PRÉSAGES ET PRONOSTICS
s’étonner de cette superstition grossière de l’homme sauvage, quand une salière renversée , une fourchette et un couteau placés ?
en croix , le nombre treize dans une réunion de convives, sont regardés journellement chez nous comme choses de funeste
présagé.
C’est une circonstance bien remarquable que , chez tous les peuples de la terre, l’apparition de certains oiseaux aiX. été regardée j
comme le gage certain de malheur ou- de ’
succès. En général, les présages qu’on tire de leur arrivée tiennent surtout à leurs formes et à leursdiabltudes ; c’est ainsi que du nord au midi le corbeau imprime la terreur par son lugubre croassement ; on sait le rôle prophétique qu’il joue continuellement dans les Eddas. Le vautour a le même privilège. |
Les présages de cette nature ont tant de pouvoir sur la plupart dfes nations sauvages, que les Tuplnambas du Brésil écoutaient, pendant des journées entières* le chant du macauhan avant de se livrer à
certaines entreprises dont devait dépendre le salut d’une tribu entière. Les Hottentots ont été plus loin : ils doivent quelque partie
de leür grganisation sociale à des oiseaox mystérieux^ Les terribles M’bayas du Paraguay ne, massacraient tous leurs^ ennemis que parce qu’un oiseau puissant, messager Æ Dieu^ le leur avait commandé. On sait les présages que les Romains tiraient du vol des oiseaux, de la manière dont ils se nourrissaient, et du mouvement de leurs entrailles ( voyez Augures^. Nous nous contenterons de dire ici qu’un oiseau de mauvais augure^ un geste fâcheux, la rencontre d’un objet en apparence insigniliant, ont empéchéles plus hautes entreprises de s’effeCtuér. Qui sait ce que fût devenue l’arïhée dê Guillaume ie Conquérant, si, lorsq^'^e chef tomba en débarquant sur les éTAngkteKe, il n’eût eu l’admirable jp^8ence<r d’esprit de s’écrier qu’il prenait possession du pays?
yLl^s^ro/jqiftc^^populaires paraissent beaucoup moins déçaisonnables que les présaquoiqu’ils tiennent en général du mervéilleü)c ; ils aont fondés souvent sur une observation plus ou moins exacte des phénomènes de la nature. Le peuple aime à resserrer ces pronostics dans quelques vers
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que la mémoire retient aisément : c^est ce qu’on voit dans nos almanachs ; niais ,'daiis cette poésie vulgaire, i’absurde est trop souvent à côté du probable. ' *
De saint Faut la claire journée Nous dénote une bonne année.
S'il fait vent , nous aurons la guerre.
S’il neige ou pleut , cherté sur terre. •
Trop long -temps ces pronostics ont eu de l’influence sur nos paysans et sur leurs déterminations dans ce qui touche à l’agri- Culture. . , . ^
Le peuple est convaincu , dans plus d’un endroit, et en dépit de l’expérience, qu’un*” vendredi où il a plu tie peut pas être suivi k d’un dimanche serein. C’est avec tout au- ' tant de raison qu’on pronostique dans, les campagnes qu’il y aura abondance de vin si la huppe chante avant que là vigne * donne des signes de végétation. Les chutes d’aérolithes , ou les pluies de pierres, indiquent grand surcroît d’impôt , probablement par forme emblématique. t *
Quelquefois une longue expérience donne
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au.' péuple comme pronostic des leçoiks de médecine* expérimentale ;
f Quicoaqne en août dormira Sur le midi, s’en repentira.
Brëf,,en tout temps je te prédi Qu’il ne faut dormir à midi.
En parcourant TÉcoIe de Salerne, on trouverait une foule de formules de ce |*enre, toutes fondées sur une observation plus ou 'moins* exacte.
* Les présages et les pronostics exercent leur ‘influence chez une fôule de peuples sauvageskeir à demi civilisés. Si, dans le royaume de Loango, c’est l’indication la plus funeste pour le roi qu’on le voie boire et manger ; si , parmiles Américains , toutes les chasses au castor doivent manquer parce qu’on aura tué par mégarde la femelle d’un „dè cea animaux , ou parce qu’un de ses os aura été rqngé ,par les chiens, quelques personnes regardent comme très - fâcheux , parmi ncms, qu^un individu déchire trois fois ses manchettes ; ces présages Sont fort connus , mais^ on sait moins généralement qu’il.faut se garder de rencontrer le matin
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