‹ Tableau historique des institutions modernes, contenant, pour chaque peuple, l'organisation politique, administrative, judiciaire ... Par m. Malepeyre aineChapitre 33 sur 64 · CABOUL · texte numérisé non relu

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tantes. Dans toutes les matières l’opinion du

clergé est d’un grand poids, et ce clergé, qui forme une hiérarchie régulière, dont le sheiAh-ul-islam est le chef suprême, est toujours consulté dans les matières graves , afin d’en obtenir un arrêt dicté par le ciel ou conforme à la loi. Le titre de molla ou membre du clergé se donne à quiconque sait lire.

Les Turcomans , les UsbecAs et les Juifs, sous la domination du khan de la Boukarie, paient un impôt personnel, et ceux qui sont propriétaires, le tiers de leurs revenus, le tout perçu la plupart du temps en nature.

Plusieurs de ces inventions fiscales, qui ruinent et désolent les peuples de l’Europe, telles que droits de douane, d’octroi, etc., ont étendu leurs ravages jusque chez ces peuples à demi civilisés.

Section IV. — Caboul.

La constitution politique du Caboul ou * Afghanistan ne ressemble pas à celles des autres monarchies de l’Asie. L’autorité du roi y est directe et absolue sur les villes de son territoire ou de sa dépendance ; mais le reste de la nation est divisé en clans ou communautés J

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qui se gouvernent indépendamment du souverain , et chez lesquels on lève difficilement

de l’argent et des troupes. Ces communautés, qui portent le nom deOo/oow,sont gouvernées par des khauns désignés par le roi parmi les anciennes familles des Oolooss. Le khaun est un monarque dont l’autorité est limitée , et qui ne peut rien entreprendre sans consulter le zecrga ou assemblée représentative du peuple. Les Oolooss forment souvent, meme en dépit du souverain, des alliances ou des confédérations pour leur défense mutuelle.

Le gouvernement des Afghans , fondé en 1750, offre beaucoup d’analogie avec celui des anciens peuples de la Germanie , et quoique les clans soient fréquemment en guerre , et que l’autorité du monarque y soit despotique, cependant l’état présente un caractère de stabilité due à la prospérité qui règne dans la plupart de ces clans, soustraits en grande partie au fléau d’un pouvoir absolu.

Le Beloutchistan, presque entièrement peuplé de nomades grossiers, est partagé entre plusieurs tribus soumises à un khan qui réside à Kelat.

HINDOSTAW.

Section V. — Hindostan,

Tous les liabitans actuels de l’Hindostan descendent ou des anciens hahitans de ce pays, ou des peuples d’origine étrangère, qui à différentes époques sont venus y former des établissemens. Ces différens peuples sont au nombre environ de trente, en y comprenant quelques peuplades nomades qui parcourent l’Inde; mais les véritables indigènes ou les Hindous en occupent encore la plus grande partie.

De même que dans les temps lçs plus anciens , la nation hindoue est encore divisée en quatre castes ou dchadis , qui ont leurs privilèges , leurs fonctions et leurs lois particulières. Plus la caste est élevée, plus les restrictions qui lui sont imposées sont sévères et multipliées , mais plus aussi elle jouit de prérogatives honorables. La quatrième caste, qui a peu de lois à suivre , est aussi celle qui jouit de moins de droits et de considération. Suivant l’usage immémorial chacun doit rester invariablement dans la caste où il est né , et ou le sort l’a jeté ; il doit en pratiquer les devoirs , sans que jamais son savoir ou son

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génie puisse l’élever à une caste supérieure.

La caste la plus noble est celle des brahmans ou brames , c’est-à-dire prêtres, qui sont en même temps les savans ,les jurisconsultes et les fonctionnaires publics de l’Inde. Ils se divisent eux-mêmes en plusieurs classes ou

La deuxième caste est celle des chatri ou kqytri , c’est-à-dire enfans de rois , parce qu’ils sont regardés comme les descendans des anciens rois hindous.C’est dans cette caste que doivent être nés tous les princes et grands vassaux , à moins qu’ils ne le soient dans la première. Les chatri sont tous destinés à l’état militaire et naissent soldats. On donne en général le titre de rajah à tous les chefs ou seigneurs; dans le Decan, les chefs des naïrs sont des chevaliers de cette noble caste.

La troisième caste est celle des vaichics , qui sont adonnés à l’agriculture, au jardinage , à l’éducation des animaux domestiques , au commerce, aux arts et manufactures. Les mahrattes sont généralement de cette caste. Quand les vaichies se livrènt au commerce étranger, ils portent le nom de banians. , -'4

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L<es artisans, les ouvriers, subdivisés en un grand nombre de maîtrises et compagnies, forment la quatrième caste.

On trouve encore dans l’Inde des castes mixtes ou provenant du mélange d’individus de castes différentes ; elles y sont en général méprisées comme n’ayant pas , pour ainsi dire, d’état civil; puis les parriahs, espèce rejetée de la société et à laquelle les Indous , abandonnent les travaux les plus vils et les corvées les plus flétrissantes. Ces malheureux forment trois subdivisions.

L’Inde sindétique , composée de quatre grandes provinces, est maintenant disputée par les rois du Caboul et par les Seiks. Ces Seiks forment une secte religieuse qui a eu autrefois des chefs suprêmes revêtus du pouvoir spirituel et civil; depuis long-temps ils ont formé une grande république fédérative dont les chefs ne sont que des officiers militaires. Les membres de cette république ne sont unis par aucun lien, et il s’élève fréquemment entre eux des différends, qu'on termine par la voie des armes.

Il y encore dans l’Inde un grand nombre d’états dirigés par des rajahs indépendant,

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