‹ Tableau historique, analytique et critique des sciences occultes ... Par Ferdinand DenisChapitre 46 sur 56 · TANT ANCIENS QUE MODERNES · texte numérisé non relu

TANT ANCIENS QUE MODERNES

• AGRIPPA ( Henri-Corneille), surnommé Je Trismégiste, l’nn des hommes les plus savans de Son temps; il était né à Cologne en i 486 . Il embrassa la carrière de la médecine, et se vona presque exclnsivement à l’étnde des sciences occultes.' Il fut accusé de sorcellerie, et sa carrière fut extrêmement orageuse ; mais il fut lié avec les hommes les plus' remarquables de l’cpoque. Il mourut fort malheureux en i535, • chez le receveur général de Grenoble. The'f'et prétend « qa’il était ensorcelé de la plus fine et plus exécrable magie qu’on puisse imaginer.» Son grand tort fut d’être ‘trop instn^t pour l’époque où il vivait. Ou a fait courir mille bruits ridicules sur son compte; et de graves historiens ont dit, entre antres chose^, qu’il se servait habituellement de monnaie de belle apparence, qu’on voyait, bientôt après son départ, se changer en corne*, en coquille on en cuir. On a de lui un ouvrage intitulé de Occulta

a4o fH^JBXOGRAPHIB

philosophiaf publié en i 533 , et traduit pla- «iears fois ; il a joui pendant long-temps d*ane grande célébrité.

AILLT (Pierre d’), fameux astrologue; c’est lui qui, de concert avec Russilianus Sextus, a fabriqué l’horoscope de Jésus-Christ que s’est attribué Cardan.

ALBERT (le Grand), autrement Alhertus Teutonicns , f rater AlbertuSy Albertus de Co~ lonia, Albertus Ratisbonensis, Albertus Grotus^ évêque de Ratisbonne, né à Lawigen dans' la .Souabe, en 1193 ou iao 5 . C’était un dominicain fort instruit, que les démonographes mettent toujours au rang des magiciens. Sa réputation comme sorcier est populaire en France, Il est inüniment probable qu’il se livra à l’étude ;de la mécanique et de d’alcbimie. On assure /qn^il.jnit trente ans à fabriquer un automate qirt pouvait ré^sondre toutes les questions qu’on lui proposait. On appelait cette espèce de statue métallique , V androïde d’Albert le Grand. Il explicma à Paris I4 physique d’Aristote. On a fait COTrir sur le compte du savant dominicain mille dontes ridicules,'et c’est tout-à.fait à tort

qu’on lui attribue les deux ouvrages absurdes qui coulant dans les campagnes sous son nom , lë Gr^nd et le Petit Albert. Il mourut âgé et dans'uuAtat vôisin de l’enfance; quelques personnes pensent qu’il fut canonisé. En défal-

DES SCIENCES OCCULTES. Hq I

quant de ses ouvrages tout ce qu’il y a de pseudonyme ou de douteux, il eu reste assez pour assurer à Albert le titre d’un très-grand polygraphe : il ne fait souvent que. commenter Aristote, ou compiler les Arabe.»'.

ALliUMAZAR, astrologue célèbre du neuvième siècle, né dans le Corçaanj il a écrit sur l’origine et sur la fin du monde.

ALRUNÉK , dixîèm'e ; sibylle , surnommée Tj-biirtine, et qu’on assure avoir prédit la naissance du Christ. Nous rappellerons ici les sibylles Persique, Libyque , DeJphique , Erythrée, de Samos, Cumane, HeUespondaqiie et Phrygienne. Ce sont les plus connues. Il y a des auteurs qui ajoutent la sibylle Colophonienne nommée Lampisîa , Rlle de Calchas; Cassandre, fille de. Priam.; la sibylle Epîrote, la sibylle ThessaÜenne y nommée Manto ; Car-, menta, mère dü<Evandre, qui joue un grand rôle . dans l’Orphée deM. Ballanche, et enfin Fauna, sœur de Funnus.

ALEXANDRE DE PAPHLAGONIE, célèbre imposteur mis au rang des magiciens, né à Abonotique au deuxième siècle. Il vint à Rome en 1 74 et fut en grande faveur auprès de Marc- Aurèle.

AMPHIARAUS, célèbre devin de l’antiquité , qui mourut, comme il l’avait prédit, au siège de Thèbes, mais qui ressuscita. Il indi-

SCIENGES OCCULTES. l6

BIOGUAPHIR

(juait des remèdes merveilleux eu songe-.

