‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 21 sur 113 · CHAPITRE I[. IOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE I[. IOI

Quelques-uns sont presque noirs; ce sont ceux qui habitent les bois, ou ceux qui sont occupés de travaux fatigans auxquels ne se livre pas le reste de leurs compatriotes. Leurs cheveux sont, sans exception, longs , beaux et d'un noir de jais. S'ils n'ont pas toujours le nez aquilin, ils ne Tout jamais du moins enfoncé dans leur figure , avec d'énormes narines évasées , comme les Cafres d'Afrique et les Malais. Leurs lèvres, quoiqu'en général plus grandes que celles des Européens, ne ressemblent en rien a ces lèvres épaisses qui caractérisent les deux nations dont j'ai parlé. Les sourcils sont épais chez les hommes, minces chez les femmes , et bien placés chez les uns et les autres. Leur paupière est de la plus belle forme ; elle est grande , mais sans s'ouvrir circulairement, comme chez certains peuples, ni sans rester seulement a demi ouverte, comme chez les Chinois. L'iris est toujours noir, mais rarement brillant, si ce n'est chez les enfans et quelques femmes ; le blanc de leurs yeux n'est pas non plus sans une teinte de jaune , circonstance qui les fait paraître peu animés et leur donne même un air de langueur. La coupe de leur figure varie,- mai

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le plus souvent elle est ovale, surtout chez les femmes. Cette variété dans la forme de leur visage est un des principaux caractères qui distinguent les habitans de l'Inde des Tartares et des Malais, dont les figures sont toutes de la même iorme, c'est-à-dire, aussi larges que longues.

La force musculaire de Tlndou est bien moindre que l'on ne pourrait l'attendre de l'apparence de sa conformation ; mais il est doué d'une certaine souplesse qui lui donne la facilité de se livrer long-temps à un travail proportionné à ses forces, et qui lui rend naturelles et familières toutes ces contorsions et ces postures qui amusent et étonnent souvent les habitans des pays du nord. Il n'y a pas dans le monde de bateleurs plus extraordinaires , et en cela ils ressemblent beaucoup aux Chinois, dont la passion pour ces drvertissemens est excessive, et dont les faiseurs de tours sont d'une force presque incroyable. 11 paraît que les anciens Mexicains n'étaient ni moins habiles , ni moins adroits. Les messagers indous font cinquante milles par jour, et marcheront ainsi vingt ou trente jours consécutifs. Leur infanterie marche plus vile et se fatigue

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