CHAPITRE I
Dinhutty , et je crois que je l'aime moins. C'est un pays montueux , situé sur une montagne très-élevée , dont nous touchons presque le sommet. Le Dodabet, la plus élevée des montagnes duNilgherry, s'élève juste au-dessus de nos têtes, à 8 ou 9,000 pieds au-dessus de la mer. Il se compose en partie de vertes pelouses, qui s'élevant progressivement les unes au-dessus des autres, atteignent a une grande hauteur. Elles sont couvertes de verdure, et de temps en temps entrecoupées par des masses de rochers. On n'y rencontre ni landes pestilentielles, ni fétides marais. De jolis petits bois sont, comme en Angleterre , répandus dans la campagne, et lui donnent l'aspect d'un de ces grands parcs arrangés avec goût , qu'on voit dans notre pays. Ces petits bois bordent tous les vallons qui sont entre les différentes collines, etdans chacune desquelles, sans exception, se précipitent de petits torrens d'une eau limpide. Si l'on en excepte le défaut de culture, tout ici est anglais; on foule dans les bois la fraise, l'anémone, la violette. L'églantier, le chèvre-feuille et le jasmin s'entrelacent sur tous les arbres , et des merles et des alouettes sans nombre y font entendre leurs chants; mais les violettes sont ea-
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chées sous de gigantesques berceaux de canelliers et de rhododendrons, aux grands bouquets de fleurs écarlates; et le chant du merle est interrompu par les cris des singes et des paons : tout cela forme un ensemble délicieux.
«Il semble presque incroyable qu'il existe un tel pays avec un pareil climat, si près de l'équateur, et entouré, de contrées si brillantes.
« Il est vrai de dire que tous ceux qui habitent plus bas sont sceptiques sur ce point, et aucun ne veut essayer ce voyage, si ce n'est les gens instruits du Coimbetor. Cette région ne fut connue qu'en 1819, et les premiers qui y vinrent y furent surpris par le froid et la gelée. Le plus grand avantage de ce climat est son égalité ; la température y varie très-peu une fois que la mousson est changée. Dans ce moment j'ai tellement froid aux pieds et aux mains, que je puis à peine écrire. Je suis obligé de souffler dans mes doigts, relégué dans une petite chambre bien fermée avec des rideaux, et pourvue de tout ce qui compose un appartement anglais , a l'exception d'ûfl feu qui, certes, ne serait pas de trop. Le thermomètre que j'ai devant moi est maintenant à 56° , et il est onze heures du matin; mais la