‹ Tableau historique, analytique et critique des sciences occultes ... Par Ferdinand DenisChapitre 43 sur 56 · CHAPITRE Xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn

Phénomènes de la nature faussement inter •

prétés.

Pour peu qu’on lise les ouvrages de

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l'antiquité ou même seulement les chro* niques du moyen âge, une chose frappe l’esprit, ce sont les prodiges qui troublent l’ordre de la nature lors de quelque grand événement politique : les pluies de sang, les sinistres apparitions qui se montrent au milieu des nuages, les voix mystérieuses qu’on entend au sein des tempêtes : c’est surtout cette multitude de dragons monstrueux, d’horribles serpens dont on célèbre l’anéantissement par des fêtes solennelles. Chez tous les peuples la tradition rappelle de semblables récits : ils se mêlent aux vérités de l’histoire et les dénaturent:

et cependant ce qui a été mis sur le compte du merveilleux peut être expliqué , ou par une observation plus attentive des phénomènes de la nature, ou par une connaissance plus étendue de la physique et de la chimie; le mensonge en cette circonstance ne gît , chez l’iiistorien ou chez le poète, que dans une expression plus ou moins exagérée de l’étonnement et de la terreur. Tout ou presque tout s’explique facilement de cette manière.

Éclipses, comètes . examinant les tra-

aao PHÉ^OMÈIT£S DE LA. NATURE.

ditionsListorIques de tous les peuples civilisés , en jetant un coup d’œil sur les superstitions de toutes les nations sauvages , on voit que les éclipses ont été partout un objet de terreur, du pôle au tropique, chez les nations les plus favorisées de la présence du soleil , et chez celles qui le sont le moins. On s’est imaginé que l’astre du jour, combattu par un monstre effrayant, allait succomber dans la lutte, et que le monde devait périr avec lui dans les ténèbres. De là ces bruyans concerts par lesquels on essaie d’effrayer le monstre, de là ces cris de joie quand le soleil reparaît plus radieux.

Les comètes ne nous paraissent pas avoir exercé une si grande influence sur les peuples sauvages : ils n’y voient qu’un brillant phénomène. Il a fallu déjà certains calculs, pour s’effrayer de leur marche ou de leur soudaine apparition en Europe. Les conjectures de la science n’ont guère diminué la terreur qu’inspiraient les comètes; seulement on ne voit plus , aussi généralement qu’on le faisait, un astre prophétique dans ces corps célestes (i),

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