‹ Tableau historique des progrès matériels et intellectuels du Canada [microforme]Chapitre 6 sur 10 · EE TP ART LOT RAT RU 2 DANS · texte numérisé non relu

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Le Procureur-Général anglais ne donnait point de cours"

de droit. L’Ecole de théologie resta seule avec le petit Séminaire, dans lequel on organisa une Ecole de Mathématiques sur un grand pied. Monseigneur Hubert écrivait : “ Généralement parlant, ïes élèves, au sortir des

études, seront en état d’embrasser avec succès tels genres

de sciences que leur présenterait une Université, soit jurisprudence, soit Médecine, Chirurgie, Navigation, Génie etc.” Trois ou quatre ingénieurs militaires sortis du Collége de Québec ont prouvé que ce prélat n’exagérait pas. Un ingénieur anglais à qui mon respectable ami le docteur Meilleur, recommandait un jeune homme, lui disait : les Canadiens n’ont aucune aptitude pour cette branche. Vous avez vu cependant que nousavons fourni des sujets aux grandes puissances de l’Europe : la vérité est que les Anglais ne désirent guères que nous leur fassions concurrence, et qu’ils la redoutent fort. Un autre élève de mathématiques à Québec fut Henry Hardinge qui, de rien, était destiné à devenir successivement officier d’état-major, commissaire anglais près les armées prussiennes en 1815, ministre de la guerre, Grand-Maître d’Artillerie, pair d'Angleterre, Vice-Roi de l'Inde et enfin successeur de Wellington dans le commandement suprême des armées. La Fabrique de Montréal ayant acheté le château Vaudreuil, y établit le collége en 1773. Jusque en 1790, on n’y fesait pas encore de philosophie ; mais Monseigneur Hubert y envoya la même année, pou: professer cette science, M. Ignace Lec!air : l’honorablé D. B. Viger fut un de ses élèves. La révolution française ayant jeté sur nos plages l'élite de St. Sulpice, eet établissement se trouva bientôt abondamment pourvu de professeurs du premier mérite, entre autres les Rivière et les Houdet,—ce dernier, fils d’un Président à Mortier.

Ce collége fut incendié en 1802. Mon père vitscintiller. les premières étincelles ; mais le gripet qui est le plus.

accrédité préfet de discipline parmi les gi/tins, lui souffla de ne rien ébruiter. Qu’est-ce après tout que l’incendie d’un: collége, comparé aux maudits devoirs et pinsons dont l’écolier est accablé comme le pauvre ânon sous son faix !!! Le collége actuel a été ouvert en 1806 sous la présidence de feu M. Roque, d’heureuse méruoire.. Les colléges de Nicolet et de St. Hyacinthe fu-

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rent fondés quelques années après ; puis ceux de Ste. Anne Lapocatière, de l’Assomption, de Chambly et de Ste. Thérèse de Blainville. Celui de l’Assomption a celà de particulier qu’il a une corporation composée d’ecclésiastiques et de laïcs,tels que le docteur Meilleur, qui est un de ses fondateurs. On a cru dans les derniers tems que l’éducation générale pouvait être pour le peuple un élément de bonheur : telle a été du moins la manière (le penser du juge Mondelet et du docteur Meilleur dans leurs écrits en forme de Lettres, et quoique les Canadiens passassent pour un des peuples les plus fortunés de la terre, on a voulu leur donner encore ce bienfait réel ou prétendu. À une époque assez reculée déjà, le Bas- Canada seul possédait 64 collèges, couvens ou académies, et 1569 écoles primaires. Le Canada Supérieur avait aussi vu s'élever un collége décoré du nom d’Université comme celui de McGill. Celui de Victoria a suivi, puis celui de Lennoxville, dans le Ras-Canada. Ces colléges ont été déserts jusque à ces derniers tems. Celri qu’on a nommé en dernier lieu l’est e::core. Le collége McGill, à part d’un succès bien prononcé comme Ecole de Médecine, a été nul pour tout le reste, et n’a pu avoir des élèves, après bien des années, qu’en mettant des bourses à la disposition du Gouverneur-Général, et en s’incorporant avec le High School et l'Ecole Normale. Pour revenir au Canada Supérieur, les évêques catholiques ont aussi commencé à y établir des coiéges. Dans cette partie de la Province, où les antipathies religieuses sont destinées à se propager longtems encore, la loi d’éducation contient des clauses injustes et préjudiciables aux catholiques. Chez nous, où l’enseignement classique à surtout prospéré, cette branche d’instruction, créée par le clergé, demeure jusque à nos jours presque exclusivement à ses soins En conséquence de la difficulté de trouver des sujets habiles pour rémplir les chaires de professeurs dans un si grand nombre d’établissemens, on a dû, pendant quelque temps,s’apercevoir de la dégénérèscence plutôt que du progrès des études ; et c’est peut-être à propos que les colléges de Chambly, d’Industrie et autres, ont adopté un plan d’instruction différent ; maisceux qui d’abord ont exclu tout-à-fait l’enseignement des langues mortes;se le proüturent à présent. Quoiqu'il en soit,

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… 94 — on n’a pas raison de décrier l’éducation classigqueet ta manière dont on enseign® dans nos colléges : 1l faut trois ou quatre établissemens de ce genre. Le système des Jésuites est approuvé par les plus grandes autorités, et la longueur du cours elle-même est avantageuse à la société. Rien donc de plus flatfeur pour nos institutions collégiales,—-point de plus bel-éloge à leur donner que de les représenter comme suivant dans leurs cours d’étundes le système des Jésuites. C’est à quoi s’en est tenu le premier concile de la Province Ecclésiastique de Québec, dans son décret X Vème, ainsi conçu : Nobis vero nihit non emolliendum erit ut Catholici, jura sua retinentes, scholis sibi proprits, sicut et collegis universitatibusque, in tota nostra Provincia fruantur. C’est pourquoi l’archévêque a fait ériger en Université par la Couronne d'Angleterre d’abord, puis par le Saint-Siége, sous le nom du grand homme qui a occupé le premier le siége de Québec, le collége de cette ville, auquel l’Ecole de Médecine et une couple de colléges, je crois, se sont réunis. Si tel est le cas, c’est le moyen d’en faire une véritable Université, par laquelle on doit entendre, comme le fesait Monseigneur Hubert, une réunion ou incorporation de plusieurs colléges. Montréal doit avoir, elle aussi, une Université catholique, et en le répétant, je fais écho à ce que proclamait naguères le docteur Beaubien à l’ouverture de l'Ecole de Médecine : le concile se sert de l’expression universitatibus au pluriel. Je saisis l’occasion de mentionner ici les institutions dont Montréal jouit en plus grand nombre qu'aucune autre ville des deux Canadas. Ce sont la Société d'Histoire Naturelle, l’Institut Polytechnique, l’Institut Médical, ce Cabinet de Lecture dans lequel j’ai l’honneur de parler, quatre colléges classiques l'Ecole Normale et les Ecoles de Médecine et de Droit. Ici, je re puis mieux faire que de citer M. Myrand, dans un assez bon pamphlet sur l’histoire de l’instruction publique en Canada. Seulement, l’auteur prolonge beaucoup trop l’absence des Jésuites, qui n’a été que d’environ quarante ans. ‘“ Après une absence de plus de 70 ans, ils reviennent pleins de jeunesse et d’ardeur dans le pays, qui est devenu riche et puissant, Pauvres aujaurd’hui et toujours missionnaires, ils viennent s’asseoir sur la borne.de leur ancien héritage, ils viennent frapper à

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