APOLLONIUS DE TYANES, né un peu après Jésus-Christ, est mis au nombre des philosophes pythagoriciens , et passait pour un des plus habiles faiseurs de talismans de l’antiquité.

APOMAZAR , fameux devin arabe , auquel on attribue plusieurs ouvrages de divination,

APONE ( Pierre d’ ) , médecin'astrologue , ne en xa 5 o , à Albano ou Apono près de Padoue. C’était, selon les démonomanes, le plus grand magicien de son temps , et il fut brûlé en effigie après sa mort.

APULÉE, l’auteur de V Ane d'or^ naquit eu Afrique, et il fut accusé de sorcellerie à Carthage où il était parvenu à se faire aimer d’une riche veuve. Il plaida lui-même sa cause et la gagna ; on loi attribue divers miracles.

ARGENS (le marquis d’) , né eu 1 704 à Aix en Provence. On a de lui , entre autres ouvrages, les Lettres cabalistiques.

ARTEMIDORE, célèbre onéirocri tique grec.

( Voy. Bibliog. )

ARISTOTE. On trouve dans ses œuvres un Traité de la divination par les songes , et un autre traité du sommeil et de la •veille.

ARMIDE. Enchanteresse fort habile, dont 1.1 tradition populaire fait une fille d’Arbilan , roi de Damas, et qui fut envoyée par son oncle Hidraote , célèbre magicien, contre raimce

DES SCIEKCKS OCCUiTES.

commaudée par Godefroy de Bouillon. Le Tas.‘e l’a rendue célèbre.

ARNAULD DE YILLKNEÜVE ou Jrnold ' de ViUanova y fameux astrologue, alcininiste et meme sorcier selon les démonograplies , homme de bien selon les gens sensés. En cherchant la pierre philosophale , il fit des découvertes de la plus haute importance pour la chimie. ( Voy. VIntrod. et la BibUog. de ce traité.) Il était médecin du pape Clément V; l’inquisi*tion fit brûler ses livres, et il mourut dans un naufrage en 1 3 14.

AVERROÈS. Tl a été rais , par quelques auteurs, au nombre des adeptes; il s’est cependant moqué de la mcagie.

AVICEINNE. Il a joui dn meme avantage que le célèbre Averroès, mais à plus juste titre, puisqu’on a de lui plusieurs traites d’alchimie encore recherchés des adeptes.

BACON ( Roger). Ce cordelier anglais si célèbre, auquel on doit de si importantes découvertes, et que ses contemporains avaient surnommé le docteur admirable y passa la plus, grande partie de sa vie en prison , comme magicien, quoiqu’il ait écrit contre la magie; par une étrange bizarrerie, il croyait cependant à l’astrologie et à la pierre philosophale. Il avait fabriqué , dit-on , une tète d’airain pour savoir d’elle s’il était nécessoire de fortifier

BIOGRAPHie

l’Angleterre d’une innraille qni l’entonrât com* ))Ièteinent. Les uns disent qu’elle répondit il es"* temps y d’antres assurent qu’elle parla au iiionaent où Roger s’y attendait le moins, et qu’il ne put faire usage de sa réponse. Il mourut en 129a ou 1294. On a de lui le Spéculum, alchimiœ. (Voy. V ïntrod.^

BASILE VALENTIN. C’est le Nicolas Flajnel des Allemands; on ne sait même pas si c’était dans le douzième ,1e treizième ou le quatorzième siècle qu’il vivait. C’est probablement assez gratuitement qu’on lui attribue la déconverte de l’antiraoine. Les adeptes l'echercbent son Azoth swe aureîiœ philosophornrn y et les * autres ouvrages qu’on a écrits sous son nom, BAZINE, mère de Clovis , passe dans la tradition pour une babile magicienne.

BODIN (Jean), fameux jurisconsulte du seizième siècle. C’est également l’un des démonographes les plus célèbres de cette époque. Il est connu surtout par sa Démonomanie des sorciers, qui ne parut qu’après sa mort, et dont ou a fait une édition sous le titre de Fléau des démons. Il accepte francberaent toutes les rêveries du siècle sur les sorciers, et comb.it vigoureusement ces fléaux du genre humain.

Un semblable ouvrage, si différent de celui do Btkker, a du, peud.nnt bien long-temps, peiqicliier d’épouvantables superstitions.

