CHAPITRE I. g
porter, comme par leur ordre, les plus belles provinces de la France et de l'Angleterre, avec leurs maisons de campagne, leurs parcs, leurs jardins, leurs fermes, leurs bois, leurs sentiers ombragés, leurs grandes routes; enfin, leurs plus beaux paysages , pour décorer les sommets délicieux des montagnes tempérées de l'Inde ?
Il serait facile de s'étendre beaucoup plus sur ce sujet intéressant, et, je l'avoue, si j'éprouve un regret, c'est d'être obligé de réprimer des milliers de pensées que réveille en moi la seule description des principaux traits de la physionomie des Indes, de sa magnificence et de son admirable fertilité. Mais, malgré tout le plaisir que j'aurais à laisser courir ma plume, je me sens arrêté par un désir encore plus puissant, celui d'éviter de fatiguer l'attention du lecteur.
Arrêtons-nous donc ici pour le moment ; et si les premières parties du tableau que j'ai présenté ont donné une idée de la grandeur gigantesque et de la sublimité du paysage de l'Inde, dans les montagnes , les vallées , les fleuves et les plaines , j'aurai atteint un des principaux objets de mes travaux, qui est d'éveiller l'attention publique sur l'admirable facilité avec laquelle
gS TABLEAU DE l'ïNDE.
l'Inde peut procurer la richesse et le bonheur a ses propres habitans et a toutes les nations qui seraient en rapport avec eux par le commerce. Si la dernière circonstance dont je me suis occupé , cette singulière ignorance sur une contrée précieuse , parvient a convaincre mes lecteurs qu'un changement est nécessaire dans le gouvernement de cet empire éloigné , pour amener l'en tier développement de sa puissance, développement auquel toutes les nations peuvent également participer, par de libres et franches communications avec l'intérieur aussi -bien qu'avec les côtes , je serai parvenu a un but plus important encore , qui est d'allumer dans les cœurs de généreux sentimens en laveur de cette liberté réciproque de gouvernement , d'opinion , de la presse et de commerce , dans tous les pays habités par les hommes; libertés que je tiendrai toujours a honneur d'avoir constamment défendues souvent au prix de mes souffrances, et auxquelles j'espère consacrer l'automne d'une vie dont la plus belle saison leur a déjà été sacrifiée.