‹ Tableau historique des institutions modernes, contenant, pour chaque peuple, l'organisation politique, administrative, judiciaire ... Par m. Malepeyre aineChapitre 34 sur 64 · HIST. UES INST. MODERNES · texte numérisé non relu

HIST. UES INST. MODERNES

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j>ar leurs vassaux, par des seigneurs brahmines ou par des rois. Les Mahrattes , cpii occupent plusieurs provinces de l’Hindostan central, sont des peuples cultivateurs et guerriers qui se divisent en trois tribus , et semblent être peu avancés en civilisation. Chez eux cesont les brahmines qui ont toute la direction des affaires publiques; ces peuples forment une république militaire composée de rajahs indépendans, à la tête desquels est l epeichwa, lui-même réputé le ministre du grand rajah, dont le pouvoir n’est plus que titulaire , le peichwa en remplissant toutes les fonctions.

Le territoire propre du grand rajah est peu étendu , et ses revenus annuels, basés sur des contributions, ne sont pas considérables.Chez les Mahrattes toutes les charges sont héréditaires , et les grands oppriment sans pitié le peuple et surtout celui des provinces.

A l’exception des nababs , rajahs, rois ou khans indépendans de la confédération des seikset de celle des Mahrattes, le reste del’Hindostan, c’est-à-dire tout le coins du Gange jusqu’au-delà de Delhy, et presque tout le pays situé entre l’Indus et le Barampooter , le golfe de Beng ale et les montagnes du Thi-

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HINDOSTAN. .311

bet, est sous la domination de la compagnie

anglaise des Indes. Le gouvernement suprême de Calcutta n’administre guère, soit par ses agens, soit par lui-même, que les deux tiers de cette vaste étendue de pays.

Le pouvoir discrétionnaire du gouverneurgénéral et de son conseil, l’orgueil et l’arrogance qu’on reproche à si juste titre aux Anglais envers leurs subordonnés ou envers les nations subjuguées, y sont la source d’une foule d’abus révoltans dans l’administration de la justice ef la sûreté des personnes et des propriétés. Les autres contrées, qui composent environ le tiers de ce qu’on peut regarder comme possessions anglaises, sont partagées en un grand nombre de petites principautés administrées par des nababs ou des rajahs, qui, au moyen de traités conclus avec eux, gouvernent leurs états sous le bon plaisir des Anglais. Le gouvernement entretient auprès d’eux, sous prétexte de les protéger, un résident et quelques troupes, presque toujours européennes ou commandées par des officiers européens. Le résident correspond directement avec le gouverneur général , et lorsque le prince commet.des injusti-

ara, asie.

ces ou des cruautés, on l’interdit, et un autre membre de sa famille gouverne en son nom.

Quand cette mesure ne suffit pas, le résident, au nom du gouverneur général, nomme les ministres en conservant les formes de l’administration en usage dans le pays. Lorsque la province cherche à secouer le joug tyrannique des Anglais et à s’affranchir des tributs énormes qu’elle leur paie, et qui s’élèvent à la moitié du produit des terres, elle cesse d’étre alliée, on la déclare conquise, et l’on y envoie des administrateurs et des juges anglais»

Tous les postes honorables et lucratifs sont réservés pour les Anglais ; les natifs en sont soigneusement exclus. Une armée de cent soixante mille cipayes, ou troupes du pays , armées et exercées «à l’européenne, et commandées par des officiers européens, maintient leur supériorité dans l’Inde.

Les Cingalais , ou liabitans de Ceylan , dont les mœurs et les coutumes ressemblent à celles des Hindous, ont un roi investi d’un pouvoir illimité et secondé par deux juges suprêmes. Quelques-unes des peuplades de

EMPIRE DES BIRMANS, SIAM , etc. 2l3 cette île sont indépendantes; mais Pile tout entière est sous la suzeraineté des Anglais.