BOEHM (Jacob), né en i575, dans la Hante* Losace, mort à Gorlitz en 1624 ; il éiait cordonnier, et se livra avec ardeur à l’illuniinisme et à la philosophie hermétique. Dans sa pensée , Dieu était un puissant alchimiste occupé à tout produire par la distillation. Boehm n’en était pas moins une tête à idées profondes etaclives; il publia en 1612 son livre intitulé Aurore naissante , qui fut bientôt suivi de plusieurs autres ouvrages. Il a eu de nombreux partisans. Sainte Martin a traduit plusieurs de ses écrits , et le regarde comme « la plus grande* lumière humaine qui ait paru. » *

1 BGGÜET (Henri), mort en 1616, publia «n livte d’une atroce -férocité, intitulé Discours des sorcièrs. C’est lui qui a fait connaître de la manière la plus détaille les caractères auxquels on recoiinaît ceux qui se sont voues an malin esprit. H -lit brûler un grand nombre de prétendus sorciers.

EBKKER ou Becceer (Balthazar), né en 1-634 » fut docteur en théologie et ministre à- Amsterdam. 11 vivait à une époqne oii les histoires de possessions et de sorcelleries se renouvelaient sans cesse;, il prit la résolution decombattre le prétendu pouvoir de Satan , et s’attira ainsi grand nombre de persécutions,, surtout quand il eut publié son fameux livre,., connu sous le nom du Monde enchanté (en,.

BIOGRAPHIE

flaïuaod Betoeverde wereld). il peidit alors s» place de iiiluistre ; son crime était d'avoir essayé de prouver qu’il n’y a ni possédés ni sorciers , et que le diable n’a aucune influence sur la <lesiiiiée des hommes, quoique plus tard il ait reconnu sou existence. Bekker était prodigieusement laid, ce qui le fit comparer souvent aa héros de ses livres. Il eût rendu de bien pins grands services à la cause du sens commun , s’il u’étail excessivement fatigant par sa prolixité.

BELMONTE, conseiller au parlement de Provence au seizième siècle ; l’un des plus ardens ennemis des sorciers.

BORRI (Joseph - François) , né à Milan en i 6'27, condamné à être brûlé comme hérétique;, alchimiste de la reine Christine , à qui il fît dépenser beaucoup d’argent; mort en prison à Rome, eu i6q5. Il a publié un ouvrage intitulé la Clef du cabinet du chevalier Borri^ etc.

bROWN (Thomas) , médecin anglais, mort en 1682. Il a repdn de grands services par son Essai sur les erreurs populaires ^ trad. en français en 1733, par l’abbé Souchay.

BUNGEY (Thomas), moine anglais, ami de Roger Bacon, et prétendu sorcier comme lui.

CAGLIOSTRO ( Joseph Balsamo ) , né à Païenne en 1748 , de païens obscurs, quoiqu’il' se diti tantôt fîls d’une princesse deTrebisoude.. et tantôt descendant de Charles Martel, li

DES SCIEJVCES OCCULTES. a47

donna , des ses premières années , des preuves d’nne rare impudence; ses escroqueries le firent bannir de son pays ; il vint en France, où il^ouit d’une grande célébrité sous le nom de comtl Alexandre de Cagliostro. Il eut part à l’affaire du Collier. Arrêté à Rome en 1786, et transféré an château Saint- Ange, il fut condamné à mort comme pratiquant la franc-maçonnerie. Sa peine fut commuée en une détention perpétuelle. Il mourut en 179$, au château de Saint-Léon. C’était un très-adrçit charlatan, et c’est probablement à tort qu’on lui attribue la misérable rapsodie qui court sous son nom , et qui roule sur V Art de gagner à la loterie. Il a publié , dit-on , un ouvrage sur la Transmutation des , Varsovie, 1789.

CALCHAS , fameux devin de l’antiquité.

CALMET (dom Augustin), mort en 1757.

Savant bénédictin, connu Dictionnaire

Ae la Bible, et par sa Dissertation sur les revenans et les 'vampires , pub. en 1 7 5 1 .

CAMPA ISELLA (Thomas), dominicain , né én i 568 en Italie. Astrologue, persécuté comme magicien , il sortit de prison à la demande du pape. Mort à Paris en iGSq. On a de loi six livres d’astrologie, et un ouvrage intitulé du Sens des choses et de la magie.

