EXORCISME
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§ IX. — De l’exorcisme.
Le meilleur m«yen de s’opposer aux actes divers de la magie et de la sorcellerie est, selon les démonographes, V exorcisme.
Les exorcistes emploient différentes formules, selon les cas pour lesquels iis sont appelés. 11 paraît qu’on attribue à l’évéque de Carthage, saint Cyprien, le mode d’exorcisme employé pour chasser les principaux démons. I/exorcisme a été employé plus d’une fois contre divers fléaux naturels, tels que la grêle, la sécheresse, la multiplication des animaux nuisibles, qu’on croyait envoyés par le malin esprit pour désoler la terre.
Bien que les divers modes d’exorcisme consistent pour la plupart e^ des paroles consacrées, on a employé quelquefois des agens purement physiques. Les exorcistes Israélites chassaient les démons du corps des hommes , par la fumée odorante de la plante nommée haaras. Les Musulmans n’ont pas d’exorcisme proprement dit, mais quelques sourates du Coran sont regardées comme propres à éloigner les sor-
T io MAGIE.
ciers. Nous citerons un de ces passages traduits par M. Reinaud. « J’ai recours au maître des hommes, roi des liommes, dieu des hommes, contre la malignité du perfide souffleur, qui souffle dans Ije'cœur des hommes, et contre la malignité des génies et des hommes. »
Nous donnons ici une formule 'd’exorcisme' employée assez habituellement dans la religion chrétienne, pour chasser les esprits malins ou connaître leurs intentions.
« Seigneur Jésus-Christ, qui révélez toujours à vos fidèles serviteurs les choses utiles et salutaires , et qui avez permis qu’un esprit apparût en ce lieu , nous supplions ‘humblement votre bénigne miséricorde, pour l’amour de votre passion et de votre précieux sang que vous aVez répandu pour nos péchés, qu’il vous plaise de commander 'n cet esprit que , sans effrayer ni blesser aucun de nous , il fasse connaître a vos serviteurs qui il est, pourquoi' il est venu, ce qu’il demande, afin que nous puissions en être honoré et vos fidèles soulagés , au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi suit-il. »
EXORCISME. GRIMOIRES. l4l
Viennent ensuite les interrogations.
« Nous te prions, au nom de Jésus-CHrist, de dire qui lu es? d’où tu viens?, ce que tu veux ? à qui tu désires parler ? combien tu exiges de messes, de jeûnes, d’aumônes? » On agit d’après les réponses de' l’esprit.
Il y a , du reste , des conjurations poul* .chasser les démons , et les formes d’exorcisme que nous venons de donner ont trop d’analogie avec elles pour en offrir le texte.
§ X. — Des grimoires.
Les divers grimoires employés par les démonomanes , peuvent à juste titre être classés après les ouvrages religieux qui s’opposent à leur doctrine. On entend par grimoire im livre ordinairement manuscrit, au moyen duquel on peut faire venir le diable, évoquer les esprits, trouver les trésors -cachés.
Si une personne qui n’est pas initiée aux mystères de la sorcellerie, fait venir Satan en lisant inconsidérément le grimoire, elle court risque d’avoir le cou tordu, à moins qu’elle ne jette au malin esprit là première chose qui se trouvera sous sa main. Autre-
iuis oa brùluit avec graiide précaution les grimoires qui tombaieut entre les mains de la justice. 11 y a trois grimoires imprimés qui jouissent d’une grande célébrité. Le premier est attribué au pape Honorius , et a paru à Rome en 1670; le Grimorittm verurn, traduit de l’hébreu par Plaignière, et le grand Grimoire, auquel *on a joint la grande Clavicule de Salomon, clavicule qui ressemble, elle-même, beaucoup à un grimoire, puisqu’on y trouve des conjurations et des formules magiques. Le fameux Agrippa appréciait singulièrement ce livre étrange, dont il existe une foule de manuscrits avec des variantes plus ou moins estimées des adeptes. . .
§ XI . — Des épreuves judiciaires ou jugemens
de Dieu.
Quoique ne se rattachant qu’indirectement aux sciences occultes , nous dirons ici quelques mots de ces épreuves judiciaires en usage au moyen âgp, et légalement employées encore parmi quelques peuples barbares. On les regalrdait et on les regarde comme une manifestation surnaturelle de
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la volonté divine en faveur d’un innocent.
Les épreuves qu*on appelait aussi ordalies et jugement de Dieu, se divisaient en épreuves canoniques ordonnées par les juges d’église, et en épreuves 'vulgaires émanées des tribunaux séculiers. Il y avait sept espèces d’épreuves plus habituellement employées que les autres ; le duel, la croix, l’eau froide, l’eau chaude, le feu, le serment et l’eucharistie.
La première épreuve authentique se rap- porte pour nous au quatrième siècle. Quelques écrivains retrouvent les jugemens de Dieu en usage à Alexandrie, dès le deuxième siècle, et ils ont eu lieu de toute antiquité chez les Hindous.
il est infiniment probable que les individus soumis à un genre d’épreuve qui pouvait opérer une lésion organique , employaient certaines substances pour s’en garantir. D’autres écrivains pensent qu’on doit rattacher à l’état d’extase l’insensibilité j)hysique dont ils faisaient preuve.