Section VI. — Empire des Birmans y Siam , Malais.

L’empire des Birmans , fondé par Alompra, et qui comprend lés anciens royaumes <1 ' Ava et de Pégoti t le Cassayet V Aracan , est sous le joug du pouvoir despotique ; cependant on y trouve un corps législatif distinct de la royauté, appelé le loutou , composé de membres délibérans , de secrétaires et de rapporteurs. Ce corps, qui a le droit de contrôler les actes du souverain, tempère un peu son pouvoir discrétionnaire. Le contrepoids de ce sénat est le conseil privé du prince, qui consiste en un nombre considérable de ministres de l'intérieur ou officiers , dont quelques-uns se trouvent constamment auprès du roi pour faire expédier ses ordres. r Les vice-rois des provinces , les officiers et employés de la cour, ne reçoivent pas de salaire , mais des concessions de terre et des vassaux. En général , le peuple est livré à cette multitude de petits tyrans dont les fiefs militaires ne sont qu’à vie. A la première

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sommation du seigneur , ces misérables vassaux doivent marcher en masse à la guerre.

Les titres et honneurs ne sont pas non plus héréditaires. Les revenus du roi consistent dans la dîme des productions de la terre , le dixième de la valeur des marchandises étrangères introduites dansrempire,et des impôts sur le peuple. Chez les Birmans une lueur de civilisation commence à paraître , mais ils sont encore très-superstitieux et accordent toute leur confiance à leurs prêtres ou talapoins , espèce de jongleurs qui ont de nombreux couvens.

A Siarn , le gouvernement est très oppressif , et , non seulement le souverain est un despote propriétaire par fiction de toutes les terres du pays, mais il est encore le marchand en chef, et en cette qualité il exerce la plus grande partie du commerce. La couronne est héréditaire , mais les abus d’autorité et les excès la font fréquemment tomber du front des tyrans. Le roi dans son palais n’est servi que par des femmes ; il ne se montre au peuple qu’une fois par an , quand «il distribue ses aumônes aux talapoins. Le peuple y est partagé en tribus qui

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ont pour chef un nai. Les nais sont soumis à des gouverneurs provinciaux. Les lois de Siam sont toutes rédigées par écrit et répandues parmi le peuple; elles sont encore imparfaites,et Ton retrouve à Siam les épreuves des anciens Germains; toutefois il faut observer que ces épreuves ainsi que tous les procès ont lieu en présence du peuple, et même du roi, qui assiste au jugement , et que paimi les dispositions utiles de ces lois, on remarque celle qui défend de poursuivre ou de faire arrêter un citoyen sans que le dénonciateur ait donné caution pour répondre de la légitimité de l’accusation. Il n’y a pas non plus de noblesse héréditaire à Siam.

La presqu'île de Malacca est partagée en six royaumes divers. Les Malais sont gouvernés par des lois féodales. Le roi ou sultan donne ses ordres aux grands vassaux, qui les communiquent à leur tour à leurs sous-vassaux. La nation vit dans l’esclavage, excepté une petite portion qui , sous le nom de oranicai ou nobles , sont indépendans , et vendent leurs services à ceux qui paient le mieux. * Sumatra est aussi gouvernée par plusieurs petits souverains. Java compte également

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quatre royaumes , etc. ; nous ne nous étendrons pas davantage sur ces peuples et sur toutes les îles de l’Australasie, parce que leurs institutions politiques et civiles sont peu développées , et que d’autres nations plus civilisées appellent notre attention.

Section "VII. — Laos , Cobhinchine.

Laos est divisé en plusieurs petits royaumes, soumis à un souverain absolu , le plus souvent esclave lui- même de ses ministres op de ses femmes. Les chefs de famille y exercent une sorte de pouvoir , qui s’éclipse devant celui des prêtres ou talapoins , dont le chef prend le nom de Radjah ou roi; ces fourbes bravent l’autorité civile, vivent dans la licence et le désordre , et aux dépens -du peuple qu’ils oppriment et qu’ils trompent.