CARDAN (Jérôme), médecin astrologue, né à Pavic en i 5 oi; l’un des hommes les plus

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remarquables de son temps. Il paraît qn’il tombait fréquemment dans l’état d’extase. Ses ouvrages ont exercé une grande influence snr'ses contemporains. On a de lui nn Traité de^ songes, un ouvrage snr la Subtilité des démons , et bien d’autres traités relatifs aux -«ciences occultes, parmi lesquels ou remarque la Métoposcopie. \ V. V Introd.)

CATHERINE DE MÉDICIS , reine de France, née à Florence en i5iy, morte en iSSg. Elle s’occupait avec ardeur ‘d’astrologie judiciaire. On l’accuse d’avoir porté sur son estomac une peau d’enfant égorgé. C’est elle qui fît construire la fameuse colonne de l’hôtel de Soissons, qu’on voit encore à la Halle an blé ; elle y allait consulter les astres, avec Ruggieri.

CHARLES 1*^*’, roi d’Angleterre. Il s’occupait d’astrologie et d’alchimie.

. COCLES (Barthélémy), le plus fameux chiromancien du seizième siècle. Il a publié un • ouvrage latin sur son art.

COMÜS, célèbre escamoteur du dix-huitième siècle.

DEL ANCRE ( Pierre), l’un des plus fameux démonographes du seizième siècle. Il était persuadé de la réalité du sabbat, ‘et cela bien utalheurensement ponr ceux dont il était chargé d’instruire les procès comme sorciers. Il monrnt vers i63o. Il a publié deux ouvrages très-

■DES scmrcEs occultes.

recherchés , dont les titrés seuls font assez connaître Tesprit.’Le premier est intitulé Vincré» duiité et mécréance 'du sortilège pleinement convaincue. L’antre est pins connu c’est le Tableau de V inconstance des mauvais anges et démons'. Il y donne une topographie complète de l’empire ibfernal , et il fait connaître le sab-’ bat comme s’il y avait assisté. Ces tristes rêveries sont les résultats des dépositions de plusieurs prétendus sorciers qui n’étaieut probablement autre chose que des extatiques.

DELRIO ( Martin- Antoine ) , savant jésuite, né à Anvers en i55i.Il a publié un ouvrage', /cj Recherches magiques j qui a eu une grande vogue. Sa crédulité est à la hauteur de son siècle.

DIDYME, fameuse possédée du dix^sepfième siècle. On nous a conservé la formule de son pacte avec le diable.

ENGELBRECHT, fameux visionnaire allemand , mort^en 1642. Il a publié plusieurs ouvrages et fit un grand nombre de prosélytes.

ETTEILA , pseudonyme d^dliette. Fameux cartomane, qui a publié'plusieurs ouvrages sur son art.

FARTA ( l’abbé ), Portugais métis, né à Goa ^ mort à Paris il y a peu d’années. C’était un magnétiseur célèbre. Il a publié un ouvrage , de là Cause du sommeil lucide, ou Etude de ta norture de l’homme,

a5o BIOGRAFHIK

FAUST (Jean). On le considère comme ]« plus célèbre des magiciens allemands; et de quelque manière qu’on envisage sa vie, c’est nn des hommes les plus remarquables de son temps. Il était né à Weymar, au commencement du quinzième siècle. Il se livra ù l’étude de la médecine, de la jurisprudence de la théologie, et ^probablement à celle des sciences occultes. C’est un des inventeurs de l’imprimerie. Il y a en Allemagne une légende qui renferme le récit merveilleux des prodiges qu’on lui attribue.

Tout le monde connaît le chef-d’œuvre de Goethe, qui roule sur les aventures de Faust. Il ne nous reste aucun ouvrage de ce docteur.

FELGENHAVER (Paul) , fameux visionnaire» allemand du seizième siècle. Il croyait avoir reçu une mission divine, et il démontre dans sa Chronologie que le monde est pins vieux de ûeux cent trente-cinq ans qu’on ne le croit. '

FIORAVENTI (Léonard), alchimiste du seizième siècle. 11 a publié un grand nombre d’ouvrages, entre autres le Trésor de la i>ie hu~ main€f 1670 .

