‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 72 sur 194 · Journal des Mines^ an Fil · texte numérisé non relu

Journal des Mines^ an Fil

biban et dans la Loire-Iirférieiire , sons tes mAHies fitmiies et ayec les mêmes e&raetères; aux environs du Roe-Saint-André, à la Villeder, près de Questembert, à Penestin» à F emboucbare de la Vilaine, dans le département de la Loire-Infëriefire, et non loin de là, plus an sud, dans le même département, à Piriae et Guerrande*

On a souvent dit que la Franee était dépourvue de gisements d'étain utilement exploitables, et eette opinion, exprimée quelquefois par des ingénieurs , paraissant confirmée par plusieurs insuccès, nous devons dire ce que nous pensons à cet égard.

Nous verrons, dans la suite de ce travail, qae les gisements d*éta»n sont nombreux en France; qu'ils ont été activement exploités et travaillés perles anciens; et si nous devons reconnattre que deux ou trots d'eatie eux ont été repris sans succès dans le cours de ce siècle, nous savons aussi qu'aucun des autres n'a été exploré d'une manière quelconque, et qu'il paraît impossible de rien déterminer aujourd'hui relativement à leur valeur ou à leur importance.

Quant aux gisements récemment attaqués, ceux de la Villeder dans le Morbihan, de Vauliy dans la Haute-Vienne et de Moniebnu dans la Creuse, nous n'ignorons pas que des sommes importantes y ont été dépensées d'une manière infructueuse; mais, en pariant deces mines, nous aurmis occasion de remarquer que ces insuccès ne nous semblent rien impliqua relativement à la valeur des autres gisements de la France, et ne condamnent probablement pas davantage ceux que peut contenir la vaste étendue de chacune des concessions auxquelles elles appartienuest.

Ces sommes dépensées, quoique perdues ou fortement compromises jusqu'à ce Jour, n'auront véritablement aucune signMcation pour nous tant qu'il ne sera pas démontré que leur emploi a été fait conformément aux seules données de rexpérienee.

Or, dans l'état actuel de nos connaissances, nous pouvons avouer que nous ne possédons aucune tradition, ni aucune règle qui nons fasse eonnattre la disposition du minerai dans nos gisements, ni la forme que peut présenter son a^Iomération dans les nombreux filons où il est ré^ pandu, et les travaux disséminés et peu profends, faits jusqu'à ce joor, n'ont réellement encore enseigné que bien peu de chose à cet ^rd.

Dans aucun des endroits où l'on a travaillé, on n'a pénétré à plus de iO à 50 mètres au-dessous de la surface du sol, et nulle part, en France, il n'a encore été fait aucun^ travaS suffisant pour diriger le praticien et lui indiquer les règles qu'il doit suivre pour reoonnattre et atteindre les parties les plus métallifères.

D'un autre c6té, le minerai d'étain, minerai riche dont la valeur atteint luelquefois plus de 2,000 francs la tonne, comme ^i Bretagne, est g^ néralement disséminé dans la roche qui le renferme, et il exige une extraction considérable pour produire des quantités quelque peu impôt» tantes. Si donc ces disséminations du minerai sont un des caractères

généraux des mines d'étain, on comprendra de suite que ces mines ne peuvent exister, à de très-rares exceptions près, qu'à la condition d*ètre soutenues par un puissant atelier de préparation mécanique qui puisse laver dans un temps donné des quantités considérables de roches métallifères ou par un grand développement de travaux.

C'est ce que nous voyons en Angleterre où » d'après M. Moissenet, il faut 33 mètres cubes pour fournir 4 ,000 kilogrammes de minerai à 72 à 73 pour 400 d'étaip, qu'on extrait avec bénéfices.

Si maintenant nous nous rappelons que la densité de l'oxyde d'étain est de 6,5, nous voyons que ces 4 ,000 kilos de minerai ne représenteront pas 450 décimètres cubes d'oxyde pur disséminés dans 33,000, et si nous supposons une répartition égale de la substance métallique dans Tintérieur de la roche, nous voyons que chaque décimètre cube contiendra seulement de 4 à 5 centimètres cubes qui pourront y être disséminés d'une manière à peine discernable; nous voyons 'enfin que cette richesse métallique, étant concentrée, représentera à peine la contenance d'une veine d'oxyde d'étain de 5 millimètres d'épaisseur.

