‹ Tableau historique, analytique et critique des sciences occultes ... Par Ferdinand DenisChapitre 34 sur 56 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Possession du démon.

Démoniaques ou possédés.

Démoniaque et possédé sont synonymes:

on entend par ces mots un homme ou une

DÉMONIAQUES ET POSSÉDÉS. 1^5 femme, dans le corps duquel un ou plusieurs démons se sont logés, circonstance qui est désignée ordinairement par le mot possession. Le diable qui a pris possession d’un individu manifeste ordinairement sa présence par différens signes extérieurs, spécifiés par les démonographes et par les exorcistes. Nous indiquerons ici les caractères auxquels on peut reconnaître un possédé:

1 ° à ses contorsions : c’est ce qui a toujours fait considérer les épileptiques comme des démoniaques; à l’enflure du visage ; 3° à l’insensibilité, circonstance facilement expliquée par l’état d’extase; 4° à l’immobilité; 5° aux clameurs qui se font entendre dans l’intérieur du ventre; 6° au regard fixe; 7 ° aux réponses faites en français à des mots latins ; 8® aux coups de lancettes ou d’aiguilles donnés sans effusion de sang. Dom Calmet établit une différence essentielle entre les possédés et les obsédés. Ces derniers ne sont pas tourmentés intérieurement par le diable, il les persécute extérieurement.

On sait à quelle antiquité remontent les possessions ; Saül était démoniaque, et Jésus manifesta sa puissance en chassant les dé-

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moDS da corps des possédés. L’Eglise a des formules d’exorcisme consacrées à ces sortes de guérisons.

Si l’on suit, l’histoire à la main, les progrès de l’obsession et de la possession , on voit que les possédés s’étaient prodigieusement multipliés au seizième siècle, sous l’influence de la sorcellerie, fet qu’on en fit plus d’une fois une branche lucrative d’industrie. Cependant là encore, il y a eu charlatanisme et bonne foi; c’est ce dont on peut facilement se convaincre, en lisant les sages observations du docteur Bertrand.

Nous ajouterons, ce qu’on aura peine à croire, qu’on cite encore des exemples de possessions et d’obsessions dans nos départemens reculés. C’est en général chez les femmes qu’on remarque le plus fréquemment ces symptômes d’un état déplorable de l’imagination. Un de ses plus funestes caractères est d’exercer une prompte influence sur les personnes qui en voient les effets.

Religieuses de Londun. — Qui n’a entendu parler de cette fameuse épidémie de possession qui se manifesta au dix-septième siècle chez les religieuses de Londun et dans

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la ville qu’elles habitaient, et qui donna lieu à l’horrible mort d’Urbain Grandier? C’est un fait remarquable, qu’on a mis sur le compte d’une haine dont l*atrocité serait sans exemple, une chose qui s’explique parfaitement de nos jours, en admettant les caractères de l’état d’extase, qui ont pu tromper, par leurs résultats, les hommes les plus clairvoyans et les plus instruits.

Trembleurs et convulsionnaires. — Les tremhlenrs et les convulsionnaires , qu’il faut admettre parmi les extatiques , peuvent être rangés dans la classe de ceux qu’un esprit intérieur tourmente. Seulement, quoique la présence de cette puissance secrète se manifeste à l’état extérieur par des actions semblables , elle a un principe différent : elle tire son origine d’un enthousiasme saint.

On retrouve des convulsionnaires dès le neuvième siècle , à propos de certaines reliques. qu’on allait vénérer à Dijon, et qui produisaient sur les assistans les effets qu’on remarqua depuis sur la tombe du diacre Pâris.

Les trembleurs des Cévennes parurent après la révocation de l’édit de Nantes, et

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iis se composaient de protestans persécutés, chez qui Tenthousiasme religieux renouvela tous les prodiges qui ont lieu en de semblables circonstances. Persécutés dans leurs montagnes, de malheureux paysans se rassemblaient pour chanter des psaumes: toutà-coup Tun d’eux , saisi de l’Esprit saint , tombait à la renverse , tremblait de tout son corps et prophétisait. On compta , dit-on , plusieurs milliers de ces inspirés dans les Cévennes.

Les convulsionnaires de Saint-Médard se • montrèrent long -temps après; mais leur histoire avait été altérée avant que M. Bertrand en rétablît les faits principaux. Nous dirons ici en peu de mots qu’un janséniste, connu sous le nom du diacre Pâris, étant mort en 17*7» ceux dont il avait partage les opinions théologiques en firent bientôt un saint. Son tombeau était placé dans le cimetière Saint-Médard , et, sur ce tombeau , disait-on ,Von voyait chaquejour s’opérer une foule demiracles. L’archevêque de Paris interdit le culte du diacre Pâris en i ySa ; mais il n’est pas vrai, comme l’a dit Voltaire, que les faits extraordinaires , signalés à cette épo-

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que, aient cessé tout-à-coup : ils se prolongèrent long-temps après. Celte épidémie de l’état d’extase, si on veut la considérer comme telle, se manifestait par d’horribles convulsions, durant lesquelles il y avait perte totale de sensibilité dans tous les membres , et exaltation prodigieuse des facultés intellectuelles. Il résulte des différentes relations qui nous sont parvenues , que les convulsionnaires pouvaient s’exposer à un feu ardent sans danger; qu’on en vit un jeûner pendant quarante jours; qu’ils se faisaient donner des coups violens sur la poitrine avec d’énormes cailloux , et qu’on les stigmatisait de plaies sanglantes, sans qu’ils parussent en ressentir de douleur. Tous cçs faits se trouvent naturellement expliqués , si l’on admet l’authenticité d’une opération célèbre, qui a été signalée dernièrement par les journaux, et qui a eu lieu durant l’étal d’extase, ou de somnambulisme magnétique, selon d’autres opinions.

l8o GNOSTICISME, SOCIETES SECRETES.

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