AVERTISSEMENT DE L AUTEUR. VU
à lui tantôt une expression plus heureuse, tantôt une pensée plus vraie, plus frappante ; souvent il apercevrait des erreurs, des fautes que, en s'abandonnant à sa facilité naturelle, il aurait laissé échapper.
Mais l'on peut avoir besoin d'ajouter à un ouvrage des explications, des développements, des discussions, des applications, des preuves qui en interrompent le fil ; qui ne peuvent intéresser qu'une partie des lecteurs; qui tantôt ne sont intelligibles que pour les hommes exercés dans une certaine classe de connaissances, tantôt ne sont utiles qu'à ceux auxquels ces mêmes connaissances sont étrangères. On ne pourrait mêler ces notes avec le texte sans y introduire une bigarrure souvent ridicule, sans dégoûter le lecteur par de longs et fatigants épisodes.
Tel est le seul genre de notes que je me permettrai dans cet ouvrage. La langue de la philosophie, de la morale, de la politique, est encore très imparfaite. Je l'ai employée dans ce prospectus telle qu'elle existe, en évitant avec soin les équivoques que cette imperfection aurait pu produire. Dans l'ouvrage, je chercherai souvent à y donner plus de précision, soit en introduisant des expressions nouvelles, soit en fixant l'acception dans laquelle s'emploieraient des expressions déjà reçues, mais seulement dans l'intention de me faire mieux entendre, et non dans la vue de proposer une langue nouvelle : elle ne pourrait l'être avec succès que dans un ouvrage oii le système des sciences serait développé dans toute son étendue. Rarement l'explication d'un mot peut être renfermée dans une définition méthodique ; elle exige presque toujours une analyse détaillée; s'il s'agit de fixer avec précision l'acception qu'on veut donner aux mots connus, sans les détourner de leur sens vulgaire, des discussions philosophiques ou grammaticales deviennent nécessaires. Ces développements doivent donc être renvoyés dans les notes.
J'ai parlé dans ce prospectus de méthodes techniques qui peuvent accélérer les progrès des sciences ou en