FLAMEL (Nicolas). Celui de tous nos alchimistes français,' qui a la célébrité la plus populaire. Il est né au quatorzième siècle , et fut tour à tour écrivain pnbbc et libraire; il eut dit-oh, une vision merveilleuse à la suite

DES SCIENCES OCCULTES. a5l

de laquelle il se livra à l’étude de la pierre philosophale. Les adeptes prétendent qu’il a opéré le grand-œuvre, qu’il vil encore en Amérique avec sa femme Pernel. Quoi qu’il en soit, il paraît certain qu’il fut enterré à l’église de Saint- Jacques-la-Boucherie. On met sur son compte un grand nombre d’ouvrages traitant tons d’alchimie, entre autres la Musique chimique, qui est fort rare,

GAFFAREL (Jacques), fameux kabhaliste et hébraisant. 11 a laissé plusieurs ouvrages.

GAUINET (Jules). Il a publié, en 1818, un ouvrage remarquable sur V Histoire de la magie en France.

GAUFRIDl ( Louis- Jean-Baptiste), curé de Marseille. Il vivait au seizième siècle, et a passé pour un des plus insignes sorciers de son temps. Ses dépositions devant les tribunaux sont un tissu d’atrocités dégoûtantes ; il avoua tous les crimes qu’ou lui imputait , et douna surtout un récit des plus détaillés de la messe du diable. Ce misérable fou mourut sur le bûcher au mois d’avril 161 1.

GAIJRIC (Luc ) , astrologue napolitain , né en 147Û. La reine Catherine de Médicis avait la plus grande confiance en loi. Il a publié divers ouvrages. ^

GRANDIER (Urbain), l’uu des hommes les plus célèbres dont f^^sent mention les an-

BIOGRAPHIE

nales de là sorcellerie^ 11 était curé et chanôiné de Lqndan. Quelques religieuses du convebt des Ursulines de cette ville, qu’il dirigeait-, se prétendirent possédées; ses ennemis, qui étaient nombreux, l’accusèrent de magie; il fut convaincu par -ses juges d’étre en commerce habituel avec Astaroih, Gedon et Asraodée. En conséquence, il fut brûlé vif en i634« Dans son intéressant ouvrage sur l’état d’extase,' M. Bertrand donne les détails les plus neufs et les plus curieux sur le procès d’Urbain Grandier. On a également publié sur cette affaire célèbre un ouvrage iûtîtulé Histoire dés diables de Loudiin. • ’

GllEATRAKES (Valentin), charlatan' ir- * landais, qui a fait grand bruit en Angleterre, durant le dix-septième siècle.

GRÉGOIRE VII, élu pape en 1073 . On l’adcuse dans diverses légendes d’avoir été grand sorcier. ' • ' .

GRILLANDUS (Paul), Espagnol qui a* donné pinsienrs ouvrages roulant sur la magie.

GUSTENHOVER, orfèvre de Str.isbourg,* vivait en i6o3 ; célèbre alchimiste.

GYTFE. « Il y avait autrefois en Suède un' roi nommé , qui était sage et habile ma-

gicien ; » tel est le commencement de VEdda. Je ra{>p( lierai ici que la magie runique, qui opérait au moyen des riutes , me paraît avoir plus

^ DBS SCIENCES OCCULTES. s53

tl’un r.ipport curieax avec la science des nombres. Yoici l’qpinion de M. Ballaucbe: «Quant aux runes, on dit qn’on en trouve dans la lartarie , comme en Danemark, en Norwége et en Suède; on sait qne les runes ont parlicqïé à la puissance magique ou divine, attribuée à la poésie primitive de tous les peuples; elles étaient de plusieurs sortes ; il y avait les runes amères, les runes secoiirahles , les runes 'victorieuses, les runes médicinales. » {Palyngénésie sociale. Orphée, préface, pag. 36.)

HERMÈS. C’est lui qui a donné son nom à la philosophie hermétique. Il régnait en Egypte, et on lui attribue une foule d’ouvrages merveilleux. Les kabhalistes l’ont en grande vénération. Il nous reste un catalogne des livres sacrés d’Hermès, que Clément d’Alexandrie nous a conservés dans ses Stromata Thessalice.

HIPPOCRATE. On lui attribue un Traité des songes.

ISLE EN JOXJRDAM (Mainfroi de 1'), habile devin du temps de Charles le Bel.

ISAAC (de Hollande, les deux), célèbres alchimistes, en grande vénération parmi les adeptes. On leur doit plusieurs découvertes utiles. On les met au rang des Riplay, des Van Zuchten , des Sendi Govius, des Morien, des Artesius.