La Cochinchine, qui comprend en outre aujourd’hui le Tonquin , le Tsiompa et le Cambodge , est bien plus avancée en civilisation que les peuples dont nous venons de faire mention ; c’est de Ja Chine qu’elle a tiré toutes ses doctrines et ses lumières. Dans ce pays il n’y a pas de religion , et la seule

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chose qui en représente une forme systématique est le culte des ancêtres , devoir plutôt civil que pratique religieuse. Cependant les classes inférieures adorent Bouddha, et les hommes de rang ou les lettrés sont de la secte de Confucius. A la Cocliinchine les prêtres sont regardés comme des jongleurs ou des charlatans.

Les Cochinchinoissont divisés en deux classes , le peuple et la noblesse ou les mandarins. La noblesse est héréditaire , mais le tenjps , qui en Europe ajoute sans cesse «à son illustration, la détruit peu à peu à la Cocliinchine, et, par une disposition bien sage , le fils d’un . mandarin de première classe ne sera que de la seconde s’il a un emploi en cette qualité; ses enfans seront de Ja troisième; et s’il n’occupe pas d’emploi dans cet ordre , ses fils rentrent dans le peuple. A chaque génération , la noblesse descend an moins d’un rang, à moins que le descendant d’un mandarin ne mérite d’être avancé parsestalens ou pour ses services, et, dans ce cas, à la Cochincliine, on ne refuse d’avancement à personne. Néanmoins le peuple y est méprisé, vexé et soumis au bambou ou aux corvées;

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sa vie , ses biens, rien ne lui appartient en toute propriété.

Section VIII. — Chine.

La nation chinoise est divisée en deux ordres : dans le premier on compte les princes de la famille impériale , et les gens élevés aux dignités, appelés mandarins ou lettrés , et dans le deuxième les laboureurs , marchands , artisans , etc. La seule famille de la Chine où la noblesse soit héréditaire est celle du philosophe Confucius ,qui dure depuis plus de 2,000 ans. Au reste, tous les Chinois sont égaux , et le savoir et le talent servent seuls à établir des distinctions entre . eux.

Le gouvernement de la Chine est censé patriarclial , et, quoique Y empereur soit supposé, par une fiction absurde, n’exercer sur ses sujets que les droits d'un père sur ses enfans, néanmoins le fils sacré du soleil \ l’unique gouverneur de la terre et le grand père de son peuple le gouverne de la manière la plus absolue et la plus arbitraire. Il dispose de tous les emplois, donne des ordres qui sont autant de lois exécutoires sans délai, et exige

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que sa personne soit adorée, et qu’on se prosterne devant lui. Souvent, il est vrai, ce pouvoir immense est dans les mains de ses eunuques ou de ses concubines, mais ce chef du céleste empire n’en fait pas moins trembler tout le monde/ surtout quand il sort accompagné de ses deux mille licteurs ou bourreaux, qui portent des chaînes, des haches et tout l’appareil du despotisme oriental. La succession au trône est héréditaire; toutefois l’empereur a le droit de choisir son successeur sans consulter personne et à l’exclusion des princes de sa famille, sur laquelle il étend son autorité absolue.

Mandarins ou lettres. — On distingue deux classes de mandarins, les lettrés et les mandarins militaires; les premiers jouissent de bien plus de considération que les autres , et c’est sur eux que repose toute l’administration civile de la Chine; avant de devenir mandarin il faut faire de longues études et passer par divers degrés qui correspondent à ceux de bachelier, licencié et docteur. Ceux qui ont obtenu ces degrés sont alors propres à remplir les fonctions de gouverneurs d’une ville du deuxième ou troisième ordre. Dès qu’il

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existe plusieurs vacances dans le gouvernement de ces villes, l’empereur invite à sa courun nombre correspondant de mandarins, dont les noms sont inscrits sur une liste. Les noms des gouvernemens vacans , inscrits sur des morceaux de papier, sont alors jetés dans une boîte , chaque mandarin tire à son tour , et devient gouverneur de la ville dont il amène le nom.

