‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 23 sur 113 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

les districts nord-ouest de Birman. Les langues de l'Assam, du JNepal et du Boutari sont encore des dialectes distincts. A l'ouest de l'Indus, outre le gurgara , ou guzarotty , on parle encore le pushtoo et le bulouchy. Le maldive est aussi un dialecte particulier, qui a sans doute du rapport avec le malais. On parle généralement, dans le voisinage de Bombay, une langue appelée le kunkuna. Le malabare , d'après l'assurance positive donnée par un naturel instruit a M. Colebrooke , est différent du jamul, avec lequel on le confond en général : il parait être celui de Cochin , et peut être un dialecte mélangé. Le tcheg, ou walug, se parle, dit-on, aux environs de Cuddalore et de Madras.

Après cette esquisse générale du teint , de la forme physique et du caractère des Indous, et de leurs différens langages , occupons-nous un peu plus en détail des particularités qu'on remarque chez eux. Prenons d'abord les Indous des plaines du Bengale, et nous irons, en remontant le pays et en parcourant les diverses classes d'habitans, jusqu'aux montagnards de l'Himalaya. Les Bengales sont en général d'une taille moyenne , parfaitement droits et bien faits , et, quand ils sont

jeunes, d'une tournure très-agréable. Les enfans encore très-jeunes, sont d'une vivacité et d'une beauté étonnante; mais ils deviennent tristes en grandissant. Le climat doux et régulier de leur pays, la fertilité de leur territoire, qui fournit aisément à leurs besoins et les éloigne ainsi du travail, la régularité et la frugalité de leur manière de vivre, peuvent être considérés comme les causes de la paresse des basses classes , qui est aussi remarquable que l'industrie et l'activité des classes élevées.

Le courage et la hardiesse ne sont pas le trait caractéristique des habitans du Bengale. La chaleur du climat et leurs habitudes d'indolence sont loin de favoriser cette vigueur de nerfs et ce tempérament fort, qu'on peut en quelque sorte appeler les matériaux dont se forment le courage et la force d'àme. Loin de là, il y a chez eux une certaine douceur, une certaine mollesse naturelle qui plaît infiniment, et que probablement ils ne perdront jamais. Ainsi, bien que l'on ait quelquefois a souffrir de leurs filouteries et de leurs petits vols, je pense qu'il s'écoulera encore bien du temps avant que les Européens aient peur de se promener le soir dans les rues de la

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