JACQUES I'% roi d’Angleterre. Il a donné

BIOGRAPHIE

tm gros volume intitulé Déinonologie , oji il j>rouvë que les sorciers sont dau§ uu coimoerce abominable avec le diable.

JAMBRÈS et JAMNÈS, sorciers d’Egypte , qui combattirent par leurs prestiges, les merveilles opérées par Moïse. '

JARNVID, magicienne de Jarnvid, dont il est question dans la Fôluspa; elle est mère de plusieurs géans qui ont tons la forme de bétes féroces.

JEHAN DE MEHÜNG, auteur du Roman de la rose. On prétend qu’il y a caché le secret de la philosophie hermétique.

JÉROME (saint). Ou lui attribue un livre célèbre de nécromancie , l’^rf

JUIF ERRANT. {Vn^. page io8.)

KIRCHER (Atbanase), jésuite allemand, né à Fulde, mort à Rome en iC8o; c’était un des hommes les plus remarquables de son temps, mais il n’avait pas encore su dégager la science du merveilleux ; son monde souterrain est quelquefois un monde kabbalistique en raison des êtres fantastiques dont il peuple l’intérieur du globe. On loi doit la lanterne magique.

LAENSRERG (Mathieu), chanoine deSaint- Bar.thelemy de Liège, qui vivait an commencement du dix-septième siècle. Astrologue popnlairei bien connu. Le plus ancien exemplaire de l’almanach qn’il publiait , est de

nr.s SCIENCES occultes. a 55

l 636 . (Voy. la Biog. de la Météorologie.)

LANGLET-D.UFllESNOY (Nicolas) , né en 1674 , mort en 1755. Philologue et historien célèbre, qui a composé une Histoire de la philosophie hermétique, et un Traité des apparitions , auxquels ont fréquemment puisé ceux qui ont écrit après lui sur ces matières. Son érudition est pleine de conscience, et c’est un guide assez sûr quand on veut se livrer à l’élude de l’histoire des sciences occultes.

LE GENDRE (Blarquis). Il est auteur d’un Traité de'V opinion. Le septième volume renferme des détails consciencieux sur les sciences occultes.

LOYER ( Pierre jsienr de la Brosse le), né eu i 55 o. Fameux démonographe qui a écrit un Traité sur les spectres et les esprits, qu’il a dédié à Dieu. Cet ouvrage, divisé en huit parties, est plein d’nne érudition indigeste.

MÉDÉE. Fameuse magicienne de l’antiquité, à lac^uelleles knbbalistes attribuent un livre qui porte son nom.

MELTJSINE (la fée), fille d’Elinas roi d^Albanie, et la Pressinc ; être fantastique très-célèbre en France, et dont l'histoire est liée à celle de Lusignan. Jean d’Arras a recueilli, en 1387, les traditions populaires relatives à Melnsiue.

MERLIN ou plutôt MERDHiity né dans Pile

filOGRAPHIE

de Sein, enchanteur célèbre. C’était un bardée plein d’enthousiasme du cinquième .siècle. Le Kimrodorion renferme des fragmens de ses poésies, ( V. Enchanteurs^ Nous ajouterons qu’on les possédait 'probablement dans leor intégrité, au neuvième siècle , et qu’elles furent recueillies par Tnrpin, moine de Saint-Denis, qui mourut vers'l’an 760 ou 800.

MESMER (Antoine) , né en 1734, mort en 1 8 1 5 . Il est difficile de l’appréciei* en peu de mots, car il joignait la science au charlatanisme. Après avoir étudié la médecine, il s’occupa de kabbale et d’astrologie : il établit le premier les principes du magnétisme animal, science nouvelle , qu’on ne sait encore comment qualifier. Mesmer a publié divers ouvrages sur VInJLuence des planètes, et sur le Magnétisme animal.

MOLAI (Jacques) , dernier grand-maître des Templiers. Noos ne citons ici ce grand nom historique que pour rappeler quelques faits importans relatifs à la secte des Templiers, qu’on di^exister encore. Quelques personnes pensent que les anciens templiers ne furent pas ..persécutés uniquement à cause de l’envie qu’on portait à leurs immenses richesses, mais bien pour une cause religieuse qu’on ne voulut pas développer, et qu’on cacha sans doute sous le nom de magie. On prétend que les Templiers mo-

tors SCIENCES OCCULTES. 357

detnes out les preuves écrites de ce fait, et qu’ils ont même en leur possession un évangile partîcnlier qni a été remis par les Joannites, et qui est d’une haute antiquité. L’ancien système des Templiers renfermait, dit-on, les principes de ce que quelques personnes appellent le Nou~ veau christianisme. — Pour compléter ces renseignemens, beaucoup trop rapides relativement aux Templiers anciens et modernes, il est bon de lire l’ouv. portugais Ferrcira,\esMonumens hist. sur la condamnation des Templiers, excellent onvrâge de M. Raykouard , et VHist. des Sectes, de M. Grégoire, édit, de 1826.

