‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 18 sur 113 · CHAPITRE I. p · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. p

mousson du sud-ouest ne fait que de commencer, et les montagnes sont couvertes de brouillards et d'une pluie fine. Le mercure ne monte jamais ici au-dessus de 700. Durant le mois de mai, qui est le mois le plus chaud, jamais il n'est monté plus haut à l'ombre; de sorte que ce climat ne gêne en rien toute espèce de travail ou de plaisir européen. Les Anglais de ces habitations, en y comprenant quelques fermiers et jardiniers avec leur famille, sont tous aussi forts, aussi vigoureux, d'une aussi bonne santé, et occupés de travaux aussi pénibles que chez nous. Les enfans ont des figures joufflues et rosées comme on n'en voit point dans l'Inde. Je sors toute la journée, et je me promène sur des collines et des bois tout-k-fait enchantés. Dans les jours les plus chauds, l'air est si beau, qu'il ne fait pas éprouver le moindre malaise. D'ailleurs, je le répète, tout y est européen. Le sol y est profond et riche outre mesure. Tous les fruits, les végétaux et les fleurs de nos contrées y sont superbes; et rien de ce que produit l'Angleterre ne manquerait de venir bien ici.

a II n'est pas besoin que je vous dise combien je me réjouis d'avoir lait cette expérience, au

t)6 TABLEAU DE l'iNDE.

lieu d'aller dans Test ou au Cap. Cela me vaut un voyage en Angleterre ; et j'ai écrit, à quelques amis de proposer une souscription pour faire ici un établissement de santé pour les valétudinaires, ce qui réussirait parfaitement. Il n'y a pas de pays que la nature ait si bien préparé pour les mains de l'homme, et la moitié du travail inutile des pauvres gens d'Aîgoa en ferait un paradis. M. Johnson, qui a établi ici un grand jardin et une ferme sous la surveillance de M. Sullivan , était colon du Cap ; il est enchanté de ce pays, et fournit déjà une quantité considérable de graines, de végétaux, aux pays de la plaine. Les pommes de terre égalent en tous points celles d'Angleterre. »

Je le demande donc, si les végétaux d'Angleterre viennent sur les monts Nilgherry aussi bien que dans ce dernier pays; si les navets, l'orge, le trèfle et le froment peuvent s'y semer avec succès, et si les Européens peuvent y endurer facilement les travaux des champs; qu'est-ce qui empêche qu'on n'établisse aussitôt en ce lieu une colonie européenne? et si les génies si vantés de l'Inde ont encore quelque influence sur cette terre, pourquoi n'y verrions-nous pas trans-

Page 1