CHAPITRE V. 3o
« et découvrir à l'œil épouvanté un abîme de u .douleurs. Dieu veuille nous pardonner la marc nière dont ces territoires ont été acquis ; mais « comme je crois en un Dieu rémunérateur, a je crois aussi que des acquisitions obtenues « en répandant le sang de princes innocens, en « arrachant a un peuple malheureux sa subsis- « tance, ne peuvent jamais prospérer.
« Ce n'est pas la cause d'un homme que nous « allons juger, c'est la cause de millions d'homa mes. S'il est impossible d'étendre à l'Ori ent le « bénéfice de nos lois anglaises, je ne sais qu'un « moyen d'empêcher que l'Inde soit la proie « du brigandage, des rapines et de i'oppres- « sion , c'est de l'aire que ces forfaits ne se com- « mettent pas sans être soumis ici a une enquête. « Personne ne souhaite moins que moi de faire « des exemples , si on peut obtenir le résultat « désiré sans recourir à ce moyen extrême. Mais u les faits sont devant nous. Si nous sanctionce nons le passé, nous absolvons à l'avance « tous les maux que l'avarice et la force peuvent « encore infliger à la malheureuse population du « Bengale. » P. 36-38.
Nous nous arrêterons ici. Nous croyoi;
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avoir dit suffisamment sur un si pénible sujet. Nous croyons avoir convaincu tout homme consciencieux de la vérité de l'assertion par laquelle nous avons commencé ce chapitre,' savoir : que les acquisitions territoriales de la compagnie étaient dues au mélange de la violence et de la fraude. Nous croyons avoir prouvé la nécessité, pour toutes les nations civilisées, d'élever un cri unanime de réprobation contre la continuation d'un pareil ordre de choses : l'Angleterre en particulier doit être convaincue que cette étrange réunion, dans les mêmes individus , du double caractère de souverain et de marchand , est une source de maux pour les populations indiennes, sans que la mère-patrie en retire aucun avantage ; que c'est au contraire un obstacle insurmontable à l'établissement permanent, entre l'Europe et l'Inde , de ces rapports commerciaux, de ces libres communications qui contribueraient au bonheur de toutes deux, et formeraient entre elles un heureux et salutaire échange de lumières, de bienfaits et de civilisation.