CHINE
nistrativc et judiciaire est invariable; chaque magistrat, chaque bureau, tribunal ou administration, dépend de celui qui lui est immédiatement supérieur, et ainsi de suite, à commencer dans le plus humble hameau jusqu’aux cours souveraines de l’empire et à l’empcrcur.Les finances seules ne sont pas du ressort des gouverneurs, elles sont régies parle trésorier delà province.
Toute justice est gratuite, ci l’on peut à son gré s’adresser aux tribunaux de sa ville , ou à ceux de sa province; on en appelle des décisions des gouverneurs aux cours souveraines de Tékin; ces cours quelquefois soumettent l’affaire à l’empereur, qui prononce une décision irrévocable. Les affaires criminelles passent ordinairement par cinq ou six tribunaux subordonnés les uns aux autres, et où recommencent tous les débats et toutes les procédures. Les sentences de mort, aussi bien que beaucoup de jugemens sur des matières civiles, ne sont exécutoires que lorsqu’ils ont reçu la sanction du souverain; en matière correctionnelle, le juge peut faire punir sur-le-champ le coupable, en lui faisant administrer un certain nombre de coups de bambou, mais dans les affaires qui ont quelque gravité, la partie lésée doit le faire traduire devant un tribunal où l’on instruit son procès dans les formes.
Généralement les peines sont sévères ù la Chine, et les règlemcns de police faits avec beaucoup de soin ; néanmoins les abus de pouvoir, surtout dans les provinces éloignées, sont Irès-frequens, et l’on voit souvent les agens du gouvernement se livrer à des actes arbitraires, quoique la cour soit dans l’usage d’envoyer des kolis ou commissaires dans chaque province pour veiller sur la
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conduite des mandarins, et qu’il y ait des tribunaux oà l'on porte plainte contre ses supérieurs, mais avec la pleine certitude d’clre puni d’une pareille audace, parce que les mandarins, véritable aristocratie de la Chine, sont fort unis entre eux et ont l’orgueil et l’insolence des castes privilégiées.
Force armée. — Il n’est pas étonnant qu’un Chinois, dont toutes les idées sont dès son enfance dirigées vers la servilité et l’obéissance passive, soit un mauvais défenseur de la patrie; aussi l’armée chinoise est-elle peu redoutable, quoique composée de sept cent quarantemille hommes, dont cent soixante-quinze de cavalerie régulière, sans compter plus de cinq cent mille hommes de cavalerie mongole irrégulière. Cette armée est divisée en quatre corps, et composée de divers peuples; le premier ç.orps ne compte dans ses rangs que des Tartares mant- ' chous, conquérans et maîtres actuels de la Chine; ces troupes, qui s’élèvent à soixante-sept mille hommes, sont.l’élitc de l’armée et jouissent de grands privilèges; le second corps, de vingt-un mille hommes, n’est formé que de Mongols; le troisième compte vingt-sept mille coinbattans, tous descendans des Chinois qui sc joignirent aux Mantchous lors de la conquête. Enfin le quatrième corps est composé de Chinois recrutés parmi ceux qui combattirent les conquérans; il s’élève à cinq cent mille hommes, auxquels il faut joindre cent-viugtcinq mille hommes de milice.
Tous les soldats chinois sont mariés, et leurs enfans
sont inscrits sur les rôles en naissant; outre ses armes,
un cheval , une maison et une certaine portion de riz, chaque soldat des premiers, deuxième et troisième corps,