Or, des conditions semblables et plus avantageuses encore se trouvent remplies dans plusieurs points de la France^ ainsi que nous aurons occasion de le voir, et par conséquent il nous sera permis de considérer l'opinion défavorable qu'on a pu exprimer comme n'étant pas encore suffisamment justifiée.

Remarquons, en outre, que l'or se trouve généralement, dans toutes ces mines, associé à l'étain et au mispikel ; il est probable qu'un grand nombre des exploitations ouvertes par les anciens sur nos gisements stannifères avaient pour but l'extraction de ce métal, et, à ce point de Tue,ces gisements méritent une étude qui, jusqu'à ce jour, ne nous paraît pas avoir été foite avec des moyens suffisants.

Historique.— Vétsin parait avoir été connu et exploité dans ces contrées depuis un temps immémorial, au temps des Gaulois et probablement aussi pendant la période romaine. Le mot de Penestin, ainsi que Ta fait remarquer M. l'ingénieur Simonin, de dérivation celtique, en constate la présence, et des traces nombreuses d'anciennes exploitations, situées dans la concession de la Yilleder, au sud et près de Quily^ sur les collines du LédOf ou sur celles qui bordent le ruisseau qui coule à l'est de Pour-mabon, commune de Guêgon, montrent que ces exploitations ont dû y avoir une certaine importance.

Tous ces anciens travaux restèrent oubliés pendant des siècles, et leur souvenir était totalement effacé de la mémoire des habitants, quand, vers 4834, on y reconnut la présence de l'oxyde d'étain.

Quelques tranchées de peu d'importance y furent pratiquées à la surface à cette époque, et l'on en déduisit, ainsi que d'études officielles faites postérieurement, des conclusions tout à fait défavorables au point

de vue de rcxploitation ^ ; néanmoins, vers 4846, des explorations, mieux comprises que les précédentes, furent ouvertes par des industriels au milieu des anciennes excavations de la Yilleder, et l'on fit la découverte de nombreux filons; vers 1849, on put présenter à la Société industrielle d'Angers une statuette coulée avec Tétain de la Villeder, et quelques années plus tard, des travaux étendus allaient être exécutés par une Compagnie, exploratrice d'abord, puis investie de la concession de ces mêmes lieux.

Concession de la Villeder. — La concession de la Villeder occupe une grande partie delà surface d'un tlot granitique qui s'étend depuis le roc Saint-André jusqu'aux environs de Locminé. C'est la plus grande de toutes les concessions de la France.

L'oxyde d'étain s'y présente sous forme d'alluvions et dans l'intérieur de nombreux filons.

La plupart des vallées, et particulièrement celles de Serent^ Lisio^ Saint-Servant^ GuéhennOf etc., renferment une couche d'alluvions stannifères^ dans lesquelles on a reconnu la présence de Tor, comme dans celles de même nature qui existent entre les dépressions granitiques du Limousin, à Vaulry et à Cieux.

De 1 853 à 4 854, on en a extrait environ 1 1 tonnes de minerais qui furent vendus à Truro, dans le Comouailles, au prix de 2,034 francs la tonne*

Ces aliuyions existent dans presque toutes les vallées de la concession.

Des études faites récemment (4872], dans les vallées de Bréman^ Castillan^ Poudelan et Guéhenno, ont reconnu une couche stannifère de 0,20 à 4 mètre d'épaisseur. On a obtenu un rendement variant entre 2 et 40 kilos d'oxyde d*étain par mètre.

On voit combien il serait intéressant et utile d'explorer et d'exploiter ces vallées où la valeur de la terre varie de 300 à 3,000 francs Thectare, et où chaque hectare peut contenir une valeur importante de minerai.

Filons de la Villeder\ — Ils sont très-nombreux, enclavés dans le granité et près de la ligne de séparation avec les schistes ou le kîllas qui le recouvrent. Quelquefois ils pénètrent dans ces dernières roches.

Ils constituent plusieurs groupes de filons, qui sont :

Le groupe des filons de la Villeder^ de MaupaSf du Lédo et du Plinet;

Le groupe des filons de Pourmabon;

Les filons de Villaulau^ Ville^u-Feu^ Ville-ès-Métayer.

Le premier de ces trois groupes, sur lequel les travaux les plus nombreux ont été exécutés dans ces dernières années, est compris dans une

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