DANSE DE SATKT-WEIT
Limburg, il est impossible de méconnaître les effets de l’état d’extase, tels que les décrit le docteur Bertrand. On vit avec étonnement , y est-11 dit , des gens qui dansaient comme s’ils eussent été fous, pendant la moitié d’un jour, et deux à deux; ils tombaient ensuite par terre, on leur marchait sur le corps, et on les regardait alors comme guéris. Et plus loin la chronique ajoute : Les médecins regardaient ces danseurs comme ayant un tempérament fougueux, ou comme étant attaques d’autres maladies ; les prêtres les exorcisaient en les regardant comme possédés du diable. Ce qu’il y a de plus curieux dans l’examen d’un tel fait, c’est que cette danse convulsive s’e.st continuée de nos jours malgré les défenses de l’autorité, et qu’en 1 8 o?. , un témoin oculaire (M. Muller, juge de paix du canton) remarqua qu’elle se composait, à Epternacli, de deux mille neuf cent soixante-quatorze danseurs.
Nous ne terminerons pas cet article sur les danses d’extatiques , sans mentionner celle des derviches hurleurs , qui ont lieu à Constantinople, et qu’un voyageur anglais a observées naguère dans le plus grand
ao8 GNOSTICISME, SOCIÉTÉS SECRETES.
détail, quoiqu’il nous semble avoir mélé quelques préjugés dans ses récits.
Ces religieux musulmans, voués à la plus extrême pauvreté, fatigués par tous les excès de la pénitence, se livrent à des danses frénétiques jusqu’à ce qu’ils tombent à terre comme s’ils étaient frappés de mort.
Dans cet état, ils poussent d’horribles hurlemens,mais bientôt ils se relèvent, brandissent d’un air impassible des barres de fer rougies au feu, ou bien ils font couler leur sang en se déchirant avec des instrumens tranchans qui sont toujours suspendus aux parois des salles où se passent leurs danses. Ils se font gloire de ces épouvantables trophées dont la vue excite encore leur ièle, et qui sont là comme autant de preuves du pouvoir merveilleux d’une véhémente exaltation.
Après ces variétés de l’état d’extase, il faut mentionner cette médecine morale qui opère tant de phénomènes en agissant sur rimaginatlon , et dont on cite comme des exemples modernes les cures faites naguère . par le prince de Hohenlohe et par madame de Sainte-Amour. Pour avoir une
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idée plus juste sur cette matière , il est bon de lire les articles du Globe, où M. Bertrand a rendu compte des brochures de deux hommes connus par leurs honorables travaux, MiM, de Tollenare et Ed. Richer.