le filon sur une distance de 300 mètres en direction et de 60 en profondeur.
L'exploitation, aujourd'hui, ne peut y être faite que par puits.
Aux environs de Saint-Maudé, on a trouvé des morceaux de galène^ et de blende qui semblent indiquer la présence d'autres filons dans la localité, et il serait peut-être utile de l'étudier plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici.
Sur la commune de Plumelin on retrouve aussi d'autres gisements de plomb.
Concession de Crossac (Loire-Inférieure)'. — Cette concession renferme deux filons dans le granité. Étendue sur 2,000 mètres.
Puissance / 4 à 2 mètres.
Gangue : quartz caverneux.
Minerai : galène et pyrite de fer. La galène y forme des veines de 0,05 à 0,20 d'épaisseur, qui contiennent 60 grammes d'argent aux 400 kilos.
L'argent tient en outre 0,004 d'or.
Concession de Surtainville (Manche)'. — Nous avons vu déjà qu'un massif granitique, considéré d'une manière générale, courait en Bretagne, à peu près de l'est à Touest, entre Alençon et le cap Finistère. Des deux côtés de ce massif se trouvent de nombreuses indications métallifères, et on en connaît aussi dans le département de la Manche.