MOREAU, chiromancien du dix-neuvième siècle, mort récemment. On prétend que Napoléon le consulta et qu’il loi prédit ses malheurs.

NAUDÉ (Gabriel ), fameux bibliographe.

Il a écrit une Apologie des grands hommes soupçonnés de magie.

NOSTRADAMUS, médecin et astrologue célèbre, né en i5o3. Sa réputation de prophète est populaire, grâce à ses Centuries publiées à Lyon en i555. C’est un recueil de mauvais vers où l’on trouve tout ce que l’on veut, grâce à leur forme énigmatique. Cet ouvrage a eu une vogue prodigieuse. Nostradamns est mort . à’ Salon en i566.

OVIDE. On lui attribue un livre de magie, intitulé le Livre de la vieille.

bioûhaphie

PARACELSE. Les adeptes loi donnent le titre poétique 6! Aurore du grand-œuvre. Q est \exxv héros * a est né dans le canton de Zurich en î4q3 ’Ce qu’il y a d’assuré , c’est que ce fut le plus grand médecin de sçn temps. En se livrant à l’alchimie, il fit, comme Roger Bacon et Villeneuve, les découvertes les plus precieuses. Onoiqu’il s’annonçât comme ayant découvert lï grand-œuvre, il fut pauvre , et mourut assez

ienne en i54i- v • • m'i,

PASQUALIS (Martinez), illumine. célébré,

professeur de Saint-Marün, avec lequel on l’a

quelquefois confondu. ^ - x ti

PIC DE LA MIRANDOLE (Jean). Il ne croyait pas à la magie, mais il croyait à la

^ POSTEL, l’un des hommes les plus remarquables du seizième siècle . et le visionnaire le

plus exalté de cette époque. . v , j

^ RETZ (Cille de Laval de), maréchal de

France, accusé de magie et de crimes abominables qu’U avait commis reeUement. On assure qu’il était fou; il fut brûle vif en i44o.

RTJGGIEKI (Cosme), fameux astrologue florentin. Il fut en grand crédit auprès de Catherine de Médicis. En i574, on le mit a la

‘^“kAYMOND (Lulle), qu’il faut mettre au nombre des adeptes les plus ardcns de la philo-

TIES SCIENCES OCCULTES. a5q Sophie hermétique, partage avec Paracelse Tadmiralion des alchimistes. Il est né à Majorque en i 335 , où on l’honore comme un saint. Contemporain d’Arnaud de Yilleneuve, il avait comme lui une vaste instruction, et voyagea continuellement. Outre l’étude de l’alchimie, il avait trois choses à cœur, presqn’anssi dil/icÙes a exécuter que la pierre philosophale. Il voulait que tous les ordres de chevalerie fussent réunis en une seule congrégation , qu’on supprimât les ouvrages d’Averroès , et enfin qu’on établît des monastères dans toutes les parties du monde. Raymond Lulle a professé à Paris, rue de la Roucherie, son Grand art général, contre Aristote. Il fut lapidé sur les côtes de Barbarie, et 1 on prétend que l’or potable avait prolongé sa vie jusqu’à l’âge de cent quarantecinq ans. ( V, Vlntrod.)

SAINT-GERMAIN (le comte de), charlatan célèbre du sviii» siècle, sur lequel on n’a jamais su à quoi s’en tenir; il voulait se faire passer pour contemporain de J.-C. Quelques personnes le croyaient petit fils de Henri ly.

SAINT -MARTIN (dit le Philosophe inconmt)^ illuminé célèbre, né le i 8 janvier 1743. Il embrassa d’abord la vie militaire ; mais ayant entendu Martinez Pasqualis à Lyon* il se livra à la théosophie avec ardeur. Il est mort en 1783. On a de lui plusieurs écrits recherchés,

l6o ' SrOGKAPllIÉ

et il compte encore de nomlnenx partisans parmi des hommes fort instruits. Ses trois principanx ouvrages sont : Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l’homme et i’univers, 1784, in-8°. — De l’Esprit des choses^ ou Coup d’œil philosophique sur la nature des êtres et sur l'objet de leur existence, 1 vol. Jn-8®. — L’Homme de désirs, souvent réimprimé.