Il y a huit ordres de mandarins : i° les calaos, parmi lesquels on choisit les ministres d’état , les présidens des cours suprêmes et tous les officiers supérieurs de la milice; le chef de cet ordre préside les conseils de l’empereur et joiuit de toute sa confiance ; les te-hiose ou savans , parmi lesquels on choisit les'vicê-rois et les présidens des conseils supérieurs des provinces ; 3° les membres de l’école des mandarins , secrétaires de l'empereur; 4° les inspecteurs des ports, des maisons royales et du domaine; 5° les inspecteurs des troupes ; 6° les inspecteurs des grands chemins ; 7 0 les surintendans des eaux; 8° les inspecteurs des côtes maritimes.

Les mandarins militaires n’ont jamais aucune part au gouvernement , et ils parvien-

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lient à ce grade en passant y 31, des degrés analogues «à ceux des lettrés , et qui ne s’acquièrent que par le plus ou moins d’habileté et d’instruction dans les exercices militaires et dans la tactique. Les chefs de ces mandarins ont des titres honorifiques , équivalens à ceux de princes, ducs et comtes.

Tous les mandarins , au nombre de douze à quatorze mille pour les lettrés , et de dixhuit mille pour les militaires , composent la noblesse delà Chine , mais ni leur noblesse ni leur office ne sont héréditaires; c’est l’empereur qui confère l’une et l’autre au plus savant. En général , ces satellites d’un prince absolu sont mal salariés , et se livrent impunément «à toutes sortes d’excès, leur autorité, dans leur département , étant aussi illimitée que le pouvoir du prince qu’ils représentent. Cent bourreaux les accompagnent partout , et rappellent le terrible cortège d’un maître, qui souvent leur fait infliger la bastonnade.

Administration de l'empire et tribunaux . — Toutes les

parties de l’administration de co.vaste empire sont régies par six pous ou cours souveraines , composées d’un président, de quatre assesseurs, et de vingt-quatre con-

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seillcrs, dont douze tarlares et douze chinois, et d’un kho ou inspection fiscale. Les présidons de ces cours, réunis aux princes du sang., forment le conseil d'état, divisé en trois sections; chaque pou a dans tout l’empire ses officiers et ses Employés, qui correspondent uniquement avec elle , ainsi qu’une infinité de bureaux et de tribunaux qui leur sont .subordonnés , et auxquels reviennent en dernier ressort toutes les affaires importantes. Ces pous sont le ministère des nominations, ceux des finances, des cérémonies, de la guerre, de la justice et des travaux publics. Le conseil pour la direction des provinces extérieures de l’empire et des relations avec les souverains étrangers, et le conseil des censeurs qui ont le droit d’adresser des remontrances à l’empereur sur les fautes de son gouvernement et sur les abus, font aussi partie de l'administration suprême de l’empire. Nous passons sous silence une foule de directions et de bureaux divers qui résident à Pékin.

Les provinces sont régies par deux sortes de gouverneurs ; les uns en gouvernent une seule, et résident dans la capitale de la province, et trois ou quatre de ces provinces sont de plus soumises à la haute juridiction de vice-rois. Les pouvoirs et les droits de ces gouverneurs sont si bien établis que rarement il s’élève des conllits, soit entre eux, soit avec les autres autorités. Chaque capitale de province a des tribunaux supérieurs qui répondent aux cours souveraines de Pékin , et qui sont subordonnes aux gouverneurs, comme celles-ci le sont à l’empereur. Les autres villes ont aussi leurs gouverneurs, et plusieurs mandarins subalternes qui rendent la justice; toute la hiérarchie adrai-

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