SWÉDENI 50 RG (Emmanuel), né à Upsal eu 1688, célèbre illuminé. Il voyagea bcaueoup , mais vécut en général caché. Il ne s’ouvrait qu’avec réserve On dit que quand il avait achevé un de ses traités, il s’^'inbarquait pour l’aller faire imprimer à Amsterdam ou à Lon-' dres. Ses mœurs étaient d’une grande pureté , et il avait acquis une instruction remarquable, lia écrit plusieurs ouvrages étrangers à l’illnminisnie, qui roulent sur la minéralogie, la physique , les mathématiques et l’astrologie. Il a même éclairci quelques points de littérature, et s’est occupé des Sentences de Sénèque et de Pnhlius Syrus. Il expira doucement à Londres, le 29 mars 177a, à cinq heures du soir, après avoir demandé à deux femmes qui étaient près de lui, l’heure qu’il était. Ses dernières paroles ont été.: « Voilà qui est bon, je 'vous remercie. Dieu 'VOUS bénisse. » (V. pour ses puv. de tbéo- Sophie , la Bibliog. )

SYLVESTRE II, pape en 999, l’un des

hommes les plus iustrults de sou temps, et par consécpient réputé magicien. On prétend même qu’il n’était monté sur le siège pontifical qu’en raison d’un pacte avec le diable.

TÜRQIJEMADA (Antoine de), Espagnol.

Son llexameron, traduit en français eu 1 58 a , renferme une foule d’histoires plus merveilleuses les unes que les autres.

TKOIS-ÉCIIELLES. Célèbre sorcier de Charles IX. Ce roi le lit bnîler, et dans l’interrogatoire qui précéda sa condamnation, il avoua qu’il y avait, au temps où il vivait, plus de dix-huit mille sorciers en France.

TUBALCAIN, célèbre enchanteur.

VILLARS ( l'abbé de ). C’est un des auteurs qui out le plus écrit sur la kabbale, mais de telle sorte que l’on ne peut savoir s’il y croyait ou si c’était un simple jeu d’esprit. Il est. bien loin {l’avoir abordé les secrets cle la haute kabbale. Il fut assassiné sur la route de Lyon en 1678.

YOLA. c’est la dénomination de l’antique sibylle du Nord. M. Rallanche dit, dans sa Palin^énésie , (|ue « Vola désigne la paume de la main , symbole très-expressif dans le langage liguré de ces temps. Le luol est resté avec cette signification en latin. Il fut, chez les Etrusques, lé nom général de tonte ville considérée comme • cité mystique. Une AVdffi portç le nom la 'voluspd, oracle de 1 ^ prophétesse Vola. :Vil-

nioGaA.puiE*u£s sciences occultes.

liispà est un mot composé cjni, après avoir été le nom d’une poésie, devint le nom des propliélesses des nations celtiques. Ce mot, que M. llallanchc a raison de regarder comme composé , j’en ai cherché la racine , et j’ai trouvé dans le Lexique de Resenius : 'vol, qnerela, lainentatio, 'vola luisere qiieri, spa valiciniura. On pourrait dire que voluspa signifie oracle Je tristesse. Il importe beaucoup, je pense , dans l’élude des sciences occultes, de spécifier la signification réelle des noms. C’est ainsi que mage signifiant savant en persan , ce mol seul donne l’idée de la magie primitive. Les parsis modernes ont conservé le mot magoy.

WAYLAND, espèce d’enchanteur, forgeron, instruit par deux nains de la montagne Kallova à fabriquer des armes enchantées. Il est célèbre dans les légendes du Nord. On peut consulter à ce sujet une dissertation pleine d’intérêt, due à M. Depping. (Y. Mém. de là Soc.

des antiquaires de France, t. 5 , p. 223 .)

WIERUS ( Jean ), déinonographe allemand fort célèbre , élève du fameux Agrippa. Il connaissait si bien les divers personnages de la monarchie infernale , qu’il les désigne parleurs noms et par leurs fonctions. Sou principal ouvrage a été traduit en 1669, sous le titre des Cinq livres Ja Vimposture et tromperie du diable.

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BIBLIOGRAPHIE

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